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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 20:39

Toulaud 00Il arrive qu'une journée radieuse se glisse entre les jours froids et maussades de notre hiver pluvieux. C'en est une aujourd'hui ! C'est sûrement l'une des raisons pour lesquelles nous sommes partis à vingt pour le Tracol.

Nous avons laissé les voitures à Toulaud, village perché ardéchois pour nous enfoncer dans une combe verte, avec de nombreux filets d'eau, quelques mares, de grands arbres nusToulaud 02vers un endroit d'où venaient des rafales d'armes à feu. Et pas des armes de chasseurs, de celles qu'on entend dans les films de guerre. (Quelle chance de vivre au 21ème siècle en Europe occidentale où règne la paix depuis presque 70 an, et de ne connaître ça que par le cinéma). En effet, nous arrivons rapidement au champ de tir de Toulaud, domaine militaire qui est juste délimité par un panneau "champ de tir, défense d'entrer".

Un panneau à quelques pas nous indique que la direction du Tracol est dans l'autre sens, quelle chance nous avons ! Nous passons un pont sur le Mialan affluent du Rhône qui passe à Saint Peray, arrivons à des ruines, celles de Saint Martin, en face desquelles un sentier très accidenté escalade la colline. Claudette nous assure qu'elle est déja passée par là avec le Greb. Mais il n'y a pas de flèche. D'ailleurs il y en aura toujours très peu tout au long de ce parcours et Josette devra sortir sa carte et la fiche bien souvent. Toulaud 07

Le chemin de pierre monte rapidement sur un versant sec boisé de chênes verts. Il faut marquer quelques petites pauses de rassemblement, de rafraîchissement, Toulaud 04pas de pause-banane, ce n'est pas une habitude du MGM qui a opté pour un café accompagné des biscuits fabriqués par l'une ou (et) l'autre avant le démarrage de la rando.

Nous avons continué à plat sur un large chemin où des panneaux "champ de tir, passage interdit" nous enlevaient l'envie de nous égarer sur la pente à gauche.

Et nous sommes arrivés vers 11h30 au Tracol, point culminant du jour où Josette avait prévu le pique-nique. De part et d'autre du chemin que nous avons choisi les chevaux qui paissaient dans les prairies se rassemblent vers nous.Toulaud 05 Curieux, ils sont restés là jusqu'à ce que nous repartions, pas toujours parfaitement calmes, à tour de rôle ils se mordaient, se chassaient ... Nous sommes restés impassaibles, bien trop occupés à savourer le vin de noix que nous offraient Martine et Gérard accompagné de filet de canard fumé servi dans des petites cuillères en biscuit sec ! On peut maintenant baptiser nos sorties "gastro-rando" ! MaisMartine a une bonne raison pour nous régaler : c'est son anniversaire que nous fêtons ainsi. Chanson et côte de Buzet ! Bravo Marine et Gérard !Toulaud 06Et pour couronner tout ça nous avons une vue magnifique sur les montagnes en face de nous. Couspeau ? Lance ? Et encore beaucoup plus loin, des sommets enneigés scintillent au soleil.

Non, pas de sieste, même si la douceur de la journée et la couleur du ciel nous y invitent. Nous avons juste fait le tiers du parcours alors il faut repartir.

Entre les buis, les grands chênes nus, de vieux châtaigniers qui ont réussi à résister à la maladie qui a ravagée les châtaigneraies ardéchoises il y a quelques décennies, tantôt par un large chemin, tantôt par de petites routes nous sommes arrivés à Violon et avons tourné autour de ce hameau en nous demandant quel était le chemin à prendre. Heureusement qu'un habitant nous a dit qu'il fallait continuer encore un peu avant de prendre complètement à droite ...

Nous avons maintenant vue sur le nord-est, très au delà de l'Isère, et sur les premières collines ardéchoises. Ça nous change beaucoup des paysages habituels, c'est plus rondet moins dramatique que nos massifs du Vercors et du Diois.Toulaud 09Nous traversons une forêt de chênes verts, où des genévriers à gros fruits, les cades rappellent à Michel l'histoire des "enguentiers ambulants" qui allaient par la Provence extraire l'huile de cade du bois de cet arbre, et non pas de ses fruits. Je n'ai pas trouvé trace de ces travailleurs, par contre les fours ont fait l'objet de quelques articles très documentés dans la blogosphère. A quand la rando sur les traces de Marie-Madeleine et des fours à cade ?

Le mois de janvier a aussi ses richesses botaniques, encore un champignon de souche, la Tremelle mésentérique masse gelatineuse d'un beau jaune d'or est convoluté, lobé, plissé et cérébriforme ... Non comestible, mais riche au niveau du vocabulaire qui s'y rapporte ... (j'ai mis en lien un site presque encyclopédique sur les champignons, indispensable aux chercheurs que nous sommes !)  Toulaud 12Et maintenant attention, le sentier descend très rapidement vers le hameau de Fosse. Les pierres ont été lissées par l'eau qui passe aussi par là, par les randonneurs, et maintenant les bikers qui les colorent en noir, et dont nous avons rencontré plusieurs spécimens aujourd'hui.Toulaud 13Prennent-ils aussi ce raidillon qui descend vertiineusement ou font-ils le tour comme nous maintenant ?Toulaud 14Fosse est le cadre de notre photo de groupe, et nous repartons aussitôt pour Toulaud qui est encore à 3.7 kilomètres.Toulaud 15Bien sûr nous aurons quelques interrogations aux carrefours suivants, non fléchés, carte, fiche, Josette veut être sûre de ne pas nous perdre.Toulaud 16Surprise à Labaryn il ne nous reste plus que 3.6 kilomètres ... et pourtant nous venons d'en faire 1.4 depuis le panneau qui nous indiquait Toulaud à 3.7 ! Non seulement les panneaux sont rares, mais en plus ils ne sont pas tous justes.

Toulaud est tout près lorsque nous devons traverser le Mialan à gué. Enfin à gué, c'est pour les jours et les hivers normaux, et en ce moment ce n'est pas un hiver normal, c'est un hiver pluvieux. Les pierres par lesquelles nous devons sauter le ruiseau sont nombreuses sous l'eau. Nous cherchons un autre point de passage ; moins large c'est plus profond et au courant plus vif, et entre les deux il y a trop d'eau ... Allez, on y va !Toulaud 17Même prudemment les pierres roulent et Claudette semble bien avoir un pied dans l'eau ?Toulaud 18D'un pas plus ferme Claudie avance, et elle éclabousse,Toulaud 19mais pas autant que Marie Claire qui court en traversant !

On constate, on s'ébroue, on rit, on s'esclame et on continue jusqu'au deuxième passage du Mialan, aussi délicat. La plaine au pied de Toulaud est suffisamment large pour que le ruisseau y décrive plein de méandres dont trois sont sur notre itinéraire. Alors après le dernier il n'y a plus que deux personnes qui n'ont pas mouillé leurs chaussettes ; les deux Martine dont l'une a réussi à passer les gués sur la pointe des pieds et l'autre a préféré enlever chaussures et chaussettes pour passer cette épreuve.

Merci Josette d'avoir choisi un jour très ensoleillé pour nous emmener ici !

Nous avons bien mérité les deux gâteaux qui nous attendent dans les voitures. Un délicieux cake avec plein de fruits confits et un gâteau de potiron, spécialité périgourdine dont je vous livre la recette.

 

                                                           MILLAS

Préparation : 20 mn, Cuisson : 25 mn.

Pour 8 personnes.

1 kg de potiron                                               250 g de farine de maïs ou 200 g de semoule de blé fine

3 c à soupe de rhum                                    250 g de sucre en poudre

4 oeufs                                                            125 g de beurre

1/4 litre de lait                                                1 pincée de sel

 

Retirez l'écorce du potiron.

Coupez le potiron en gros morceaux et jetez-les dans l'eau bouillante salée (elle doit recouvrir le potiron juste à ras).

Au bout de 5 à 10 mn égouttez-le.

Allumez le four.

Mettez le beurre dans une terrine. Passez le potiron à la moulinette au-dessus du beurre. Mélangez avec une cuillère en bois. Incorporez le sucre. Mélangez bien.

Ajoutez ensuite le rhum, les oeufs préalablement battus en omelette, le lait chaud puis la semoule ou la farine de maïs que vous verserez en pluie. Remuez bien.

Beurrez un moule. Versez-y la préparation. Mettez à four moyen jusqu'à ce que ce gâteau soit bien doré. Vérifiez la cuisson avec une lame de couteau. Servez chaud.

Le millas est également très bon le lendemain. On le mange alors, soit froid, soit coupé en tranches et frit dans du beurre.

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
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