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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:41

frise11 05 05 166J'ai eu de la chance : rien ne m'empêchait de participer à la sortie dans le Luberon prévue pour ce jeudi. Au programme les gorges de la Véroncle, rivière qui disparut le 14 novembre 1887, tout comme la Senancole et l'Oppedette à la suite d'un tremblement de terre qui modifia l'hydrographie du Luberon. Les eaux empruntant des réseaux souterrains ressortent depuis à la Fontaine de Vaucluse.

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Après l'obligée photo de groupe, à 9h30 nous démarrons notre randonnée au pays des pierres sèches et des herbes de Provence. Bernard qui nous mène a prévu que nous mettrions plus que les trois heures normales à remonter les gorges. Il nous faudra nous arrêter à chaque moulin, et il y en eut dix aménagés le long du ruisseau, qui tournèrent de 1508 jusqu'en 1910. Je ne vais pas en conter l'histoire que je viens de découvrir. En cliquant sur le lien tous les renseignements voulus apparaissent : l'auteur connaît parfaitement ces sept kilomètres de gorges et tout ce qu'ils comportent y compris les souvenirs.

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Le végétation est dense autour du large chemin qui desservait les cinq moulins d'aval. Nous arrivons vite au moulin Cabrier

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Il y a encore des pans de murs, un  bel encadrement de porte, des meules, et une partie du mécanisme,rd11 05 05 040

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et des tableaux qui expliquent le cheminement de l'eau pour faire tourner la roue : la prise d'eau fermée par une vanne dont on devine la trace dans un moulin d'amont,

rd11 05 05 113la conduite d'eau ou béal creusé dans le sol, taillé dans la falaise ou construit à flanc de coteau.

Les réserves d'eau ou resclauses, et enfin le puits accolé au moulin. Sa verticalité et sa hauteur déterminent le poids de la colonne d'eau et donc la puissance du moulin. Celui du moulin de Jean de Marre est très impressionant.rd11 05 05 131

Est-ce au moulin de Charlesse qu'il ne reste que ce puits (ou canon), utilisé maintenant par les randonneurs et escaladeurs avertis et pas sujets à la claustrophobie ? Impressionnante cette cheminée étroite équipée d'une simple corde ! Nous n'avons pas pris l'itinéraire qui passait par là et tant mieux !

 

Au moulin Cabrier finit le chemin de charroi. Le sentier emprunte le béal puis le lit que la Véronclerd11 05 05 046

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s'est taillé entre les deux falaises presque verticales.

Nous sommes arrivés à la partie plus "sportive" qualifiée de "via ferrata" au lieu dit le pas de Marie Hélène. Une échelle nous permet de franchir l'emplacement d'une ancienne cascade. Embouteillage en bas,

rd11 05 05 048alors que déjà Michèle et Marcelle nous attendent en haut, après l'étroit passage.

rd11 05 05 051Des flaques d'eau dans le lit du torrent, il a dû pleuvoir récemment sur les montagnes du Luberon.

rd11 05 05 056Nouvel obstacle qu'il faut contourner par le haut en grimpant à l'aide d'une corde lisse, puis redescendre avec une corde à noeuds. Ça devient passionnant, nous devons vaincre nos craintes et nous essayer à de nouveaux exercices !

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Les falaises sont creusées par la violence des eaux ici, aménagées pour des abris troglodytes là. Nous avançons sur le flanc gauche, descendons, à mains nues, traversons le lit sec, remontons sur le flanc droit accidenté,

rd11 05 05 081caillouteux et fleuri de lin bleu, (mais Hubert donne un autre nom à ces jolies fleurs d'un bleu dur et pur, lequel ?)

rd11 05 05 084Ah ! il faut redescendre à la corde lisse. Nouvel embouteillage ! rd11 05 05 087Attention à ne pas laisser les mains glisser tout au long, ça brûle ! Heureusement Bernard est prêt à donner un "coup de mains" à qui en aurait besoin ! Mais ça va, ca  devient même de plus en plus amusant !rd11 05 05 090

Le couple qui nous a doublés revient sur ses pas. Surprenant ! Est-ce à cause de la longue poignée de fer, aux deux petites marches métalliques fichées dans la paroi, et la chaîne pour s'aider auxquelles nous sommes arrivés ? La descente de la falaise est haute cette fois ! Prévoyant, Bernard ressort une corde de son sac qu'il accroche à un arbre solide en haut. Lucien et Robert descendent les premiers et assurent en bas, là où le chemin repart à plat.rd11 05 05 093Quelques pas encore et l'espace entre les deux falaises s'ouvre largement. Bernard nous annonce que "les difficultés  sont maintenant ... terminées ! Le canyon est passé." Nous nous sommes demandé un instant pourquoi ces secondes entre deux mots, juste pour ménager l'effet de surprise agréable !

 

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Les rochers sont très découpés en bordure de plateau, tout là haut. Par endroit une large ouverture, une aiguille ou des dentelles !

Oh, une vraie surprise ! de l'eau semble courir sur les pierres moussues du lit de la Véroncle. Une vanne a-t'elle été ouverte un peu olus haut ?

Nous entendons même le chant du ruisseau et apercevons le filet qui saute les pierres. Quelle surprise !rd11 05 05 108

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Attention, elles glissent ces pierres : voici quelques derrières par terre et quelques pieds dans l'eau !

Le chemin de charroi qui desservait les moulins d'amont a des allures d'avenue après le canyon. Rapidement nous faisons le tour des ruines : nous avons faim !

Nous avons pique-niqué dans une belle clairière entourée de chênes blancs, le romarins et le thym en fleurs embaumaient. Finalement nous avons plutôt bien tenu notre temps pour arriver jusque là.

 

Nous sommes repartis sans passer par Murs, il aurait fallu marcher sur du bitume pendant quelques kilomètres, toujours trop longs, ça brule les pieds. Par un grand chemin plein de pierres nous sommes allés faire le tour de Joucas, superbe village provençal avec ses murets de pierres sèches, ses calades, ses maisons teintées de l'ocre de Roussillonrd11 05 05 160que l'on aperçoit de l'autre côté de la vallée, au dessus des toits du village, à droite des falaises de Lioux, que Bernard fera visiter à d'autres marcheurs en octobre.rd11 05 05 164Superbe randonnée, que nous avons terminée juste à temps, les nuages qui se sont amoncelés cet après-midi éclatent juste comme nous repartons, et de grosses gouttes s'écrassent sur les parebrise alors que nous passons Gordes. Et pendant ce temps là il ne pleut toujours pas à Montmeyran ni à Beauvallon !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
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