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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 08:49

Mercredi 12 Décembre 2007

Le programme du jour est ainsi libellé : " ... turda, ancienne fortification dacque puis romaine. C'est la ville d'où vient la liberté de confessions en Europe (en 1568 le prince Ioan II Sigismund Zapolya a émis l'Edicte de Turda, le premier décret de liberté religieuse et confessionnelle dans l'histoire de l'Europe moderne).
Visite de la mine de sel de Turda, avec concert "
Beau passé libertaire, mais il y a aussi la mine de sel , pour moi presque synonyme de travaux forcés ! La journée n'est pas placée sous le signe de la plaisanterie, mais l'idée d'un concert dans la mine de sel est plutôt inattendue et insolite ...                              
undefined De la fenêtre du couloir de l'hôtel nous apercevons la statue du héros que notre guide n'aime pas ... peut-être un Hongrois ? et qui d'ici ne semble pas du tout porter une épée. 
Le ciel est encore très gris et les toits environnants semblent mouillés. Triste temps pour aller se promener à 50 km de Cluj.
Les voitures  nombreuses qui circulent dans le centre sont largement maculées de boue  laissée par la neige précédemment tombée. Nous quittons la ville par une colline couverte de vergers de pommiers et pruniers. Les fruits produits dans cette région sont exportés, par contre les fruits vendus dans les magasins sont souvent importés !
La circulation vers la ville est intense. Peut-être les Roumains se rattrapent-ils des années Ceaucescu où ils n'avaient droit qu'à 50 litres de carburant par mois ? Il y a aussi beaucoup de camions qui témoignent de l'activité industrielle de la région.
La circulation est délicate et la vitesse limitée. Aussi nous faut-il une heure pour faire les 50 km qui nous séparent de Turda. C'est vrai que nous avons croisé un accident entre une voiture pulvérisée et un semi-remorque plié en portefeuille qui a créé un bouchon, tout comme en France.
Le paysage n'est pas celui que nous attendions : petites collines undefineddéboissées et quelques villages ruraux.
Les toits des maisons sont très ouvragés, peut-être pour réduire la portée de la neige sur la charpente ? Nous avons longé quelques grands étangs tout gelés.
Nous apercevons dans une ferme deux hommes qui s'affairent autour de la carcasse d'un cochon posée dans la cour un peu boueuse. Les festins de Noël sont  en préparation, et le froid favorable à ces travaux.
Les villageois parmi lesquels nous voyons des tziganes aux grandes jupes fleuries se dépèchent dans les rues.

Et une affiche du complexe hôtelier "Chateau de Dracula" nous renseigne sur notre approche de Turda.
Notre curiosité est au plus haut lorsque Lydia commence à nous parle de Dracula et des vampires. Les Roumains seraient les victimes de cette légende, mais sauraient en tirer la meilleure part car elle attire beaucoup de visiteurs  friands de frissons.
Et alors ??? Un prince particulièrement sanguinaire, Vlad Tepes (Vlad l'empaleur) est souvent assimilé au célèbre vampire du roman de Bram Stocker. Il régna sur la Valachie en 1448 puis de 1456 à 1462 et enfin en 1476. Son père, Vlad II surnommé Vlad Dracul après avoir rejoint l'ordre du Dragon en 1431 lui attribua le diminutif de "Draculea", fils du Dragon.
Ce jeune garçon et son frère furent remis par leur père au sultan turc en gage de sa loyauté. Qui bientôt fit défaut. Le frère accepta de devenir "la maîtresse" (dixit notre guide) du sultan mais pas Draculea qui fut alors emprisonné et aurait été traité à la façon ottomane, c'est à dire violé souvent. Et il aurait ainsi été influencé dans son choix de supplices à infliger à ses prisonniers, l'empalement étant le favori.  Qui a osé dire en dehors de la version officielle que c'est un supplice qui commence si bien et finit si mal ?
Mais Lydia ne nous dira rien de plus. Et ne dira surtout pas que le mythe des vampires est à l'origine de coutumes ancestrales qui ont à peine disparu comme celle de déterrer les morts après trois années de sépulture pour rassembler les ossements dans un linceul tout neuf, mais aussi pour vérifier que la décomposition du corps se fait naturellement. Et si tel n'était pas le cas, le coeur serait prélevé et longuement cuit dans du vin, la sauce obtenue devant permettre aux descendants d'échapper à la malédiction (entendu au cours d'une émission de TV avec historiens et chercheurs du CNRS, enfin tout ce qui semblait très sérieux)

Et tout ce récit nous permet d'arriver à la mine de sel. Long couloir aux murs de pierres blanches boursoufflées comme des choux-fleurs et au sol assez irrégulier. undefinedComment fait notre guide avec ses élégantes chaussures à talon aiguille ? Bien sûr elle se doit d'être toujours au top, mais enfin. Après 500 m nous arrivons dans un autre couloir taillé dans le sel. Les parois sont presque lisses et parfaitement taillées. Le guide de la mine s'exprime avec un accent assez fort da&ns un bon français qu'il est facile de suivre. En nous montrant la pureté de certaines vaines bien blanches, en nous faisant remarquer que les courants d'air creusent des vagues sur certains
murs, il nous explique l'importance économique de cette mine exploitée de 1271 à 1932 creusée dans un gisement colossal, et le privilège qu'avaient les ouvriers de travailler ici, dans une atmosphère particulièrement saine. Ah bon ! il me faudra revoir mon idée de travaux forcés ... Nous passons une ouverture qui donne sur une fosse appelée des 16 échos et démonstration nous est faite de l'exactitude du nom.undefined Et nous arrivons dans une grande salle avec une grosse machine en bois qui servait à remonter le sel. Les marbrures des parois sont magnifiques. Décidément je vais de surprise en surprise. Jamais imaginé que ça puisse avoir un tel aspect. undefinedDes veines de blanc à brun en passant par vert. Il parait que se sont des impuretés qui donnent ces couleurs. Une chapelle est creusée à ce niveau ... Et nous arrivons à l'escalier d'honneur (qui semble un peu travaillé par l'atmosphère, lui !) que nous empruntons pour arriver en haut du puits Terezia daté de 1690, profond de 70 mètres et qui se termine par un lac avec île ! Nous nous dirigeons vers la mine Rudolf, énorme gouffre trapézoïdal de 50 mètres de profondeur. Nous n'avons pas été invités à en faire le tour sur la plate-formes de bois qui ceinture le sommet, mais à descendre les 300 marches qui nous mèneront tout au fond, en bas où nous voyons quelques ampoules briller, et d'où montent quelques notes de musique. Eh oui, nous avons un concert prévu ... Mais enfin, c'est insolite. Faire venir des musiciens au fond de ce gouffre ! undefinedC'est en effet une surprise comme nous en réserve toujours nos voyages de Saou Chante Mozart : un quator de vrais musiciens, talentueux est là pour nous exécuter de la musique de la Renaissance italienne. Ils sont trois instrumentistes jouant des flutes bien particulières, d'origine roumaine et la première soliste soprano de l'opéra de Cluj. La "salle " grande comme plusieurs cathédrales est un peu spéciale, et il faut rester très prés des musiciens pour ne pas subir l'écho. Quant à la température de 10°et à l'atmosphère, elles les ont obligés à jouer avec des instruments en plastique et non les instruments de bois avec lesquels ils ont l'habitude de jouer.
Le temps passe un peu trop vite et nous devons remonter les 300 marches,parcourir les couloirs pour rejoindre l'air libre. Toujours aussi gris. Mais nous venons de passer un grand moment aussi agréable qu'inattendu.
Le déjeuner est prévu dans le restaurant de l'affiche, le chateau de Dracula. Pas tout à fait vrai, mais kitch à souhait. Avec des machicoulis, des tourelles, un jardin au décor étrange, des oriflammes, tout un décor de cinéma, et à l'interieur beaucoup de bois et de poteries traditionnelles.
Le repas comprend une soupe de volaille avec des boulettes et de la crème aigre ; undefinedla fameuse "mamaliga" de semoule de maïs accompagne la viande du jour, ainsi qu'une assiette de poivrons marinés et de gros cornichons aigre-doux délicieux ; et la glace nous sera servie après le café. Nous buvons beaucoup d'eau en plus de notre verre de vin local ou de bière, locale aussi. Les Roumains préfèrent le vin doux, et exporteraient leurs vins secs. Quoiqu'il en soit, celui que nous avons bu ne va pas nous laisser un souvenir impérissable.
Nous traversons la ville avant de reprendre la route de Cluj. Elle est très colorée, avec de beaux bâtiments de style hongrois,et des banques partout.
Avant de nous rendre à la conférence de Philippe nous allons au traditionnel marché de Noël de Cluj. Et ça nous permet de nous rendre compte que les cadeaux essentiels sont utilitaires : beaucoup de vêtements, de chaussures, de sacs. Bien peu de superflu. Nous rencontrons un Français qui tient un stand de photos de décoration qui nous dit ne rien vendre. Plusieurs centres commerciaux ont ouverts au cours de l'année et drainent la clientèle attirée par la nouveauté de ce mode de commercialisation.
La Présidente du festival, Madame Adriana Bera participe à la conférence ce soir,undefinedet nous fait part de sa démarche et de ses problèmes. Puis petit débat au sujet du concert de chant d'hier soir, et préparation à celui d'aujourd'hui qui sera plus accessible. Trois jeunes lauréats du concours "Se cauta Enescu" de Bucarest nous interpréterons trois concertos de Mozart.
Vlad Rebreanu, flûte dans le concerto en sol majeur KV 313 est acclamé par un groupe de jeunes gens : il a ses fervents admirateurs ! Nous avons entendu avec plaisir Radau Mihai Ropotan, violon dans le 3ème concerto en sol majeur KV 216 ;  undefinedDinu Mihailescu, il est un pianiste un peu "raide" dans le 12ème concerto KV 414 ; et le chef d'orchestre, Gergely Florian, aux grands gestes graciles il est très maniéré et délicat ! Mais l'ensemble constitue un concert extrèmement sympathique.
Nous rentrons par les rues illuminéeset scintillantes de Cluj, classique mais qui mettent aussi le coeur en fête.

Nous avons passé une belle journée, pleine de surprises et si le Dracula officiel ne provoque que des frissons d'horreur, les grottes de la mine de sel peuvent provoquer des vertiges. J'aime bien être surprise comme je l'ai été aujourd'hui.

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Published by Camille et Pierrette - dans Saoû chante Mozart
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