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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 15:56

frise-29-05-461.jpgSamedi matin. En route, il faut revenir à Miliès avant midi !

La route traverse par moments une forêt qui ressemble beaucoup à la laurista, la forêt primaire méditerranéenne que nous avons aussi vue à  Madère ou à Ténérife. Ailleurs les bas-côté sont fleuris de cistes ondulés au rose indien éclatant, de genets qui embaument toute la montagne,

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d'arbres de Judée, de framboisiers sauvages, de figuiers à l'odeur capiteuse, et d'oliveraies.

Le marché du samedi matin à Argalasti nous permet de faire le plein de produits frais. On y trouve les producteurs locaux, agriculteurs, jardiniers, apiculteurs et pêcheurs, les marchands de produits divers, les paysannes qui proposent des confitures, des sauces tomates, et quelques pâtisseries maison. Et bien sûr des touristes. Pour répondre à leurs demandes, les vendeurs parlent anglais, allemand et parfois aussi français !

 

C'est en robe, pantalon et les bras couverts que nous arrivons à Miliès. Nous ne prenons pas le risque de nous faire refouler ! Surprise, c'est tout simplement ouvert, et nous pouvons entrer sans aucun contrôle. Nous nous joignons aux quelques personnes qui attendent là. Nous formons un groupe très international, et le guide bénévole qui va nous commenter la visite le fera en anglais ... Ce ne sont pas les fresque de 1742 peintes par des moines du Mont Athos qui le passionnent, c'est son architecture et son acoustique exceptionnelle. On est venu en  constater la qualité et l'admirer de très loin. Des concerts avec les meilleurs chanteurs y sont organisés, le public est alors constitué des "meilleurs" auditeurs qui sont longtemps restés médusés par sa qualité de son.

L'église est beaucoup plus ancienne que les fresques. Elle fut construite dans la plus grande confidence afin de garder secrète l'origine de cette acoustique pendant des siècles ... jusque dans les années 1990 où fut entreprise la restauration des parties endommagées par le tremblement de terre de 1955.

 

Et là le guide a eu besoin de Camille et de l'harmonieuse courbe de son ventre pour nous faire observer de semblables courbes dans les quatre bases de support des douze coupoles des nefs latérales, juste au dessus du niveau de l'arcature qui les sépare.Dans la profusion de couleurs des fresque, elles sont presque camouflées.

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Les restaurateurs y ont trouvé une jarre de terre cuite renversée, à chaque angle, soit 42 dans le plafond de l'église ! A la base de chaque jarre, un petit trou d'un diamètre variable a deux effets, statique et acoustique : l'obtention de la perfection des voix hautes (soprano, mezzo, haute-contre). Là je n'ai pas bien compris l'explication ; s'ils absorbent les sons, les renvoient sans écho ?

Sous les grandes dalles de pierre, il y a cinq puits dans le sol, à chaque angle et au centre, reliés par des canaux. Ils drainent l'eau des sources nombreuses autour de l'église, et ont aussi la même fonction que les jarres pour les voix basses (baryton, basses).

 

Le guide nous entraîne par la porte basse (tout comme en Roumanie, les portes sont très basses pour empêcher les cavaliers ottomans d'entrer à cheval dans l'église) latérale que nous avions trouvée close quelques jours plus tôt pour nous montrer un pot contemporain, tout à fait semblable à ceux fabriqués quelques siècles plus tôt et insérés dans le plafond. rd10 05 29 462
J'ai pris quelques photos piratées car il est bien sûr interdit d'en faire, avec ou sans flash. (Ca risquerait d'abimer les fresques qui ont survécu avec beaucoup de chance à des siècle d'enfumage par le noir de fumée des cierges ! Ces cierges ont disparu des sanctuaires anciens et les bacs dans lesquels ils sont plantés sont recouverts de vastes cheminées qui absorbent les fumées). Les photos que j'ai prises en catimini ne sont pas parfaites ...j'espère qu'on y voit l'essentiel.

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Comme ici le saint à la tête d'agneau, à côté de la porte.

Quand le guide technique a eu fini de nous montrer les secrets des constructeurs médiévaux, c'est un pope qui est venu nous parler des fresques. Et particulièrement de la représentation du Saint Christophe (étymologiquement "celui qui a porté le Christ") à tête d'agneau. C'est une métaphore rare en Grèce et elle veut dire que la beauté de l'âme est supérieure à celle du visage ou du corps !

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Voici l'iconostase de bois sculpté dorée à la feuille d'or, fabriquée en Epire, (début de notre voyage) et acheminée ici à dos de mulet. Il a fallu lui faire traverser tout le haut massif montagneux ... C'est une profusion de feuillages, de fleurs, et d'oiseaux. Bien sûr il y a la place entre les colonnes sculptées pour de nombreuses icônes.

La visite se termine par le narthex à la fresque foisonnante que nous avions vue lors de notre première visite. Son rôle pédagogique était essentiel à l'époque où l'on baptisait les enfants à l'âge de raison, voire plus tard. Les non baptisés n'avaient pas droit d'accès à l'église, ils recevaient la catéchèse dans cet espace parfait pour entendre parler de pécher, d'enfer, de rédemption et de vie éternelle si bien illustrés !

 

Cette visite nous a enchantés, et nous sommes partis pour Vizitsa ...

Eh bien , la visite de l'église est difficile après celle de Miliès, surtout avec une sacristine (?) qui ne parlait pas français mais qui voulait absolument savoir si nous étions bien mariés (nous ne portions pas de bague, ni l'un ni l'autre), qui voulait absolument que nous photographions son église, et qui voulait vraiment nous envoyer manger dans un restaurant voisin.

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Nous avons réussi à nous en défaire pour regarder des maisons très colorées. suivant la tradition ottomane . au fond le Golfe Pagasétique  ; une belle fontaine de marbre sur la place déverse son eau fraîche dans une vasque débordante, sous un rosier à l'élégante couleur th.

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Encore un coup d'oeil à une maison superbement restaurée et son jardin avant d'aller acheter quelques produits de la coopérative municipale, bergamote au sirop, olives. Les étals sont riches en pommes qui est un fruit tellement traditionnel qu'il a donné son nom à la capitale régionale, Miliès. Oui, ça veut dire "pomme" !

Mince, au moment de repartir la batterie nous a encore lâchés. Comme la fois précédente le niveau affiché par le cadran de contrôle est parfait ... Heureusement, il y a une descente, et la possibilité de faire demi-tour rapidement sur cette route étroite de village escarpé. Ça y est , nous sommes repartis pour le nord du Pélion et les petites plages de la côte égéenne !

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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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