Mercredi 27 février 2008
27 février 2008.
Aujourd'hui nous arrivons dans le détroit de Magellan ! Cette pensée nous réveille bien avant le lever du soleil (7H04) et nous sommes surpris par l'embrasement du ciel de la terre de Feu.
Mais ce n'est pas à ce type de phénomène que la plus grande île du sud de la Patagonie doit son nom, ce sont aux si nombreux foyers que Magellan et son équipage ont aperçus depuis leurs navires sur les côtes. Aujourd'hui nous n'en avons vu aucun.
Encore un regard à la passionnante carte de la région
: la TV de bord diffuse plusieurs programmes en différentes langues, et en permanence nous renseigne sur les conditions de navigations et où nous sommes. Nous avons passé le Cap Virgenes et la Punta Dungeness vers minuit pour nous engager dans le célèbre détroit et les eaux chiliennes, accompagnés d'un pilote qui va diriger la navigation jusqu'à ce que nous quittions le canal de Beagle le 3 mars ! Nous essayons de réunir tout ce que nous savons de Magellan pour mieux savourer ce moment où l'étrave du Victoria s'avance bien précisément dans le sillage du célèbre navigateur ! A 4 heures nous atteignions l'étroit passage de Primera Angostura mais dans la nuit noire et dans le sommeil. Dommage !
Nous avons bien de l'avance sur l'horaire quand nous accostons à Punta Arenas (la Pointe de Sables) qui est la principale ville de le Patagonie chilienne (120 000 habitants sur une population totale de 150 000 pour la région ; la ville de Puerto Natales, au fond d'un fjord profond sur la côte ouest en compte 20 000 ; et les 10 000 restant sont dispersés sur le reste du territoire : ils ne doivent pas se monter sur les pieds, aussi grands soient-ils !).
Punta Arenas fondée en 1848 fut un lieu pénitentiaire avant d'être le principal port entre l'Atlantique et le Pacifique qui permettait un passage plus facile que le contournement du Cap Horn. Bénéficiant en 1867 du statut de port franc elle devint  une ville importante. La rue vers l'or et les guerres européénnes favorisèrent l'afflux de nouveaux émigrants au début du 20ème siècle, et compte aujourd'hui le quart de sa population d'origine croate.
Elle a perdu une grande partie de son activité maritime depuis l'ouverture du canal de Panama, mais elle est le port actif du sud du Chili, qui expédie le produit de l'élevage ovin, des conserveries et accueille de nombreux touristes.
Ville coquette avec sa cathédrale, son opéra, ses belles villas,
sa "plazza des armas" dominée par Magellan et quatre Indiens natifs qui représentent les quatre groupes ethniques présents lors de l'arrivée des Occidentaux. Dont les Alacalufes, nomades des mers rendus célèbres par Jean Raspail et les récits qu'il publia dans les années 1980.
Matinée libre sous un ciel un peu gris. Il y a des banques partout autour de la place et quelques DAB qui nous permettent d'obtenir des pesos chiliens : 700 pesos pour 1 euro ! Alors que nous avions un peu plus de 4 pesos argentins pour 1 euro ... La poste pas loin nous permet d'envoyer quelques cartes et de faire nos achats de timbres de collection. Nous allons faire plaisir à samuel aussi ! J'aime bien voir qu'il y a presque autant de librairies que de banques et que les libraires accueillent gentiment les flaneurs. Les boutiques et les étals d'artisanat local nous rappellent "furieusement" nos achats au Pérou en 1975, bonnets à oreillettes, pulls à lamas, bracelets de laine ...link
Retour au bateau. Je n'ai pas pu résister à la proposition de randonnée dans la  Réserve  naturelle de Magallanes que Camille ne peut pas envisager. Il ira visiter la ville et une ferme d'élevage ovin, d'accès beaucoup plus facile.
Nous ne sommes que 22 personnes pour la randonnée, français, italiens, espagnols et allemands ; et notre guides'exprime en espagnol, c'est Valeria qui traduit. Heureusement qu'elle est très polyglotte.

Le parc couvre 18 000 hectares, et l'arbre le plus fréquent est le notofago, très souvent couvert de lichens. Beaucoup de zônes humides, il tombe 7 000 mm d'eau par an sur ce parc. Et aujourd'hui est un jour très arrosé. Les capes de pluies qui nous ont été distribuées lors de notre descente à terre sont les bien venues. Partout des gouttelettes agrémentent les fleurs, les baies, chavras ou autres que notre guide nous invite à goûter. Les tables de pique-niques sont abritées, et les ruisseaux courent au creu de chaque courbe. Le sol est très glissant, les rampes nombreuses pour nous maintenir debout ... mais pas suffisamment, nous sommes nombreux à glisser dans une boue bien colorée, rouge dans le premier parcours, noire dansd le second.
Mais tout ça ne nous prive pas du plaisir de découvrir un paysage
assez fabuleux, avec marécages, ravins, brouillard, arbres couchés par le vent (nous n'en avons pas aujourd'hui !), flore totalement nouvelle.
Nous avons dévoré l'encas que nous avions reçu pour la rando, sommes rentrés à la tombée du jour, sous la pluie ... qui a finalement peu cessé det aprèsmidi là !

Le temps de tout nettoyer au retour : chaussures, jean, et de ne plus paraître si mouillée, il était quasiment 21h lorsque je suis sortie de la cabine pour diner !
Camille, quant à lui,  était assez déçu de sa sortie trop rapide, heureusement agrémentée d'une démonstration de tonte de mouton, et d'une toute petite dégustation de pisco qui rappelait encore le Pérou.

Spectacle du soir par une troupe folklorique chilienne qui nous changeait bien de la troupe du Victoria !
par Camille et Pierrette publié dans : Amérique du Sud
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Mardi 26 février 2008

Mardi 26 Février 2008

Le réglage des montres est un exercice qui se répète à chaque changement de pays et bizarrement, sans logique, mais vraisemblablement en fonction de choix politiques : nous devrons demain, retarder nos montres d’une heure sous les cieux chiliens, après avoir avancé d’une heure lorsque nous sommes passés en Argentine !

Et indépendamment nous avons les effets de notre changement continuel de latitude. La journée de ce mardi a duré 1H15 de plus que celle du lundi, et demain, d’après les informations du « today » elle sera réduite de ½ heure. Allez comprendre quelque chose !

La tranquilité des jours de pleine mer permet de régler quelques questions d'intendance comme le choix des excursions. Et au cours de ma visite à Valeria, si compétente et polyglotte pour répondre à nos questions je lui ai demandé s'il était possible d'organiser un survol des grands glaciers Upsala ou Moreno qui se déversent dans le Lago Argentino, et des sommets du parc de Paines dont quelques images habitent des tréfonds de mon imaginaire. Eh bien, si ! Et il vaut mieux prévoir cette sortie le plus tôt possible, donc depuis le Victoria pour réserver un avion sans délai au départ d'Ushuaia. Mon coeur s'enflamme ... Et Valeria peut même me donner une idée du prix : 1 000 dollars (US) ! douche froide : arrête mon coeur, ne t'emballe plus. On continuera à rêver secrètement !link

Nous recevons aussi assez régulièrement un papier des nouvelles importantes de France : l’Oscar de Fanny Cotençon pour son interprétation d’Edith Piaf, la défaite de la France devant l’Angleterre en rugby, mais c’est la 3ème fois que nous apprenons que notre Président a dû en rabattre : mauvais sondage, pb avec le Conseil d’Etat, altercation avec un visiteur du salon de l’agriculture. Le pôvre, on dirait qu’il a les nerfs fragiles en ce moment !

par Camille et Pierrette publié dans : Amérique du Sud
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Lundi 25 février 2008

Lundi 25 Février 2008 Puerto Madryn - Eléphants de mer

Nous arrivons en Patagonie ! Le "pays des Grands Pieds" ? - Les Espagnols qui arrivèrent ici les premiers avaient-ils les pieds beaucoup plus courts que ceux des habitants primitifs qu'ils trouvèrent ici ? -

Nous nous sommes levés à 6 H ce matin pour profiter du contournement de la péninsule Valdès et de l’entrée dans le Golfo Nuevo jusqu’à Puerto Madryn où nous ferons escale pour la journée. Pas de chance, le brouillard nous cachait tout le paysage, et le petit déjeuner sur la terrasse du 11ème pont

exigeait la forte motivation qui était la nôtre ! Nous avons fini par revenir dans notre cabine pour attendre le moment où nous verrions l’accostage, toujours dans le brouillard. La jetée est bien longue, et le port en eaux profondes (180 mètres) permet l'accostage de gros navires comme le Costa Victoria.

Il a fallu un moment certain pour que nous puissions enfin sortir et rejoindre le bus qui allait nous emmener vers la Punta Delgada, lieu de fécondation et de naissance des éléphants de mer. C’est une espèce de mammifères marins rare et nous ne voulions pas rater cette occasion d’en voir.

 

Nous avons parcouru 160 Km sur un plateau recouvert de steppe. Quelques arbustes rabougris constituent la nourriture principale des troupeaux de moutons élevés dans les estancias de quelques centaines de milliers d’hectares. Nous avons eu la chance de voir également quelques animaux sauvages qui vivent également dans ces pâturages : des guacanos qui ressemblent à des petits lamas roux, des nandous qui doivent avoir beaucoup de points communs avec les autruches. Nous n’avons pas vus de maras que nous aurions pu confondre avec des lapins, mais qui vivent en famille.

 

De la faune marine nous ne verrons pas les lions de mer, les dauphins ni les baleines. En effet, les baleines n’arrivent qu’en juin pour repartir en décembre. Notre guide nous explique qu’elles viennent de plus en plus nombreuses, et qu’elles restent longtemps. Elles apprécient les contacts avec les hommes et jouent même avec leurs visiteurs ! Ce sera pour une autre fois, aujourd'hui nous

devrons nous contenter du squelette du centre des visiteurs  ! Quant aux lions de mer nous en verrons plus au sud.

 

Pendant les 50 derniers Km la piste traverse une steppe herbeuse où des chevaux redevenus sauvages paissent. Nous apercevons même un petit troupeau de vaches : il y a des tentatives d’introduire des pâturages et des bovins dans cette région.

 

Puis nous arrivons enfin à Punta Delgada, ses installations de surveillance scientifique (la péninsule est déclarée patrimoine mondial Unesco avec tout ce qui en découle), et son phare au sommet de la falaise.

 

En bas, il y a quelques éléphants de mer. Eh oui, seulement quelques ! Car la saison de la reproduction est déjà bien avancée et les gros males, chefs de harems sont déjà repartis et ne reviendront qu’en décembre pour assurer la reproduction, et les femelles pour mettre bas leur petit dont la gestation dure environ 1 an. Il y a là deux groupes, à peine une vingtaine d’animaux. Si gros, si ronds qu’ils ont beaucoup de mal à bouger. Ils ouvrent de temps en temps deux immenses yeux  globuleux et sombres, moins souvent une large gueule rougeâtre ; et  s’envoient avec leurs nageoires quelques petits cailloux sur le corps. Attendent-ils que la marée soit haute pour aller chercher leur nourriture en mer ? Pour le moment ils s’économisent !


Au loin posés sur le rocher quelques pétrels géants, et d’étranges oies au ventre doré et rose.

 

Nous remontons les 180 marches pour revenir en haut de la falaise et rejoindre le restaurant de l’estancia où Camille m' attend en compagnie de Dorly et Ruth deux dames avec lesquelles nous avons établi d'agréables relations. Il est presque 16 H et nous ne savons plus très bien si nous avons encore faim. Mais finalement quand les plats d’agneau grillé arrivent nous leur faisons honneur. Le climat et la végétation permettent l’obtention de moutons et agneaux à la chair savoureuse, naturellement salée (il y a de grandes salines dans la péninsule) et peu grasse.

 

Il y a aussi une boutique dans l'établissement avec tous les souvenirs dont peuvent rêver les touristes, des cartes postales et même une boite à lettres de "Correo Argentino" qui me permet d'envoyer mes cartes avec timbres argentins . Car la prochaine escale sera au Chili.

 

Il est temps de rentrer à Puerto Madryn, et même de réembarquer car nous allons appareiller à 20 heures. Dommage que nous n’ayons pas vu grand-chose de cette petite ville en dehors d'un quartier de villégiature en bord de mer, et de la zone industrielle très active avec son usine d’aluminium qui occupe une grande partie de la population.

                                                                               Au revoir, Argentina !

par Camille et Pierrette publié dans : Amérique du Sud
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