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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 17:35

frise 19 2011 Marrakech 836Samedi 19 février

Nous n'avons plus que quelques heures à passer à Marrakech et visiter le jardin Majorelle et les tombeaux saadiens.

Je pense que "nous avons tous en nous quelque chose" du jardin Majorelle et de son bleu très dur, qui répond si bien aux couleurs magnifiées par le soleil du Maroc et l'ocre de la plaine de l'Haouz qui s'est répandu sur toutes les constructions de la ville de Marrakech.rd 2011 Marrakech 801Et ce bleu n'évoque-t'il pas la fraicheur de l'eau qui court dans les jardins arabes, qui bondit dans leurs bassins ?

Jacques Majorelle, né à nancy en 1886, fils du célèbre Louis Majorelle, ébéniste chef de file de l'Ecole de Nancy et de l'Art Nouveau à la française se rend au Maroc en 1917 pour soigner sa tuberculose. Séduit par le Maroc, Marrakech et aidé par Lyautey, premier Résident général du protectorat français, il s'installe ici et crée un jardin où il transplante des espèces de tous les continents. Il réalise ainsi de riches collections de palmiers, rd 2011 Marrakech 812de deplantes équatoriales autour du bassin et de la pergola,rd 2011 Marrakech 819 de succulentes,rd 2011 Marrakech 835de bambous, de plantes aquatiques, de plantes étranges et gigantesques comme ce beaucarnea.

rd 2011 Marrakech 823

Le jardin est ouvert au public en 1947. Mais Jacques Majorelle meurt en 1962 et lorsque Yves Saint Laurent et Pierre bergé le rachetent ils doivent procéder à une sérieuse restauration.

Tout au long des allées soigneusement entretenues, bordées de massifs à l'aspect de jardin zen où les dents des rateaux ont laissé leurs sillons ou semblables à des tapis berbères de couleur ocre couverts d'arabesques s'activent de nombreux jardiniers.

Le souvenir d'Yves Saint Laurent est lui aussi très entretenu, du mausolée à la boutique en passant par le musée. Mais ce jardin semble être ausii le terrain de jeux des enfants qui cherchent les poissons rouges et les tortues dans le grand bassin, ou les oiseaux sous les arbres.

 

Le jardin majorelle se trouve dans le quartier européen du Gueliz, en dehors des remparts. Nous reprenons un "petit taxi" pour nous rendre à la porte Bab Agnaou, l'ancienne porte la Kasba près des tombeaux sâadiens. Zohra surveille que le compteur est bien mis en service ; ça évite toute polémique au moment de payer ! C'est aussi recommandé par notre guide Voir.rd 2011 Marrakech C 273C'est Zohra qui a insisté pour inscrire cette nécropole à notre programme, au détriment des tombeaux des Sept Saints de Marrakech que nous avions choisis sans connaitre leur intérêt réel, mais son choix est évident !

Les princes de l'empire almohade (1146-1269), puis de l'empire mérinides (1269-1420) firent sobrment inhumés à cet endroit que choisirent également les saadiens (1511-1660). Mais les mausolées ont reçu le même traitement que les autres constructions de l'époque : faste et magnificence. A la chute de cette dynastie alors que Moulay Ismaïl s'appliqua à effacer tout trace de la grandeur de ses prédécesseurs, il respecta leurs morts, mais fit murer l'entrée de la nécropole. Et c'est seulement en 1917 que les tombeaux furent rouverts au public.

Et ce samedi matin il était nombreux le public ! Il a fallu faire la queue pendant longtemps avant de pouvoir accéder au mausolée principal qui abrite la dépouille d'El Mansour, celui-là même qui fit construire le palais El-Badi.

Coupole à stalactites de cèdre sculpté rehaussé d'or,rd 2011 Marrakech 878b

murs recouverts de faïence émaillée dans la partie basse, de plâtre ciselé plus haut ;rd 2011 Marrakech 879douze colonnes de marbre de carrare aux chapiteaux finement ciselés,

rd 2011 Marrakech C 265Les pierres funéraires en marbre sont couvertes de versets du Coran, d'epitaphes et d'arabesques plus faciles à voir sur les tombes extérieures.rd 2011 Marrakech 877Au centre Ahmed el-Mansour et ses successeurs.

Bien sûr on n'entre pas dans les mausolées, on fait demi-tour. Dommage qu'il y ait tant de monde et qu'un gardien nous demande vivement de laisser la place aux suivants ; nous aurions bien aimé regarder un peu mieux avant de prendre les photos et de repartir.

Heureusement l'attente est moins longue devant le deuxième sanctuaire un peu moins fastueux.rd 2011 Marrakech C 269Ici repose la mère d'Ahmed el Mansour. N'est-ce pas la meilleure reconnaissance dont elle a bénéficié ?

Ces tombeaux auxquels on accède par un long et étroit couloir sont protégés par la mosquée de la Kasba d'un côté et par de hauts remparts de l'autre. Ils ont dû permettre de garder l'endroit secret pendant tant de siècles. Un jardin avec de nombreuses tombes complète cet ensemble surveillé de haut par quelques couples de cigognes.

 

Il est temps de rentrer par quelques souks, et la place Jemaa el Fna, de vérifier que les cartes sont parties, que nous n'oublions rien, et de faire les valises.

 

Nous avons encore bien des endroits à découvrir dans cette belle ville où nous reviendrons sûrement vous revoir, Kheltoun, Zohra et Nahouel !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages familiaux
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commentaires

Anne 03/03/2011 20:15


Merci de nous rappeler qu'outre le bleu, Majorelle, ce sont des jardins et de nous les montrer.

Merci une fois encore de toute l'histoire retracée des civilisations dont vous visitez les hauts lieux, nous ouvrant sur la culture et le passé de l'autre, en sollicitant notre curiosité, notre
intérêt, notre envie d'en savoir davantage.