Mardi 29 mai 2007

Mardi 29 Mai 2007 - Nous quittons Skye avec quelques frustrations. Mais je me réjouis de montrer à Cécile le petit village de Plockton, à quelques miles du pont de Kyle of Lochalsh ... Un des plus joli village d'Ecosse avec ses petites maisons de pécheurs blanches sur la rive d'un détour du loch Caron, et ses palmiers qui sont sa particularité si insolite.
Nous quittons Plockton sous la pluie, arrivons à la gare de Kyle of Lochalsh toujours sous la pluie, et attendons l'heure du train ... à l'abri de la gare qui n'a pas changé d'aspect depuis un siècle et demi, mais toujours aussi neuve et pimpante.

Je dois ajouter là que c'est grâce à notre pugnacité que nous empruntons le train pour faire les quelques km qui nhous séparent de Plockton. Car nous avions demandé la semaine dernière, à l'employé de l'office de tourisme comment nous y rendre, et il nous avait largement incitées à prendre un taxi ... Un peu surprises nous avons examiné les panneaux d'informations du lieu jusqu'à tomber sur les horaires de train, et c'est la première gare sur la ligne d'Inverness. Ce jeune homme avait-il eu une nuit difficile à cause du festival de musique rock qui se tenait à ce moment là à Breakish, sur la route de Broadford, ou était-il imcompétant ? Ca reste un mystère, mais petit mystère.

Le paysage doit être superbe lorsqu'il est un peu moins gris. Mais la gare est si loin du village. Nous téléphonons à nos hôtes pour savoir exactement où est leur villa, et ils nous proposent de venir nous chercher à la gare. Aubaine. Nous nous installons dans une chambre sans originalité mais "cosy" et partons pour une visite pédestre du village, de la baie, des alentours du chateau ; passer l'aprèsmidi de randonneuses dans les environs un peu trop gris.
Le village est si petit que les renseignements touristiques sont délivrés par le pub le plus important qui est aussi un restaurant réputé. et qui délivre même des espèces aux gens de passage : il n'y a pas de distributeur de monnaie au village. Des pubs, des antiquaires, des boutiques d'artisanat local et beaucoup de résidences secondaires séparées de leur joli jardin par la route qui traverse le village.

Nous mangeons d'une assiette géante de produits de la mer locaux : diverses sortes de saumons, de poissons de mer, des huîtres de Skye, des coquillages divers : un régal. Et partons nous promener. Ancien lieu de culte catholique secret et en plein air (du temps de John Knox ?), épave de bateau pourissant au fond d'un bras de loch entouré de rhododendrons, chemin creux au fond d'un bois de pins avec mousses et lichens, jusqu'à un hangar à bateaux vieillissant un peu mal. L'ambiance est un peu oppressante, genre "Seigneur des Anneaux" ... que je n'ai pas vu.

Pour tout dire on a un peu de mal à remplir l'aprèsmidi ! Mais on y parvient. Ce soir nous avons réservé une table pour écouter les musiciens au pub où nous avons mangé à midi. Dommage que nous ne puissions pas les entendre de la salle à manger où nous dégustons une salade de crabes de Bracadale (encore un produit de Skye qui mériterait presque à lui seul un séjour dans cette région, peut-être avec les langoustines fraîches de Ullapool ?).

Mercredi matin, je soulève légèrement le store de notre chambre pour apercevoir un paysage sûrement sublime, mais si gris, si gris ... que Cécile n'y tient plus et téléphone à Céline pour lui demander de rentrer 24 heures plus tôt que prévu. Je crois que Céline est bien contente ... de nous entendre, et de retrouver sa soeur avec un peu d'avance. Nos hôtes sont d'accord de nous laisser partir sans nous sanctionner, et c'est dans de bonnes dispositions que nous gagnons la salle à manger. Breakfast avec deux couples d'Allemands qui visitent l'Ecosse en moto, et qui trouvent eux aussi ce mois de mai un peu trop humide. Notre hôte nous raccompagne à la gare, et nous l'en remercions encore. 
Le retour jusqu'à Edimbourg est comme un retour dans la civilisation. C'est vraiment très fort ette impression donnée par le lent changement de paysage accompagné d'un lent changement de temps. Cécile a dû trouver que ça manquait d'action, alors elle a dormi une bonne partie du voyage. Je me tenais pour ne pas la réveiller dans des endroits que j'aime beaucoup.
Lorsque nous arrivons chez elle, Céline nous fait part de son soulagement. Elle avait craint que notre séjour soit très difficile car Skye a la réputation d'un endroit avec beaucoup de brouillard et au temps très rigoureux. En Corse où le climat est infiniment plus clément des randonneurs sur le GR 20 viennent de trouver la mort ... Nous sommes en parfaite santé, merci ! Mais Cécile maugrée un peu en disant "C'étaient mes vacances d'été ... Maman, on recommence quand tu veux, mais au Maroc !"

Il nous reste deux jours avant de repartir. A l'heure du déjeuner, nous écoutons un concert gratuit à la Cathédrale St Gilles, choeur d'une université américaine de musique qui fait une petite tournée en GB Cécile veut aller au cinéma, moi je préfère aller à la Royal Scottish Academy et surtout à la National Gallery of Scotland. Les musées écossais sont riches, mais il y a aussi une ambiance qui me convient parfaitement, les surveillants rappellent avec sourire et fermeté l'interdiction de photographier, même une famille royale de Van Dyck.

Vendredi, Céline et Nadège nous ont invité dans un restaurant sympa de Victoria Street, (rue colorée, bien courte, mais des plus animées de la ville, avec des magasins rares qui joint le "Royal Mile" à la Place aux Herbes qui fût aussi l'endroit où était installé le gibet). C'était très bon et ça confirme notre sentiment de progression importante de la qualité des restaurants écossais. Visite de la bibliothèque universitaire de théologie où travaille Nadège et ensuite sur un mode plus léger aprèsmidi shopping. Nous nous devons de ramener quelques denrées pour ceux qui nous attendent sur le continent. Nous parcourons Princes Street et finalement nous trouverons chez Jenners  tout ce que nous souhaitons. Et beaucoup plus !

            Ces gâteaux ne sont-ils pas totalement british et irrésistibles ? Aussi typés que chapeaux royaux, non ?

 

 

Thé dans un endroit à belle vue sur Princes Street. Malgré tout ce que nous pouvons dire du temps que nous avons eu nous avons le teint hâlé et de jolies couleurs à côté de Céline qui a acquis depuis 7 ans à Edimbourg un teint bien blanc de pure Ecossaise.

Samedi matin 2 juin 2007. A l'aurore un taxi nous emmène à l'aéroport. Salut Céline et Nadège, à bientôt en France !

Epilogue.

Bien sûr pour une belle randonnée sous un beau temps printanier il aurait sûrement fallu aller plus au sud. D'ailleurs il n'y a qu'à regarder les catalogues des tours opérators qui se sont spécialisés dans ce marché : aucun ne propose de randonnée en Ecosse. Pas fous !
Alors merci Cécile pour la proposition d'un treck au Maroc. Mais je crois que maintenant tu n'auras plus le temps de randonner avec ta mère puisqu'il va te falloir sous peu apprendre à une petite fille à marcher ...

par Camille et Pierrette publié dans : Voyages familiaux
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Lundi 28 mai 2007

Lundi 28 Mai - Dernière rando dans l'île de Skye.
Kathie nous sert le même petit déjeuner que les matins précédents. Et nous allons prendre l'autobus à la sortie du village pour Luib, en direction de Portree. Nous allons passer dans un "glen", vallée au creux de laquelle coule un ruisseau, entre les Red et les Black Cuillins traversant ainsi l'île de sa côte nord à sa côte sud, par un des passages les plus étroits. Il fait plutôt beau, avec encore du vent du nord et quelques nuages.
Luib est un tout petit village, un hameau presque, où il reste encore une chaumière vieille de deux siècles, sa façade nord est presque intacte, ce qui n'est pas le cas de celle du sud. Elle doit servir d'étable à d'étranges chèvres ou brebis à quatre cornes, deux haut placées et deux qui tombent sur les joues. On se croirait dans un conte étrange avec animaux diaboliques et frissons dans le dos! Heureusement c'est le matin et la journée est encore longue.

 Derrière le village un sentier monte entre les collines, de l'eau court entre les pierres. Un nuage s'approche et se répend au dessus de nous. Cécile sort son parapluie pendant que j'enfile ma cape. Quelques photos de ce moment rare, car en fait nous n'avons presque pas marché sous la pluie et nous continuons. Par le chemin ou le ruisseau ? Ils sont difficiles à distinguer, et nous nous rendons compte rapidement qu'il est plus sûr de sauter de touffe de bruyère en touffe de bruyère que de pierre en pierre.

Quand nous arrivons au loch intérieur nous constatons grâce à la végétation dans l'eau que son niveau doit être anormalement élevé et nous renonçons à suivre la rive en gagnant la pente ouest de la montagne. Bien sûr il n'y a plus de chemin dans la lande abandonnée depuis des siècles à de rares moutons. Mais nous sommes surprises de trouver un muret qui devait séparer quelques champs d'avant les "clearances". L'avance dans ces circonstances nécessite une attention au sol qui nous distrait de la carte, et nous nous rendons compte un peu plus loin que nous avons ainsi raté le changement de rive. Le chemin de l'autre côté est enfin très net.
c'est le moment de prendre de grandes décisions : nous couperons perpendiculairement à notre point actuel, et verrons au bord du ruisseau comment le traverser ... Finalement il n'est pas profond, et ses rives pas bien hautes, alors nous enlevons nos chaussures et chaussettes, et c'est pieds nus que nous irons. Pas si froid que ça, et par bonheur le soleil brille, alors nous nous installons pour faire sécher nos pieds sous la douceur des rayons de soleil printanier.

Le spectacle des montagnes qui nous entourent est superbe. Pas bien hautes, à peine 1000 m, mais escarpées, des rochers dénudés par la pluie et le vent et acérés à l'ouest. Plus rondes et moins denudés à l'est, la lande la colore de rouge, d'où son nom.
Le vent nous décoiffe encore et nous trouvons refuge à l'abri du mur d'enceinte du centre de sport nautique pour partager notre déjeuner de tomates et fruits. Nous observons à la jumelle quelques marcheurs qui se découpent sur la ligne de crètes de Bla Bheinn, le point culminant de la chaîne qui se profile à l'horizon ouest ... Ils nous laissent rêveuses. Et Cécile d'ailleurs en profite pour s'endormir bien emmitouflée et tournée vers le soleil. Je vais me promener tout au long de la rive du loch en rassemblant les impressions que me laisse ce séjour sur cette île.
Il paraît que le désert se définit par le manque d'eau. Si c'est le seul critère, on ne peut vraiment pas dire que Skye en soit un. Mais j'ai pourtant très envie de la qualifier ainsi. Manque d'habitants, immenses territoires de landes sans chemins, avec à peine la trace d'une civilisation disparue ... Pas d'animaux sauvages ni d'oiseaux,et  et ça c'est une vraie déception. J'avais compté sur des phoques, sur des loutres, sur des aigles et autres prépateurs ... Seulement quelques animaux domestiques et encore si rares : les deux vaches Highland du premier jour, les cinq beliers d'hier,  les quatre étranges bêtes à cornes de ce matin, et quelques rares troupeaux dispersés dans la lande ou au bord des lochs ... Bien sûr nous sommes encore tout près d'un village, une ferme et deux ou trois cottages qui doivent être des résidences secondaires ou les refuges de quelques misanthropes.

Mais avouez que c'est peu ...
Et malgré tout, des structures sociales existent et fonctionnent comme le services de bus très dense, enfin pas assez à notre goût, mais pour les 3000 habitants de l'île, remarquable. Et nous allons d'ailleurs en prendre un qu'il faudra attendre une partie de l'après-midi. Il dessert le village d'Elgol au bout de la route, au bout du monde ? Non, car il y a là aussi, quelques îles et autres côtes qui se profilent au delà du loch Scavaig. Après avoir chercher en vain l'emplacement de l'arrêt de bus nous apprenons qu'il suffit de faire signe au chauffeur pour qu'il s'arrête. Et on peut discuter avec lui tout au long du trajet. Il nous parle un peu des ruines de village que nous traversons : pans de murs de chaumières et d'une église avec quelques tombes entourées de leur enclos. C'est là que nous aurions dû passer hier si nous avions trouvé l'issue du sentier. Nous nous rendons alors compte que nous aurions dû prendre l'itinairaire dans l'autre sens !
Le chauffeur nous emmène jusqu'à la zône artisanale de Broadfort où se trouve un atelier de conditionnement de poisson. Que le saumon fumé est cher pour une région productrice ! Mais ce sera notre repas du soir. Je l'arroserai avec le whisky qui me reste. Dommage, ce n'est pas du Talisker, le produit local. Mais il est vendu en flacon trop grand pour moi seule ou je ne veux pas le porter dans mon sac à dos.
Le jour décline doucement à l'horizon pour notre dernière soirée sur cette île.

 

par Camille et Pierrette publié dans : Voyages familiaux
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Dimanche 27 mai 2007

ECOSSE - SKYE - Dimanche 27 mai. Nos hôtes se repartissent l'accueil de leurs locataires. A Kathie le breakfast et à Tony les renseignements touristiques. Pour Kathie nous devons être des touristes insolites en restant plus de deux nuits. Et la conversation a un peu le même caractère que le menu : ça ne se renouvelle pas beaucoup. Heureusement que la saison est aux plantations, le renouvellement des jardinières nous occupe un peu ! Quant à Tony, il nous a indiqué une rando pour un dimanche, jour où le service de bus est plus léger, et nous a même prêté sa carte.
Tour au supermarché avant de partir : fruits pour le casse-croute, et poissons fumés pour le repas du soir, que j'arroserai de whisky, Cécile est sobre comme un chameau, alors une petite fiole me suffira.

Pour atteindre Heast nous devons marche pendant 7 miles sur la route bordée de prairies où paissent quelques moutons. C'est vraiment de l'élevage extensif car ils ne sont pas nombreux dans chaque troupeau. Nous inquiétons un agneau couché près d'un ruisseau qui essaie alors de partir. Mais il boite tellement que ça lui est très difficile. C'est sûrement une future carcasse dans la lande ... 
Le paysage de landes est un peu désolé, mais parfaitement dégagé par un vent du Nord. A l'horizon à droite les Cuillins, dans notre dos la baie de Broadford, sur les côtés des fossés où l'eau court.

A l'entrée de Heast quelques ruines : petites maisons de fermiers abandonnées lors de l'épisode "clearance". Dans les vieux enclos de pierre nous voyons 5 béliers aux cornes impressionnantes. Ce sont sûrement les mâles reproducteurs de la région.

Le village se compose de quelques chaumières. Celles d'aujourd'hui ont quelques fenêtres et un toit d'ardoises, alors qu'au début du 18ème siècle, elles n'avaient pas de fenêtre, et un toit de chaume retenu avec des pierres liées par des cables de part et d'autre de la maison. Des feux de tourbe tentaient de réchauffer les chaumières, et réussissait plus sûrement à noircir de suie tout ce qui se trouvait dedans.

(Ca, c'est notre chambre, et remarquez le mur de droite, très sombre, c'est le mur d'origine, et bien décapé lors de la rénovation de la maison !)
Elevage de saumons à l'horizon, et quelques moutons qui divaguent sur la rive. Et qui sautent les flaues et les ruisseaux plus facilement que nous. Nous longons la côte pour joindre le point d'arrivée du chemin de retour. Arrêt pique-nique et repos, à l'abri du vent.

 La marée monte, et des brebis gagnent quelques îlots herbeux prestement. Quant à nous, nous cherchons notre chemin... pendant longtemps, et ne le trouvons pas !

Marche difficile dans les collines couvertes de bruyères, et semé de trous assez profonds qui nous font des pièges. Alors retour par la route, avec le vent du Nord dans le nez ... Et nous prenons bien conscience qu'il n'y a rien pour le ralentir ou le rechauffer depuis le pôle Nord jusqu'ici !
Dîner dans la chambre, et Cécile va bien vite se coucher.

 

par Camille et Pierrette publié dans : Voyages familiaux
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