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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 21:10
Mardi 10 novembre 2009 après-midi.
Nous avons repris nos visites par le très sérieux et intéressant Institut de tibétilogie. Pas de photos ! Donc je liste rapidement.
Des vitrines consacrées à Guru Rinpoché et à Gautama Bouddha. Je commence à comprendre qu'il y  deux personnes physiques qui sont à l'origine du Bouddhisme : le Bouddha historique (6ème siècle avant JC) qui porte quelques autres noms dont celui de Gautama Bouddha et le Guru Rinpoché (8ème siècle après JC), une de ses émanations.
Des vitrines d'objets rituels présentent des kanglings,  flûtes au son très aigre, faites d'os humains (fémurs) ; des kapalas, bols faits dans des boites crâniennes ; des damarus, grandes caisses de résonance que nous entendrons dans l'après-midi ; des dorjes, instruments tantriques qui transforment les cinq poisons en cinq connaissances ; des dril bu, clochettes.
Les manuscrits couverts d'écriture cursive et d'autres en écriture traditionnelle datent du 11ème siècle !
Et partout sur les murs de beaux tangkas sont accrochés.

Tout près de là le plus grand chörten du Sikkim, en forme de cloche blanche surmontée d'un pinacle doré et entouré de 108 moulins à prières attire la dévotion de centaines de pèlerins qui toute la journée en font le tour, vers la gauche. Et veille Pierrette à ne pas tourner les moulins à l'envers !
A 16h chaque jour une cérémonie accueille de très nombreux moines qui psalmodient et chantent. La musique d'influence tibétaine est vraiment bien différente la musique indienne, du moins celle qui influença Olivier Messian et dont nous avions entendue quelques opus à Amsterdam ce mois de mars !


Et les surprises du jour, sont le marché aux légumes et le Festival du Monde himalayen, ou Festival Tibétain.
Au marché nous avons pu voir de plus près certains légumes que nous consommons depuis notre arrivée, sans savoir exactement comment ils sont. Stéphane y a acheté de la farine d'orge grillée pour préparer sa tsampa du matin : il faut la délayer avec du thé chaud, jusqu'à consistance souhaitée, en y ajoutant du beurre et des fruits secs on obtient le petit déjeuner idéal de l'Himalayen. C'était un des mets favoris d'Alexandra David Néel ; dans les années 10 et 20 du 20ème siècle,  elle était souvent préparé avec du beurre rance, mais aujourd'hui les réfrigérateurs ont changé les coutumes, sauf pour les bergers nomades des hauts pâturages !
Le Festival tibétain se déroulait quelques étages au-dessus. Nous n'avons pas pu voir les danseurs, la salle était archi-comble, y compris ses escaliers. Dans la grande salle d'exposition un écran nous a permis d'apercevoir quelques mouvements de danse.
Mais  nous nous sommes régalés à admirer les représentants des différentes régions qui ont accepté de poser pour nos photos-souvenirs. Les visages et les yeux en particulier doivent aider à identifier l'origine des différentes délégations : il semble que les dames ne se soient pas assisses par hasard, et qu'elles viennent d'ouest à l'est en suivant de gauche à droite.

Les costumes sont d'une grande richesse : brocards de soie, laine très fine, fourrures ;


 Des accessoires fabuleux complètent les tenues.

Les chapeaux incroyables, plus ou moins brodés d'ambre, de turquoises, de corail témoignent d'une imagination sans limite !
















Les toques de fourrure sont accompagnées de bijoux portés aussi bien par les messieurs que par les dames.
Quelques autres traditions sont aussi représentées :


enfin un mandala au dehors d'une gompa ! Représentation en deux dimensions du monde idéal de l'Eveil ;


et des tangkas richement bordées de brocard dont le voile de soie est retenu par un joli noeud . Celle de droite a reçu en offrande une kata ... Tout comme nous qui en recevons à chacune de nos étapes. Nous commençons à en avoir un nombre impressionnant !




Un sculpteur présente son travail sur ardoises. Il y grave des mantras qu'il illustre. Il a tout à fait l'air d'un vieux yogi. Un de ces sages anachorètes qui vivent dans des grottes à des altitudes pas possibles, dans un dénuement absolu.
















Ils arrivent à imposer à leur corps des rythmes biologiques (ce ne sont sûrement pas les bons mots) qui leur permettent de supporter des conditions de vie incroyables : ils ne sentent pas le froid dans la neige à 5000 mètres d'altitude (Alexandra David Néel avait appris cette technique ...) et ils s'imposent de si longues séances de méditation que leur crâne en arrive à se déformer : une petite bosse apparaît au sommet. Et ce qui semble être un chignon des cheveux non coupés serait surtout la dissimulation de cette déformation !
Par de déformation dans les pieds, les bouts relevés de ces bottes qui se portent pour les grandes cérémonies au Bhoutan, sont des fantaisies, au même titre que les beaux rubans. Christian et Maïthé n'y ont pas résisté !


Il ne faut pas croire que les costumes que nous avons vus sont réservés pour des fêtes ou des expositions, nous en avons croisés dans la rue ! OK c'était les mêmes qui prenaient l'air !


C'est presque sur les genoux que nous sommes rentrés à l'hôtel, en passant chez le marchand de cartes postales, nous écrirons à nos amis ce soir avant que le plombier vienne nous expliquer comment on ouvre la bonde du lavabo !

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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