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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 19:47
Mercredi 11 Novembre 2009
Nous n'avons pas visité le monastère d'Enchey hier soir, il était trop tard pour y monter, alors c'est la première visite du jour.
Enchey domine Gangtok et offre une belle vue sur la chaine himalayenne? C'est un emplacement de rêve pour un monastère qui doit veiller sur Gangtok, car c'est la mission que lui a confiée le yogi fondateurs, Druptob Karpo Lama, maître tantrique aux capacités presque surnaturelles ; c'est en volant qu'il est (serait ?) arrivé ici, venant d'une vallée du sud !
C'est sûrement la raison pour laquelle son effigie a été mise bien à l'abri, sous verre, afin qu'il ne puisse pas repartir vers d'autres lointains sommets.
Le monastère construit sur le même plan que l'Institut de tibétologie, date du début du 20ème siècle. On remarque la même influence chinoise avec les toits en pagode. Il est sur l'emplacement de l'ermitage du yogi protecteur.
Vous devez me croire lorsque je vous dit que les fresques sont superbes. Dans l'entrée les quatre protecteurs nous accueillent. Stéphane continue à nous  en révéler les symboles. Le blanc est celui de l'Est qui personnifie la lumière.
Une belle statue de Shakyamuni (c'est un autre nom du Bouddha historique) occupe le centre de l'autel entouré de ses deux parèdres.
A gauche Dorje Purba est reconnaissable par sa "dague amandine" disperse les obstacles et les dissensions internes. Et c'est la Tara verte qui occupe le mur du fond, la divinité qui éloigne peur, crainte et angoisse, la "prompte libératrice" qui arrive dès qu'on la sollicite. Il faut vraiment se rappeler d'eux, ils pourront nous aider dans les moments difficiles !


Les élèves se prêtent toujours avec bonne grâce à une séance de photos.


Nous quittons Gangtok rapidement l'heure du trafic règlementé arrive. Direction la vallée de la Tista, nous devons être à Kalimpong (Bengale) ce soir. Nous passons devant un temple sikh, reconnaissable par sa blancheur avant de quitter Gangtok.


Nous nous rendons assez rapidement que le 4x4, avec quatre personnes du groupe, dont Camille ne nous suit plus ! Il y a un petit moment de flottement, nous nous arrêtons pour les attendre ... Nous avons le temps de faire le tour du village,

de voir l'école au-dessus des rizières où il ne reste plus que le chaume qui offre un pâturage aux chèvres et boeufs qui les fertilisent en échange, avant qu'elles soient inondées pour un prochain labour.


Enfin le voilà le 4X4 ! Le chauffeur n'avait pas mis son panneau "Tourisme" et la route lui a été refusée. Il lui a fallu faire des des détours pour rejoindre l'itinéraire de Rumtek. Et j'ai l'impression que ses passagers ont passé un moment d'inquiétude. Ont-ils sollicité la Tara verte ou Dorje Purba pour passer ce moment ?

Nous finissons par arriver à Rumtek qui est un des plus grands monastères tibétains du Sikkim. Et surprise, l'entrée en est contrôlée par trois militaires armés ! Il faut ranger tous les appareils photos et montrer patte blanche pour passer. On peut les ressortir dans la grande cour, et les ranger à nouveau ensuite. link


... Stéphane nous explique. Le nouveau bâtiment, terminé en 1966 est la copie du monastère du Tsurphou du Tibet, grand monastère historique du Karmapa (grand Lama). C'est le siège des karmapas en exil depuis que le 16ème l'a choisi. Il est mort en 1981 et son corps embaumé est conservé dans la stupa d'or élevée dans les bâtiments de l'Institut Nalanda, université de hautes études bouddhiques du monastère (tous les monastères d'obédience tibétaine doivent envoyer au moins deux de leurs lamas y faire des études  théologiques.)
La succession du 16ème karmapa pose problème. Un désaccord a éclaté entre les quatre membres du collège chargé de trouver la réincarnation (l'émanation) du Karmapa mort. Le deuxième régent a découvert un Tulku qu'il a fait accepté par les autorités chinoises, puis reconnaître par le Dalaï Lama. Quelques années plus tard le Premier régent découvre un autre Tulku qu'il fait sortir clandestinement du Tibet occupé par les Chinois et qu'il intronise officiellement à New Delhi en 1994. Depuis les Karma Kagyupas sont divisés, et le schisme est tellement grave que l'armée doit veiller au maintien de l'ordre ... Même dans le monde de la "zénitude" il y a des conflits de personnes ! J'ai trouvé un site qui développe tous les enjeux de façon très sérieuse : link
Nous entendons de la musique et des chants provenant de la gompa. C'est le moment de nous parler de quelques rites : la puja du matin, au lever du soleil pour la Tara verte qui va aider à passer une bonne journée ; la puja du soir au coucher du soleil pour faire appel aux protecteurs avant d'entrer dans les ténèbres.
Les rituels sont menés par un maître de cérémonie qui va en donner le rythme souligné par la musique et les psalmodies et chants de l'ensemble des participants.
Les offrandes de fumées ( encens) purifient l'atmosphère,  tous les êtres autour du monastère et aussi tous ceux envers qui l'on a une dette.
Les rituels peuvent aussi être dansés. Les tchesus sont de grandes festivités qui attirent de très nombreux spectateurs. Dommage pour nous il n'y en a pas pendant notre séjour sur ces terres du bouddhisme tibétain !
Une heure plus tard nous visitons un troisième monastère. Les protecteurs sont superbes !


celui-ci joue d'un instrument à cordes et a l'air plutôt serein,

voici le gardien jaune,

et le rouge.
J'ai été un peu distraite par le spectacle des moines qui préparent un rouleau de paille qui sera brûlé au cours d'une fête, et je n'ai pas écouté tout ce que Stéphane a dit ; je ne sais même pas le nom de cet endroit !

 
Nous arrivons dans un petit paradis : un village entouré de rizières. Sur les plus hautes le riz n'a pas fini de murir ; juste en dessous il sèche, couché sur la dique ; alors que les gerbes ont été rassemblées au niveau inférieur et sont battues à la main ; la paille est alors montée en meules.
C'est là que nous allons déjeuner, nous descendons un jardin fleuri où des bungalows sont dispersés


pour arriver sur une grande terrasse qui domine le village de paillottes faites de bambous et paille de riz. Une meule

est montée sur pilotis et claire-voie pour  la garder séche. Un papa et son jeune enfant accompagnent notre départ

d'un petit "au revoir" !
Court arrêt à la frontière, juste le temps de se procurer quelques cartes postales, timbres, whisky du Sikkim dont la vente est interdite au-delà de cette ligne (le prix est tout à fait surprenant !) et même un instrument de musique qui paraît très rustique mais dont le son est lui aussi très surprenant : très clair. Il fait l'affaire de Mama Dany collectionneuse d'instruments insolites !

Combien de temps avons-nous encore roulé le long de la Tista puis dans la forêt luxuriante avant d'arriver à Kalimpong ? Suffisamment longtemps pour que Stéphane nous parle encore de pratiques rituelles dont j'ai retenu : "la prière à sept branches, chacune visant à neutraliser un des poisons de l'esprit que sont l'orgueil, l'avarice, l'agressivité et l'aversion, la jalousie et l'esprit de compétition, l'ignorance et la stupidité, l'idée de permanence et enfin l'égocentrisme ... Dieu, qu'il doit être difficile pour un Occidental moyen d'arriver à surmonter tout ça ! J'avais même cru que certains de ces soi-disant poisons nous permettaient parfois d'avancer ...
Et la "dédicace" qui permet le partage de tous les bénéfices tirés de la cérémonie entre tous, et l'acquisition définitive de tous ces bienfaits par tous les êtres ... Voici celle que nous a apprise Stéphane "Puissent tous les bienfaits accumulés par les pratiques être dédiés au bonheur ultime de tous les êtres. Puissent-ils être une goutte d'eau au sein de l'océan des activités des vainqueurs dans une oeuvre infatigable de libération de tous les êtres" ...

Un petit moment de silence avant d'entrer dans le monastère de Zang do Phalari où devait se dérouler la puja du soir, sous les yeux du grand Bouddha et de l'une des Taras ? Ce sont bien les bibliothèques les vitrines de part et d'autre de l'autel.

Et maintenant , musique !

Il reste encore un petit moment pour aller faire un tour en ville, attention à ne pas se prendre les pieds dans le point de contrôle des tuyauteries urbaines qui occupe un grand espace sur le trottoir, à deux pas des boutiques ! Et il n'a pas l'air provisoir du tout.

Et maintenant Himalayan Hotel. Qui a le privilège de coucher dans la chambre d'alexandra David Néel ?

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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