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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 19:21

Chappe-00.jpgGrand soleil très frais ce matin à l'heure de partir pour Montéléger, premier des quatre villages de cette randonnée dans notre voisinage, les autres étant Beauvallon, Etoile et Beaumont. Pour l'agrémenter Michel et Claudie ont organisé la visite du télégraphe de Chappe d'Etoile. Un télégraphe à Etoile ?

Nous avons laissé les voitures à la salle des fêtes Bernard Cathelin de Montéléger et rejoint la rive droite du Pétochin dont le lit est en travaux de "restauration écologique" afin d'éviter de nouvelles inondations.Chappe 01Nous avons rapidement avancé sur le chemin gelé. Régine est ici chez elle et me raconte les crues du ruisseau dans les champs, autour de la maison de ses grands-parents.

Le parc de Lorient d'où nous allons longer la Véore jusqu'à Beauvallon est encore complètement givré.Chappe 02 Le rythme que nous nous imposons nous réchauffe, et si nous avions tous des gants de soie, comme Josette, Geneviève et Claudie nous aurions chaud jusqu'au bout des doigts. Le nec plus ultra, ce sont les chaussettes de Geneviève : cachemire violet !Chappe 05Michel et Michel trouvent que les deux énormes fayards aux multiples branches de part et d'autre du chemin sont le cadre idéal d'une première photo de groupe. OK, en plein soleil c'est bien. Je prends mon pied et l'installe pour y être aussi.Chappe 03Dans un coude du ruisseau le chemin reste à l'ombre des grands arbres, le givre y est si épais qu'il sera encore là lorsque nous repasserons quelques heures plus tard.Chappe 04A Beauvallon la rue vers le château glissait bien. Attention dans l'escalier qui passe derrière l'église puis dans la montée de Pisse-Rosse.

Il y a quelques années,Rachel nous avait emmenés par ces sentiers, et nous n'avions pas remarqué de télégraphe à côté du château d'eau d'Etoile. L'idée que nous puissions ne pas l'avoir vu nous laisse perplexes.Chappe 08Et pourtant le voici, bien visible en haut d'un petit bâtiment à étage. Deux messieurs nous y attendent pour une visite avec tous les commentaires souhaités. Et nous comprenons vite pourquoi : ces amis de Michel et Claudie travaillent avec eux au sein de l'association APER (les Amis du Patrimoine Etoilien et de la Ruralité), qui "exploite" ici tout un espace ; la vigne pour des vendanges à l'ancienne, un champ de céréales pour les moissons et la fête des battages, et dans un coin ils ont reconstruit, euh, "réhabilité" le télégraphe de Chappe d'Etoile suivant des plans fidèles aux originaux.Chappe 09Nous sommes reçus à "la maison du stationnaire" qui travaillait ici de l'aube au crépuscule. (En fait, je crois qu'ils étaient deux à scruter toute la journée le télégraphe de Valence-Fontlozier pour retransmettre le message à celui de Livron ou inversement). Cependant nos guides ne nous ont parlé que DU stationnaire qui vivait dans la solitude et l'autonomie. Sa maison était entourée de son jardin, de ses volailles, de sa citerne et équipée pour assumer tous ses besoins de célibataire.

Revenons à l'aspect technique de cet équipement destiné à transmettre rapidement les nouvelles sur de grandes distances.Chappe 11Les petits bras que déplaçait le manipulateur étaient dans les mêmes positions que les grands bras placés au sommet du bâtiment.Chappe 10Nous sommes bien en présence d'un élément du premier réseau de télécommunication du monde, créé par les cinq frères Chappe en 1793 ! Le réseau comprenait alors environ 550 stations réparties sur tout le territoire français chargé de la transmission des messages administratifs et militaires, en particulier pendant la Révolution et les guerres napoléoniennes.

Chaque ligne du réseau centralisé à Paris comprenait deux têtes de station et des stations relais installées tous les dix kilomètres sur les points les plus hauts de la région. Le stationnaire observe les signaux émis par la station amont et les reproduisait vers la station aval.

Le moyen était très efficace : lors de l'élection du pape en 1829 la nouvelle a été portée de Rome à Toulon à cheval en 80 heures, alors que la retransmission par le télégraphe de Toulon à Paris a pris 3 heures !Chappe 12

Les bras des machines pouvaient être vus par tous, donc les messages étaient codés. Les bras formaient des nombres de 1 à 92. Le premier signe désignait le numéro de la page du livre des codes, le deuxième la ligne ...

Mais la transmission n'était pas sans quelques erreurs. Aussi lorsque l'électricité est arrivée le télégraphe de Chappe a été abandonné pour être remplacé par la transmission des messages en morse.Chappe 13

Le logement du stationnaire occupait le rez-de-chaussée, paillasse, petit fourneau, table et chaises que nos hôtes ont sorties pour nous offrir le jus de raisin que l'association obtient avec sa vigne. Une deuxième photo de groupe s'impose aujourd'hui, avec eux.Chappe 14

Le soleil chauffe agréablement les vieilles pierres des murs de la maison, et c'est un endroit parfait pour le pique-nique du jour.Chappe 15Les quatre chaises sont prises par les plus rapides ? non, plutôt par ceux qui se lèvent le moins facilement aujourd'hui ... Nous ne flânons pas après le déjeuner et repartons vers Beauvallon et ses bassins de régulation. C'est un ouvrage superbe à trois étages dont on franchit les niveaux par un escalier aux marches basses qui devaient permettre à des équipages de les franchir.Chappe 16Par quelques détours nous sommes arrivés au vieux lavoirChappe 17puis avons rejoint le lac où tous les canards de la région ont dû se donner rendez-vous. Nous avions rendez-vous avec Rachel et ses compagnons, entre le marché de Beauvallon et le pont, et ne les voyons pas. Et c'est seulement un peu plus loin que nous allons les croiser,Chappe 18provoquant sur ce chemin très fréquenté un vrai embouteillage. Alors les discussions continueront à Montmeyran, n'est-ce pas ?

Ce n'était pas la randonnée des records, mais c'était bien agréable de découvrir un peu de notre patrimoine sous le beau ciel d'automne. A la semaine prochaine !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
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