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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:49

La journée est très concentrée aujourd'hui : trois musées et un concert à 17 heures !

Et bien sûr la conférence de Philippe Andriot qui a émoustillé notre goût et fait naître notre impatience. L'octuor d'Enescu, "comporte dans chacun de ses quatre mouvements une invention merveilleuse. C'est une oeuvre foisonnante qui a quelque chose à dire."

 

En attendant d'entendre nous partons pour le musée du Paysan roumain. A ne pas confondre avec le Village-musée national. Nous n'irons pas voir ce regroupement de bâtiments des campagnes roumaines situé dans un grand parc au nord de Bucarest. Tout le monde ne peut pas marcher autant qu'il le faut pour ce type de visite. Dommage, j'avais beaucoup aimé ceux de Riga (Lettonie) et de Lillehamer (Norvège).

 

Spectacle de rue insolite ce matin ! Ce ne sont pas les fils qui se croisent au-dessus des têtes, les grues, les affiches Enescu ou le chantier qui en font l'originalité, mais la fluidité dans le centre ville.

 

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Nous traversons un quartier construit dans les années 60, avec leurs immeubles d'habitation très massifs. A cette époque la norme pour un appartement était de 10 m2 habitables par personne. Ils étaient cependant si appréciés avec leur électrécité et leur eau courante que les gens n'ont pas voulu retourner dans leurs campagnes après la révolution. Ce retour était alors considéré comme un déclassement social. Et plusieurs millions de personnes ont préféré émigrer. C'est ainsi que toutes les terres ne sont pas actuellement cultivées et que la population n'est plus que de 16 millions après avoir été de plus de 20 !

Eugenia dénonce ce qu'elle considère comme un grand scandale du régime antérieur, l'hôpital de la Reine Marie.Rd 09 21 (3)

Belle allure vu de loin. Mais ce n'est qu'une carcasse opulente qui attend depuis des décennies qu'on décide de son sort et de son éventuelle destination pour que les travaux reprennent et avancent. Quelques idées dispendieuses ont été toutes abandonnées.Ça reste quelques plate-formes de béton et des colonnes pour les soutenir ....

 

Nous arrivons dans un quartier aux larges avenues, bordées de grands arbres. Une école primaire de style Art Nouveau à droite, le musée d'Histoire naturelle en face et voici le musée du Paysan roumain, néo-classique. Il est consacré à l'univers paysan traditionnel qui a été bien mis à mal par quarante cinq ans de régime communiste et la volonté de modernisation forcenée des dirigeants. Heureusement il paraît qu'on arrive maintenant à adapter les commodités du 21ème siècle en gardant ce qui reste de l'héritage culturel des villages.Le guide Evasion le définit comme "pas seulement un lieu, mais aussi une idée et une profession de foi généreuse". Quelle que soit la définition qu'on lui donne, il émeut ; et a du émouvoir le jury qui lui a attribué le prix du "Musée européen de l'année 1996".

Nous n'avons eu qu'une heure pour parcourir trop vite les deux étages.

La vie familiale, de la maison aux champs : la cuisine, le tissage, l'apprentissage de la broderie

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et la réalisation de broderies sur cuir pour de somptueux gilets ; Roumanie-09-21--140-.JPG

 

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des costumes des différentes régions du pays ; des décors et objets de culte de la maison, intérieurs  et extérieurs avec une porte de bois sculptée, une croix d'accueil et un arbre portant une croix pour chacun des membres de la famille. Les témoignages de foi sont présents partout dans le décor, les bijoux, les tapis, les objets usuels.

Une école a été reconstituée ainsi que les ateliers des artisans avec leurs machineries. Celles de plusieurs moulins, à eau, à vent sont très impressionnantes.

La maison de bois entièrement remontée n'est pas accessible. Dommage, mais nous nous y bousculerions ! Elle n'est pas faite pour une famille de quarante personnes !Rd 09 21 (15)

Une iconostase de 1641 récupérée à temps sur une église détruite pour agrandir un palais (avant la Révolution) accueille les visiteurs au fond d'une salle où les icônes sur bois et sur verre sont si nombreuses que nous avons à peine le temps de les apercevoir !Rd 09 21 (11)

Là Eugénia nous explique l'immuable organisation de l'iconostase, cloison qui garde le secret de l'officiant. En bas, de part et d'autre de la porte la Vierge et l'enfant à gauche, Jésus en gloire à droite. Dans la partie supérieure toujours trois registres qui représentent dans un ordre constant, première ligne les fêtes de l'Eglise ; deuxième ligne les apôtres ; troisième ligne les prophètes. Et l'ensemble est surmonté d'une croix richement découpée.

 

J'avoue que je n'ai pas bien écouté, et que je me suis même "évadée" du groupe (je crois que je n'étais pas la seule) pour aller faire un tour à la cave, enfin à l'étage inférieur. Mais "cave" convient bien à ce que j'y découvre : quelques restes des objets à la gloire du communismes et de ses pères car ce fut le principal thème de ce lieu pendant quelques décennies. Sont ajoutés maintenant aux pièces officielles de l'époque, bustes de Gheorghiu Dej, de Lénine et de Staline des noms et des dates de décès, des dessins et des récits de dissidents. Difficile de lire les récits, mais on arrive à comprendre les dessins et même leurs textes !Rd 09 21 (22)

Ce qu'il y a derrière le masque, la main du frère et la langue de vipère des orateurs ... Glaçant !

 

Une promenade virtuelle dans le site officiel du musée est intéressante. Le texte est en roumain, mais il y a tant de photos superbes qui peuvent remplacer les mots ! Cliquez sur les mots soulignés.

 

Retour en ville, rue Victoriei. Nous allons visiter le musée Enescu ; la plus belle villa, que dis-je palais de la rue ! Rd 09 21 (59)

Je suis bien attrapée ! On nous a donné tant de documents lorsque nous sommes entrés que j'avais cru y retrouver tout ce que la guide officielle du lieu (qui parle un excellent français comme beaucoup de roumains encore ... L'attraction de la France fonctionne dans bien des milieux !) nous disait, mais non. Pas un mot des amours de la princesse Marie Cantacuzène dont le jeune et beau George Enescu tomba éperdument amoureux et qu'il ne put épouser qu'à son veuvage en 1937, vingt ans plus tard.

Rd 09 21 (34)Rd 09 21 (49)Un papier nous raconte tout du palais, de son entrée somptueuse, de l'entrée avec une marquise Art Nouveau, des lions et des surmontée de sculptures ,Rd 09 21 (37)du prince Cantacuzino, surnommé le Nabab, ancien maire, premier ministre et chef du parti conservateur, qui le fit construire en 1901-1903,  ...

de la maison à l'arrière, plus modeste où George et Maria vécurent en 1945 et 1946, date à laquelle ils quittèrent définitivement la Roumanie pour la France en passant par New York ; elle se visite également et voici le salon de musique ;

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du don qu'en fit madame Enescu à l'état roumain après la mort de son mari en 1955 à Paris,  pour en faire un musée.

C'est déjà pas mal. Pour des détails sur carrière du musicien le mieux est encore de cliquer sur les mots soulignés ! Mais la vie privée restera privée.

 

Dans un grand salon du palais, l'exposition des violons d'Enescu est temporaire. Donc nous avons eu la chance insigne de pouvoir voir ses quatre instruments. Un Guarneri de 1731 surnommé "la Cathédrale" qui est confié de temps en temps après concours à de jeunes instrumentistes ; deux fabriqués par Paul Kaul, (luthier parisien) spécialement pour Enescu, sur mesure et enfin le dernier fabriqué en 1835 par des luthiers lyonnais Pierre et Hippolyte Sylvestre.Rd 09 21 (36)

Les vitraux décorés de dessins d'instruments diffusent une lumière douce. L'arche de la fenêtre est entourée de puttis musiciens. Cette pièce a sûrement été vouée à la musique dès sa construction.

La guide a confié à Eugenia un DVD sur Enesco qu'elle pourra nous faire entendre demain lorsque nous irons à Sinaïa. Nous pourrons continuer ainsi à faire connaissance avec le Maître.

Je ne suis pas la seule à avoir pensé au cours de cette visite à celle du château de Nohant où le guide enamouré nous parlait avec tant de plaisir de George Sand !

 

Certains ont trouvé le temps de traverser la rue pour aller voir l'église en face. Camille en est revenu avec des photos. Voici une iconostase pas très ... (allez, j'ose !) orthodoxe ! IRd 09 21 (54)

Pas facile de traverser pour rejoindre le bus, la circulation est maintenant très dense. Il est grand temps d'aller manger maintenant. A plus tard pour le reste de la journée !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages musicaux
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