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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 19:19

14 Aout 2008
Nous sommes à Bergen, encore une grande étape de ce voyage. Et avant de visiter la ville, quelques détails et précisions d'intendance pour voyageurs en camping-car.
Après un grand nombre de tunnels à péage, de ponts (à péages ?) et de barrières ... de péage, nous sommes enfin arrivés à l'adresse donnée par le Routard pour poser notre véhicule. Quasi obligatoire : la police est zélée, et les parkings rares.
D'abord les péages de cette région sont régis électroniquement : les passages sont enregistrés par une caméra, et nous devons nous rendre dans des stations services XY pour nous acquitter de nos droits. En qualité de Français à forte ascendance latine, nous n'allons pas chercher les stations XY, et même peut-être bien ne les verrons-nous pas. Affaire à suivre, nous vous dirons.
Ensuite, le lieu de séjour des camping-cars a changé. C'est maintenant 99 Damsgärdsveien, de l'autre côté du port.


Avec passage de deux barrières de péage ! Et à cette adresse, il vaut mieux porter des lunettes à champ étroit car la vue est sinistre. C'est une friche industrielle dans une zone portuaire en activité ! On n'a qu'une hâte : s'en aller. Il y a une ligne de bus tout près qui permet de joindre rapidement le centre ville. Mais y aller à pied est interessant.
Dernier point,  nous avons pris un pass de 24 heures, et ça nous semble parfaitement inutile, particulièremebnt pour les séniors qui bénéficient souvent de tarifs réduits (qu'il faut demander, car Bergen est une ville de marchands qui ne s'est pas enrichie pour rien : tout se vend, et particulièrment aux touristes ...) Il nous a fallu organiser un marathon pour essayer de rentabiliser ce pass, qui ne comprend pas l'accès au plus grand musée, le Musée hanséatique. Il faut bien sûr tenir compte des heures d'ouverture des musées ...
Et maintenant à nous Bergen, ville du plus grand intérêt !

La ville est animée, fleurie, soumise à des variations de temps très rapides ; pluie ou soleil, parfois les deux !


Le jardin du théâtre célèbre les musiciens locaux. Ici Ole Bull, violoniste du 19ème siècle qui conquit l'Amérique avec son violon à neuf cordes, instrument de la région de Hardanger. Ce théatre fut épargné par l'incendie de 1910, (relaté dans "le Roman de Bergen" de Gunnar Staalesen dont nous n'avons lu que les deux premiers volumes ...) Par contre toute la partie à l'ouest, jusqu'au port, a été reconstruite après cet incendie, dont la place avec la grande fontaine qui rend hommage aux différentes générations de marins qui ont fait, avec les marchands, Bergen.


  Par des petites rues bordées de maisons de bois,  boutiques d'artisanat, et galeries d'art


nous arrivons à la gare du funiculaire qui monte au sommet de Floyfjellet, 320 mètres,


d'où nous avons une belle vue d'ensemble sur la ville et ses ports, à droite touristique, à gauche industriel que l'on doit deviner sur cette photo.


Quelle surprise d'entendre parler français sur cette esplanade, et avec un fort accent des quartiers nord de Marseille ! Il y a un match de foot entre Bergen et Marseille. C'est donc ça !


Ici les supporters de l'équipe locale. Ils chantent très fort, et ne passent pas inaperçus !
Vite, vite, nous avons juste le temps d'aller au Musée d'arts décoratifs qui expose quelques unes des réalisations norvégiennes en mobilier, vaisselle, cristallerie, et même une exposition temporaire de haute couture,


fortement marquée par le folklore et les traditions,


et bien adaptée au climat.
Une part est faite aux jouets avec une formidable maison de poupées ancienne.

Et il est déjà l'heure de quitter cet endroit.
Un tour au marché aux poissons qui n'a plus rien à voir avec le témoignage de Christian Krohg (fin du 19ème S.)


peut-être que ce n'est pas l'heure pour les marchandages avec les ménagères, mais plutôt celle de l'accueil des touristes ?


Bien organisé cet accueil. On parle ici toutes les langages d'Europe. Et c'est un jeune Portugais au français parfait qui nous sert notre sandwich. La plupart des vendeurs sont des étudiants du sud de l'Europe venus faire la saison.


Quelques pas le long du port, magnifique sous ce ciel bien noir et menaçant nous amènent sur le quai de Bryggen, quartier déclaré patrimoine mondial de l'Unesco. Les maisons de bois etroites et hautes qui le constituent ont été élevées ici après l'incendie de 1702 qui ne laissa que des cendres.


Les façades sont colorées, certaines coiffées de pignons, et toujours occupées par des marchands qui s'adressent maintenant aux visiteurs. A l'ouest du quartier c'est un grand hôtel qui occupe ces maisons.


D'étroits passages permettent encore de se faufiler entre les bâtiments et d'atteindre les ateliers et appartements qui ne sont pas vraiment occupés maintenant.


Mais ce quartier est un chantier qui promet quelques modifications dans le respect de l'authenticité ...


Pour terminer la journée nous avons prévu d'écouter un concert d'orgue donné dans une église néo-gothique (eh oui, finalement ça existe) qui est sur notre chemin de retour ... Première partie une oeuvre d'un musicien norvégien du 19ème siècle (dont je dois chercher le nom) tellement bruyante qu'une partie des auditeurs a quitté la salle. La suite, plus récente et plus douce nous a apaisés.
Journée bien remplie.

Nous commençons la deuxième journée par la visite de la cathédrale romane qui ouvre à 9 heures.  La façade est austère,


un portail latéral nous ramène à ce que nous  connaissons de l'architecture du 12ème siècle.

A l'intérieur les ornementations ne sont plus romanes. Le triptyque de l'autel, du 15ème siècle brille de tous ses ors.


et la chaire du 16ème est du même style baroque que nous avons rencontré depuis le début du voyage, peut-être en plus riche.


Quelques statues de saints et saintes ont la même naîvete.


En attendant l'heure de pouvoir visiter le musée de Bryggens, juste à côté, nous faisons le tour du quartier où se trouve la plus vieille maison de Bergen, la seule qui ait résisté à l'incendie de 1702, car construite en pierres.


Ici étaient  conservés tous les documents, archives et objets de valeur.

Bryggens Museum : je ne suis pas d'accord avec le Routard et pense qu'il y a des choses à voir dans ce musée : les fondations des premiers établissements construits sur le quai, l'organisation de la vie dans le premier millénaire, et quelques objets précieux dans les étages. Dont cette jolie petite licorne du 12ème siècle, entourée d'animaux fabuleux.


Et il y en a tant en Norvège des animaux fabuleux ...

Au bout du quai, un grand bâtiment est occupé par plusieurs organismes, syndicats, entreprises en rapport avec la pêche. Et le Musée national de la Pêche. Des maquettes de bâteaux, depuis les petits pour la pêche à la ligne, jusqu'aux très grands. Beaucoup de poissons naturalisés. Et tous les renseignements avec maquettes et schemas sur les techniques de pêche, de la plus simple, à la ligne, à la pêche industrielle et dévastatrice,


qui oblige maintenant les marins à se reconvertir à l'élevage industriel du saumon ...
Toute une partie consacrée à la pêche du cabillaud, le séchage et la conservation de la morue. Même l'odeur est là ! Cabane de pêcheur de harengs, outils ...


Un déjeuner à la cafétaria des pêcheurs est parfaitement indiqué. Saumon en soupe pour moi, spaghettis pour Camille. C'est chaud, délicieux, et pas pour les touristes. Que des qualités d'authenticité,  si près de ce marché aux poissons pour touristes ... Il faut le faire savoir que l'on peut aller ailleurs ...

Pour rester dans le ton, nous allons maintenant visiter le Musée de la marine. Des jolies dames, figures de proue nous accueillent.


Là encore, des maquettes de bâteaux depuis les drakkars jusqu'aux bâteaux de croisières et cargos. Des maquettes de chantiers de radoub, les navires couchés sur la rive et maintenus par une nuée de cordages fixés sur la paroi de la montagne ! Et des cartes anciennes avec des animaux fabuleux, je vous disais bien qu'il y en a beaucoup ici, des baleines


ou des chevaux équipés de raquettes pour traverser la montagne


et des skieurs qui traversent la mer de Finlande gelée,


jusqu'à l'empire moscovite, enfin c'est le cavalier qui va vers l'empire moscovite.
Je ne peux pas vous montrer les hardes de loups attaquant des cervidés, ni d'étranges mammifères marins de la mer du Nord avalant tout ce qui se présente... Merveilleuses ces cartes témoins de leur temps.

Car il est temps de filer aux Musées des beaux Arts, continuer la découverte des peintres norvégiens. Donner des noms est difficile car je vais en oublier tant ... Deux salles de Edvard Munch dont cette petite fille qui fait déjà penser au Cri


Encore des Christian Krohg, et son fils Per Krohg avec ses singuliers Travailleurs au repos


Il travailla beaucoup à Paris, où il fit partie du groupe des artistes de Montparnasse des années folles.
Et j'ai même eu la surprise de voir un vrai Hubert Robert. A Valence on connait mieux ses sanguines que les oeuvres qu'il a peintes d'après ces notes.


Beaucoup de tableux de Nicolai Astrup, et maintenant je regrette beaucoup que nous ayions raté son village. Et tant de peintres que nous connaissons mieux, impressionnistes français, et célébrités du 20ème siècle. Un regal ces musées.

Il est temps de rentrer, en passant par le Jardin botanique, aménagé entre des bâtiments de la Faculté des Sciences. Tout petit ce jardin, et interessant.

La grande fleur bleue que j'avais remarquée depuis longtemps n'est pas une Aconit polaire, mais une Aconit septentrionale.
Curieuse primevère chinoise qui fleurit ici mi-août !


Ce sera la dernière image de Bergen. Nous allons quitter la ville demain, sans avoir vu le Musée hanséatique. Encore une bonne raison pour revenir ...

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Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
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