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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 17:45
frise 16 C 3 C 295Lundi 16 novembre 2009
La route est longue jusqu'à Paro et il est prévu que nous la fassions toute ce matin, le déjeuner est prévu au terme. Et ça commence mal car au premier virage un camion a quitté la route et un second essaie de le remonter. Des hommes portent d'énormes pierres en courant pour les caler. Toutes ces manoeuvres occupent la route étroite ... Nous serons peut-être en retard pour le déjeuner ! Un gros câble métallique est accroché pour tirer, le moteur du camion sur la route ronfle, il démarre, le câble se tend et le second camion sort de la pente ! Avec aisance, ou presque ! Quelle puissance doivent avoir ces camions agrémentés et décorés comme des jouets ... Ça a été plus rapide que supposé.
Nous arrivons au col de Dochula juste avant les nuages. Nous avons pu jeter un coup d'oeil aux cent huit stupas depuis la terrasse du salon de thé, et le temps de rentrer ils avaient disparu, absorbés par la brume. Le temps de prendre un thé et d'acheter quelques souvenirs (pas facile de placer un tangka entre deux Cathelin, alors je me contente de T-shirts !) et nous repartons.
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C'est sans compter sur la bonne surprise du moment : des yaks paissent dans le sous-bois, sous les drapeaux de prières. Tout un troupeau et son berger. Exceptionnel de voir ces bêtes à si basse altitude (pas loin de 3200 mètres quand même !)
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Au village de Hongsto autour du poste de contrôle des étrangers des enfants sont réunis le long de la route, des voitures arrêtées, et nous sommes nous-mêmes obligés de nous ranger ... Un cortège de religieux se forme. Nous descendons du car et allons voir nous aussi. Tsering et Stéphane partis devant nous renseignent : le Je Khenpo va passer sur cette route et tous ces gens attendent pour recevoir sa bénédiction ... C'est le chef de la hiérarchie religieuse du Bhoutan, le conseiller le plus proche du roi ... Pendant que la fumée des offrandes s'élève dans le ciel des moines nous offrent des petites pastilles sombres et surtout sacrées. Elles ont été préparées à base de plantes au cours de cérémonies qui peuvent durer sept jours et nuits ; des tantras chantés,  psalmodiés, dans la fumée des bâtons d'encens les ont chargées de mérites et de nombreux éléments positifs. Il faut les laisser fondre dans la bouche, sous la langue ... Ça évoque bien sûr la communion, mais ce qui est intéressant c'est que ces pastilles nous sont données aussi facilement qu'aux autres personnes présentes qui ont fait des centaines de kilomètres pour les recevoir.
Les gens s'écartent ; les premières voitures passent ; nous nous inclinons avec humilité et de son dorjé (?) le Je Khenpo nous donne sa bénédiction.
Le sourire qu'il adresse à Stéphane est inoubliable et si vous voulez l'entrevoir, il faut aller sur l'article "Bénédiction du Je Khenpo" ... ( Over-blog change régulièrement et je n'arrive pas à insérer cette vidéo ici comme je le faisais avant ... On peut faire confiance à l'informatique et tous ses systèmes pour évoluer constamment ! )
Nous voici d'autant plus riches de mérites que nous sommes un jour de pleine lune ou de lune nouvelle : cette circonstance les multiplie par 100 000 !
Si nous les dédicaçons suivant la formule déjà entendue et retenue, ces mérites nous sont définitivement acquis, et s'inscrivent de façon indélébile en notre faveur dans notre karma ...
La ferveur de toutes les personnes qui nous entouraient, et le sentiment de vivre quelque chose d' exceptionnel font de cette rencontre un grand moment d'émotion.
Nous en discutons encore alors que nous arrivons à un monastère pour le visiter. Quoi, Simtokha dzong ? J'avais cru que vous y étiez allés vendredi ?
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C'est le premier dzong construit par le Shabdrung Ngawang Namgyel (qui unifia le Bhoutan sous l'hégémonie de l'école drukpa au 17ème siècle) en 1629. Situé au carrefour de plusieurs vallées, dominant Thimphu,  il a eu un rôle important dans la vie politique et stratégique du pays. Le troisième roi en avait fait une université pour l'étude de la langue classique, le dzongkha qui a une réelle autonomie par rapport au tibétain. L'Institut de Langage et des Cultures a été depuis déplacée et est devenu mixte en 1989.
Le dzong a été entièrement rendu aux moines. Un peu à l'écart un magnifique moulin à prières offre ses pouvoirs aux fidèles.
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Dès la première cour un Shenrezi aux mille bras et au visage courroucé nous accueille. A sa droite Tara avec son troisième oeil au milieu du front, l'oeil de vision profonde. Et des fresques du 17ème siècle !

rd09 11 16 C 2 337Les quatre amis dont je vous raconté l'histoire il y a quelques jours,
rd09 11 16 C 2 338le yogi avec les biches et les oiseaux dans un beau paysage de montagnes ennuagées.
rd09 11 16 C 3 C 280Quant à ce mandala, il doit être du 20ème ou 21ème siècle ! Surprenant et superbe, non ? Il voisine avec un monstre au bec de rapace, avec des bras ailés, des jambes ... Là encore les monstres bhoutanais ne sont pas très différents de ceux de nos églises romanes, au moins dans l'esprit !
rd09 11 16 C 3 C 281Derrière les grosses portes il y a toujours de grandes statues des déités du panthéon bouddhique, les offrandes symboliques dans les huit bols ou parfois beaucoup plus, des grandes tormas, des lampes à beurre, des reliques, des photos de la reine Mère, des instruments de musique anciens. Et des tangkas de grandes dimensions qui accompagnent les grandes cérémonies et les grandes fêtes. Un treillis d'orfèvrerie est suspendu à la galerie au dessus de nos têtes. Les murs sont couverts de fresque représentant les quatre vingt quatre yogis indiens qui ont permis le maintien de la tradition du mantra ... Et tout un foisonnement de déités moins connues et de symboles mystérieux.
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 Nous passons des fermes à trois étages, toujours organisées de la même façon : le rez de chaussée pour les animaux et les instruments aratoires, le premier étage pour la famille et le grenier pour le stockage et le séchage des récoltes. Remarquez le montage du toit qui laisse passer l'air et la claustra de fibres tissées qui ferme en permettant l'aération.

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Des piments sèchent sur les toits. Ils sont toujours présents sur les tables bhoutanaises, tout comme le riz avec lequel ils sont consommés. Nous, nous n'en prenons que quelques lamelles que nous découpons en tous petits morceaux qui nous enflamment la bouche !

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Ce sont les dames qui tiennent les commerces, y compris les petites boutiques ouvertes sur le bord de la route avec les pommes de saison et le fromage sec en chapelet !
Quel jolis ponts au-dessus de la rivière Paro aux eaux vertes ! Arrêt photos, arrêt photos s"il vous plait ! Et beaucoup mieux qu'un arrêt photos, nous avons un arrêt visite !
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Car c'est l'ensemble qu'il faut voir : le pont reconstruit en 1969, mais aussi et surtout le monastère sur la colline, les portes du pont, le chörten et la grotte où médita le saint tibétain, constructeur de ponts, Thangthong Gyelpo attaché au monastère de Rumtek. Il eut ici la vision du "cheval excellent Balaha", émanation de la divinité de compassion Avalokiteshvara. Il décida de construire au dessus de la grotte un monastère et un pont pour y accéder, ce qui fut fait vers 1420 !
rd09 11 16 C 2 363Le chörten est sûrement moins ancien, mais il est l'objet de bien des dévotions et de petites offrandes.
rd09 11 16 C 2 370Nous finissons par arriver à Paro, longeons l'aéroport d'où nous partirons mercredi et arrivons au restaurant qui nous a préparé quelques petits délices parmi lesquels les fameux "momos" petits pâtés de légumes roulés dans de la pâte de riz cuits à la vapeur et des beignets d'aubergine !
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Et nous repartons pour le dzong qui domine la plaine, juste au-dessous de l'ancienne forteresse du 14ème siècle. C'est le siège de la vie administrative du district et un monastère d'environ deux cents moines.
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La porte d'entrée est gardée par deux personnages traditionnels  : un Mongol tenant un tigre et un homme retenant un yak.





La richesse du décor de bois des bâtiments qui entourent la cour doit être supérieure à ce que nous avions précédemment vu !
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On passerait bien un peu plus de temps ici pour admirer chaque élément de ce grand ensemble. Mais le soleil nous attire dehors. Nous descendons doucement vers le joli pont couvert gardé par deux portes fortes.Le toit est fait de bardeaux retenus par des galets régulièrement posés. Nous croisons sur le chemin de joyeux groupes de moinillons et de novices qui remontent au dzong en jouant et acceptent de poser pour quelques photos.
rd09 11 16 C 2 437La construction de la ville de Paro date de 1985. Elle s'étend le long de deux artères principales bordées de boutiques et d'ateliers d'artisans.
rd09 11 16 C 2 422Quel est le temple que nous avons visité un peu à l'écart dans un hameau au-dessus de la plaine ? C'était l'heure de la cérémonie du soir. Quelques moines, fidèles et élèves psalmodiaient très sérieusement alors qu'un indiscipliné essayait d'attirer l'attention de ses camarades en les taquinant ... Et ceci ne sembler déranger et intriguer que les visiteurs occidentaux !
Nous sommes rentrés dans la douceur du soleil couchant dont la lumière rasait les peupliers dorés par l'automne.

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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commentaires

Alain Guézou 14/12/2009 11:50


Bonjour à tous les deux .
Je viens de lire vos deux derniers messages et je dois dire que j'ai du mal à redescendre sur Grenoble tellement les photos me donnent envie de partir à mon tour. Hier c'est avec les enfants que
nous avons repris vos carnets afin qu'eux aussi profitent de votre voyage. Merci de nous faire rêver, cela aide à supporter le quotidien.... Alain


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