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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 19:02

12 octobre 2008
Dimanche matin 9 heures, sortant de taxis conduits par des chauffeurs turcs, une trentaine de français se rassemblent autour du Dr Laurence Dehlinger alors que Berlin dort encore sous sa couverture de nuages ...

Après la conférence matinale donnée par Philippe Andriot chambre 122, chez Annie et Pierre Gondran

nous allons parcourir quelques quartiers de Berlin centre, à la découverte de l'urbanisme et de l'architecture de la ville.

Nous reconnaissons Hackescher Markt où nous avons déjeuné jeudi, alors que nous visitions l'île des Musées. Laurence nous emmène dans les Hackesche Höfe, un ensemble d'immeubles construits à la fin du 19ème siècle pour remplacer des abris insalubres où des marchands de sommeil louaient pour quelques heures aux ouvriers modestes un emplacement où dormir debout, soutenus par un cordage dans une promiscuité indescriptible. Les immeubles conçus par August Endell comprenaient de belles cours qui aéraient les bâtiments et en cassaient l'aspect vertical et horizontal.

Le rez-de chaussée recevait les boutiques alors que des ateliers et appartements s'installaient dans les étages. La cour n° 3 est occupée par un jardin


alors que la 4 groupe artisans, boutiques et ateliers ; la 8 communique avec un autre ensemble du même type. Ils  avaient été abandonnés après la guerre, ont été restaurés depuis la chute du Mur, et c'est maintenant un quartier très branché d'artistes et artisans d'art. Les structures de la Cour des Roses sont anciennes, et le décor actuel.

Quelque soit l'époque de réalisation de l'escalier à vis de l'immeuble sur la rue, il est superbe !

Pour le moment il n'y a que nous dans les rues. Les Berlinois sortent beaucoup le samedi soir et le dimanche est consacré à la famille.
Nous entrons dans la dernière cour du 17ème siècle, non restaurée du quartier où une affiche à l'effigie d'Anne Franck accompagne une plaque à la mémoire de Otto Weidt. Une historienne d'art a retrouvé la trace de ce résistant qui a gardé ses ouvriers juifs aveugles jusqu'en 1943 en soudoyant la Gestapo. Il cachait  également une femme et sa fille dans un appartement. Il fut dénoncé, les ouvriers déportés en Pologne, et lui prisonnier en Allemagne. link
Des tags très colorés qui occupent tout un mur de la cour n'en rappellent pas moins les horreurs du nazisme.

Quelques rues plus loin nous arrivons à l'immeuble de la Guilde des Artisans Berlinois, constituée en 1844 pour défendre les intêrets des membres et promouvoir la formation et l'apprentissage. Leurs activités politiques jugées subversives leur ont valu quelques tracas.

Des cours encadrés de briques jaunes et de vigne vierge ? nous sommes dans une ancienne fabrique de machines à coudre qui appartient à une richissime famille Hoffmann. Appartement de 1500 m2 répartis autour de trois cours, sur quelques étages où est réunie une partie de leur collection privée d'art contemporain.  link

Grosse Hamburger Strasse, aussi nommée "rue de la tolérance" car ici l'hôpital catholique voisinne avec l'église protestante et le cimetière juif ... Pas du tout ce qu'un Français aurait pu imaginer !

Un espace vide entre deux immeubles dont les murs portent des plaques nominatives : nous sommes devant "Missing House", la maison manquente, détruite par une bombe ; les noms sont ceux des familles qui y habitaient.
Le cimetière juif du 17ème siècle a lui aussi disparu, et une seule pierre tombale y a été replantée, au nom  de Moses Mendelsshon, philosophe berlinois des Lumières et peut-être grand-père du compositeur ?
Un hospice de vieillards a servi de lieu de rassemblement des juifs avant déportation.

Devant les portes de cet ancien quartier juif des pavés des trottoirs font place à des plaques de bronze à la mémoire de déportés ayant vécu ici.

La grande Synagogue sauvée pendant la "nuit de cristal" de 1938 par un policier du quartier qui tint à distance les incendiaires SA avait beaucoup souffert des bombardements alliés. Sa coupole brille maintenat de tous ses ors.
Retour vers Unter den Linden  en passant par les quais de la Spree où tous les dimanches se tient un marché aux puces ; entre les stands on aperçoit des murs portant la trace de féroces combats de rues de 1945.

Dans les endroits les plus fréquentés on "rebouche" les impacts de balles. Il y a du travail pour longtemps !

Les coupoles des églises de Gendarmenmarkt et les chevaux du Konzerthaus se découpent dans le ciel alors que nous rejoignons l'Opernpalais, pas tout à fait pour un concert, pour un brunch musical jazzy. Car il n'est pas beaucoup plus de midi, et avec tout ce que nous avons parcouru ce matin dans la fraîcheur, nous avons bien faim.

Ambiance très chaleureuse avec ce décor très années 50 ! Et pour nous réchauffer un peu plus , nous sommes accueillis par une coupe de vin mousseux. Grand merci à Bérangère qui a pensé à nous faire cette surprise, et j'en profite aussi pour lui adresser nos félicitations pour sa contribution à la réussite de l'organisation de notre séjour. IHenry et Anne pourront lui confier d'autres repérages !

Le buffet est somptueux, et il est agréable e réentendre les airs de jazz que nous écoutions il y a pas mal d'années.

Il est temps de reprendre notre parcours dans les rues de Berlin. L'Arsenal, maintenant musée d'Histoire avec une superbe carte en relief, qui nous montre les évolutions de l'Allemagne depuis la nuit des temps.

Ce palais baroque a une extension surprenante, voire audacieuse de l'architecte Pei (à  qui nous devons la Pyramide du Louvre) qui accueille les expositions temporaires.

Nous traversons Unter den Linden pour aller visiter le Monument aux Morts.

La nouvelle gare du château de Berlin a été convertie sous l'Allemagne de l'Est en monument à la mémoire des morts des guerres. Une Pieta de pierre noire, occupe, seule, la grande salle nue. C'est saisissant.

Käthe Kollwitz link dont l'un des fils avait trouvé la mort durant la guerre de 1914-18 avait sculpté sa douleur en réalisant une oeuvre antimilitariste de petite taille. La réplique qui a été placée ici a soulevé des polémiques, car les dimensions sont beaucoup plus importantes, transformant l'esprit de l'oeuvre initiale.
Sur Bebeplatz, lieu de l'autodafé du 10 mai 1933 une plaque de verre laisse voir de vastes rayonnages vides en sous-sol : la place laissée par 25 000 volumes, le nombre de livres qui furent alors "éliminés" car "anti-allemands".
St Hedwigs-Kathedrale a franchi les vicissitudes de Berlin sans dommages. Le ministère des affaires étrangères avec ses 4000 personnes occupe un bâtiment nazi dont la façade a été refaite.

Je ne sais plus comment nous sommes arrivés jusqu'à la superbe maquette de ce coeur historique de Berlin, qui fut occupé par les Russes, et qui est maintenant la partie la plus visitée. Laurence nous a fait "réviser" le plan, nos parcours, les principaux sites du passé et du présent,

avant de nous raccompagner jusqu'au Konzerthaus en passant devant quelques symboles de la ville :

l'ours dont on rencontre des versions différentes (liées à chacun des mécènes qui a participé à l'opération)
dans les grandes artères;

et les petits bonshommes des feux rouges ou verts qui ont failli disparaître par la réunification, et qui doivent leur survie aux protestations populaires. Deux jeunes berlinoises ont bien voulu poser pour nous !
Concert dans la grande salle aux mille feux.

Puis retour à pied en regardant les façades des immeubles, des années 30 cette architecture prussienne ?

ou antérieure ?

jusqu'à Check Point Charlie. Des panneaux rappellent queques grandes dates.

1962, la crise de Cuba et la guerre froide, la tension est à son comble ;

1990, Rostropovitch vient jouer pour les populations enfin réunies après la chute du mur ;

et aujourd'hui où deux soldats d'opérette prennent la pose avec les passants.
Quelle journée, tout simplement passionnante !

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Published by Camille et Pierrette - dans Saoû chante Mozart
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commentaires

Solène 16/02/2009 11:34

Merci pour ce récit qui me donne envie de suivre vos traces dans ce parcours berlinois ! Dommage que vous n´ayez pas accompagné votre description d´une carte pour faciliter notre découverte ..je me lance donc à l´aveugle dans la recherche de ces "Hackesche Höfe", musée d´Histoire et autre "Konzerthaus"

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