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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:48

26 00"Visite du musée Ignaz Joseph Pleyel, sa maison natale à Ruppertstal à 45 km de Vienne. Il y naquit en 1757 et mourut à Paris où il est enterré au Père Lachaise. Concert privé"

C'est ainsi qu'Henry nous avait présenté l'activité de ce jour.

Ce matin le soleil brille au dessus de l'hôtel Mercure Sécession, j'en profite pour aller voir avant notre départ les ors des pavillons d'Otto Wagner sur la Karlsplatz, incarnation du Jugendstil et de son raffinement.Secession-11.jpg 9H nous partons à la découverte de Pleyel. Romana a réussi à nous raconter l'histoire de l'Autriche pendant le parcours d'une heure. J'ai oublié de dire qu'elle a un français extrèmement fluide et précis qui nous ravit. Anne lui a demandé où elle l'avait appris ? Au lycée français. Et lorsque Anne lui a répondu que dans notre association une personne y avait enseigné pendant 15 ans, son émotion a été très forte en apprenant qu'il s'agissait de Claude Godeau, un de ses anciens professeurs. Oui, le monde est finalement petit !

Nous sommes sortis de Vienne en passant à côté du Prater, ancien terrain de chasse impérial que Joseph II, le monarque progressiste, a ouvert au public en 1766. Il est dominé par la grande roue, celle de la rencontre d'Orson Welles et Joseph Cotten que je trouve très inquiétante dans "le Troisième Homme", le film de Carol Reed. 26 01Et j'ai tout faux car la grande roue du Prater est à Vienne ce qu'est la tour Eiffel à Paris. Sa construction au début du 20ème siècle était une belle démonstration du savoir faire britannique. C'est une attraction courue de la ville, et on peut même y organiser un dîner aux chandelles !

Nous avons déjà passé le Danube, dont la largeur et le débit sont assez impressionnants.26 02Il ne ressemble pas trop au "beau Danube bleu" de Strauss ce matin, sous le ciel qui commence à se charger de nuages.

Nous avons aussi passé Uno-City et ses organisations onusiennes car Vienne, grâce à la neutralité active de l'Autriche, est la troisième capitale des Nations Unies après New York et Genève ; puis une montagne où l'on a trouvé des vestiges celtes et romains, coiffée d'un monastère baroque construit à la suite du "miracle du voile de la mariée" retrouvé intact dans les broussailles dix ans après son envol. Au loin, bien derrière les vignes les nuages masquent les Alpes autrichiennes.26 03 A Ruppertstal, monsieur Adolf Ehrentraud, fondateur du musée et de l'association qui soutiennent la mémoire de Pleyel en Autriche nous a chaleureusement accueillis. 26 06

Nous connaissons tous le nom de Pleyel, facteur de pianos, également à l'origine de la salle Pleyel à Paris.

26 0526 04Il a résonné de façon sinistre il y a quelques jours lorsque nous avons appris que les ateliers allaient fermer à la fin de l'année, concurrencés par des produits asiatiques infiniment moins chers. 26 07Et c'était bien tout. Maintenant pendant deux longues heures tout va nous être révélé de Pleyel le compositeur  le plus joué de son vivant, facette oubliée de ce monsieur aux multiples talents, né dans cette maison en 1757.

Sous les marionnettes de son opéra de jeunesse "la Fée Urgele ou Ce qui plait aux Dames" composé alors qu'il était en apprentissage chez le comte Ladislauss Erdödy nous écoutons les étapes de la longue odyssée au cours de laquelle il disparaît d'Autriche pour se faire une place à Paris. Mais pas directement.

A 27 ans, en 1784 il est nommé directeur de musique de la cathédrale de Strasbourg, en devient maître de Chapelle en 1789. Commence alors une longue période trouble durant laquelle il doit composer à la gloire de la  Révolution, pour échapper à la guillotine car il est soupçonné d'appartenir à l'aristocratie et d'avoir eu des liens avec le cardinal de Rohan. Et voici le scoop du jour : sous la contrainte, Ignace Pleyel, aurait composé en une nuit la musique d'un chant révolutionnaire dont Rouget de Lisle écrivait simultanément les paroles ... Au matin le produit de leur travail aurait été la Marseillaise !

Anne puis Romana ont essayé d'arrêter le flot d'informations que M. Ehrentraud nous déversait, mais il tenait son public de rêve, un groupe de Français en voyage musical, il devait aller jusqu'au bout !

IUn intermède pour l'interprétation d'une sonate par un pianiste français sur le 1674ème piano sorti des ateliers Pleyel a suspendu un moment le commentaire passionné de M. Ehrentraud qui consacre sa vie depuis 30 ans au musée et à la mémoire de l'enfant le plus célèbre du village.

Il a invité un producteur local de miel et produits dérivés étranges, liqueurs, whisky parfumé au miel et préparateur de vin chaud, blanc et épicé qui va nous aider à affronter la neige qui tombe maintenant.26 08Une vaste escalope viennoise nous a été servie dans une auberge du village, juste en face de l'église baroque, de la colonne mariale et de la colonne du jubilé du marché.26 13Romana continue à nous mener d'une main bien ferme, et à nous remettre à nos bonnes places. Ainsi lorsque je lui ai demandé de nous parler de la colonne de mai à l'entrée du village, elle ne m'a pas contredit, mais a signalé à tous que cette colonne présentait tous les artisans de la commune et n'avait rien  à voir avec les colonnes de mai ...

Les champs sont tous blancs lorsque nous rentrons à Vienne où nous avons eu quelques heures libres.

Les marchés de Noël sont tentants, mais pas autant que l'exposition temporaire à l'Albertina "Matisse et les Fauves" où les photos sont interdites. Très belle exposition !

A l'heure de la causerie Philippe Andriot avait retrouvé le sourire qu'il avait perdu ce matin, alors qu'il voulait tant entendre le piano au lieu des anecdotes sur la vie de Pleyel, même si le pianiste était arthritique et le piano pas en très bon état.26 15Cette visite lui a cependant rappelé le temps de ses études sur des pianosErart, Gaveau et Pleyel, facteurs qui auront tous disparu début 2014.

Nous allons voir ce soir au Volsoper Hänsel und Gretel, grand classique très populaire en Autriche. C'est une adaptation d'un conte de Grimm d'une très grande cruauté comme beaucoup de ses contes.

Il y aura des anges gardiens qui veilleront sur le sommeil des enfants dans la fôret26 10et finalement la méchante sorcière qui voulait manger les enfants26 11passera elle-même dans le feu qu'elle avait préparé pour les faire cuire. Mais après avoir traversé à grande vitesse la salle au dessus des spectateurs, juchée sur son ballet.

De nombreux enfants ont assisté à cette représentation et leurs yeux pétillaient de plaisir !26 12Les nôtres aussi, c'est tellement agréable de voir un conte dans la plus parfaite tradition, même de mise en scène.

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
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