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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 20:31
Jeudi 12 Novembre 2009
Nous avons quitté le Sikkim hier et sommes arrivés au Bhoutan ce soir, en empruntant la grande route de la plaine du Bengale. Il semble qu'il n'y ait pas d'autres possibilités, que les seules voies qui relient ces deux pays soient des pistes caravanières assurément pas pour nous ...
Cette ville est réputée pour sa production horticole. De nombreux jardins permettent une exportation de fleurs et de plantes vers de nombreux pays du monde. Mais avant de quitter Kalimpong perchée sur son rocher à 1250 mètres d'altitude ce ne sont pas des jardins que nous allons visiter mais la Gompa Thongsa. C'est le monastère le plus ancien de la ville construit en 1692 alors qu'elle était bhoutanaise.


Son architecture s'en ressent et la partie de fibres végétales nattées sous le toit en est le premier témoignage. Il se présente un peu comme un des dzongs (forteresses) que nous découvriront rapidement à Thimphu.
Le maître de Mathieu Ricard (que l'on a beaucoup entendu juste avant de partir pour la sortie de son livre sur le Bhoutan), Dilgo Khyentse Rinpoché a enseigné ici. Lettré, poète il a été chef de l'école Nyingma du bouddhisme tibétain au Bhoutan de 1987 à sa mort le 28 septembre 1991. link
Les fresques du premier étage sont d'une grande qualité et des concepts nouveaux pour nous sont ici présentés.


Ici "la Glorieuse Montagne de Cuivre de Guru Rinpoché" (au moins il est une de nos deux repères avec le Bouddha historique !), son champ pur où il établit son "palais de Lumière de lotus" c'est à dire l'endroit où il peut accéder à l'Eveil. Ce type de représentation porte aussi le nom "d'arbre de refuge" (la qualité de ma photo est assez mauvaise, alors je fais appel à celui qui pourrait m'en donner une meilleure). Les notions d'arbre et de montagne dans la pensée du bouddhisme  mahayana et vajrayana (j'espère qu'on me dira ce que c'est dans les livres d'initiation que je potasserai en rentrant ...) sont interchangeables ... L'arbre représente une lignée de gurus (enseignants), de divinités, de saints ; également une concentration d'aides possibles apportées au croyant qui peut s'en approcher comme d'un mandala : c'est un refuge, une structure dans le chaos ...
Quelques représentations du Yogi Tangtong Gyalpo, de déïtés ailées, de divinités des eaux qui ressemblent beaucoup à nos sirènes voisinent avec cet Arbre de Refuge, représentation typique de l'ordre des Nyingma ... que nous retrouverons donc sous peu ! Les exercices spirituels sont finis pour aujourd'hui, nous prenons la route et descendons dans la moiteur tropicale de la plaine.


La forêt est luxuriante, je préfère penser que certaines cabanes ne sont que des abris quelconques un peu en dehors des villages aux maisons de bois coloré, des petits commerces,















le long de la route sillonnée par de gros camions aux beaux yeux. Leur vitesse est souvent limitée à 30km/heure, mais celui-ci peut aller jusqu'à 40 !

Il y a encore beaucoup de chantiers tout au long de la route, souvent plus large que celles empruntées les jours précédents. Et beaucoup de femmes sur ces chantiers, qui ne sont protégées que contre la poussière un foulard sur la bouche et le nez  ... Ce sont souvent des femmes immigrées, probablement népalaises chassées du Bhoutan par une politique nationaliste restrictive (LE pont noir du Bhoutan, pays de Bonheur National Brut pour ses ressortissants.) Et elles sourient quand on leur adresse un petit signe ! Quelles femmes !

Ici elles participent à la construction de gabions qui vont permettre de stabiliser la route qui domine la vallée de la Teesta, là elles participent au nivelage de la route qui se fait en grande partie à la pelle, tenue par le manche bien sûr mais aussi tirée avec une corde par une deuxième personne qui amplifie ainsi la capacité de chaque mouvement ... Bien sûr il y a pléthore de main d'oeuvre et beaucoup de temps pour réaliser les projets, mais ça nous laisse perplexes quand on pense aux moyens utilisés en France pour creuser la moindre tranchée ...
La vallée de la Teesta est brumeuse, poussiéreuse et ça doit quand même un peu gêner toutes ces familles de macaques qui nous regardent passer !
















Nous avons rejoint la grande vallée, celle des fleuves gigantesques dont le cours forme un réseau de canaux et de bras qui arrosent  de grandes cultures. Ici des plantations de thé, et c'est le moment de la cueillette.

Là des rizières, et un peu plus loin de la canne à sucre. Que sont toutes ces cheminées dispersées dans les champs ? Il y a quelques mois, de juin à août au moment des inondations elles devaient ressembler à des phares à marée haute.
Des miradors sont perchés dans les arbres. Ce sont des postes d'observation pour surveiller l'approche des éléphants et les chasser pour qu'ils ne ravagent pas les cultures.
Nous sommes en plein dans l'Inde des idées reçues. Celle dont les images vieilles de 40 ans sont semblables à ce que nous voyons aujourd'hui : la foule, la circulation très dense avec les anciens beaux rickshaws, dont l'utilisation peut subir l'influence du temps,
















les charges incroyables portées sur les vélos, qui se faufilent entre les voitures,















le repos du pédaleur, sûrement bien mérité
Les femmes ne sont pas spécialisées dans les chantiers routiers, elles vont aussi au bois ...
et elles occupent des petites boutiques, au milieu de toutes sortes d'ateliers d'artisans. De temps en temps une chèvre, un zébu ou une vache encombre un peu la route, on fait un détour et tout va bien !
Nous arrivons à la frontière. Tout le monde descend pour remplir les formulaires de sortie d'Inde, compléter la déclaration de bonne santé (pas de grippe A H1N1), sortir les passeports pour obtenir le cachet de fin de séjour ! Grâce à Sourech tout va vite, et nous repartons dans la foule de la rue très animée et bruyante.
Cette foule semble rangée le long de la route, de part et d'autre une belle porte ouvragée.

C'est une porte magique, dès que nous la passons les hommes ne sont plus les mêmes, ils sont en gho, le vêtement traditionnel bhoutanais, les dames en kira cette robe longue avec un spencer assorti,
















les bâtiments ne sont plus de bois et de tôle, mais de béton aux décors ouvragés, il n'y a plus de poussière ...
Nous sommes au Bhoutan !
C'est l'heure de nous séparer de l'équipe indienne qui nous a accompagnés : notre guide Sourech, le chauffeur du bus, son mécanicien, et le chauffeur du 4X4. C'était vraiment une très bonne équipe. Sourech toujours prévenant et souriant, près à donner quelques renseignements complémentaires ; quant aux chauffeurs ils ont bien du talent. Ce qu'ils s'ennuieraient s'ils devaient conduire sur les routes et autoroutes d'Europe ! Les voici avec Maryse.


Stéphane nous explique que les gens dans la rue juste devant l(hôtel attendent un dignitaire de l'église bouddhique bhoutanaise. Intéressant à voir (je me souviens du très désagréable livre de Michaël Pitiot, "Bhoutan, voyage au pays de Bouddha" qui racontait durant des pages un passage semblable) Le temps de prendre  un thé d'accueil, de poser les bagages dans nos chambres, et lorsque nous regardons la rue, il n'y a plus personne. Le dignitaire est passé, les fidèles sont repartis sans que nous entendions quoi que ce soit. Le vitrage a-t'il un haut pouvoir d'isolation phonique ? Eh bien, oui !
Et avant les salutations du soir nous vous posons un petit problème : combien d'Euros Christian a-t'il donnés pour payer la bière du repas et recevoir la monnaie suivante :

3 billets de 100 roupies (Inde), 2 billets de 1 dollar (USA) et 3 billets de 10 ngultrums (Bhoutan). Merci de le lui dire, il ne se rappelle plus ... non plus le prix de la bière !


Bonne nuit de Camille et Pierrette !

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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