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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 12:20
Dès 1416 le prince Henri du Portugal, à 22 ans s'installa dans la péninsule de Sagrès à l'extrème sud-ouest de son pays, où il fonda une base de haute technologie , un arsenal naval, un observatoire, et une école pour l'étude de la géographie et de la navigation. Son ambition : conquérir cet océan qui s'ouvrait à l'infini devant lui, pour découvrir de nouveaux territoires et de nouvelles voies commerciales afin d' atteindre directement les côtes d'Afrique noire et se passer de l'intermédiaire des mulsulmans dans le commerce de l'or et des esclaves.


Il envoya ses navires en mission. Peut-on dire qu'il découvrit ainsi Madère dès 1419 ? Cette île figure déjà dans l'atlas de Medici de 1351, mais elle était inhabitée. Couverte de forêts de lauriers, riche en eau douce, un climat doux, elle fut rapidement colonisée par les Portugais. Les "redécouvreurs" furent nommés à la tête des communautés, Zarco à à l'ouest de Madère et Funchal,


 Teixeira à l'est et Perestrelo à Porto Santo, île voisine abordée l'année précédente.
Quelques décennies plus tard Christophe Colomb, au cours de séjours aurait d'ici observé les courants marins et les débris transportés et conclu qu'une terre devait se trouver quelque part à l'ouest ...


Sur son piédestal du parc Santa Catarina il regarde sa caravelle, ou sa réplique à l'identique, promener les visiteurs de Câmara de Lobos à Funchal, alors que les navires de croisière sont à quai pour quelques heures.


Aujourd'hui les touristes qui veulent séjourner à Madère quelques jours n'ont pas le choix, ils doivent arriver par avion. La construction de l'aéroport est un exploit : cette île volcanique est essentiellemnt montagneuse ;  il a fallu creuser la roche pour un premier aérodrome, récemment agrandi par une piste sur pilotis qui peut ainsi accueillir des Airbus.


Nombreux sont les témoignages de la richesse de l'île dans Funchal, ville de 120 000 habitants, soit environ la moitié de la population de Madère.
Le plus ancien bâtiment, la chapelle Santa Catarina, a été offerte en 1425 par l'épouse du gouverneur Zarco


Elle se trouve au milieu d'un grand parc où s'arrête le flot des passants qui descendent "en ville". Massifs et arbres fleuris, bassins avec jets d'eau et cygnes,
















nous retiennent longuement. Parfois un pannonceau nous donne l'identité de son porteur. Camille est arrêté sous une euphorbe qui nous stupéfie par sa taille, juste devant un coralina d'Abyssinie aux fleurs ardentes sur des branches nues.


Le jardin se termine avec une belle collection de cicas, réunis dans un massif en balcon au dessus du port où ont accosté deux paquebots de croisière. Deux autres sont au mouillage au delà du môle.


La Plaça do Infante où la statue d'Henri le Navigateur regarde la sphère armillaire du bassin, rappelle à chacun que le Portugal fut une des plus grandes puissances maritimes d'Europe, et le prince le précurseur des expéditions colonisatrices dès le début du 15ème siècle.

L'avenida do Mar nous conduit jusqu'au


fort Sao Lourenço qui dès le 16ème siècle  protégeait Funchal des pirates, ou tentait de le faire. Aujourd'hui c'est le siège du gouvernement militaire de l'île, fermé au public. Les canons sont d'époque,
















alors que les douves ont été transformées en plaisant jardin.
Toutes les rues et places de la ville sont pavées de mosaïques de basalte aux dessins variés. Sur la petite place de la capela de Sao Antonio ce sont des écailles qui rythment la marche. A l'arrière le clocher de la Sé, la cathédrale de style manuelien.

















La simplicité extérieure contraste avec la richesse du décor interne : le plafon mudéjar, les stalles d'origine flamande, les chapelles collatérales baroques, les fleurs opulentes et les azulejos dont la monochromie surprend dans cette débauche de couleurs, font un ensemble disparate, mais fastueux.


















Encore un coup d'oeil sur la Sé depuis l'avenida Arriaga avant de changer de quartier.


La Praça do Municipio est entourée de palais. L'Hôtel de Ville occupe l'ancien palais baroque du comte de Carvalhal, riche marchand de l'époque de l'esclavage. Typique du style madérien, l'embrasure des portes et fenêtres de basalte gris tranche avec les murs blanchis à la chaux.

Nous sommes le 1er mai, le bâtiment est fermé, comme tous les autres. Donc le décor de la cour en azulejos et Léda et son cygne ne sont pas accessibles.
Un bassin occupe le centre de la grande place, Il est surmonté d'une sphère armillaire.


 Nous trouvons ce symbole un peu partout : sur les clochers, les fontaines, les oriflammes aux fenêtres du Gouvernement régional d'un bleu assorti à celui des fleurs de jacaranda et sur le drapeau portugais.
Le jardin public accueille la manifestation des travailleurs : slogans, panneaux et saucisse partie après le défilé.


Un fruit étrange que nous ne verrons pas sur les étals des marchands. Il retient les pollens portés par le vent.

















et un cicas dont la deuxième couronne de feuilles commence à se former, devant les marbres du Parlement régional. Ce type de palmier a l'air d'avoir une croissance  assez singulière !
La journée a été pleine de découvertes, et nous sommes un peu fatigués par nos piétinements, nos allées et venues, nos détours, et nos observations. Alors nous remontons vers Pestana Miramar, en passant devant l'ancien célèbre café Ritz, tristement devenu la concession Toyota,


traversons le parc Santa Catarina. Voici un bel arbre aux fleurs jaunes, un tipuana d'Amérique du Sud  qui vaut bien quelques clichés.

















Dommage que le ciel soit resté gris toute la journée, même à la résidence,  la température autour de cette piscine est un peu fraîche. Nous allons préférer la piscine couverte pour finir la journée.


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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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