Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:58
frise 17 C 2 486-copie-1Mardi 17 novembre 2009
Surprise : quand nous avons ouvert la porte de notre salle de bains ce matin, un souffle chaud est entré dans la chambre !
Le robinet d'eau chaude de la baignoire fuit tellement que ça a chauffé la pièce. Pas la peine d'ajouter que le linge que nous avions lavé n'a pas séché ! Il me plaît de croire que Somerset Maugham est venu jusqu'ici, qu'il a dû fermer ce robinet avec succès, et qu'il n'a pas été remplacé depuis ....
Dans le groupe, la nuit a été inégale : certains ont claqué des dents sous leur couverture remontée par dessus la tête. Par contre nous sommes tous égaux sous la pluie qui nous a réveillés en jouant des claquettes sur les toits de tôle de nos pavillons. Et là c'est pas de chance car le programme du jour est ainsi libellé : "nous emprunterons le sentier qui monte à l'assaut de la falaise où s'accroche, défiant le vide, "la tanière du tigre", le monastère de Taktsang (l'ascension de ce site à 2800 m. d'altitude peut s'effectuer à cheval, mais la descente ne se fait qu'à pied. La montée prend environ deux heures pour 700 mètres de dénivellation)
Je regrette ce matin de ne pas avoir emmené mes bâtons de marche, un subterfuge s'offre là : Tsering obtient de notre hôtelier le prêt d'un super parapluie de golf, et m'en propose un ! A quelles conditions ? Gratuit si je le ramène, sinon 700$ ! OK ça me convient, et j'aurai le choix de l'utilisation !
Le bus nous emmène jusqu'au point de départ où un panneau nous indique les heures de pratique du chemin, le port obligatoire du costume national pour les ressortissants bhoutanais, et l'interdiction de vendre des souvenirs sur l'itinéraire.
rd09 11 17 C 2 457
Notre objectif est aussi impressionnant que les images que nous en avions vues. C'est le point blanc sur la falaise à 700 mètres au-dessus de la vallée ... Et il est absolument impossible de voir comment nous allons y arriver ! Nous sommes au point de départ (2650 m ; merci Eric pour les mesures d'altitude !) d'un des plus vénérés pèlerinages du monde bouddhiste himalayen et n'allons pas jouer les hommes de bien peu de foi ...
rd09 11 17 C 2 455
Suivons le chemin, tournons les moulins à prières, Christian fait même redémarrer celui qui était bloqué par quelques feuilles et brindilles ! Tiens, la marchande qui est là avec force bracelets et objets divers ne vend pas des souvenirs ? Non, ce sont des objets d'offrande ...
rd09 11 17 C 2 464
Même sur les chemins de pèlerinage il ne faut oublier ni l'accumulation de mérites,
rd09 11 17 C 2 463
ni la pointe d'humour ou de paillardise !
Nous avions la possibilité de monter jusqu'à la "cafétéria" à cheval, et croisons plutôt des mulets qui sont vraiment très chargés à la descente. Que peuvent contenir ces bâts en redescendant des sanctuaires et des ermitages ?
Le large chemin monte hardiment, et après une heure d'ascension nous arrivons au point de repos (2970 m.). Un thé bien chaud sera le bienvenu : il pleut sur ce chemin d'Himalaya comme il pourrait pleuvoir en Bretagne : de légers nuages de brume remontent de la vallée le long de la falaise et laissent toutes les gouttelettes possibles. Nous avons le choix d'être mouillés de brume la tête à l'air, ou de transpiration sous nos capuches .
rd09 11 17 C 2 476
La vue est superbe, mais le but semble encore bien au-dessus de nous, et surtout nous ne voyons toujours pas comment y arriver !
Nous repartons réchauffés, traversons une forêt de conte de fées, chapitre "sorcières" : des longs lichens se balancent au vent, essayant de surpasser les drapeaux de prières qui deviennent de plus en plus nombreux.
Nous passons quelques dizaines de mètres de chemin plan et arrivons au bord de la falaise, très en dessus du monastère ...
rd09 11 17 C 2 495
Il va falloir redescendre beaucoup pour y arriver, de l'autre côté d'une faille ! Le chemin se transforme en escaliers, plutôt étroit, sans rampe, sans chaîne, sans rien qui nous protège de ce vide bien plus profond que ce que nous savions !
rd09 11 17 C 2 499
Ici ou là une plate forme nous permet de reprendre notre souffle. Attention aux belles marches de pierre qui brillent sous le bruine : ne cherchons pas à vérifier si ça glisse !
Des projecteurs sont plantés sur le bord de l'escalier. Y a-t'il des illuminations nocturnes ? Nous ne serons pas là ce soir pour vérifier !

Nous passons le pont qui enjambe la cascade, laissons l'escalier qui monte à un ermitage dans une anfractuosité, longeons une ligne de moulins à prières, et arrivons à la porte du sanctuaire. Il est 11h45, Taktsang, ça se mérite ! Des gardes nous demandent de nous dépouiller de nos sacs, nos bâtons, nos parapluies, nos appareils photos ... Nous sommes dans l'obligation de "respecter le mystère" et en sommes tout dépités !
Encore un escalier à monter avant d'arriver dans un petit espace entouré de salles, de chapelles plutôt !
Des couloirs, des escaliers, des moulins à prières encore et toujours, actionnés par le vent, et un moine seul au bout de ce balcon, son téléphone portable à l'oreille ! et ce n'est pas un anachronisme : ce que nous voyons là de Taktsang est extrêmement récent. Un incendie en 1998 a détruit une très grande partie des bâtiments de 1692 , et au prix d'efforts considérables, on pourrait dire d'exploits, le monastère a été reconstruit à l'identique au début du 21ème siècle !
Tsering nous accompagne pour la visite de la première chapelle, la plus sacrée. Elle est construite devant la grotte où Guru Rinpoché médita pendant trois mois (8ème siècle). Il y est arrivé en chevauchant la tigresse volante, et comment aurait-il pu faire autrement alors qu'il n'y avait pas le large et difficile chemin des pèlerins ? C'est évident !
La grotte très sacrée est ouverte une fois par an seulement. En 1998 la chapelle a brûlé, mais miraculeusement pas le contenu de la grotte.
La deuxième chapelle, quelques escaliers et couloirs au-dessus abrite une statue de Guru Rinpoché du 17ème siècle, construite par les charpentiers pour le dzong de Punakha. La statue parle aux très grands lamas (et seulement à eux) et les inspire. Elle leur a dit qu'elle voulait être ici, à Taktsang (j'ai oublié de préciser que ça veut dire "la tanière du tigre"), et ils l'y ont donc amenée ... Elle n'a pas fini de nous surprendre : l'incendie l'a miraculeusement épargnée.
Sur le rocher les fresques représentent Guru Rinpoché avec ses disciples et ses parèdres d'un côté et de l'autre ses vingt cinq émanations.
Dans l'enchevêtrement de cet ensemble il y a entre vingt et trente temples, des ermitages d'accès très difficile où des retraitants méditent pendant des mois, voire des années ...
Questionnements, admiration, belles histoires qui donnent à penser ... quel endroit ! et si nous baillons, ce n'est que l'effet de l'altitude qui s'ajoute à la faim ... Ne pensez surtout qu'il puisse s'agir d'autre chose !
Par les fenêtres nous voyons passer les lambeaux de brume, le paysage se dégage un instant et s'efface à nouveau.
Guru Rinpoché est encore le saint vénéré dans la troisième chapelle que nous visitons. Il est la star de Taktsang et partage la dévotion des fidèles avec ses émanations.
Une statue du Shabdrung vêtue de brocard occupe la chapelle de Tara.
Nous faisons le tour du stupa qui renferme le corps du yogi Nasi Sengé qui a beaucoup médité dans cette grotte. A l'entrée un creux est resté ouvert : c'est un endroit où un "trésor" caché par Guru Rinpoché a été découvert (souvent un texte).
La salle des lampes à beurre est à la fois minuscule et archi-remplie de ces récipients d'offrande. Il n'y a vraiment eu qu'un incendie à Taktsang ?
Nous remontons les cinq cents marches, et c'est vraiment beaucoup. Elles sont très récentes. Françoise Pommaret (Guide Olizane, "Découverte du Bhoutan") en 2002 indique un sentier. Elles doivent dater de la reconstruction.
C'est en haut (3185 m.) le meilleur endroit pour accrocher les drapeaux de prières, de là le vent emportera les intentions jusqu'au-delà des plus hauts sommets ! Dommage que Christian et Maïthé aient oublié les leurs ...
rd09 11 17 C 2 496
Nous sommes vite redescendus jusqu'à la cafétéria où nous avons attendu l'ensemble de nos compagnons en prenant du thé et des biscuits. Par moment c'est le meilleur des apéritifs !
rd09 11 17 C 2 510
Les bannières flottent au vent, Christian tourne le gros moulin à prières ... C'est peut-être la dernière fois, nous devons être à l'aéroport demain à 8h30 pour l'envol vers Delhi.
rd09 11 17 C 2 512
Merci Christian et Maïthé pour le parapluie que je pourrai rendre à l'hôtelier sans vérifier son sens de l'humour ! Quant au marchand de bâtons de marche (comme celui que tient Christian) il doit avoir l'habitude que beaucoup d'acheteurs de groupes occidentaux les lui rendent au retour. Ce n'est pas le type de souvenir qu'on nous laisse remporter dans les avions !

Partager cet article

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
commenter cet article

commentaires

Alain Guézou 14/12/2009 23:02


Bonsoir,
Et voilà, ça recommence....... La rumeur à la peau dure... Mais d'où vient cette allégation qu'il pleut en Bretagne ? Selon la position de la lune, le coefficient de la marée du jour où de la nuit
pour les plus sceptiques, parfois l'âge du capitaine, il arrive, parfois de temps en temps que pendant quelques brefs instants une légère ondée viennent faire briller le granit des Menhirs ou des
Dolmens pour révéler aux profanes toutes la beauté de cette terre de traditions.
Comme, je ne suis pas rancunier et malgré cette petite impertinence, je reste "scotché" à mon siège par la beauté des photos qui illuminent ton texte chère Pierrette.


Camille et Pierrette 15/12/2009 00:13


Je ne veux surtout pas dire qu'il pleut beaucoup. Je veux seulement dire qu'elle est toute fine, plutôt comme un brouillard que comme les grosses gouttes des pluies du sud ! C'est juste une
appréciation qualitative !
Bonne nuit.


Recherche

Liens