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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 21:44
Vendredi 13 Novembre 2009
Nous avons passé la nuit à Phuentsholing, ville frontière et porte d'accès au Bhoutan.
A 8h nous sommes prêts à franchir la chaîne de la Chapcha, montagne qui a verrouillé l'accès à ce petit royaume protégé pendant des siècles.
La route que nous allons emprunter n'est ouverte que depuis 1962 ... Avant, il fallait pour franchir le col de Chapcha  (2900 mètres), et la jungle qui descend dans la plaine, infestée d'animaux et d'insectes terribles parmi lesquels les sangsues et les moustiques n'étaient pas des moindres, pas moins de cinq jours. Le "mur de l'Himalaya" a été longtemps la plus naturelle des protections ...
Kunsang CHODEN, première écrivaine bhoutanaise décrit avec précision quelle fut la contribution des femmes dans la construction de cette route. Et nous avons vu que ça n'a pas beaucoup changé en 50 ans dans les pays voisins.


Première étape au monastère de Kharbandi fondé en 1967. Il occupe le sommet d'une colline, au milieu d'une forêt de longs arbres minces couronnés d'une touffe de feuilles et d'un "régime de noix" qui donnent quelques uns des éléments du bétel que chiquent les Bhoutanais dès le matin. Ça leur donne un sourire très rose : dents et lèvres sont colorées, tout comme les filets de salive qu'ils rejettent tout droit, loin devant, régulièrement !


Les premiers fidèles s'en retournent déjà, chapelet et moulin à prières aux mains. Huit chörtens tous différents brillent dans la lumière du matin. ils commémorent huit évènements de la vie du Bouddha : sa naissance, son accession à l'éveil, son premier sermon, sa victoire sur les maîtres non bouddhistes, son retour sur terre après être monté au ciel des 33 Dieux, sa victoire sur son mauvais cousin, la prolongation de sa vie et enfin l'accession au nirvana ...
















Le vent fait flotter les drapeaux de prières, c'est un endroit plein de sérénité et de paix.

Des cavités dans les murs abritent de petits chörtens qui font penser à nos ex-votos.


 Encore une façon d'accumuler des mérites ? Nous n'en sommes pas encore là ... nous essayons d'en accumuler en pratiquant la tolérance. Ce n'est déjà pas si facile !


Nous constatons déjà que nos livres disaient vrai en parlant des couleurs et des décorations des moindres bâtiments. Des peintres s'affairent sur une grande porte pour en rafraîchir les couleurs, et quelques kilomètres plus loin nous découvrons les dessins des façades et les riches piliers de la terrasse d'un petit restaurant routier.

Le ciel est un peu encombré de nuages et de brumes qui n'ont pas troublé la foi des fidèles attendant le passage du prélat arrivé à Phuentsholing hier peu de temps après nous.

Autour des villes les élèves en uniforme, les messieurs  en gho,( grande robe ceinturée et blousante ; avec de grands revers blanc aux manches, des grandes, très grandes chaussettes, et des chaussures sombres, parfois des tennis ... A notre tour de voir si les mollets sont bien galbés ! )


et les dames en kira maintenues aux épaules par des fibules, dissimulées sous les vestes à revers, font une haie dense. Ils attendent la bénédiction que leur donnera le lama de passage et qui fera partie des mérites accumulés pour modifier favorablement le karma.
Nous continuons à monter et le paysage change. Il n'y a plus de villages, les forêts sont moins épaisses, parfois la roche est nue, et au fond d'une profonde gorge coule la Wangchu, la rivière qui vient de Thimphu, capitale du Bhoutan.
De grandes coulées de terre et d'arbres ravagés s'étirent sur des centaines de mètres de hauteur, coupant plusieurs lacets de la route.

Des équipes très féminines,  avec des bambins sur le dos, s'affairent à élargir le passage pour permettre la circulation à double sens. Car la route au Bhoutan est souvent large ou le devient, et les moyens d'entretien assez différents de ceux du Bengale et du Sikkim. Nous avons vu en plus des travailleurs manuels de gros engins de terrassement ... Les dames doivent faire les travaux de finition, c'est du moins ce que je veux croire.
Nous passons le col et redescendons dans une vallée au paysage un peu sec, des champs sont vides, les récoltes sont rentrées, et les arbres ont un air d'automne. On a vraiment changé de climat. C'est directement lié à l'orientation des vallées qui peuvent ainsi subir des influences continentales ou tropicales.
Nous prenons le déjeuner dans un petit restaurant où les pommes de terre au fromage ont un aspect très engageant. Un peu grasses peut-être ? Le mal de tête qui me titillait depuis hier se transforme et me rappelle affreusement les migraines nauséeuses d'il y a bien longtemps ... Stéphane me recommande une tasse d'eau chaude pour décontracter l'estomac. Merci, ce fut souverain ... Mais je refuse la promesse d'arrêt n'importe où au moindre besoin. Si la route est comme celle que nous avons pratiquée les seules choses dont j'ai besoin sont des sachets et du sommeil.
Dommage pour moi, je n'ai presque rien vu de la suite de la route jusqu'à Thimphu, même pas l'engin militaire qui hissait un camion de produits pétroliers tombé dans le ravin ... Nous n'osions nous demander comment on en sortait.

Et encore plus dommage, je suis allée me coucher tout de suite et n'ai pas visité le dzong de Simtokha, premier dzong construit en 1629 ... Je préfère ne pas y penser !

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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