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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 20:48
Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

La famille Silbermann va occuper une très grande partie de notre journée.

D'abord à Frauenstein ce matin où nous allons apprendre à la connaitre et cet après-midi à Freiberg où nous verrons un des orgues construits par le fils Gottfried.

La campagne saxonne est bien verte, et se rendre à Frauenstein est une belle excursion.

Le musée occupe un logis seigneurial dans l'enclos qui domine la grand-place et l'église de la ville.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Euh .. La visite est en allemand, on nous remet quelques notices en anglais, mais non, il n'y rien pour les si rares visiteurs français qui viennent ici.

Non, je ne peux pas traduire au pied levé la volumineuse information qui semble reprendre ce que disent les tableaux aux murs ...

La dame a eu très peur que nous lui abimions la machine à deux soufflets qui doit permettre d'expliquer le fonctionnement et la machinerie d'un orgue.

Quelques palabres et Etienne est arrivé à obtenir qu'Yves, organiste à la Croix Rousse puisse jouer du petit orgue baroque. C'est une copie d'un orgue de Gottfried Silbermann construit pour l'église de Etzdorf en 1732, spécialement réalisée pour le musée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous nous sommes tous rassemblés pour écouter, c'est tellement mieux que de lire les informations en allemand ou en anglais !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Sur le podium il y a aussi un clavicorde ancêtre du piano-forte.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Merci Yves pour les quelques mots techniques et les quelques accords que tu nous a offerts et la musique que tu nous a jouée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Et pendant que le bus nous ramène à Freiberg je vais vous dire quelques mots de la famille Silbermann !

On trouve trace d'un arrière grand-père dans la région en 1595.Gottfried nait en 1683 et n'a que 2 ans quand sa famille arrive à Frauenstein. Il y sera apprenti charpentier. Mais en 1701 il va suivre son frère aîné, Andreas, qui travaille dans un atelier de construction d'orgue à Strasbourg, et apprendre le métier.

Andreas devient facteur d'orgue en 1710, se marie à Strasbourg. Gottfried a participé à la construction de plusieurs orgues avec son frère avant de retourner en Saxe.

En 1734 Andreas meurt. Depuis 1703 il a réalisé 33 orgues en Alsace. Son fils Johann Andreas prend sa suite et en construit 57 en Alsace, Suisse et dans la région de Bade.

En Saxe, Gottfried construit son premier orgue pour l'église de Frauenstein dès 1711. Puis celui de Freiberg fini en 1714.

En 1723 il obtient d'Auguste le Fort le bénéfice d'un traitement comme facteur d'orgue de la cour et du pays pour 15 ans.

En 1746 il rencontre Jean Sébastien Bach lors de l'inauguration d'un orgue construit par un de ses élèves, célèbre.

Il meurt en 1753 après avoir construit dans son atelier 46 orgues.

Il a refusé d'aller travailler au Danemark, à Saint Pétersbourg ou à Prague où il avait été demandé, tant sa réputation était grande.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Des orgues construits par la famille, 46 en Saxe, 33 en Alsace et ailleurs, beaucoup ont subi tellement de transformations qu'ils n'ont plus grand chose à voir avec les Silbermann. D'autres ont été détruits pendant les conflits, ou au cours d'incendies. Mais il en reste qui ont passé les siècles sans dommages. C'est le cas de celui de Freiberg où nous sommes arrivés.

Freiberg doit sa prospérité aux mines diverses des Monts Métallifères, toujours en activité. C'est le siège de la plus ancienne école supérieure des mines d'Allemagne. Elle acquit son statut de ville libre dès 1186. Elle possède un superbe musée de minéralogie et d'histoire des mines, mais ce que nous venons y voir c'est l'orgue de Gottfried Silbermann, son plus bel orgue paraît-il !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Dans le quartier de la cathédrale les maisons sont souvent gothiques, et les linteaux ont des courbes bizarres. Elles sont convexes alors qu'on nous a toujours expliqué que la raison des courbes ogivales en occident, c'est la supériorité de la résistance au poids qu'elles supportent ... Et pourtant celles-ci doivent résister depuis pas mal de siècles !

Les portes ont les deux socles et les baldaquins remarqués à Meissen et à Pirna.

Et nous voici arrivés à la cathédrale de style gothique flamboyant qui remplaça la romaine détruite par un incendie en 1484. L'organiste Albrecht Koch (qui donne des concerts en France) nous y attend pour un mini concert sur le plus célèbre orgue de Gottfried Silbermann.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

C'était très court, et il y a tellement à voir dans cette église que je n'ai pas prêté toute l'attention que j'aurais dû à la musique entendue.

L'orgue par lui-même et son décor baroque : des anges trompettistes au sommet du buffet, un organiste à gauche, un timbalier à droite.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried SibermannSaoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

des vierges sages et des vierges folles, un superbe saint Christophe, une étonnante piéta avec un christ décharné portant de vrais cheveux (15ème siècle);

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

et la très fameuse chaire en forme de tulipe sculptée en 1510 par Hans Witten, dont nous avons vu hier la colonne-fléau à Chemnitz. Il avait décidément bien du talent et le goût de l'originalité !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous avons vu l'ostentatoire mausolée Renaissance tardive (ou maniériste) d'un seigneur local qui nous confirme que la ville a été immensément riche ...

La partie la plus ancienne de la cathédrale Sainte Marie est la porte romane, absolument magnifique. C'est la plus ancienne et décorée d'Allemagne, d'influence cistercienne.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Le tympan représente un couronnement de la vierge et les huit voussures alternent des figures géométriques et des guirlandes de saints personnages, les évangélistes et les apôtres. A l'extérieur de l'ensemble c'est une résurrection qui clôt l'archivolte.

Dans les ébrasements des statues représentent des personnages de l'Ancien et du nouveau Testaments : la Reine Bethsalée, le roi David, son frère Aaron, Salomon, Jean l’Évangéliste, Daniel dansant avec les lions ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous avons continué notre découverte de la ville par des rues et des places bordées de maisons médiévales, Renaissance ou plus récentes, dont les portes sont surmontées de blason ou sculptures. Les demeures patriciennes sont le témoignage de la richesse des habitants.

Ces rues serpentent gentiment afin de casser le vent qui doit souffler fort dans cette grande plaine. Église Saint Nicolas désaffectée, théâtre fondé en 1790, place du marché et musée de la minéralogie ...

Et il est l'heure de revenir à Chemnitz, où nous avons à 19 H le concert de clôture de la Mozartfest. Cliquez là maintenant, et attendez quelques secondes !

https://www.youtube.com/watch?v=-dPogT2npKQhttp://

Au programme

Kyrie en Fa majeur KV 33,

Offertorium in Festo Sancti Benedicti "Scande coeli limina"KV 34

Requiem KV 626

de Wolfgang Amadeus Mozart ;

interprétés par Saint Pauli Kreuz Kantorei Netwerkorchester VII,

Guibee Yang soprano, Lena Carina Traupe alto, Thomas Volle ténor, Matthias Weichert basse sous la direction de Steffen Walther.

C'est un programme "grand-écart" ! Deux compositions parmi les toutes premières et l'ultime.

Yves nous les a présentées ce matin, replacées dans leur contexte.

Mozart a été un grand compositeur de musique sacrée de 1768 à 1780. Mais il s'y était essayé un peu plus tôt puisqu'il n'avait que 10 ans lorsqu'il composa à Paris le Kyrie KV 33, d'une grande sobriété et d'un profond recueillement. Yves Jaffrès pense qu'il annonce l'Ave Verum.

https://www.youtube.com/watch?v=6KUDs8KJc_c

C'est de retour à Salzbourg qu'il composa l'offertoire de Saint Benoit KV 34, avec une première partie de questionnement et la seconde triomphale où le saint rassure "les enfants" inquiets de leur avenir.

Puis après une analyse des différentes parties du Requiem, de celles entièrement composées par Mozart, de celles que Sussmayer, son assistant termina, ou même de l'Agnus Dei et de la fin qu'il composa entièrement d'après les indications du Maître, Yves s'attacha à la vérité historique que le film de Milos Forman a beaucoup malmenée, lui préférant la légende. Il faut dire que le sentiment de culpabilité et le traumatisme que la mort si rapide, à 36 ans du compositeur déclencha furent immédiatement favorables à la légende.

Mozart avait été nommé maître de chapelle trois jours avant son décès assurant enfin son avenir ... Il devait cependant terminer ce requiem dont le commanditaire voulait faire croire qu'il en était l'auteur. Mozart le composait sans enthousiasme, il n'avait pas envie de penser à la mort dans cette période où il écrivit ses œuvres les plus abouties, la Flûte enchantée et le concerto pour clarinette. Et d'ailleurs le Requiem n'est-il pas légèrement en dessous des compositions de cette fin de 1791 ? Cette question n'est pas de moi, mais d'Yves !

Et mes dernières notes sur ses remarques sont que "le Requiem est l'idéal de musique religieuse basée sur le texte, une vraie réflexion sur le sens de la vie ... A-t'il senti qu'il écrivait aussi pour lui dont la mort était, de façon surprenante, si proche ?".

Et le concert a été brillant, peut-être un peu trop ?

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
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