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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 18:49

Marseille 0000Avant notre rendez-vous sur l'esplanade de Sain Victor pour une visite guidée nous avons continué dans les couleurs du Midi.

Rue d'Estienne d'Orves la statue de Milon de Crotone en train de mourir sous les dents des bêtes sauvages avait été affublée d'un étrange bonnet qui lui faisait un gros papillon autour du cou ... L'immense athlète antique et Pierre Puget qui l'avait sculpté au 17ème siècle devaient se retourner dans leurs tombes ... Ça c'était pour le rose indien.Marseille 50Au restaurant l'Aromat, rue Sainte nous avons eu, dans des assiettes colorées une nourriture inventive, parfumée et surprenante. Françoise a résisté devant ses oeufs à la neige flottant sur une crème très verte ! C'était donc violet, vert et plus !

Marseille 52Marseille 51

Nous avons poursuivi par les ateliers du santonier Marcel Carbonel en regardant les peintres qui décorent à la main chacun des sujets, de la tenue somptueuse des rois mages, jusqu'aux yeux des jeunes agneaux en passant par les bâts des chameaux et les ponts des villages provençaux.

Toujours rue Sainte, en nous rapprochant de Saint Victor, à quelques pas des ateliers il y a la boutique des santons Marcel Carbonel.Marseille 54Marseille 55

Là les couleurs sont nombreuses et très codifiées, afin de respecter le catalogue établi depuis bien longtemps.

Le "Four des Navettes" sent bon ces biscuits secs traditionnels d'une belle couleur blonde.

Et nous sommes arrivés sur le parvis de l'abbaye Saint Victor, d'abord attirés par la vue sur le Vieux Port et le fort Saint JeanMarseille 56que sur l'église. Pourtant elle est si étrange qu'elle retient le curieux. Nous sommes arrivés un peu tôt à notre rendez-vous et en avons fait le tour. J'en parlerai dans un article spécial. Marseille 57

La visite que nous avons choisie, Georgette et moi, est intitulée "D'un empire à l'autre" et se tient sur la rive sud du Vieux Port.

 

Notre guide va nous faire visiter ce quartier en nous racontant son histoire de l'empire romain jusqu'au second empire.

Cette rive escarpée fut, à l'époque helleniste une carrière et une nécropole.

Après la conquête romaine et l'écrasement de la civilisation grecque, la ville continua à s'étendre sur la rive nord et la fonction de nécropole perdura là où nous sommes.

Le pouvoir romain fut transféré à l'église (qui en garda l'organisation et les symboles ; nous sommes muets de stupéfaction en entendant ça, et il a fallu des exemples pour vaincre notre septicisme : couleurs, langage des écrits, vêtements des sculptures ...) qui s'établit à l'emplacement de la nécropole, là où avait été déposé le sarcophage de Saint Victor. !

Le "désert" de Saint Victor, espace autour de l'abbaye et le fort Saint Nicolas voisin appartenaient au roi. Il fallait alors un jour complet aux habitants de l'anse des Catalans pour arriver à Marseille dont les limites s'arrêtaient à la Criée ...

Le fort Saint Nicolas a été construit sous Louis XIV. C'était le grand arsenal et le chantier de construction des galères du royaume qui employait 20000 personnes : 12000 esclaves et ouvriers sous les ordres de 8000 officiers et sous-officiers.Cette forteresse ostentatoire défendait le royaume contre les intentions belliqueuses des Marseillais si éloignés de Versailles ! C'était un moyen d'asseoir le pouvoir royal. Ce fut le premier bâtiment demantelé à la Révolution ... mais reconstruit par Robespierre. Il reste le symbole de l'état. Aujourd'hui c'est un chantier de réinsertion par la restauration des bâtiments.

Les immeubles que l'on voit autour de nous n'ont été construits qu'après la Révolution, avec les pierres de l'abbaye et celles du palais de la forteresse.

Un projet de canal mené par M Zola, le père d'Emile, avant le fort Saint Nicolas fut échafaudé en 1830, alors que les relations avec l'Afrique du Nord se développaient. Il fut concurrencé par la possibilité d'un nouveau port sur la rive nord. C'est celui qui fut retenu, privant la partie sud d'un grand développement.

Le caractère du quartier est mal défini, hésite entre bourgeois, industriel et populaire. Des projets architecturaux n'ont pas été finis ; le parcours impérial sous Napoléon III fut défini, de grandes avenues partiellement tracées qui devaient mener jusqu'au palais impérial du Pharo ...

Mais nous faisons un détour par la plage des Catalans.Marseille 21Il y eu le long de la plage un lazaret où étaient soignés les malades débarquant des bateaux. Cette infirmerie abandonnée a été squattée par des gens venant de Catalogne, qui ont donné leur nom à la plage.

Le récit du Comte de Monte Cristo commence ici, et le quartier doit une grande partie de sa célébrité à Alexandre Dumas.

Entre ateliers abandonnés ou actifs, villas Art Nouveau ou tours des années 60 nous sommes arrivés au jardin du Pharo. Marseille 65Un ensemble monumental de Bernard Venet (mais nous avons déjà vu ça à Salzbourg ?) occupe le centre de la pelouse et nous retient un instant, le temps de nous rendre compte de la perspective qui s'étend vers le nord sur le fort Saint Jean et le Vieux Port éblouissants dans la lumière du soir.Marseille 66

De gauche à droite le port (cf frise) dont l'activité est maintenant limitée à l'accueil de ferries et de bateaux de croisière, la tour Saade, siège de la CGM-CMA qui gère ici le trafic mondial de ses porte-conteneurs, le MuCEM (le J4 tout en dentelle et le fort Saint Jean enfin ouvert au public depuis quelques mois), la Major, une des plus grandes cathédrales de France (?) et le Panier derrière le fort, le Vieux Port et le fort Saint Nicolas ...

On revient au palais du Pharo, qui coûta une fortune, où Napoléon III ne vint jamais, que la ville disputa à sa veuve Eugénie dans un procès perdu par Marseille, mais qu'Eugénie lui offrit. Jamais vraiment fini, il a été école de médecine, et est maintenant un centre de congrès ...

Nous avons dîner sur la place aux Huiles, dansun restaurant ouvert dans d'anciens entrepots aux voutes de pierre. L'endroit est très animé, ce n'est peut-être pas un critère de qualité pour les restaurants.

Nous sommes rentrés à l'hôtel à pied, les yeux attirés vers l'Hôtel Dieu et la Mairie tout en lumière, Marseille 70et l'Opéra que je préfère dans la version sans les éclairages trop contrastés. Marseille 69

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Les Copains d'Accord
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