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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 19:42
7 Novembre 2009
Nous avons enfin passé une bonne nuit. A peine troublée par les jappements des chiens errants qui dorment le jour et doivent se disputer quelques privilèges la nuit.
Petit déjeuner - buffet, britannique (avec saucisses,  tomates poêlées et tout le reste) ou comme on veut. Les jus de fruits et fruits frais sont délicieux dans cette région à végétation sub-tropicale, et le thé aussi bien sûr !
Je suis un peu en avance (eh oui, tout peut arriver !) au point de départ avec Sylvie. Sourech, notre guide indien nous emmène à quelques pas voir le Kanchenjunga au dessus des toits, de l'autre côté de quelques vallées. Impressionnant le plus haut sommet du Sikkim, et le troisième plus haut de la chaîne himalayenne avec ses 8590 mètres !


Et maintenant nous ne sommes plus en avance ! C'est en Jeeps de 4 passagers que nous partons vers les "tea gardens" de la plantation Jay Shree's. Le trajet pour y arriver nous a paru très court : nous commençons à faire connaissance avec nos compagnons, parlons de nos lectures préparatoires communes, et essayons d'avoir les yeux partout pour saisir quelques étranges scènes de rues. La foule du samedi matin au marché ; les rues où flottent les drapeaux de prières entrelaçant tant de fils électriques ;


 les publicités de téléphones portables qui font des frises aux vieux immeubles ; le chemin que nous empruntons et dont les virages sont si fermés que nos chauffeurs vont tantôt en avant, tantôt en arrière pour éviter quelques manoeuvres délicates ; l'entretien de la route, avec empierrement manuel, chauffage du goudron et des graviers avec des petits feux sur le bord de la route, mélange du recouvrement dans une bétonneuse, finalement c'est astucieux !
Et nous arrivons à la plantation . "L'or vert" de Darjeeling s'étend sur les pentes des montagnes.


Le développement de la culture du Camelia sinensis, puisque c'est de cet arbuste qu'il s'agit, commence au milieu du 19ème siècle, date  à laquelle les Anglais des Indes sont venus passer leurs étés à la montagne au climat plus doux que celui de la plaine, dans cette région qu'ils ont arrachée au royaume du Sikkim.



Le thé est consommé depuis 2500 avant JC et jusqu'alors la production était essentiellement chinoise.
Le thé produit à 2000 mètres d'altitude est d'une qualité très supérieure à celui des plaines. On procède à trois cueillettes par an qui donnent trois qualités différentes :
- au printemps la sève est puissante, on obtient le "first flush",
- en juin il y aura un peu plus d'amertume,
- et à l'automne la sève a mûri et elle est un peu moins épicée.
Le goût est directement lié au terroir, à l'exposition (on a déjà entendu parler de ça, même s'il ne s'agissait pas de thé).
Et voici les goûteurs à l'oeuvre. Allons-nous avoir une dégustation à la fin de la visite ?



L'exploitation a été créée en 1852 et a occupé jusqu'à 1636 personnes. Nous n'avons pas de chance car aujourd'hui l'activité ne semble pas débordante. Nous devons être en dehors de la saison. Pour visiter les ateliers nous devons troquer nos chaussures contre des tongs, et pouvons traverser des salles dont les seules occupants sont de vénérables machines à l'arrêt. Mais nos accompagnateurs ne sont pas avares d'informations.
Le thé s'oxyde dès la cueillette et suivant le degré d'oxydation on obtient le thé vert, le thé oolong ou le thé noir. Ce n'est qu'une question d'heures. On stoppe le processus en chauffant les feuilles.
Le thé blanc, qualité exceptionnelle provient des premiers bourgeons de feuilles normales à l'oxydation moyenne. L'orange pekoe, de haute qualité provient des premiers et deuxièmes bourgeons un peu plus oxydés.
Au cours du séchage les feuilles s'enroulent. Elles sont alors séparées des branchages et des poussières par des machines vibrantes. Bien sûr nous n'irons pas penser que le "vannage manuel de fin de saison" est spécialement prévu pour les visiteurs !


Enfin maintenant comment boire son thé ? Longuement infusé il sera plus fort en tanins, mais moins fort en théine. Ajouter du lait ou pas ? Si le lait est gras ou s'il est chaud il fera perdre une partie des qualités du thé. Un nuage de lait froid, c'est parfait ! Mais la dégustation préparée tout à l'heure n'est pas pour nous ...
Nous allons voir depuis la route un peu plus longuement le village au milieu de la plantation. L'organisation est encore très patriarcale.


Deuxième étape de la journée : le monastère de Bhutia Busty un des plus anciens de la ville, construit au 16ème siècle et restauré au début du 20ème après un tremblement de terre. C'est notre première visite d'un temple bouddhiste, et tout est nouveau ! Le monastère d'obédience himalayenne en a aussi l'architecture : les deux tours d'angle autour du porche d'entrée, la cloche au centre du toit, et la décoration extérieure avec les lignes en volume, initialement en bois peint et reproduites en béton.


Nous commençons ici la délicate approche du bouddhisme. Le groupe semble assez disparate en la matière, avec quelques personnes très initiées, d'autres presque acquises, et nous Camille et moi, prêts à recevoir avec application  tout ce que Stéphane va nous dire. Et il nous en dit beaucoup. Heureusement que je prends des notes, ça va me permettre de fixer quelques informations :
- Les drapeaux de prières en banderoles, ou en grandes bannières dans des endroits aérés pour que les "chevaux de vents" puissent  emporter les messages le plus loin possible, dans toutes les directions.
- Les drapeaux de couleurs sans mantras (formules sacrées) génériques du bouddhisme.
- Les bannières avec les huit signes auspicieux qui feront l'objet d'attentions futures.
- Les moulins à prières qui "disent" les mantras qu'ils contiennent pour le bien de la personne qui les tourne. Portatifs, petits fixés autour du monastères, géants dans les entrées. Plus ils sont gros, plus ils contiennent de mantras et plus ils permettent de cumuler des "mérites" et ont d'influence positive sur le karma.

























Les personnes âgées passent beaucoup de temps autour des monastères à accumuler ces mérites qui leur permettront une réincarnation favorable.

Les murs extérieurs du monastères sont peints et Stéphane nous présente


Padmasambhava (Né du Lotus) ou Guru Rinpoché, le "Précieux Maître" avec son mantra et des offrandes. Ce maître tantrique joua un rôle de premier plan dans l'introduction et le développement du Dharma au Tibet. Dharma ou enseignement du Bouddha. Loi universelle qui développe les concepts l'impermanence des phénomènes et leur interdépendance, et en déduit la vacuité universelle ...
Ouh, ouh, il va voler dans des sphères où je n'ai pas l'habitude d'aller, ce voyage !

Amitabha, le Bouddha de lumière infinie, toujours rouge. Il règne sur un monde de béatitude, pur, parfait dépourvu de mal.
Je n'ai pas de représentation de Chenrezi ou Avalokiteshvara (car ils ont des noms différents en sanscrit ou en tibétain), est le Bodhisattva de la compassion, toujours blanc, avec quatre ou mille bras. Et voici qu'il va falloir trouver la différence entre un bodhisattva et un bouddha !
Les fresques autour de la porte d'accès au gompa, lieu de culte bouddhiste, représentent les quatre gardiens des points cardinaux. Aujourd'hui Stéphane se limite à nous montrer celui du Nord, jaune, le premier à droite. Ces quatre gardiens symbolisent-ils la relation "religieux-protecteur", chöyön, que les monastères établirent avec des nobles qui pouvaient leur assurer la tranquillité matérielle et qui bénéficiaient en retour des prières dites à leur intention par les moines ? Il faudra que je demande à Stéphane si c'est ça ou tout autre chose ...















Nous enlevons nos chaussures, rangeons nos appareils photos (il sera presque toujours interdit de photographier à l'intérieur d'un lieu de culte) pour entrer et découvrons :
- avant de passer la porte les dragons qui l'encadrent ;
- la salle hypostyle
- et les représentations sacrées au fond derrière des vitrines dont un grand Bouddha doré entouré de deux statues féminines, la Tara verte et la Tara blanche, et Chenrezi à 1000 bras dans une vitrine latérale.
- entre les colonnes l'espace réservé aux moines, tout près des statues les trônes des grands maîtres, puis des bancs et des tables pour les moines,
- derrière les bancs des moinillons ;
- des vitrines abritent le Kanjyur, "traduction des paroles de Bouddha" qui compte 108 recueils sacrés. En général ce sont des documents anciens dont l'étude est réservée aux plus grands maîtres. Ils ne sont presque jamais ouverts.
- et enfin les piliers sont recouverts de tangkas, images sacrées.

Nous quittons le monastère en passant par la porte décorée de la roue et des biches symbole du premier sermon que le Bouddha historique donna au parc des gazelles à Sarnath près de Varanasi (Bénarès) ...
Nous rejoignons nos voitures en regardant la végétation autour de nous : des lianes agrémentées de chayottes montent à l'assaut des arbres, mais il n'y en a pas autour des cryptomerias, ces grands résineux échevellés.
Au bord du chemin des plats au contenu surprenant, ici des petits piments, là des macaronis semblent être des offrandes. Voici aussi quelques belles personnes rencontrées ce matin :


De temps en temps dans les rues nous pouvons remarquer ce qui ressemble à une revendication du Gorkhaland. Il s'agit en effet de la demande d'un état autonome par un groupe ethnique originaire de cette région qui se sent trop différent des Bengalis pour cohabiter dans le même état. link
Et maintenant si nous rentrions au May Fair pour un déjeuner indien ? A tout à l'heure ...

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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