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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 19:37

18 août 2008
La journée d'hier fut essentiellemnt une journée de route, sans grand souvenir autre que l'endroit où nous avions passé la nuit.


Avant de repartir nous sommes allé faire un tour de l'autre côté du ruisseau,


sur la grande roche ronde qui surplombe les lacs, et la cabane d'hermite avec ses deux dépendances


vous ne voyez pas bien à droite de l'image, vers le milieu ? Normal, avec son toit végétal sur lequel poussent quelques bouleaux, elle est bien dissimulée. De plus près, la voici.


Encore un long regard sur ce paysage de roches nues, de montagnes rondes, de lande, de ruisseaux et de lacs ... Je le trouve vraiment fastueux. Du moins en été.
Nous reprenons la route et descendons vers le carrefour des route E134 et 9 que nous prendrons pour aller plein sud vers Kristiansand.
Encore une maison solitaire à l'emplacement improbable sur l'île au milieu du lac Stavatnet !


Nous traversons quelques hameaux avec des greniers traditionnels


avant d'arriver à Hovden où nous trouvons un emplacement idéal pour passer le reste de la journée, dans un bois de pins et bouleaux.


Une large rivière s'étale à quelques dizines de mètres, et nous avons le plaisir d'observer une famille d'oiseaux aquatiques : elle semble avoir une dizaine de poussins cette petite mère !


18 Août 2008
Nous reprenons la route sous un ciel tout bleu et un grand soleil, vers la vallée de Setesdal par la route 9.


Cette région est un peu à l'écart des grands itinéraires touristiques, et le Routard ne la mentionne même pas. Mais nous vous la recommandons, elle est vraiment interessante. Tous les témoignages du passé sont précieusement conservés depuis plusieurs décennies, donc bien avant l'arrivée massive des visiteurs, tout au long de cette voie. Nous n'avons choisi que ceux qui nous attirent le plus, mais il y a aussi des témoignages de la vie minière, du travail de l'argent, des costumes, de l'énergie hydro-électrique, des activités agricoles, et des fermes ...


Les maisons de bois avec annexes traditionnelles retiennent tellement notre regard à droite


que nous avons à peine le temps d'entrevoir une mère élan avec son faon sur la gauche, qui ont tôt fait de disparaître avant que nous soyons prêts à les suivre dans les chemins du village ... Décidément, nous n'aurons pas de chance avec les animaux sauvages !


La brume se lève au-dessus de la rivière, et laisse la place à un long panache de fumée.  Nous arrivons à un resserrement de la gorge, et pouvons faire étape pour explorer l'endroit. Il s'agit de voir et d'emprunter l'ancien chemin qui conduit à la ville de Bykle. Avec un peu d'imagination, et les dessins qui jalonnent l'itinéraire on peut entendre les cris des charretiers, les hennissements des chevaux et le crissement des roues. Vous pouvez même entendre l'homme qui glisse sur le chemin gelé et tombe dans la rivière ... Courage, on y va !


Ce charmant chemin est l'un des six tracés succéssifs de la route. Avant 1770, on ne pouvait pas y passer avec un cheval en saison de hautes eaux. Et après, pendant un siècle il fallait aider les animaux de bât à franchir certains passages.


aujourd'hui ce sont les randonneurs qui passent par là, sur des échelles bien sécurisées.


Ce n'est qu'à partir de 1879 qu'il a été possible d'utiliser des carrioles, et il semblerait que ce n'était pas simple !


En plus des conditions de transport en Norvège continentale à travers les derniers siècles on peut remarquer la végétation, quelques fleurs, les fidèles bouleaux toujours présents, et quelques lichens.


Nous revenons à notre point de départ et en 2008, et empruntons le tunnel des dernières décennies pour arriver à Bykle.

Etape suivante, la ferme de Rygnestad qu'il faut découvrir au creux d'un vallon au-dessus de la vallée que nous suivons. C'est la plus "authentique" de la région.


A l'exception du moulin (ci-dessus), les bâtiments occupent leur emplacement d'origine, et la charpente de bois de la maison a dû être érigée avant 1350.


D'ici nous voyons l'ensemble de la ferme : en haut à droite le sauna et la forge, sous le bosquet de bouleaux, éloignés pour limiter le risque d'incendie, puis au centre le deuxième entrepôt, plus loin dans la cour le premier entrepôt à trois étages, la maison, et en ligne de l'autre côté de la cour les étables, écuries et abris à moutons.


L'entrepôt doit retenir toute notre attention car au Moyen Age c'est le meilleur reflet de la ferme. Les valeurs y sont stockées, comme un trésor dans un coffre ! C'est le bâtiment le plus achevé et le plus important de l'ensemble. On y stockait les denréés, les réserves, et des pièces y étaient souvent prévues pour accueillir les invités. Pour leur construction on utilisait les meilleurs bois de charpente, et l'extérieur était l'objet de multiples attentions : montants de portes richement travaillés,


et galeries qui aidaient à transformer l'endroit en poste d'observation ... voire en camp retranché d'après la légende d'Asmund le Diable.


Asmund Torleivsson Rygnestad etait un homme a qui on prête encore beaucoup. La tradition orale en a fait un homme redoutable. Il vécut de 1540 à 1596. A vingt ans il était mercenaire sur le continent (?). Il aurait tué plusieurs hommes, et c'est pour ça qu'il aurait reçu le sobriquet de " Asmund le Diable". Et ce serait pour se protéger de la maréchaussée qu'il aurait fait construire son entrepôt comme une forteresse.


Il aurait ramené divers objets et armes de ses voyages qui seraient encore là ? (Nous n'avons pas pu entrer dans les bâtiments, la rentrée des classes est aujourd'hui et certains musées sont maintenant fermés en semaine.) La légende d'Asmund le Diable est sûrement constituée des "exploits" de plusieurs messieurs.
Les archives permettent de savoir qu'il fut président de la communauté (sheriff), juré, administrateur de la paroisse, et représentant pour rendre les derniers hommages au roi Christian IV à Oslo. Il possédait plusieurs fermes. En bref, c'était un des hommes les plus puissants de la région ! Vive Asmund !
On se calme, et on repart après avoir fait le tour du hameau qui conserve ça et là quelques greniers et entrepôts qui n'ont pas la chance de faire partie du musée.
Nous sommes dans une region agricole qui produit des céréales, là derrière les épilobes,


et de l'élevage de bovins, ovins et chevaux dont la crinière est coupée très court.


Et voici la cascade qui va servir de cadre pour le pique-nique-salade du jour !



juste au dessus du vallon de Rygnestadstunet.
A 14 heures nous sommes à l'entrée de la ferme Tveitetunet. L'emplacement est peut-être encore plus harmonieux que celui de Rygnestadstunet, et l'ensemble assez différent.


De gauche à droite, la maison, l'entrepôt et les autres bâtiments. Le sauna était utilisé aussi pour le séchage des céréales et le fumage de la viande. Le moulin, auprès du ruisseau au dessus de la ferme ne pouvait être utilisé qu'au printemps et à l'automne quand l'eau est plus abondante.
Ici un bâtiment inhabituel, la prison, sous le mélèze.


Car le fermier Tveiten était aussi sheriff, président de la communauté. Il le resta 50 ans. Et à sa mort, en1837, c'est son fils qui lui succéda. Il était obstiné, et il était difficile de lui faire changer d'avis. Il décidait du bien fondé des directives que ses supérieurs lui envoyaient par porteur spécial lors d' "engagement physique" musclé, dans la cour de la ferme, dans la neige ou la boue, suivant la saison. Avaient-ils besoin de l'eau du puits à levier pour reprendre leurs esprits avant de conclure définitivement ? Nos imaginations sont bien sollicitées aujourd'hui ...


La voiture à cheval ne doit plus conduire les visiteurs.


Nous quittons la belle vallée glaciaire et la vallée de Setesdal


en prenant la route de Sirdal à Hylestad.
Les stations de ski se succèdent de façon surprenante, et il y a des engins de gros travaux un peu partout. Les sports d'hiver doivent être une activité en pleine expansion.
Des "hyttes" isolées (qu'on pourrait traduire par hutte ?) dans des endroits toujours aussi incroyables.


Ce sont sûrement d'anciennes bergeries de famille que les héritiers de la ville entretiennent soigneusement pour leurs vacances à la pêche et à la montagne.


Endroits magnifiques, mais il faut encore aimer la solitude. (en haut, à gauche)


Eh bien nous aussi ce soir nous y gouterons, tout au bout de cette route qui file dans un paysage minéral et aquatique, après le passage d'un col à 1050 mètres d'altitude.


Ne se croirait-on pas au bout du bout du monde ? Non, la route file encore, caracole entre les roches nues, les lacs,


se faufile entre les landes et les quelques moutons sur un plateau immense,


largement occupé par un lac artificiel et l'élevage extensif des moutons.


Un corral impressionnant est construit au bord de la route.
Et les moutons sont dispersés tout autour, sur des hectares de lande. Ils sont curieux et s'avancent jusqu'à nous pour découvrir qui nous sommes,


et décampent bien vite dès que nous levons la tête.
Ils doivent aimer les myrtilles, car il n'y a pas un fruit alors que les plantes couvrent le sol. Pas tout à fait, il y a aussi des canneberges !

Bon, ce soir c'est festin français que Camille a préparé pendant que je courrais la lande ! A bientôt.


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Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
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