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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 12:46

Jeudi matin 1er octobre 2009.
Il pleut à Montmeyran à 7h ; dois-je vraiment continuer à préparer mon pique-nique puisque la sortie est annulée s'il pleut à l'heure du départ ? Allez, on verra tout à l'heure !
8h à Beauvallon : il n'a pas plu et certains sont résolument optimistes, Tshirt à bretelles et shorts sont encore de sortie !
Mais nous manquons de chef. Robert et René sont absents ; et les suppléants, Justin ou Jean Claude aussi. Pourquoi Hubert et Claudette ne nous emmèneraient-ils pas au petit Paradis où ils sont allés mardi avec le groupe de Montmeyran ?
Cette randonnée part depuis le Pas de la Roche, à un peu plus de 500 mètres d'altitude, quelques centaines de mètres avant d'arriver à l'abbaye de Valcroissant, au pied du Glandasse, à l'est de Die. Elle emprunt des routes forestières et des sentiers dans la forêt qui couvre les pentes de la montagne.


Ce sera beaucoup plus facile que de monter jusqu'en haut de la falaise, ou même au Comptoir à moutons, à gauche, alors que la ligne de crête redescend.


Première belle surprise du jour, un troupeau en transhumance croise notre route. Deux bergers accompagnent 250 brebis et agneaux vers l'abbaye qui est depuis longtemps une ferme. Ils ont passé l'été vers le col de Grimone et vont couvrir les 30 kms qui les séparaient de leur étable en deux jours, tout en goutant les touffes d'herbes qui bordent la voie.


Encore quelques minutes avant de repartir pour nous aussi. Il n'est que 10h, et si nous nous contentons du petit Paradis nous allons être à nos voitures à midi ! Le sentier pour le Comptoir à moutons s'ouvre juste là à droite que nous empruntons.


Ce n'est pas bien loin, mais que ça monte ! Après beaucoup d'efforts, des centaines de mètres de pente sous les arbres, la traversée de quelques pierriers, nous arrivons presque sous les falaises et nous avons une vue très large sur les montagnes au Sud, et l'ombre des Trois Becs à l'horizon.


Ce sentier que rien ne permet de distinguer de loin doit être encore plus fréquenté par les chamois ou les bouquetins que par les randonneurs. Des filets d'eau permettent à quelques touffes de végétation de verdir, et aussi à quelques animaux sauvages de vivre : depuis longtemps l'odeur de thym a disparu ici remplacée par celle des mâles qui vont bientôt rentrer en saison de reproduction.


Avec ou sans jumelles nous n'arriverons pas à en voir aujourd'hui, et c'est bien dommage. Par contre le Comptoir des moutons est bien en vue. C'est la faille dans laquelle on voit le ciel, entre deux "tours" de pudding, cette matière faite d'un mélange de galets et de sable agglomérés, découpé et entaillé par l'érosion. Il faut encore monter avant de l'atteindre. Certains sont déjà entrain de déballer leurs sacs sur ces sommets.

Les places à l'ombre des pins à crochets sont un peu rare, mais si agréables pour essayer de voir le sentier que nous avons pris. On l'imagine plus qu'on ne le distingue ! Un peu de repos avant de redescendre de l'autre côté.
Bien au-dessus les prairies qui couvrent le Dôme offrent suivant les saisons des orchidées "pied de Vénus" (je n'en ai encore pas vues et elles commencent à hanter mes rêves) des edelweiss, ou des bolets des pins. Il doit aussi être interdit de ramasser des champignons dans les parcs naturels régionaux, non ?
Sur notre itinéraire du jour pas d'animaux sauvages, pas de plantes rares, juste quelques sauterelles aux ailes rouges ou bleues, et des champignons de souche. Et aussi , haut dans le ciel un rapace effectue un vol de chasse. Il est un peu petit pour être un des aigles royaux qui peuple cette montagne.
Comme le couple qui vient de descendre en sautant de pierre en pierre nous prenons le chemin de droite vers l'abbaye pour redescendre. Beaucoup moins aisément, mais nous y arriverons aussi ...


Quelques étapes marquent ce chemin : la carrière d'où furent extraites les pierres nécessaires à la construction du grand bâtiment à 700 mètres au-dessous de nous ;


la table sacrificielle où de gros animaux devaient être offerts aux divinités des civilisations pré-chrétiennes : la cuvette et le canal d'écoulement sont très distincts ;
la fontaine de juillet, belle source auprès de laquelle un banc invite au repos ou à la méditation.
Cet endroit a favorisé la spiritualité de toutes les époques !
Et les légendes aussi. A terme du chemin un tableau évoque celle de l'ours et des truites "Le 23 décembre 1270 un moine arrive en courant vers le père abbé : Mon père nous n'avons plus de truites. La glace a été brisée cette nuit et tout le tour du bassin a été piétiné par les ours. Le père décide de monter à la Fontaine de Juillet pour parler aux ours. "Ours du Valcroissant depuis que nous, moines sommes venus dans cette vallée, nulle dispute n'a existé entre nous ... et nous n'avons pas de chien pour garder nos brebis ... Ce que vous avez fait cette nuit est un grand dommage pour notre confrerie. Si vous n'êtes pas des mécréants, repentez-vous et continuons à vivre en paix. Ainsi soit-il. Le surlendemain matin les ours avaient remis les truites dans le bassin.
Aujourd'hui les forêts du Glandasse et de sa périphérie demeurent un site intéressant pour une petite population d'ours."
Drôle de conclusion ... Que veut-elle dire ? Est-ce une invitation à réintroduire l'ours, car je n'ai jamais entendu dire qu'il y en a ici !
 
P.S. Je viens de trouver dans ma "documentation technique" la fiche du Sentier du Paradis sur laquelle le Sentier du Comptoir de Moutons ou "la Palle" est très lisible. Au col de Fauchard il faut prendre le sentier à droite, en rose sur la carte. C'est le tour du même cirque, mais à un niveau différent !













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Published by Camille et Pierrette - dans Randonnées
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