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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 20:20

26 04 frise 114Lundi 26 Avril 2010, quelques kilomètres plus loin vers le sud.

Nous devons passer le reste de la journée à Cesky Krumlov, ville médiévale redevenue Tchèque pour la dernière fois en 1945. Sa proximité avec la frontière autrichienne lui a valu de changer de souverain bien souvent depuis sa fondation à la fin du 13ème siècle.

Il y a tant à voir ici que Libuse nous a surtout emmenés à travers le château, ses dépendances et dans  la ville aux rues si colorées, n'évoquant l'histoire qu'avec parcimonie et nous laissant jouir des paysages que nous offre cette cité.

 

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Au milieu du 13ème siècle une petite forteresse a été construite sur une falaise dominant la Vltava. Une ville s'est bientôt formée à ses pieds, puis a dû passer de l'autre côté de la rivière dans la boucle du méandre qui forme une presqu'île.  Sur la représentation ci-dessus on le distingue entouré de la Vltava, et le château est au-dessus, la longue série de bâtiments qui franchissent le ravin pour aller vers la campagne.

Les jardins ont été aménagés dans le prolongement, au delà du ravin franchi par un pont aux multiples arches.

Initié par la famille Vikovici qui s'éteignit en 1302 il devint propriété de la famille Rozmberk qui en fit après de nombreuses transformations le deuxième château de Bohême. La famille Rozmberk s'éteignit à son tour en 1602, le château devint la propriété des Eggenberk qui  firent de nombreuses transformations. Il appartient à la famille Schwatzenberg depuis 1717. (oui, on a l'impression que toute la Bohême a appartenu aux mêmes famille ! )

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L'arrivée par le jardin  nous a ménagé une découverte progressive très agréable.

Le jardin à la française que nous avons traversé, avec bassin, jets d'eau, immenses chênes, parterres de pensées bleues ménage des vues sur les toits du château et de la ville ;

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Nous arrivons aux manège et écuries dont la porte est surmontée des armes de la maison Schwarzenberg.

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On reconnaît dans la partie gauche la tête d'homme coiffé d'une queue de cheval dont les yeux sont piqués, crevés par un corbeau. Cette fois nous demandons à Libuse quel en est le symbole : c'est celui de la victoire des Schwarzenberg sur les Turcs en 1591 à la bataille de Raab. Le nom de cette ville signifie "corbeau".

L'angelot de gauche tient, quant à lui une tête enturbannée : pas toujours si gentils ces angelots ailés !

Nous passons sous un pont fermé  qui relie le palais au jardin, offert par un prince à sa femme. Ils sont absolument divins ces marins tchèques ! Et ne tardons pas à arriver sur un vaste passage qui surplombe la ville et la rivière.

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Nous gagnons un pont couvert, franchissons quelques portes et sommes dans une cour du château. Une deuxième cour, des galeries de portraits contemporains,

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rd10 04 26 309puis une troisième, une quatrième et peut-être est-ce la cinquième cours qui est dominée par la tour Renaissance au décor  très travaillé : galeries à arcades, peintures, trompe l'oeil, clocher abritant deux cloches.

 

Nous passons les douves qui sont occupées par deux gros ours gardés ici en captivité depuis le 16ème siècle, un brun et un roux. Même si ce ne sont plus les mêmes depuis tout ce temps, que le temps doit leur être long, enfermés dans cet espace assez réduit pour le plaisir des enfants, passant leur temps à grignoter les légumes et les biscuits qui constituent leur ration ! rd10 04 26 302Jan Nepomucene semble installé sur tous les ponts :  le pont couvert tout à l'heure, et aussi la passerelle siur la Vltava que nous passons pour aller au coeur de la ville. Les ruelles montent vers la grand-place, suivent la rivière au pied des maisons à galeries, les vitrines des boutiques et les terrasses des cafés et restaurants attirent les chalands qui ne savent

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rd10 04 26 182Boù donner des rd10 04 26 133yeux et où se diriger d'abord ! Maisons Renaissance, à pignons divers, et fresques.

Bel hommage que les pompiers recevaient déjà à l'époque de la Renaissance ! Peut-être leur rôle était-il encore plus précieux lorsque les maisons étaient rd10 04 26 328surtout construites de bois.

 

 

Nous nous retrouvons pour déjeuner à l'hôtel Old Inn en face de la grand place où une colonne de la peste a été érigée en 1716, et des bancs mis çà la disposition des promeneurs qui éprouvent le besoin de souffler !

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Nous avons repris nos visites. Est-il difficile de traverser la Vltava et de remonter au château à cette heure-ci ? Nous serons bien récompensés par la visite de la "salle aux masques". C'est la salle de bal entièrement redécorée en 1748 par Joseph Lederer.

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Tous les personnages de la Commedia del Arte sont là !  Pierrot, Colombine, Arlequin, et tant d'autres dansent. Et par les fenêtres ouvertes des retardataires et les petites gens regardent ce qui se passe dans la grande salle !

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Quel prodigieux trompe l'oeil : 130 personnages costumés ! L

La salle étant restée fermée pendant des décennies, les fresques ont été remarquablement conservées et il a suffit d'un nettoyage pour leur rendre toute leur fraîcheur.

Deux balcons dominent la salle de bal : l'un pour les musiciens, l'autre pour la famille Schwarzenberg.

De nos jours de grands bals avec danses du 18ème siècle, en costumes et masques  sont donnés dans cette salle. Ca doit être un grand moment d'y assister.

 

Nous quittons cette salle par une série de salons en enfilade aux décors baroques. Nous sommes "dans" le pont dont nous avons utilisé la galerie aux statues, couverte mais ouverte, ce matin. Il est très complexe : une série d'arches sur trois niveaux, le soutiennent au-dessus du ravin, puis la galerie ouverte, et trois étages fermés permettent : le premier de relier la salle de bal au théâtre, le second est technique, et le troisième rejoint le jardin ! Ici image de nuit. Et devinez un peu : le pont a été offert par un mari à son heureuse épouse ... Là, c'en est trop ! L'épouse devait être le prétexte à quelques folies !

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Nous pénétrons dans le théâtre, directement dans la loge des Schwarzenberg ! Avec les recommandations de la guide du château de bien répartir une charge de façon équilibrée sur l'ensemble du balcon ... C'est donc avec un peu de méfiance que nous nous approchons pour découvrir la scène.

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Nous sommes encore dans un décor parfaitement baroque. Le théâtre, Zamecke Divadlo  a été construit en 1680 par les Eggenberg, et a été parfaitement conservé.La décoration que nous voyons est contemporaine de celle de la salle des Masques. Des chandelles suédoises donnaient une qualité de lumière unique. Maintenant les ampoules électriques imitent parfaitement les bougies.

Dans les magasins du théâtre sont conservés pas moins de 600 costumes et 350 décors ! Ils ne font pas partie de la visite. Malgré le froid qui nous transperce les os nous regardons, assis sur les bancs de bois du 18ème siècle, une vidéo qui nous montre ce décor en mouvement, les vagues qui moutonnent autour d'un bateau qui avance, les jets d'eau, les disparitions et venues de comédiens et d'éléments de décor par des trappes dans le plancher, des machines dans les combles. Et nous avons même une démonstration, en vrai, de trois machines de bruitage : la pluie, le vent et l'orage !

Il y a encore six représentations par an dans le superbe bijou qu'est ce théâtre qui n'a que deux salles comparables dans le monde, à Versailles et en Suède.

Nous sommes d'accord, Philippe Andriot et moi, nous nous  verrions bien dans le rôle de la famille Schwarzenberg écoutant "Les petits Riens" de Mozart . (C'est Philippe qui a suggéré l'oeuvre, bien sûr !) Mais après que la salle ait été chauffée, s'il vous plaît !

 

Il nous reste un peu de temps pour flâner en remontant de l'autre côté de la Vltava, dans l'ancien collège des Jésuites où va se terminer notre journée ici.

L'ancien monastère Jésuite est occupé par un hôtel que "le petit futé" qualifie de "luxe". Les Jésuites ont été chassé de Bohème après la deuxième défenestration de Prague (1618) car jugés "perturbateurs du repos public et corrupteurs de la morale". Leur bannissement fut le premier acte des "états révoltés" (après la prise du pouvoir par les partisans de Jan Hus. )

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Le bâtiment ne porte pas de traces des soubresauts de l'histoire : murs décorés de sgraffites et corniches peintes. Il fait face au château et il y a beaucoup de visiteurs dans le petit square où la musique est l'un des nombreux interdits; mais la vue est si belle d'ici !

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Quand nous traversons le bâtiment nous sommes au-dessus de l'autre partie de la boucle de la rivière et nous assistons, impuissants aux difficiles amours d'une cane et de trois canards qui ont bien failli la noyer. Finalement après des moments de lutte intense elle a pu rejoindre la rive avec son préféré !

 

Une salle de réunion s'est libérée et Philippe va pouvoir nous présenter le concert de ce soir :

- W. A. Mozart : ouverture de Cosi fan tutte ;

- Franz Krommer (1759-1831) : Harmonie en mi bémol majeur op 71. Contemporain de Mozart, il composa de la musique typiquement tchèque, pleine d'esprit et de couleurs.

- Martin Hybler (1977-) : Zatmeni mysli op 18. Philippe laissera le hautboïste de l'Octuor de Prague nous parler de ce jeune compositeur tchèque. C'est un ami des musiciens qui a composé cette pièce spécialement pour eux. "Éclipse de la pensée" illustre le conflit entre le kitsch et la vraie beauté.

- W.A. Mozart : sérénade en mi bémol majeur KV 375. Composée alors que Mozart vient d'arriver à Vienne et qu'il veut se faire reconnaître de l'intelligentsia. La tonalité en mi bémol majeur a un caractère lumineux, ensoleillé.

Philippe nous fait la description des caractères de chaque tonalité ...

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Concert dans une grande salle au plafond à caissons peints de la rose des Rozmberk (la rose à cinq pétales que Libuse qualifie si joliment de pentapétale !).  Elle figure dans les armoiries de nombreuses villes de Bohème, de couleur variable suivant la branche de la famille, suzerain de la région.

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En fin de concert Henry Fuoc et Philippe Andriot vont voir les musiciens. Ce qu'ils se disent est confidentiel, mais je crois bien qu'ils prennent aussi des contacts pour les prochains festivals auxquels ils ne cessent de penser ! Les musiciens de l'Octuor à Vent de Prague, émanation du Nonette Tchèque ont établi depuis presque 20 ans de solides liens avec Saoû chante Mozart ...

Pendant les discussions en aparté de nos "dirigeants" nous échangeons à chaud quelques impressions. Il y a bien sûr quelques réserves sur la composition de Martin Hybler, comme chaque fois qu'une oeuvre contemporaine est jouée. C'est souvent difficile à entendre car nous n'avons pas l'habitude des sonorités actuelles. Mais si nous ne faisons pas l'effort d'en écouter nous ne progresserons pas !

Nous dînons dans une grande salle des Jésuites en continuant nos discussions sur la musique de Mozart, la musique contemporaine, le théâtre du château, le plaisir que nous aurions à y voir un ballet de Lully, et la crève que certaines y ont attrapée : elles n'ont toujours pas pu se réchauffer !

 

Bernadette Mure nous a donné la possibilité de nous servir parmi toutes ses photos du voyage, et de les utiliser dans le blog. Nous allons oublir un album où nous préciserons l'auteur de chaque photo. En attendant nous savions bien que Nino Ferrer avait raison : "Bernadette, elle est très chouette" ! Et nous la remercions.

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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages musicaux
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