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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 22:43

frise 25 2Salzbourg 085L'après-midi a été presque entièrement consacrée au souvenir de Wolfgang Amadeus Mozart, car à Salzbourg il est cultivé avec vénération et quelque intérêt : la ville se rappelle de chacune des haltes de son cher enfant (elle lui doit tant à l'heure du tourisme !) et ne manque jamais de nous les signaler ...

Noua avons dû traverser la rivière Salzach pour aller déjeuner. Depuis la passerelle, vue à gauche sur la vieille ville dominée par la forteresse et les façades baroques des maisons anciennes bordant le quai  ;rd Salzbourg 061

puis vue à droite sur une partie plus récente de la ville.rd Salzbourg 064

C'est le moment de déplier la carte et de prendre quelques repères.Salzbourg plan 42

L'hôtel Europa où nous résidons est situé au-delà de la gare, au centre supérieur de la carte, le Mozarteum fait partie des longs bâtiments ocre à la verticale de l'hôtel, juste avant la Salzach, que nous traversons à la fin de notre visite des caves aux manuscrits pour nous rendre dans la vieille ville coincée entre la rivière et la Mönchsberg.

C'est dans ce quartier que nous allons déjeuner, à la brasserie Sternbraü durant notre séjour. Anne n'a pas dû choisir au hasard cette maison : elle fut fréquentée par Mozart, particulièrement en 1777. Notre guide, Marouan Dib nous raconte l'histoire de la rencontre de Wolfgang et de Maria Ottilie, la fille du boulanger-meunier Feyerl. Il avait dansé avec elle dans cette brasserie à la veille de son deuxième voyage à Paris. La jeune admiratrice et amoureuse fut si déçue de son départ qu'elle rentra avec sa dote au couvent des Clarisse, la Lorette. Le régime y était très dur et elle le quitta un peu plus tard, sans que l'argent lui soit restitué. Léopold écrivit à son fils : "la fille du meunier aux grands yeux avec laquelle tu as dansé chez Stern et qui dit de toi beaucoup de bien me réclame le remboursement de l'argent qu'elle a laissé à la Lorette" ... Wolfgang demande à son père, afin d'apaiser l'affaire et de ne pas faire jaser toute la ville de lui rendre cet argent ! L'histoire ne dit pas si Wolfgang et Maria se sont rencontrés ensuite pour finir de régler cette pénible histoire, mais seulement qu'elle est morte à 41 ans.

 

Nous passons dans la rue Getreidegasse, la "rue aux enseignes" pour commencer la visite de la ville baroque.rd Salzbourg 069

Il y en a vraiment beaucoup, la plus ancienne est celle du charron, datée de 1595,rd Salzbourg 072 rd Salzbourg 074celle de la maison Stern de 1720, restaurée en 1976. Elles n'affichent pas toutes les dates d'installation et de restauration.rd Salzbourg 075rd Salzbourg 076

On ne peut qu'admirer les preuves d'intégration et d'adaptation au style baroque de deux grandes marques de distribution du 21ème siècle !

Coup d'oeil derrière nous, Le clocher de saint Blaise se dessine au pied de la forteresse.rd Salzbourg 077Nous sommes arrivés à la première résidence salzbourgeoise des Mozart qu'ils occupaient depuis 1747 et où naquit Wolfgang le 27 janvier 1756. (il faut se promener dans le site à la mémoire de Mozart en cliquant sur les rubriques de la deuxième colonne de gauche)rd Salzbourg 083rd Salzbourg 081

 

 

 

 

 

Un appartement de quatre pièces au troisième étage, une cuisine commune pour les deux appartements de l'étage. un passage au rez de chaussée, des escaliers et des galeries, ça ressemblent à une traboule !

Pas de photos dans ce musée !

Les pièces des appartements qui ont tous été rachetés par le Mozarteum n'ont pas changé depuis le 18ème siècle. Les plafonds et leurs stucs, les planchers, le volume des pièces sont les mêmes ... On peut y voir maintenant des reproductions de portraits, des petits objets : tabatières, boites que recevait l'enfant prodige pour l'exécution de quelques concerts (son père était musicien de la cour du Prince Archévêque, appointé annuellement depuis son arrivée à Salzbourg), boutons de manchettes ... Un étage est consacré à des maquettes des décors des opéras ... et des salles pour expositions temporaires.rd Salzbourg 084Nous nous retrouvons à l'heure de la fermeture sur la place en face de la maison, ancien marché aux poissons, sans avoir vu le temps passé ... Nous pataugeons un peu dans la neige pour revenir sur la rive droite prendre le tramway.

 

Car il faut nous préparer pour le concert du soir,

 - la Flûte enchantée KV 620, en version concert. Nous avons les mêmes interprètes que ceux de l'enregistrement qu'Harmonia Mundi a sorti il y a juste quelques semaines : Akademie für Alte Musik Berlin dirigée par René Jacobs et tous les chanteurs, sauf pour le rôle de la Reine de la Nuit.

 

Philippe Andriot nous avait présenté cette oeuvre en nous disant qu'on pouvait la placer où on le voulait entre le conte pour enfant, et l'initiation maçonnique ! Eh bien, ça permet à chacun de choisir en toute liberté son propre  ressenti !

Composée tout à la fin de la vie de Mozart, elle est l'aboutissement de sa recherche commencée dès 1773 avec "Thamos roi d'Egypte" son premier opéra qui n'eut pas de succès (il avait alors 17 ans !). 18 ans plus tard la Flûte fut une révolution dans la musique, le premier "opéra allemand" et connut un triomphe !

Philippe Andriot souligne une contradiction dans la Flûte : Tamino approche de la lumière sur son chemin initiatique grâce à Pamina, ce qui n'empêche pas quelques traits misogynes ici et là ! Le groupe d'auditrices lui répond que dans d'autres opéras ce ne sont pas quelques traits mais l'ensemble du livret qui est misogyne (cf Cosi ... ) !

Question philosophique de Philippe : "Comment, dans cette période si matériellement soumise au confort et au profit une oeuvre aussi profondément spirituelle remporte-t'elle constamment un aussi vif succès ? "

 

C'est avec cette réflexion que nous partons vers la Grosses Festspielhaus, en limite de la vieille ville pour une soirée absolument exceptionnelle.

J'avais un peu craint que les chanteurs de la version concert de la Flûte soient statiques, que ça soit empesé et ennuyeux (eh oui, j'ai eu ces mauvaises pensées ! ) et c'est tout le contraire. Ils ont  vraiment "joué" en chantant, entrant en scène et sortant suivant le livret, pas du tout plantés, sans le décorum qui aurait troublé l'attention. Les musiciens sur scène au lieu d'être dans une fosse nous ont fait pleinement profiter de la musique. Je crois n'avoir jamais été touchée ainsi par une Flûte aussi enchantée que celle de ce soir ...rd Salzbourg 093L'ovation a été totale, applaudissements, trépignements, hourras, les rappels ont été très nombreux !

rd Salzbourg 098Les anges ont conduit la chaîne des chanteurs, encadrant Pamina, puis vinrent la Reine de la Nuit, ses dames, Tamino, Papageno, Monostatos, Sarastro, les prêtres et pour finir la si petite Papagena !

Nous avons quitté le théâtre étourdis du bonheur de cette soirée !

 

Et pendant ce temps-là à Moscou on comptait encore le nombre de victimes de l'attentat du matin. Le bonheur intégral existe-t'il ? Allez ça suffit, on arrête la T.V. !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Voyages musicaux
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commentaires

Les secrets de l'ourobos 03/02/2011 18:02


Je viens comme un petit papillon visiter ton blog et te souhaite une agréable soirée


Etienne Schaerrer 01/02/2011 17:03


toujours très bien, agréable à lire et informatif. Photos magnifiques.
Une précision : le guide écrit sur son site son nom : marouan dib
Bisous
Etienne


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