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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 18:44

Mardi soir 16 octobre 2007, retour d'une petite virée en Jura.

Pendant 12 à 15 ans nous sommes allés passer le week-end du 1er novembre dans le Jura et le Doubs. Pourquoi à ce moment-là ? Parce que c'était en général un week-end un peu long (d'avant le régime des 35 heures et des RTT) et que nous pouvions alors en profiter pleinement  : paysage de montagne constituée de plateaux profondément entaillés et recouverts de vignes et de forêts vertes, rousses, rouges et brunes ; bon niveau d'eau dans les rivières, les cascades et les sources ; lumière dorée de l'automne ; et souvent pas encore de neige ; bonnes tables et bons vins. C'est déjà beaucoup d'attraits réels. Nous n'y étions pas retournés depuis plusieurs années, pour de bonnes et mauvaises raisons. Mais maintenant que nous sommes en retraite, avec un camping-car,  rien ne peut nous retenir.

Nous nous sommes composé un programme de visites varié, avec quelques découvertes et quelques "révisions".

D'abord visite du Parc aux Oiseaux à Villars-les-Dombes. L'après-midi a été bien remplie par un tour trop rapide des différents étangs et volières. A cette saison les canards sont extrèmement nombreux, c'est sûrement une étape sur les routes de migration. On rentre dans toutes les volières, et l'une des plus surprenantes est sûrement la "vallée des rapaces" avec force aigles, condors, vautours, éperviers, faucons, chouettes et hiboux. Nous avons aussi été très intéressés par le "bush australien" où nous avons retrouvé des wallabies, un kangourou roux, des oies semblables à celles de Kangaru Island, des vanneaux masqués comme nous en avions vus partout en Nelle Zélande, des émeux, des cormorans pas farouches du tout ... Ne nous demandez pas pourquoi nous sommes allé si loin voir tout ça. La "Grande volière du Pantanal" est pleine de couleurs, celles de la végétation et celles des oiseaux dont quelques ibis d'un rouge éclatant, et un perroquet bleu à belle prestance. Passage à la "cité des perroquets" où les enfants sont aussi attentifs que devant le bassin des manchots où des vagues intermittentes éclaboussent les visiteurs. J'oublie le premier bassin, celui juste en face de l'entrée avec des flamands roses et  des ibis corail. Le labyrinthe avec ses pièces d'eau et ses pas mouvants nous a un peu retenus, mais il doit avoir plus de succès en plein été, quand un petit bain forcé ne dérange pas ! C'est un bel endroit pour emmener des enfants passer une journée de découverte.

La plupart des musées sont ouverts pendant les week-ends en octobre, alors nous en avons profité pour aller visiter la villa palladienne ou château de Syam que fit construire en 1818 M. Jobez, maître de forges en s'inspirant des villas italiennes construites par Palladio au 16ème siècle. Les décors de papiers peints sont d'origine, il y a des pianos, harmoniums et clavecins un peu partout au rez-de-chaussée, mais la particularité de cette maison est sa rotonde centrale, coeur de la maison où sont donnés des concerts de musique de chambre. Les forges ont aussi résisté au temps et sont toujours en activité, en contrebas, au bord de l'Ain. Mais fermées le dimanche !

Rapide tour aux pertes de l'Ain où deux promenades ont été aménagées. Gorge profonde, chaos de rochers, torrent tumultueux et ressortie (car peut-on parler de résurgence dans ce cas ?) de l'Ain en cascade superbe un peu plus bas où il est dompté pour alimenter une usine hydro-électrique.
Et nous repartons pour joindre Aiglepierre où nous passerons la nuit chez M. et Mme Grandmaison, un couple de viticulteurs qui reconstitue un vignoble abandonné depuis des décennies.

Nuit tranquille, et le matin nous redescendons à Salins pour un tour de  ville et du magasin des Faïenceries de Luneville, caverne d'Ali Baba pour maîtresse de maison.
Heureusement qu'il fait beau, sinon nous aurions été désespérés : la faïencerie est maintenant fermée le dimanche après-midi et tout le lundi ... ça doit avoir quelques rapports avec les 35 heures !
Le décor des églises est dans un tel état que des filets verts sont tendus au dessus des nefs afin de protéger les fidèles et les visiteurs d'éventuelles chutes diverses, la caisse d'accès aux salines a été transférée dans une cabane Algéco qui défigure la façade de l'immeuble, et enfin, un incendie a décoiffé le casino, dont les fenêtres restent béantes ... Il doit manquer quelques anciennes taxes professionnelles au budget de la commune ... Dommage, car c'est une ville qui a beaucoup de cachet et des monuments historiques exceptionnels. Hôtel de ville avec l'église Notre Dame, les salines royales dont les installations sousterraines ressemblent à une cathédrale, les forts de chaque côté de la cluse ...


Filons vers Arbois,sa "reculée des Planches" et les sources de la Cuisance, avec les cascades de tufs. Bel endroit de pique-nique et de promenades jamais décevantes.

Nous rejoignons Baume les Messieurs classé "un des plus beaux villages de France" qui a été construit autour de son abbaye que nous allons enfin pouvoir visiter puisqu'elle semble encore ouverte. Elle fût fondée dans le premier millénaire et connut des agrandissements, des embellissements, des retructurations, des réamùénagements, des périodes d'apogée, des guerres, des révolutions et l'outrage des ans. Mais l'église St Pierre a bien passé tous ces évènements et nous avons un bel exemple du roman jurassien. Dommage pour nous, le rétable flamand (le Jura dépendait des Ducs de Bourgogne qui régnaient sur les Flandres il y a quelques siècles, avant d'être conquis par Louis XIV) est bien à l'abri des visiteurs indélicats, et des autres aussi. Et il n'y a pas de visite commentée le lundi. 
Petit tour jusqu'au fond de la reculée pour admirer ce vallon typique dans la lumière déclinante, et un peu de brume dorée. Puis nous repartons en passant par Granges sur Baume. Et découvrons son belvédère et la plus petite laiterie artisanale du Jura. Nous y trouvons quelques produits succulents dont un comté de 30 mois et une crème crue.

Nous allons passer la nuit à Poligny que nous visitons le lendemain matin. C'est une ville très active, avec une circulation d'enfer : de nombreux semi-remorques traversent le coeur du village à toute heure du jour. Notre but est surtout la collégiale St Hyppolite et sa riche statuaire. Flamande elle aussi. Le commanditaire de l'église, Jean Chousat, était ministre des finances du Duc de Bourgogne et pouvait faire appel aux sculpteurs bourguignons-flamands. Ca aurait bien valu une visite commentée.
Les rues principales de la ville sont bordées de nombreux hôtels particuliers des 17ème et 18ème siécles qui témoignent de la longévité du dynamisme de la ville.

Pique-nique vers l'aire du Jura à la maison de la Nature et de la Faune sauvage, coup d'oeil au Pavillon des Cercles construit d'après un projet de Claude-Nicolas Ledoux, architecte génial du 18ème siècle à qui nous devons, entre autre la saline royale d'Arc et Senans qui est maintenant un centre culturel de premier plan du Jura. C'est surprenant et insolite.

Nous passons chez M. Gros à l'Etoile pour reconstituer le stock de Côte de Jura et savagnin. Bon moment passé avec sa fille qui a repris l'exploitation.
Et nous reprenons la route avec un arrêt à St Etienne des Bois pour apercevoir ce que sont les maisons bressannes exposées. De vraies maisons du pays qui ont été sauvées de la destruction et déplacées ici. Un monsieur nous accueille dans la ferme du 16ème siècle et nous explique ce que l'on peut voir dans les autres bâtiments. Dommage que nous n'ayons plus le temps. Mais ça fera une belle étape pour notre prochain passage.

 

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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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