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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 12:10

Madère est une montagne volcanique plantée dans l'Atlantique, à la même latitude qu'Agadir (environ). Il n'y a pas de plages naturelles, essentiellement des falaises qui tombent dans l'océan à la verticale sur presque toute la périphérie.

PICO DE ARIEIRO et RIBEIRO FRIO
Pour des raisons techniques je ne peux pas télécharger ma carte d'ensemble de Madère. Alors voici la partie orientale que nous avons visitée lors de notre première sortie de Funchal par des routes en lacets qui nous ont permis d'atteindre Pico do Arieiro en passant par Camacha.
La position d' Achada Grande permet d'avoir une vue aussi bien sur la côte nord, vers Faïal et le Rocher de l'Aigle à l'horizon, isolé des autres massifs par l'érosion des ruisseaux,


que sur la côte sud et la ville de Funchal plus claire dans la fenêtre centrale.

La route, ER 202 monte d'abord le long d'une prairie puis  à flanc de montagne, des flancs vertigineux !


Au pied du Pico do Arieiro (1818 mètres) la pousada accueille les passants et leur offre quelques articles dont ils peuvent avoir besoin à ce point de Madère  : des bonnets de grosse laine, des pulls et des chaussettes tout aussi confortables !
















Si bas à l'ouest nous apercevons quelques toits : Currial das Freiras, monastère particulièrment isolé.
Et devant nous, sur le sol presque nu un sentier va vers le point culminant, Pico Ruivo, 1862 mètres.


Le sentier est impressionnant, si bien pavé dans un tel environnement ! Il va ainsi, paraît-il jusqu'au terme de la randonnée qui semble particulièrment technique. Les à-pics doivent être impressionnants. Et aujourd'hui le vent du nord souffle terriblement fort. Il me semble que je n'arriverais pas à tenir debout sur un terrain aussi découvert !


Et je suis rassurée lorsque je vois la famille avec trois enfants qui s'y était engagée revenir après un quart d'heure. Le plus grand nombre de randonneurs partent accompagnés par des guides professionnels qui connaissent bien les sentiers, les passages délicats, le régime des vents et celui des intempéries. Les nuages ou le brouillard peuvent occulter totalement le paysage en quelques instants, et il serait difficile de poursuivre pour des randonneurs de passage ... Chaque hôtel propose à ses clients un grand choix de sorties en montagne  de tous niveaux, accompagnées, de demi-journées ou de journées complètes. Des kiosques installés dans les endroits les plus fréquentés de Funchal les proposent également. Et proposent souvent des réductions pour ceux qui prennent plusieurs excursions ; ce qui n'est pas le cas des hôtels) Les jours dits les guides font la tournée des hôtels et des points de rendez-vous pour prendre et emmener les marcheurs vers l'excursion choisie.

Les nuages du nord sont poussés par le vent, remontent  les vallées et s'éparpillent dans le ciel bleu. C'est là que les bonnets, les pulls et les gants sont bienvenus ...



Quelques fleurettes résistent, blotties sur le bord de la route, dans un creux protecteur.
Quant à nous, nous reprenons notre route pour Faïal et Santana où semblent se réunir des nuages blancs,
















En redescendant de quelques mètres nous découvrons la glacière la plus célèbre de Madère, encore en parfait état. C'est là, à 1800 mètres d'altitude, à 20 km de Funchal que le glacier du Reid's entreposait la neige glacée dont il avait besoin pour la préparation des entremets qui régalaient ses prestigieux clients (dont l'impératrice Sissi qui tentait de soigner ses déconvenues conjugales).

Ribeiro Frio est le point de départ d'une petite randonnée facile le long d'une "levada", canal d'irrigation bordé d'un chemin d'entretien qui parcourt les montagnes et ses jardins en terrasses minuscules qui gravissent les pentes.
















C'est aussi ici qu'est installé un élevage de truites destinées à repeupler les ruisseaux de Madère. La succession de bassins est très réussie, les jeunes poissons y ont beaucoup de place, et ça ressemble plus à un lieu d'agrément et de promenade qu'à un lieu de  pisciculture.
















Notre guide nous précise que c'est un investissement financé par le FEDER (Fonds Européen de Développement Economique Régional) comme tant d'autres réalisations que nous avons pu voir depuis notre arrivée : aréoport, autoroutes, tunnels routiers, ponts ...
Nous n'avons pas vu le barrage hydroélectrique sur la rivière Ribeira da Metade qui pourvoit aux besoins de Santana et de sa région.Il doit être caché par la forêt de lauriers, bien dense autour de la route. Ils sont utilisés pour confectionner des brochettes savoureuses. Ils ont dû l'être un peu trop puisqu'ils sont si rares maintenant que ceux qui restent ont été déclarés patrimoine de l'humanité et sont donc protégés ...


Quant aux colombes qui ont investi les toits de tant de maisons, en ville et dans les villages, elles commencent peut-être elles aussi à être moins nombreuses, et il faut en garder la belle image !



CURRIAL DAS FREIRAS
Le Val des Nonnes est dans un site si étrange que je le situe dans les montagnes les plus hautes de Madère ... C'est une étroite cuvette qui fut longtemps considérée comme le fond d'un cratère volcanique effondré. On sait maintenant que c'est l'érosion fluviale qui l'a creusée. Mais cette hypothèse, même réfutée permet d' imaginer le site.


On s'y rend en empruntant la route rouge sur la carte, à l'ouest de Funchal, toute en lacets et virages le long et au-dessus de la vallée de Ribeira dos Socorridos caché au fond du canyon.
















Au 16ème siècle un monastère fut créé au fond de cette cuvette protégée par de hauts sommets : Pico Grande, 1657 m ; Pico da Geata, 1497 m et Pico das Torrinhas, 1509 m. Ici les nonnes furent mises à l'abri  des brigands et pirates (certains disent mises à la trappe) qui attaquaient Funchal ou l'un des ports de quelque importance : Machico, Câmara de Lobos ou Calheta. Ces nonnes étaient des filles de la haute bourgeoisie à protéger pour toutes les raisons imaginables ...
Jusqu'en 1959 Currial das Freiras n'était accessible que par un sentier. Maintenant une route à deux voies traverse la montagne grâce à un long tunnel, et remplace celle qui a, pendant trois décennies desservit dangereusement le village.
Tous les touristes, dont nous sommes, passent par le Miradouro da Eira do Serrado qui offre, de ses 1053 mètres une vue extraordinaire sur le village dispersé au fond de la cuvette.















Pas si petit que ça ce village ... Comment a-t'il pu se développer ainsi dans les conditions qu'on nous a décrites ?
Les marcheurs peuvent arriver et repartir par le sentier-escalier qui descend en dessous de l'hôtel jusqu'au village. Attention aux genoux !
















Nous allons prendre la route qui ressemble à un fil depuis le belvédère et après trois kilomètres et quelques épingles à cheveux nous pourrons voir de plus près. Des hameaux dispersés au dessus de torrents bruyants, des maisons entourées de jardins et de vergers aux nombreuses treilles, encore des maisons aux couleurs singulières, et toute la population qui semble attendre le passage du facteur. Reminiscence d'une époque révolue où les distributions du courrier étaient rares ?


Le village point de départ de nombreux sentiers n'a pas d'autre grand interêt que son emplacement. Nous n'avons même pas trouvé le monastère qui fut à son origine, alors retour vers Funchal par la route sinueuse, au travers de la forêt d'eucalyptus, en nous arrêtant pour récolter des graines de capucines qui courent si nombreuses le long de cette route. Elles l'illuminent !


J'en tire la leçon suivante : il leur faut de la chaleur, mais aussi beaucoup d'humidité.

PAUL DA SERRA
C'est en revenant de l'excursion de découverte de la côte occidentale que nous allons découvrir le troisième aspect de la montagne de Madère, le plateau de Paul da Serra.
Nous avons cru que ce serait difficile, car dès que nous avons quitté la côte nous sommes rentrés dans une nappe de  brouillard dense qui ne nous permettait que d'imaginer ce qui pouvait de trouver au-delà des quelques mètres de pentes de part et d'autre de la route ...
Dommage, car ce seul endroit au relief tabulaire est, paraît-il, tout à fait remarquable !


Ouf, on en sort ! pour retrouver un ciel miraculeusement bleu, et un paysage de lande où paissent quelques troupeaux.


Plateau, plateau ... Tout est relatif. Il penche un peu ce plateau !
Nombreuses sont les voitures arrêtées à l'embranchement du chemin de Rabacal qui offre plusieurs possibilités de marches accompagnées (simples mais vertigineuses et soumises au brouillard). Juste un regard plein de regret pour ce vallon.
















Nous avions été amusés par les clôtures sur les photos des guides que nous avions étudiés et avions pensé qu'elles avaient été choisies pour le folklore. Eh bien, non. Elles sont vraiment en bois frêle et sec. Et même des échalliers sont construits avec ce bois. Faut-il être courageux, inconscient ou connaître les qualités du bois pour les emprunter ?

Après le carrefour de Campo Grande, après la sévère bergerie, nous sommes vraiment sur un plateau que les vaches partagent avec les éoliennes du parc madérien.
















Elles produisent 10 % du besoin de l'île. Quelques barrages hydroélectriques en produisent environ 20 %, et le reste de la consommation est couvert par de l'électricité thermique.
A l'horizon, au dessus des ajoncs, nous apercevons les pointes acérées des Picos Ruivo et do Arieiro. Même de loin ils sont impressionnants !

Après la Rocha Negra nous descendons par des tunnels, des épingles à cheveux, passons des cascades vers la profonde vallée de Boca da Encumeada et rejoignons la grande route 104 qui relie très rapidement les côtes nord et sud grâce au tunnel qui passe sous la montagne qui sépare les deux vallées.
Funchal et la piscine de la résidence pour finir la journée ne sont plus qu'à quelques minutes d'autoroute lorsqu'on a atteint Riveira Brava, l'ouverture de la vallée sur l'Atlantique.


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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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commentaires

Angèla 31/05/2009 19:39

j'ai adoré ............comme d'habitude ............voyager en votre compagnie.
Les photos sont splendides, mais j'ai une préférence pour celle du plateau.

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