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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 15:13

Dimanche 24 mai 2009
Changement d'ambiance, la visite du château baroque de Rundâle est au programme du jour. C'est à plus d'une heure de route au sud de Riga. Nous traversons un plat pays de champs et de forêts découpés par des rivières ou bordés d'étangs ; des cigognes y chassent ou y pêchent ; quelques villages avec de nombreuses maisons de bois. La route est plutôt large, avec des bas côtés bien entretenus, ce qui permet à certains automobilistes de doubler le véhicule devant eux alors qu'un autre arrive en face : on s'écarte de chaque côté, et on passe parfaitement à trois véhicules !



L'heure de route a permis à Philippe Masson de nous raconter l'histoire du château et celle de son premier habitant :   Ernst Johann Biron duc de Courlande. Etrange personnage de naissance modeste. Force de la nature il a su se servir des femmes pour satisfaire ses ambitions. Il "entre dans les bonnes grâces" d'Anna, veuve du duc Friedrich Wilhelm. Leur ascension est parallèle : elle devient impératrice de toutes les Russies, et Biron grand chambellan de la tsarine. Le duc de Courlande meurt sans descendance et Biron obtient moyennant des promesses de tout genre l'appui de la noblesse locale ; il est élu duc de Courlande le 4 mai 1737.
Dès août 1735 Rastrelli (architecte d'origine italienne né en France en 1700 et arrivé à Saint Petersbourg en 1716)  avait commencé la construction du château de Rundâle alors qu'il travaillait pour la tsarine à la construction du Palais d'Hiver.   link
Mais la tsarine meurt en octobre 1740 ... et le régent Biron est arrêté le 20 novembre, condamné à mort, peine commuée en exil à vie. En fait jusqu'à l'accession au trône de Pierre III, en janvier 1762, puis de Catherine II en juillet de la même année ;  il redevient duc de Courlande.
Et Rastrelli revient en 1764 pour restaurer les châteaux de Rundâle (résidence d'été) et Jelgava (résidence d'hiver) séparés de quelques lieues.


C'est la première restauration de Rundâle, il y a déjà eu plusieurs transformations. L'histoire du palais va être riche et variée : résidence de princes russes pendant longtemps ; puis pendant la première guerre mondiale l'armée allemande l'aménage en hôpital et centre de commandement ; il fut école en 1920, entrepôt de blé en 1946. La toiture percée laisse passer l'eau qui endommage les plafonds et les stucs ... C'est seulement en 1972 qu'il devint musée et que des travaux de restauration de l'ensemble sont entrepris. Il paraît que ce sont  des fonds privés qui permettent actuellement la poursuite des travaux et le rachat de mobilier.


Quoi qu'il en soit c'est sur le parvis d'un somptueux palais classique que le maître de danse nous attend. Car non seulement nous allons  visiter le château, mais nous allons aussi avoir une initiation à la vie sociale du 18ème siècle à la cour de Courlande !
Les salutations qu'Alain échange avec le maître de danse et les deux demoiselles qui l'accompagnent sont-elles bien d'époque ? Pas sûr, mais le chapeau si, ainsi que les costumes car "le maître de danse" est une dame qui consacre sa vie à reconstituter fidèlement des objets, costumes et us contemporains du Grand Duc de Courlande.


Nous empruntons le grand escalier qui va nous mener à la salle du trône, ou salle d'Or. Bien sûr nous faisons étape dans l'antichambre où il nous faut montrer patte blance : Bob, Baron de Châteauvert montre sa lettre de noblesse et assure que nous sommes bien sa suite ...


La Salle d'Or est immense, les stucs dorés nombreux et l'ensemble,d'une richesse ostentatoire. C'est bien une salle conçue pour impressionner les visiteurs. Il paraît que le plafond, les stucs et les dorures sont presque d'époque. Détails : guirlandes de fleurs, putti et sculptures allégoriques  font le tour de la salle ...

Un très long vestibule conduit au "salon blanc".


De taille à peu près semblable à la Chambre d'Or, cette pièce décorée suivant le style du "maniérisme" est un comble de raffinement : toute la décoration est blanche afin de mettre en valeur les riches parures des personnes qui y dansent.


Les stucs réalisés par J.M. Graaf sont exceptionnels et le nid de cigogne fait avec des brindilles semblables à celles qu'utilisent  les oiseaux mérite particulièrement l' attention des visiteurs.

Le cabinet ovale présente des porcelaines posées sur des consoles de stuc de façon à évoquer une cascade, une fontaine de vases chinois !


Les salons se succèdent parmi les 138 pièces de cet étage du palais. Tous de couleurs différentes, stuc rose, vieux rose, vert, vert soutenu, bleu, bleu clair ... staff polychrome avec des fleurs extravagantes qui ne peuvent exister qu'au paradis. On sent que le Grand Duc fait dans l'emphase, et que Rastrelli fait tout pour le bien servir ...

C'est dans la Chambre à Coucher du Duc que les demoiselles proposent de partager les "lignes" du contenu de petites boites précieuses qu'elles ont sorti de leur réticule. Il faut maintenant le priser ce tabac fin que vous avez sur votre main, messieurs !
La chambre est copiée sur celle de Louis XIV : au milieu de la façade principale du château, centre du rayonnement des allées du jardin à la française ; les courtisans devaient assister au grand lever, et un maître de cérémonies notaient les absents alors soumis à une amende !

Dans la salle à manger nous recevons une leçon de langue ancienne : celle des éventails. Accessoire de toilette obligatoire, il amplifie les mouvements et permet l'envoi de messages discrets (?) Posé au coin droit de la bouche

il dit "Je vous aime" à la personne regardée.
Les murs des appartements privés de la Duchesse sont tendus de soie. Le décor du boudoir est exotique, palmiers , angelots et parasols évoquent les colonies que la Courlande avait fondées au 17ème siècle (île James et Tobago ) ...


au dessus de l'alcove en coquille abritant la "duchesse brisée". Bien sûr que je prends des notes, sinon comment aurais-je pu me rappeler de tout ceci et en particulier du joli

  nom de cette chaise longue ?
La visite se termine par ces appartements de la Grande Duchesse.

Nous déjeunons au château, dans les caves qu'occupe un restaurant.








Puis Philippe nous emmène jusqu'au bus en passant par les boutiques d'ambre qu'il nous a recommandées. Authentique et meilleur rapport qualité/prix qu'à Riga.


Et pendant le retour il nous raconte deux histoires de cet ambre si célèbre qu'on en  trouvait des pièces antiques même au musée de Bagdad avant son pillage . A chacun de choisir sa version !

Version à tendance scientifique : il y a 400 000 ans les forêts de pins couvraient la région. La température était si élevée que ces arbres ont "transpiré" ! La résine s'est amassée dans les creux du relief. Plus tard lors d'une élévation du niveau de l'eau les dépôts furent recouverts , puis une glaciation les a solidifiés. On récolte l'ambre ainsi formée dans des mines ou le long des plages après des tempêtes.

Version à tendance poëtique : un pêcheur ramene un froid matin dans ses filets la princesse de la Mer. Il la réchauffe et ils échangent quelques mots. La princesse revient régulièrement voir le pêcheur. Et ils tombent amoureux. La princesse fait construire un palais avec une bulle d'air pour y accueillir son pêcheur. Lorsque son père,  le roi apprend toute cette aventure, il rentre dans une très forte colère qui fait exploser le palais. Le pêcheur meurt ... Les morceaux du palais détruit et les larmes de la princesse sont l'ambre que l'on trouve sur les plages ...










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Published by Camille et Pierrette - dans Saoû chante Mozart
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