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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 13:58
Mardi 10 Novembre 2009
Le programme du jour pévoyait la visite de deux monastères et de l'institut de tibétologie ... C'était sans compter sur les efforts et l'efficacité de nos deux guides, Stéphane et Sourech qui y ont ajouté quelques visites surprises tout à fait intéressantes ...
Le monastère de Phodong appartenant à la secte (il faudrait plutôt utiliser le mot "école" que secte qui a bien mauvaise réputation en France) des Nyingma-pa" est notre première étape. Il est situé à 38 km de Gangtok, capitale du Sikkim "dans un paysage grandiose", de montagnes et de vallées profondes ... Encore une longue sortie en 4x4 !
Il va bien nous falloir tous les voeux de bonne route, les svastikas, les drapeaux de prières, les

mantras qui vont s'échapper des moulins à eau construits au bord des petits torrents dévalant des montagnes, et l'adresse de nos chauffeurs


pour arriver à parcourir cette distance en deux heures ! Il y a des chantiers tout au long. Pour réparer des effondrements aussi importants que celui qui a emporté la moitié de la route, mais aussi pour élargir les voies car cette route est très fréquentée. Encore une fois c'est le seul moyen de relier les villes et villages des montagnes (il semble y en avoir jusqu'à la frontière tibétaine) à la capitale puis à la plaine indienne, où se trouvent la voie de chemin de fer et l'aéroport de Bagdogra.


Nombreux sont les enfants en uniforme qui se rendent à l'école, les gens des villages qui attendent la livraison de marchandises juchées sur les galeries des 4X4 dans des ballots et des gros cartons et ceux qui attendent les 4x4 taxis communs.
Nous franchissons le torrent Dik Chhu, limite entre les régions administratives Est et Nord. Des cascades sautent des falaises escarpées aux Seven Sisters où nous marquons une pause. Recommandation à l'entrée du pont métallique suspendu : "Un seul véhicule à la fois" !

Le monastère de Phodong est un des plus célèbres du Sikkim. Il abrite les reliques très vénérées du 9ème Karmapa, Wangchuk Dorje (1556-1603). Le karmapa, deuxième personnage dans la hiérarchie bouddhiste après le Dalaî lama, assure la transmission de la doctrine Vajrayana (enseignement ésotérique alliant le yoga indien et la pensée de Bouddha).
Alexandra David Néel y résida pendant plusieurs années pour approfondir ses recherches théologiques et sa connaissance des textes sacrés. C'est d'ici qu'elle organisa une expédition clandestine pour se rendre au Tibet. Elle fut reconnue, chassée du Tibet puis du Sikkim. Elle gagna le Japon qui la déçut beaucoup après tant d'années dans les solitudes himalayennes. Après encore bien des séjours en Asie elle mourut à Digne à 101 ans. ses cendres ont été dispersées en Inde. Le musée créé ici en son souvenir a été fermé, des objets ayant disparu, mais il reste un ensemble de photos au premier étage témoignant de son séjour.
Sur la porte d'entrée une belle roue de la vie, ou samsara, cycle des transmigrations permet à Stéphane de nous en décortiquer les différents éléments :


- au centre trois animaux représentent les "3 poisons" : le cochon l'ignorance, le coq l'orgueil et le serpent la haine et la colère.
-le premier cercle autour des animaux le "bardo", moment qui sépare la mort d'une personne de sa renaissance ; il représente aussi les expériences de la conscience.
- autour six espaces distincts illustrent les mondes dans lesquels on peut revenir :
   - le 1er en haut le monde des dieux ;
   - tout de suite à droite le monde des demi-dieux (monde d'orgueil)
   - à gauche celui des hommes (désir et attachement)
   - en dessous à gauche le monde des animaux (peur)
   - en face le yidak, monde des poissons
   - en bas au centre un monde de flammes, d'eau et de glace selon les poisons présents dans la conscience ...
En raison du grand principe de l'impermanence des situations et des états, on passe sans cesse d'un monde à l'autre.
C'est le symbole du cycle sans origine et sans fin du monde, et de la vie où tout est souffrance tant que l'on reste dans l'ignorance ...
Ce qui se passe dans la cour est moins abstrait : c'est l'heure du repas.

Quelques moinillons font le tour du cercle et servent le riz et les légumes d'accompagnement qui semblent bien être des piments verts (si on commence à avoir l'habitude de les voir, on y goûte encore comme condiments !)


Pas de couvert, on façonne une boulette de riz accompagnée de légumes, et on mange jusqu'au dernier grain !


à l'ombre du vieil arbre soutenu par un étai. Mais Stéphane nous demande un regard plus attentif !
Le vieil arbre, pêcher ou abricotier a commencé à s'incliner vers la gompa  lorsque les reliques du 9ème Karmapa y ont été déposées : il se prosterne devant la puissance de leur sainteté.


Et maintenant Stéphane nous fait remarquer qu'un des jeunes garçons, contrairement à tous les autres a des cheveux longs. C'est un trulku ou tulku, "coprs d'apparition", car ils sont seuls avec les yogis à ne pas les avoir très courts ou rasés. link
La vie d'un Tulku est bien mystérieuse pour un occidental non initié comme moi ! En voici phases "fin" et "début".
Un tulku qui sent sa fin approcher laisse des instructions orales ou écrites à son entourage pour le choix de son successeur, ou "réincarnation", ou plus proche du sens bouddhique, son "émanation".
L'entourage doit développer son intuition pour savoir quand rechercher l'"émanation", en général au bout de deux ou trois années. On apprend l'existence d'un enfant qui jouit de dispositions particulières, (en occident on dirait "surdoué") : il parle et (ou) marche très tôt, donne des informations sur ses vies antérieures ... Des missionnaires vont voir ce petit enfant, le soumettent à des tests particuliers pour déterminer s'il est bien l'"émanation" attendue, comme reconnaître sans hésitations des objets sacrés parmi beaucoup d'autres. Il est alors présenté au Dalï lama qui doit le reconnaître comme tulku. A cinq ans environ il est admis dans un monastère souvent très loin de chez lui, pour étudier les textes. en présence d'autres jeunes tulkus, parmi lesquels il peut y avoir des filles. Stéphane nous recommande le film de Bertolucci "Little Bouddha" qui relaterait l'éducation du jeune garçon.
Nous sommes bien pensifs, et tant de questions se bousculent sur nos lèvres alors que nous rejoignons nos véhicules ! Divisés nous allons nous calmer un peu !
La visite improvisée du petit monastère de Labrang finit d'apporter la diversion nécessaire. Il fut bâti au 16ème siècle, et est resté tel qu'à l'origine.



Voici un accueil auquel nous ne sommes pas habitués ! D'abord il faut escalader le mur d'enceinte !

















et ensuite vaincre le passage de la mort ? Les représentations d'influence tibétaines n'ont pas du tout les mêmes valeurs que celles d'Occident, alors passons, c'est sûrement un auspice favorable !



Les protecteurs locaux sont représentés à l'entrée de la gompa, et les représentations de Guru Rinpoché sont multipliées autant que les murs le permettent ! C'est pour accroître le karma positif ...


Il est temps de rentrer à Gangtok où nous déjeunerons. La circulation en ville est très dense, alors pour diminuer les embouteillages la ville est interdite aux véhicules privés dès 9 heures du matin  , et aussi à nos 4x4. C'est avec notre autobus que nous allons finir d'arriver à l'hôtel.

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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