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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 18:56

frise 30 05 499Nous sommes donc repartis vers le nord du Pélion et les petites plages de la côte égéenne ...

La route est devenue plus sinueuse et étroite, une vraie route de montagne, avec un paysage somptueux. Des forêts, des maquis très verts descendent en cascade jusqu'à la mer Egée, dont les bleus chatoient quelques centaines de mètres plus bas. Nous pensons aux personnes que nous avions rencontrées sur le parking de Vergina qui nous avaient recommandé d'éviter cette côte à la circulation trop difficile. Ça dépend du projet de chacun. Le leur était de traverser l'Europe du Sud au Nord en un temps assez rapide, ça ne leur permettait pas de regarder autour d'eux en flânant. Alors que nous, nous sommes surtout intéressés par la flânerie !

rd10 05 29 480Elles ne sont pas consacrées à la promenade ces routes, quelques conducteurs de petits bolides Peugeot et Renault ont l'air de beaucoup les apprécier, ils les parcourent à une allure très sportive, et nous avons les oreilles pleines des ronflements de moteurs et des crissements des pneus. C'est assez impressionnant dans ce paysage.

Nous voyons alors des équipes d'hommes qui balisent la route, posant d'abondants rubans jaune et rouge le long des passages les plus étroits, des ponts qui ressemblent à des passerelles au fond des épingles à cheveux, et autour des arbres très proches de la route.

Un rallye passe ici demain et tout ce monde le prépare, chacun à sa façon.

 

J'aimerais bien que nous nous arrêtions un peu pour mieux admirer ce paysage, et descendre vers les toutes petites plages au fond des criques, perles de sable blond le long du rivage escarpé.

Camille a l'air assez imperméable à cette idée, et c'est dans un village, à Tsangarada, OK, le Guide bleu nous vante ses géraniums et le platane plusieurs fois centenaire de sa place, mais enfin ... que Camille s'arrête.

 

Et tente de repartir.Et le moteur est muet. Tente à nouveau, et encore ... Toujours rien. Cette fois nous sommes en côte dans une étroite rue sinueuse, presque une ruelle, un samedi après-midi, si loin de Volos et de l'agent Fiat, et un rallye automobile doit passer ici demain. Oh que c'est désagréable ! Il faut évidemment faire quelque chose !

Appeler le service d'assistance de l'assurance, bien sûr. Le saint Guide bleu nous dit comment faire Page 51.  "00 33 avant le n° de téléphone sans le 0". Ca ne marche pas avec le portable de Camille qui pendant ce temps là cherche le triangle à poser à l'arrière de camping-car. - Mais pourquoi n'est-il pas là ? - Je ne sais pas, et je vais essayer de téléphoner du bistrot juste en dessous de la rue.

Le bistrot n'a qu'un mobile qui ne peut pas sortir de Grèce. Mais me conseille d'acheter une carte de téléphone à l'épicerie au dessus pour aller à la cabine un peu plus loin. Merci, j'y vais ! Le vieil épicier et moi avons un échange un peu difficile (question de langues), mais j'arrive à comprendre qu'il est en rupture de stock. Ca devient de plus en plus difficile, et Camille n'a toujours pas trouvé le triangle. - Mais enfin, où l'as-tu mis, toi qui ranges tout ? - Je n'en ai pas la moindre idée car je n'en ai jamais eu besoin. - C'est toujours pareil ...

Heureusement, le monsieur du bistrot est monté pour voir ce qui anime le quartier à une heure d'habitude si calme ; et me demande si je l'ai eue cette carte ? - Non, il n'en a plus ! Il soupçonne que nous ne nous soyons pas compris et   m'emmène vérifier. Pas d'erreur, il n'y en a pas, jusqu'au début de la semaine prochaine ...

Et pendant ce temps-là Camille cherche encore le triangle. Qu'il y en a des rangements dans ce camping-car !

Par chance, le bistrotier compatissant continue de nous aider et me conseille d'aller à la supérette à côté de la cabine téléphonique pour voir s'il n'y aurait pas une carte. Non. Mais les dames me disent d'utiliser leur téléphone fixe. La liaison ne se fait toujours pas ! Mais finalement, il y a peut-être une n° spécial à appeler de l'étranger ! Il me faudrait vérifier, par internet bien sûr !

 

Je reviens au camping-car où Camille a fini par trouver le triangle, finalement pas vraiment caché. Mais nous avions perdu notre sang-froid et la capacité de réfléchir quand nous nous sommes trouvé bloqués ici. Sûrement plus d'une heure déjà ! Posé à l'arrière le triangle attire du monde presque instantanément. Deux messieurs arrivent, nous demandent ce qui se passe, l'un ne parle que le grec mais semble bigrement intéressé par la mécanique. Que je n'aime pas ça ! L'autre parle anglais et me propose ses services. Je cherche une liaison internet. Pas de problème, il me dit de le suivre. C'est sa femme à laquelle il s'adresse en espagnol qui me donne son ordinateur connecté à internet. Et elle me parle dans un français impeccable ! Vérification : c'était bien ça, il y a un n° spécial ...

Retour au camping-car où l'amateur de mécanique est plongé sous le siège conducteur. Il a passé en revue le moteur, trop électronique, et va s'attaquer aux fusibles. Refrain : Oh, que je n'aime pas ça !

L'appel marche sur le portable de Camille, mais le service d'assistance de l'assurance nous demande de nous adresser au constructeur du véhicule qui est sous garantie ...

Du côté mécanique ça s'affaire, du mien j'appelle Fiat. Qui vérifie la date de mise en circulation du véhicule : un an hier, joyeux anniversaire ! ... Je crains que la communication coupe sur le portable, le monsieur "multilinguiste" me propose de me faire rappeler sur le sien. Ça marche, sa femme arrive avec son mobile et un appel de Fiat pour nous ! On ouvre le dossier, on décrit le problème et ...  le moteur se met à ronfler. Oui, à tourner !

Viva le-jeune-homme-mécanicien-amateur ! Non seulement il a compris ce qui n'allait pas, mais il a trouvé comment y remédier ! Et honte à moi qui aie craint le pire !

Fiat raccroche, nous sourions et rions tous, nous respirons mieux ! C'était une cosse de batterie qui était complètement dévissée, ou quelque chose d'approchant  ...

Il est 3 heures, nous n'avons pas mangé et ressentons la faim, maintenant que l'angoisse est passée ! Il m'a semblé que c'etait dans une salle de restaurant vide, mais restaurant quand-même, que m'a reçue le couple qui  a mis son ordinateur à ma disposition ? Oui, c'est ça. Eh bien nous allons profiter de votre table, c'est bien la moindre des choses que nous puissions faire !

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Après avoir garé le camping-car, remercié comme il le fallait le jeune mécanicien qui repartait déjà, rangé le triangle là où Camille l'a trouvé, nous avons eu le loisir de regarder autour de nous. La rue fait une colonne vertébrale aux quartiers de Tsangarada (transcription Guide bleu) ou Tsagkaràda (transcription Michelin), ou Tsagarada (transcription Office de tourisme de Volos) qui s'étendent au-dessus et en dessous, reliés autant par des escaliers que par des ruelles pavées de grandes pierres à la route.

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La "Taverna Agnandi" (la fontaine) s'ouvre sur une grande place avec une fontaine de marbre, l'immense et énorme platane multiséculaire que nous espérions voir, l'église moderne ; c'est là qu'est installée la terrasse la plus agréable que nous puissions trouver !

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Le garçon arrive avec le menu et un pichet qu'il remplit à la fontaine. Un peu d'eau fraiche avant tout pour nous remettre et nous pouvons regarder la carte. Avant que nous ayons eu le temps de l'ouvrir la restauratrice arrive avec une bouteille de vin blanc, un "blanc de noir" de la région d'Imathia, de la part de son mari pour fêter l'anniversaire du camping-car ! Nous n'avons plus revu Konstantinos Panos, le monsieur aux langages européens, mais avons très agréablement discuté avec sa femme, Marie José Morales. Ils sont tous les deux les hôtes idéaux dont nous avions besoin. Camille leur donne un viognier, cépage particulièrement rhodanien en guise d'échange et de remerciement.

 

Nous avons délicieusement mangé chez eux une crème de courgettes et noix qui ressemble au tzatziki (concombre, ail et yaourt grec) tout aussi frais et délicieux

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J'ai choisi de la saucisse aux poivrons rouges (beaucoup) et à la tomate alors que Camille a préféré le porc confit aux pommes. 

Le prix des restaurants grecs est souvent étonnament modeste.

 

 

Nous avons eu l'impression en partant vers la plage d'avoir de nouveaux amis sur cette belle terre du Pélion.

 

Nous garderons un souvenir heureux de Konstantinos et Marie José qui ont si bien su faire ce dont nous avions besoin au bon moment ! Promis, nous reviendrons.

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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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commentaires

Anne 30/07/2010 19:15


Oui, nous y serions presque.... avec l'inquiétude entre la panne, le samedi après-midi donc repos obligé et le rallye qui arrive le lendemain.
J'ai testé pour vous une panne en montagne, on n'en mène pas large...

Quant au repas revigorant, s'il est bon marché, il n'en est pas moins copieux. Et alléchant.
Vous avez eu le de la chance de tomber en panne... !


Camille et Pierrette 31/07/2010 15:31



Je rectifie un peu : "nous avons eu de la chance de tomber en panne là !". La plage de Mylopotamos ensuite n'en fut que meilleure !


Bisous.



Celine 22/07/2010 18:46


ouhlala, comme cet article est angoissant... je l'imagine tres bien plein de sang froid mon pere... aucune tension!
Quant aux photos de votre repas, elles sont super allechantes, ca me donnerait presque faim alors qu'il est 9h du matin! Grosses bises


Camille et Pierrette 31/07/2010 15:32



Je crois que finalement ça a été une de nos plus riches journées en Grèce ... avec la super plage pour finir.


Bisous.



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