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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 08:44
C'est une île, Madère, dont on voit les côtes de tous les points culminants, alors vient le moment où on doit en faire le tour ...
Nous sommes allés au nord, jusqu'à Santana bien connue pour les cabanes colorées au toit de chaume. Elles sont devenues rares : l'entretien du toit est devenu un luxe rédhibitoire. Seules demeureraient celles de l'office de tourisme et celle que nous avons visitée,


où le propriétaire nous a accueillis avec une liqueur de café et des fèves confites au vinaigre. Son équipement rudimentaine voudrait nous faire croire qu'elle est encore une habitation principale, mais le jardin à l'arrière aboutit à une maison plus moderne, toute fleurie, qui doit correspondre à un standard de vie plus conforme au 21ème siècle !


On a un peu de mal à croire que l'on est si près de l'Océan Atlantique losqu'on est à Porto da Cruz, où l'on surplombe plus les jardins en terrasse que les vagues qui frappent la falaise. Et curieusement on se trouve dans un marché aux fleurs dont les nombreux marchands nous proposent en portugais, français, anglais et allemand des fleurs, des oignons et tubercules, et quelques fruits. Marchandage et bonne humeur !































C'est avec notre Clio de location que nous sommes partis tous les deux,  Camille et moi vers l'ouest. Spectacle un peu tragique que ces kilomètres d'hôtels modernes, de falaises bétonnées, "erreur d'urbanisation des années 80" ! Certains bâtiments ne semblent pas avoir trente ans, et quelques grues ici et là témoignent de la transformation de bananeraies en équipement hôtelier ... L'excuse ne tient pas longtemps et le bétonnage continue.

Cependant Câmara de Lobos a su conserver son aspect traditionnel de village de pêcheurs. Un petit port s'étend au pied des maisons blanches qui gravissent la colline. Sur la jetée le phare veille sur les marins.
















Certains préparent la pêche de la nuit pour la vente : étêtent, dépouillent et emballent leurs prises. A deux pas ce sont les bateaux qui sont l'objet de l'activité des hommes.
















La pêche ne permet plus aux hommes de nourrir leur famille, et ceux qui n'ont pas émigré doivent se livrer à une deuxième activité pour assurer la vie familiale.
Certains sont aussi maraîchers et les jardins occupent toute la surface disponible de l'amphithéatre qui nous entoure. C'est un peu par erreur que nous empruntons une petite rue pour rejoindre la route 229, et nous nous retrouvons au coeur du vieux village. Camille arrive à se faufiler adroitement entre les voitures arrêtées le long des ruelles, des jardins, croisant des véhicules plus importants et assurement prioritaires (?) ou du moins plus audacieux et plus habitués ... C'est avec soulagement que nous quittons tous ces hameaux. Nous pouvons à nouveau admirer les jardins et les vergers.


Ici quelques bananiers se partagent avec des fraisiers les terrasses les plus proches

Prochaine étape Ribeira Brava. Nous nous promenons entre les bananeraies ceintes de murs de pierres. Les longues tiges de cette herbacée géante ont du mal à soutenir le régime de fruits que leur grosse fleur violette donne. Et nombreux sont les supports qui les soutiennent. Quelques papayers trouvent leur place parmi cette forêt arrosée par les canaux d'irrigation qui chantent le long des sentiers.
















Au dessus du village les plantations sont beaucoup plus importantes et recouvrent les collines.


Nous n'avons pas vu les champs de canne à sucre, mais à Ponta do Sol des camions chargés de tronçons de cannes attendent le déchargement à la distillerie.


L'activité principale de cette ville a dû changer :  il y a maintenant une belle plage artificielle, un port de plaisance et de nombreux parkings payants pour accueillir tous les amateurs de plaisirs balnéaires.
La route est plutôt belle qui conduit jusqu'à la pointe ouest. Beaucoup de tunnels nous privent du paysage, et il faudrait emprunter une petite route vertigineuse pour aller voir quelques villages isolés en contrebas, ce que nous ne faisons pas.

Le point le plus à l'ouest se situe à quelques kilomètres de Ponta do Pargo. Un tout petit phare domine la falaise et les flots agités. Pourquoi serait-il plus haut ? La falaise de quelques centaines de mètres lui fait un magnifique piédestal !
















Autour du phare le garde-fou est de béton, mais au delà il est encore une fois de simple bois à l'aspect très frêle ...
Attention, c'est haut !


Nous avons lu que quelques villages sur la falaise avaient si peu de terre disponible sur le plateau pour nourrir toute leur population, que des jardins avaient été créés, en bordure d'océan, quelques centaines de mètres plus bas. Pour y parvenir il fallait parcourir des sentiers en surplomb sur des kilomètres, ou descendre par d'immenses cordes ... On imagine le retour du jardin avec les paniers de récoltes ... On imagine aussi la difficulté de la vie il y a seulement quelques dizaines d'années pour aller installer là son jardin !


C'est à Achadas da Cruz que nous avons décidé d'aller voir ce phénomène d'un peu plus près. Mais il existe dans plusieurs villages. Maintenant des téléphériques relient les villages aux jardins. 3 €uros pour les touristes, 0.50 pour les habitants, le voyage par la petite cabine dans les jardins à 500 mètres au-dessous !















 
Mot d'ordre : lorsque nous voudrons revenir  nous monterons dans la cabine qui nous attendra, appuyerons sur le bouton vert, elle se fermera automatiquement avec ses 6 passagers ou moins, et remontera.
Nous nous sommes bien proménés dans ces jardins clos de murs de pierres sèches, celles qui devaient encombrer le terrain, surmontés de clotures de cannes. Ils sont un peu à l'abandon, ce qui semble vouloir dire qu'ils sont moins nécessaires qu'autrefois à la vie quotidienne.
















Ils servent sûrement de maison de vacances ou de week-end. Un chemin bien pavé conduit jusqu'à l'extrème sud de la plateforme gagnée sur la mer et la falaise. Des canaux d'irrigation récupèrent et distribuent  l'eau qui tombe du plateau en cascade. Quelques cabanons sont pourvus de capteurs solaires ...  La technique moderne a envahi la place.
















Et les jardins vitaux ont dû se transformer en jardin d'agrément.


On aperçoit en remontant un sentier dans la falaise, sentier de jardiniers ou sentier de randonneurs ?
Encore un coup d'oeil à ces jardins et à leur environnement , une pensée pour ces jardiniers d'antant,
















avant de quitter l'ouest de Madère.

Notre dernière promenade fut pour l'est, la pointe de Saôa Lourenço. En passant par Caniçal ... et sa zone franche ! Enfin, il faut bien un port marchand, voire industriel dans cette île. Le voici !


derrière la jolie villa qui se cache au milieu d'une forêt de verdure. Tankers, pétroliers, grues et ponts transbordeurs, il y a tout ce qu'il faut.
Quelques tous petits kilomètres de plus et nous arrivons à Praia da Prainha. Une jolie petite plage de sable noir, entre deux falaises.


A en juger d'après la capacité des parkings il doit y avoir une toute petite place pour chacun à l'heure de se faire sécher au soleil ... Mais il doit y avoir aussi un port juste derrière la pointe, car c'est bien une jetée que l'on aperçoit ?
Encore quelques tours de roues pour découvrir une forêt (petite forêt, mais forêt quand même) de grues et de murs de béton en cours de montage, dans le creux de falaise suivant : on construit ici une nouvelle ville balnéaire ... Les choix urbains des années 80 sont bien comme je le pensais, ils perdurent. Cette pointe devait être très sauvage il y a quelques années, mais ne le restera pas bien longtemps.
Elle est heureusement protégée par son relief qui la rend difficilement accessible sur la face nord.

 
Voilà, il est temps de quitter Madère ...

Nous n'avons fait qu'un tour rapide. Nous n'avons pris ni thé ni whisky sur une terrasse du Reid's,  avec vue sur la baie de Funchal (clin d'oeil à Henry Fuoc). Nous n'avons pas cherché les meilleurs endroits où Wiston Churchill a planté son chevalet pour se détendre en peignant les paysages enchanteurs. Nous n'avons pas randonné autant que je l'aurais souhaité (Camille m'a dit "arrête de te faire du mal à tant regarder cette carte" !). Mais nous allons rentrer à la maison avec quelques bouteilles de ce vin de Madère que les commerçants d'origine britannique commercialisent depuis si longtemps aux quatre points cardinaux, et avec quantité de bulbes, et sait-on jamais, peut-être aurons-nous tous les printemps et pourquoi pas aussi tous les étés des fleurs plein nos massifs qui nous rappelleront ce petit rocher volcanique au milieu de l'Océan Atlantique ?





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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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