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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 20:08
frise 16 C 3 C 231Dimanche 15 novembre 2009
C'est encore impossible de faire concis aujourd'hui, nous avons la tête pleine des merveilles découvertes, et il n'est pas possible de ne pas les partager ...
Nous sommes partis par un grand beau temps et sommes passés pas très loin du dzong de Simtoka : je l'ai au moins aperçu ... La route traverse une forêt mélangée d'épineux, d'arbres à feuillage persistant et caduque tout roux. La végétation a changé vendredi sans que je m'en rende compte. Nous traversons des villages aux jardins encore bien verts, l'abord des maisons est fleuri, et les vergers sont nombreux. Une brume légère flotte au-dessus, transpercée par le soleil : c'est superbe ! Nous avons passé une ferme expérimentale et arrivons à un point de contrôle des permis de voyage pour les étrangers ; eh oui, nous sommes surveillés !
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Juste à côté une jeune femme vend des pommes parfaitement rangées dans leur sachet, et du fromage de yak en cubes, ce sont des guirlandes qui ressemblent à des nougats. Une fois réhydraté et cuit doucement  avec des pommes de terre c'est une vraie gourmandise.

Nous atteignons rapidement le col de Dochula à 3050 mètres qui doit permettre une vue magnifique sur la chaîne des grandes montagnes dominées par le Gangkar Puensum (7541 mètres). Mais le ciel est couvert ... IL faudrait venir au lever du soleil pour arriver avant que la brume monte ...
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Mais le col offre depuis quelques années une autre vue : celle d'un monument très impressionnant, le Druk Wangyel Chörten. La Reine Mère (du 4ème roi) a fait ériger en 2004 un ensemble de 108 chörtens pour le repos de l'âme de tous les combattants morts pendant le récent conflit gagné contre des terroristes indiens.

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D'un côté la forêt et d'innombrables drapeaux de prières ; de l'autre la descente rapide vers la plaine de Punakha, et aussi les hautes montagnes cachées dans les nuages.

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Un sanctuaire élevé au plus haut point domine l'ensemble. On y accède par une large voie où des hommes posent des bannières : il semble qu'une fête soit en préparation.
Le programme est chargé alors il faut reprendre la route vers le dzong de Wangduephodrang qui domine le confluent de deux rivières. Parfaitement placé à l'endroit stratégique qui offre une très bonne vue sur les trois vallées. Une tour au milieu de la rivière est le seul vestige du pont du 17ème siècle emporté lors d'une crue en 1968. Il est remplacé par un vilain pont construit avec une aide suisse. Les Suisses accompagnent d'une façon très active le développement économique du Bhoutan, beaucoup plus que quelques autres pays européens tels que l'Allemagne, la Grande Bretagne et la France.

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En face le village perché de Rinchengang a beaucoup de caractère, entouré de ses terrasses. Ses huit chörtens en bas, au bord de la rivière doivent veiller sur lui.
Dimanche est le jour du marché autour du dzong. Le parking est complet, et il y a du monde partout, dans les échoppes qui bordent la grand rue et jusqu'au stade vers à la rivière.
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Nous allons directement visiter la forteresse. La première cour, administrative est vaste. Elle a été construite en 1683 ... Et il semble qu'une grande partie des bâtiments soient d'origine. Imaginons un instant une fête : cet espace rempli de danseurs richement vêtus, du son des trompes et des percussions et la foule excitée ... Elles doivent être somptueuses.
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La deuxième cour plus avancée sur la point de l'éperon est aussi plus ancienne : 1638. Elle est étroite, longue, entourée de plusieurs niveaux de balcons et galeries et au fond l'escalier monte à la salle d'assemblée des moines. Au dessus de la porte deux  allégories de la mort dansent : les évocations macabres soulignent les pratiques de certains monastères. Nous montons des escaliers, suivons des couloirs, traversons des plateformes sombres et arrivons dans la troisième cour
rd09 11 16 C 2 134à une porte d'or, fastueuse, entourée de dragons, d'oiseaux et de biches de bois sculpté. Bien sûr nous enlèvons nos chaussures, de l'eau camphrée nous est offerte pour nous purifier les mains ... Des protecteurs sont cachés un peu partout : les images étaient réservées à des privilégiés ... et c'est encore pour cette raison que les photos sont interdites. Dans la salle, et l'ensemble il y a bien peu de moines : ils sortent le dimanche. Nous n'avions pas encore vu de moulin à prières actionné par la chaleur d'une lampe à beurre, eh bien, en voici un !
Devant les statues des Bouddhas il ya des offrandes somptueuses : défenses d'éléphants, cornes de rhinocéros, pierres précieuses, cadeaux de personnages importants.
Et aussi de plus modestes : des petites stupas, des galets gravés de mantras ,  des ardoises sculptées et peintes à l'or  occupent une ouverture de fenêtre, ou l'espace derrière les moulins à prières.
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rd09 11 16 C 3 C 160Le déjeuner nous attend dans un village très coquet, les maisons sont revêtus de peintures, de bois ouvragé,
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Certaines peintures sont curieuses pour les occidentaux : des phallus en jouissance voisinent avec des biches et des signes auspicieux ... C'est un signe de protection, de prospérité et de fécondité. Et c'est aussi un trait d'humour national, il parait que les Bhoutanais sont légèrement coquins ! Alors il y en a de toutes les natures, simples et rustiques ou plus civilisés, enrubannés et même parfois enlacés de dragons ... Libre cours aux fantasmes !
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A la fin du repas Stéphane nous emmène au temple Ihakhang de Chime sur la colline voisine, en passant par les rizières où les moissons battent leur plein.
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Quel plaisir de marcher sur les sentiers entre les digues, les canaux, les drains, les chörtens, les moulins à prières, et les bannières, accompagnés des pélerins qui vont solliciter et reviennent remercier le "Fou divin", Drukpa Kunley (15ème siècle) qui intercède en faveur des femmes qui ne peuvent avoir d'enfant.

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C'est un des personnages préférés des Bhoutanais : yogi errant au comportement hors du commun, refusant l'ordre ecclésiastique établi, dénonçant les tartufferies et le respect des apparences il avait aussi un penchant pour l'alcool et les femmes.
Les fresques de la grande salle illustrent les scènes de sa vie les plus célèbres. Il est auréolé, porte son arc et son carquois, car il chassait et mangeait beaucoup de viande, mais ses pouvoirs surnaturels lui permettaient aussi de libérer les animaux qu'il avait mangés. Sous l'effet de la boisson, il lui arrivait de se tromper et de mélanger les organes de différents animaux ; c'est ainsi qu'est né le taquin, animal que l'on ne trouve qu'au bhoutan et qui ne ressemble à aucun autre (il est un des emblèmes du pays). Il accordait la bénédiction aux jeunes filles avec son "organe" hors du commun, et nous avons été bénis nous aussi, dames et messieurs, par un novice qui tenait dans la même main un arc, un carquois et un phallus apposés sur nos fronts !
rd09 11 16 C 2 216C'est un endroit tellement hors du commun qu'il semble qu'un oiseau ait fait son nid dans la gueule d'un des dragons du toit ! (tous les toits de tous les temples et dzongs ont des dragons qui veillent aux angles.)
rd09 11 16 C 2 217Sûrement que le programme de la journée a été conçu pour préserver une progression. Nous allons finir nos visites par le dzong de Punakha qui fut la résidence royale d'hiver jusqu'à une période récente, et qui est toujours la résidence d'hiver du clergé. Hors la forteresse, Punakha est resté longtemps un simple hameau qui s'est récemment développé avec une importante école secondaire.

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L'approche du dzong est impressionnante. Quelle allure a cet ensemble au confluent des rivières Pho et Mo ! Il a brûlé plusieurs fois, a subi des inondations et aurait ainsi été reconstruit vingt et une fois. Il y a une vingtaine de temples à l'intérieur, ainsi qu'une salle du Conseil.
Un paon a deux têtes nous accueille : c'est le symbole de la fusion des pouvoirs spirituel et temporel.
rd09 11 16 C 3 C 208Les rires et les cris des enfants et des novices qui jouent et se baignent dans la rivière nous parviennent. Tout se mélange : c'est la vraie vie !

Malgré l'influence tibétaine sur le plan, le concept de dzong est essentiellement bhoutanais.
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La première cour est si grande qu'elle accueille en plus d'un grand chörten et d'un pipal (ficus majestueux) le festival de danse de février très réputé ...
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Une grande tour occupe le centre de la deuxième cour. L'escalier est impressionnant. Qu'il est raide !
Nous sommes saisis en entrant dans la troisième cour par le contraste entre les murs blancs et la richesse des décors.
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Derrière cette porte il y a encore de l'or, ou plutôt du bronze doré repoussé, il y en a sur les quarante colonnes de la gompa. Les fresques sont très décoratives  et représentent le rêve de la mère du futur Bouddha MahaMaya  pendant sa grossesse, la naissance du Bouddha, sa jeunesse. Le dessin figuratif est plus léger qu'en Inde et au Sikkim où il est ésotérique.

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Il y a des offrandes aussi opulentes que celles que nous avons vues ce matin, et de grandes tormas de beurre et farine aux belles couleurs pastel.
Une grande statue de Vajrasattva, le Bouddha de purification,  en or et argent voisine avec de grands coffres de bronze doré repoussé qui reçoivent des mandalas de sable qui seront dispersés ensuite. Il y a même une représentation de gamesh le dieu éléphant indien.
rd09 11 16 C 2 258 Des bibliothèques et des archives sont conservées derrière des portes, au bout de galeries et de couloirs ; des escaliers interdits au public accèdent à quelles richesses que nous ne soupçonnons même pas ? Est-ce par là qu'on trouve le chemin de l'Eveil ?
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 Encore des portes magnifiques, des fenêtres richement ornées qui veillent sur des mystères, le mystère !

Nous aussi on peut simplement aller voir les cailloux du bord de l'eau avant de gagner l'hôtel au-dessus de la vallée et du village de paysans ?
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et nos chambres aux rideaux d'or après un bien agréable thé d'accueil !

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Published by Camille et Pierrette - dans Asie et Océanie
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