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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 08:13

Basilique E 00Changement dans l’ordre de nos visites aujourd’hui : deux paquebots de croisière mouillent dans le port d’Izmir, nous évitons la ville antique ce matin que leurs passagers vont envahir !

Et nous commençons par la visite de la montagne sainte de Selçuk (c’est moi qui la qualifie ainsi et vous allez comprendre pourquoi). Ça nous fait aussi une révision d’histoire des religions …

On y a d’abord célébrer le culte d’ Artémis, déesse protectrice d’Ephèse en élevant un premier temple en 570 av JC.Artemis

 Lorsque Crésus se rendit maître de la ville en 560 il offrit au temple et à la déesse des colonnes et des statues d’or. Détruit en 356 par un incendie criminel, un nouveau temple fut construit à l’emplacement du précédent, suivant son exact plan. Tous les plus grands sculpteurs de l’époque participèrent à sa décoration. Juste au pied de la colline Ayasuluk, tous les visiteurs arrivant au port très proche à cette époque, ne pouvaient qu’être fortement impressionnés par la vue de l’Artémision, l’une des sept merveilles du monde antique … Dont il ne reste aujourd’hui absolument rien, ou si peu ! Car il faut détruit en 263 de notre ère par les Goths et ses pierres réutilisées dans la construction de la basilique Saint Jean et de Saint Sophie à Constantinople : réemploi de qualité s’il en est.

Et Saint Jean ? C’est aussi une fastueuse basilique qui fut élevée sur sa tombe au 6ème siècle, sous le règne de l’empereur Justinien. Voici la reconstitution qui en a été faite grâce aux travaux faits par les archéologues depuis 1921. Basilique-E-15.jpg

La reconstitution c’est sur le papier qu’elle a été faite, et au pied de la colline on ne devine pas grand chose, dans un regard rapide on ne voit même que la citadelle seldjoukide. Basilique E 01

On accède à la basilique en franchissant l’énorme porte des remparts de la forteresse (on y remarque aussi quelques pierres antiques) ; Basilique E 02

Et on arrive dans l’atrium, la grande cour à l’ouest de l’église, autrefois entourée de galeries soutenues par des colonnes.  Vaste ! Basilique E 03

Elle précède l’exonarthex et le narthex qui ouvrait sur une salle immense, composée de trois nefs et fermée par une abside semi-circulaire. Basilique E 05

Les plafonds à coupole étaient supportés par deux hauteurs de grosses colonnes et par des contreforts extérieurs. Basilique E 06

Nous avons parcouru, Rédith et moi les gradins de synthronon , sièges construits autour de l’abside et où s’installaient les prêtres. Basilique E 09

Très bien reconstruits ainsi que la galerie en-dessous. Basilique E 08

Mais voici le centre de l’édifice : l’autel au-dessus de la crypte abritant la sépulture de Saint Jean, sujet de grande dévotion et but de pèlerinages pendant plus d’un millénaire. Basilique E 07

 

Un tableau avec illustrations orthodoxes (beaucoup d’ors) nous rappelle qui fut Jean, apôtre, rédacteur de la bible, de l’Apocalypse, d’un Evangile et de lettres aux croyants. L'Apocalypse de Bamberg, manuscrit du début du 11ème siècle le représente écrivant qux Ephèsiens (document Wikipédia).Jean-ecrivant-aux-Ephesiens.jpgJean, à qui Jésus sur la croix confia sa mère l’aurait emmenée régulièrement dans ses voyages. C’est ainsi qu’ils passèrent à Ephèse (avant Paul qui ne s’y serait arrêté qu’en 55 et 58) pour y créer de nouvelles congrégations . Il y prêcha l’évangile à partir de 67, et fut condamné à mort par deux fois par l’empereur Domitien. Il fut sauvé par miracle, mais dû s’exiler à Patmos en 81. Il ne revint à Ephèse qu’en 95 et passa les dernières années de sa vie sur la colline d’Ayaçuluk. Il y mourut vers l’an 100 et fut enterré sur place.

Vers l’an 300 une tombe monumentale y fut élevée, et vers 350 une église de bois construite à cet emplacement, remplacée par celle du 6ème siècle qui fut détruite par un tremblement de terre à la fin du 14ème siècle. Basilique E 04

 

Je dois ajouter que lorsque des Turcs m’ont dit il y a 35 ans que la tombe de la Vierge était en Turquie je suis restée dubitative pendant un temps certain (les recherches étaient difficiles à cette époque-là !) et j’avais alors tout à apprendre de cette Turquie qui fut l’un de tout premiers pays christianisés.

 

14ème siècle dévastation de la basilique Saint Jean et presque en même temps construction de la mosquée d’Isa Bey (1375) … Constantinople était tombée, l’empire ottoman également sous les assauts turcs, abandonné par les Occidentaux, les Seldjoukides avaient conquis toute la péninsule et convertissaient le peuple.

Ayaçuluk,  devenue la capitale d’un émirat se dota des monuments dignes de son état. Dont la mosquée que fit construire  Isa Bey, chef de file d’un groupe de scientifiques juste au pied ouest de la basilique. L’architecte s’inspira de la grande mosquée des Omeyyades de Damas pour en faire le plus beau de tous les bâtiments publics de l’époque.

On y accède par une belle porte à stalactites. Basilique E 11Les fenêtres ouvertes sur la rue ont des encadrements sculptés.

 Sa cour avec jardin, fontaine pour les ablutions et galeries autrefois couvertes de coupoles est encore plein de charme malgré le minaret tronqué. Basilique E 10

Toute une série de pierres tombales anciennes sont alignées contre le mur du fond. Basilique E 14

Nous avons pu entrer sans enlever nos chaussures, mais en restant bien le long du mur du fond. Le plan est bien différent de celui des mosquées que j’ai déjà visitées. Quatre grosses colonnes de marbre (réemploi de colonnes antiques des thermes du port) partagent le volume en trois parties et soutiennent le toit. Basilique E 12

Le plafond de la partie centrale est composé de deux coupoles alors que les deux parties latérales sont des plafonds à pignons. Basilique E 13

 

Voici les trois étapes de la spiritualité qui n’a jamais abandonné cette cité mais a changé de dieu suivant les temps.

 

 

 

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Moyen Orient
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