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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 20:47

Mardi 27 Avril 2010

Nous quittons encore une fois Ceske Budejovice ; mais cette fois-ci nous avons fait nos valises, et nous sommes sur le chemin du retour. Pas de la même façon pour tous, certains repartiront pour la France dès demain matin alors que d'autres ont choisi l'option prolongation et continueront leurs visites jusqu'à vendredi matin !

Nous passons encore une fois entre les bâtiments de l'immense usine de fabrication de crayons Koh-i-Noor fondée ici en 1848. Des hectares d'ateliers aux murs de briques de part et d'autres de la rue, reliés par des passerelles doivent permettre de satisfaire aux besoins d'une immense population ! Il me faudra dire à Henry et Anne Fuoc qu'un peu de tourisme industriel de temps en temps pourrait aussi satisfaire certains curieux . Ils sont peut-être minoritaires, et le temps n'est pas indéfiniment extensible ...

 

Nous allons faire étape à Tabor , la ville des "Fous de Dieu". En effet, les troubles qui ont suivis l'exécution de Jan Hus  le 6 juillet 1415 ont poussé certains de ses partisans à quitter Prague. Ils se fixèrent en 1420 dans cette ville qu'ils rebaptisèrent Tabor, en référence au mont Tabor, lieu de la Transfiguration du Christ. Ils essayèrent d'y créer une société  égalitaire. Cette belle idée connut un immense succès, au début. Puis les Hussites se divisèrent en deux partis : les Utraquistes et les Taboristes dirigés par Jan Zizka. Les affrontements et les croisades se terminèrent en 1434 par la défaite des Taboristes. Les guerres hussites prenaient fin, mais les idées réformistes allaient poursuivre leur influence sur le monde ...

 

Le bus nous a laissés à la gare routière, assez loin du centre historique. Nous allons pouvoir ainsi découvrir quelques aspects plus 20ème siècle de Tabor. Nous n'avions encore pas vu autant de témoignages  monumentaux de l'architecture stalinienne :

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sur une place qui réussit à faire la synthèse des sgraffites, de l'art nouveau et soviétique, c'est la Société Générale qui occupe cet ex-temple du communisme !

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Quelques dizaines de mètres plus loin un soldat en armes des années 50 du 20ème siècle emmène triomphalement son enfant à l'école, alors qu'un jeune homme dans la pleine force de sa nouvelle foi honore les morts de la guerre un peu plus loin.

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Alors que nous approchons du centre nous rencontrons des héros plus traditionnels : Jan Népomucène doit avoir du mal à combattre la popularité de Jan Zisko qui dégaine son arme ou celle du chevalier, patron des commerçants locaux hissé au dessus de la fontaine !

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Une belle maison à sgraffite nous a fait comprendre que nous avions atteint les quartiers historiques qui avaient échappé aux grands incendies du 16ème siècle.

Quelques pas encore pour arriver sur Zizkovo Namesti, la place qui porte le nom du grand chef de guerre.

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De belles maisons à pignons, bien restaurées en font le tour.

Difficile à voir sur ces photos, mais l'horloge au sommet de la tour a un cadran qui comporte 24 heures, et n'a qu'une aiguille. Était-ce vraiment pour troubler d'éventuels envahisseurs ?

 

Ce qui est sûr, c'est que pour s'en protéger un réseau souterrain de caves servait aussi d'abri. A l'origine on y conservait la bière et des provisions ; il parait que ça servait aussi de prison de femmes trop polémiques . C'est la jeune femme qui va nous accompagner dans la visite d'une toute petite partie de ce dédale qui nous a dit ça ... C'est peut-être vrai ?

 

On nous remet un casque, les personnes susceptibles de glisser et claustrophobes sont gentiment invitées à ne pas venir, et nous descendons un escalier bien noir. Les messieurs ont remarqué que notre jolie jeune guide mesure presque 1.90 mètre, et trouvent que c'est étrange alors qu'on nous a annoncé des galeries très basses.

 

 

C'est effectivement humide, de temps en temps des flaques, des inégalités dans le sol, des galeries murées (il parait que ce sont les issues de caves en fonction) et nous avons même récupéré un militaire en uniforme ! D'où sort-il ? D'une des galeries que nous n'empruntons pas ?

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Les Hussites ont fait creuser les galeries d'origine par des spécialistes recrutés dans les mines d'argent. Voici quelques illustrations en rouge et noir, couleurs des Hussites qui nous montrent les techniques utilisées pour creuser et évacuer le grès.

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Finalement nous ne sommes que de l'autre côté de la place, et la galerie que nous avons suivie date seulement de 1960 ! Ce ne sont pas tout à fait des catacombes ou alors on ne veut plus parler de ce passé de sépulture.

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Nous nous regroupons près de la fontaine Renaissance pour partir voir le château et le musée du Moyen-Âge.

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De la tour nous avons une superbe vue d'ensemble de la ville, de la campagne environnante et du toit du château avec une pente tout à fait impressionnante ! Comment peut-on poser des tuiles ici ? Solidement attaché à la tour ou à califourchon sur le faitage ?

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Nous avons pris le repas à Tabor avant de continuer notre retour sur Prague. Il nous restait juste un peu de temps pour aller voir le Pont Charles, indispensable pour ceux qui partent demain matin !

 

Michèle qui l'avait vu il y a vingt ans n'en revenait pas de sa transformation : c'est un des endroits les plus fréquenté par les touristes. C'est la troisième fois que nous le voyons en dix ans, et que ce soit fin avril ou début décembre c'est toujours noir. Pas seulement les statues qui ont ramassé toute la poussière des siècles passés, mais aussi le pavé où se pressent les curieux, les marchands de colifichets et souvenirs, les "caricatureurs", les musiciens ...

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Michèle est fort déçue par cette transformation radicale. Eh oui, le tourisme c'est aussi ça ! Et pourtant la saison est à peine commencé.

Nous poussons jusqu'à la grande église Saint Nicolas pour une indispensable visite de ce chef d'oeuvre de l'art baroque. Malheureusement c'est fermé : un concert va commencer.

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Finalement il nous faut rentrer pour assister à la conférence de Philippe Andriot, ouverture aux Noces de Figaro que nous allons voir ce soir au petit Théâtre des États. Là même où Mozart fut ovationné en 1787 pour ce même opéra ...

Ce sont quelques pistes de reflexion que Philippe nous donne en guise de préparation.

Travail d'adaptation de la comédie trop contestataire de Beaumarchais (interdite par l'empereur Joseph II) pour en faire un opéra non sensurable dans l'empire austro-hongrois ; comédie à l'action très vive mais avec des personnages très profonds et très douloureux ; et lorsque Philippe met en doute la sincérité du repentir du Comte nous avons un vrai débat quasi-philosophique sur le pardon dans l'oeuvre de Mozart ...

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La comtesse m'a un peu génée, et peut-être pas que sa robe d'intérieur rouge ! Quant à Suzanne elle avait toute la vivacité que nous attendions. Ah, non, je n'avais pas reconnu Simona Houda-Saturova qui est venue chanter deux fois à notre festival !

Et la discussion ne pourra se poursuivre demain faute de combattants, nous ne serons plus que 18 ! Bon retour et à bientôt à ceux qui partent ...

 

 

 

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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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