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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 07:50

Retuerta 00

¡ Notre voyage en Castille et León n'est pas fait que d'églises et de cloîtres romans, il y aussi les gothiques et les plateresque ! C'est vrai, mais je plaisante, maintenant je veux parler de nos brèves rencontres avec quelques personnes du pays.

Après avoir quitté Santo Domingo de Silos à plus de 20 heures (après le moment de spiritualité et de chants grégoriens que sont les vèpres des moines bénédictins) nous avons à peine parcouru une vingtaine de kilomètres de petite route dans une campagne boisée et vallonnée. Un peu au nord les collines deviennent des montagnes au sommets enneigés. Nous sommes encore à plus de 1000 mètres d'altitude, sur les flancs de la Sierra de la Demanda qui passe en de nombreux points les 2100 mètres.

Nous avons trouvé une esplanade derrière une église désaffectée, à l'écart du village de Retuerta, idéale pour la nuit.Retuerta 03

Alors que je préparais un grand plat de fraises (nous avons fait le marché ce matin, Camille et moi chacun de notre côté et n'avons pas pu résister à toutes ces fraises au doux parfum, nous sommes revenus tous les deux avec une cassette ! Nous allons maintenant devoir en manger pendant deux ou trois jours à tous les repas. Il y a pire !) une scène étrange a retenu mon attention.

En face de nous d'une motte noire s'élève un filet de fumée. Autour s'active un monsieur qui la surveille, donne une plaque ici, jette d'une pelletée de poussière noire là. Une petite fille l'observe et un chien de berger allemand veille sur son monde. A côté un tas de bois montre ses buches très bien rangée autour d'un piquet central.Retuerta 02Une documentation trouvée dans un office de tourisme nous avait informés des particularités de la région : maisons à pans de bois, production de charbon de bois ... Nous nous sommes arrêtés juste en face du chantier d'un charbonnier. Beaucoup plus intéressant que l'église désaffectée !

Les fraises reposent, le repas mijote, c'est le moment d'aller voir le charbonnier ! Depuis trois semaines que nous voyageons en Espagne nous pouvons assembler quelques mots, baragouiner (eh oui, je ne peux employer un autre mot pour nos phrases si mal conjuguées) assez pour échanger un peu et interroger les personnes que nous rencontrons.

Et encore une fois nous sommes très bien accueillis et le charbonnier répond à nos questions.

Ça s'appelle des charbonnières et non pas des mottes ces deux monticules.

Celle de gauche est déjà mise en combustion. Le piquet autour duquel les buches ont été rangées a été soigneusement retiré. L'espace ainsi dégagé sert de conduit pour introduire des braises au centre. Les évents creusés tout autour permettent la répartition de la combustion jusqu'à la périphérie de la charbonnière.

Le chabonnier doit la surveiller pendant toute la durée de l'opération qui peut durer plusieurs jours suivant la taille de la motte. La couleur et l'odeur de la fumée sont les renseignements qui lui permettent de suivre l'avancée et la qualité de la combustion. Au début la fumée est blanche, surtout composée de l'eau contenue dans le bois qui s'évapore. Puis des composants moins volatils se dégagent, l'oduer de la fumée devient alors acre. Il faut fermer des évents, en ouvrir d'autres pour que le bois se carbonise sans brûler ! Bizarre ? Le boi chauffé à l'abri de l'air évacue son eau, et il ne reste de solide que le carbone. Lorsque l'opération de carbonisation sera bien avancée il faudra boucher tous les évents. Le feu s'éteindra et le carbone refroidira pendant quelques heures ou quelques jours suivant le volume de la charbonnière.

Lorsque le travail autour de la première le lui permettra il recouvrira la seconde de cette terre noire, mélange du sol originel et de la poussière des nombreuses opérations menées depuis de longues années, et pendant le refroidissement de l'une démarrera la combustion de l'autre.

Retuerta 01Ce soir le temps est idéal pour que tout se passe bien pendant la nuit que nous lui souhaitons tranquille.

Quant à lui, il nous interroge sur notre voyage et est tout surpris que nous passions la nuit en face de lui, auprès de l'église.

Lorsque nous ouvrons nos fenêtres le lendemain, le charbonnier est au sommet de sa charbonnière qui fume beaucoup (c'est un escalier qu'il a construit sur la paroi). Il en a ouvert le sommet, circule autour, y travaille, la referme, redescend, fait le tour des évents, les active ...

Nous échangeons des grands signes et des sourires et nous le laissons à son travail pour partir vers Burgos.

Maintenant nos barbecues auront un goût un peu différent, et évoqueront ce monsieur plutôt jeune avec sa petite fille ravie d'avoir été ramenée à la maison par papa en mobylette hier soir !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages familiaux
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