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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 14:41
Lundi 5 octobre 2009
Lors de notre Assemblée Générale de janvier Toulouse a fini par enlever la majorité, et la date de début octobre l'unanimité. C'est ainsi que nous y sommes arrivés ce jour vers 14 heures.
L'hôtel choisi par notre équipe d'organisateurs maintenant bien rodés, Marie, Bernard et Bernard est le Patio Wilson, entre les boulevards et la gare. Bien au calme, spartiate, propre.
Nous avons été un peu surpris quand nous avons découvert le programme de ce séjour. Aux visites classiques de la ville, de musées s'ajoutent cette fois-ci celles de la Cité de l'Espace et celle d'Air Bus à Blagnac ! La technique s'invite à nos sorties gastro-culturelles ! Vraiment je ne suis pas sûre que nous y ayons pensé lors de notre choix. Mais pourquoi pas ?

A 15h nous avons rendez-vous avec notre guide, Marie qui va nous entraîner dans une visite de trois heures de la ville que seuls, Josseline et Julien connaissent déjà.
450 000 habitants Toulouse est la ville de la violette, construite de briques car il n'y a pas de pierres dans la région, chantée par Nougaro, baignée par la Garonne. Voici quelques clichés, et maintenant soyons tout ouïe !
Les boulevards que nous traversons dès que nous sortons de l'hôtel ont remplacé les remparts construits par les Romains au 2ème siècle avant JC, qui avaient succédé aux Celtes fondateurs de la Cité.
Au 12ème siècle "le Bourg" se développe en dehors de ces limites, autour de Saint Sernin.


Première étape place Wilson construite au 19ème siècle, ovale et parfaitement homogène avec tous ses immeubles dont la couleur rouge est due à l'oxyde de fer contenu dans l'argile utilisée pour fabriquer les briques.
Le centre est occupé par un jardin et un bassin où Peire Goudouli se tient sur un rocher à l'abri de l'eau ... Ce poête occitan né à Toulouse (1580-1649), célèbre en son époque, aurait rencontré Molière avec qui il aurait partagé quelques flacons de vin qu'il préfèrait à l'eau !
Quelques pas suffisent pour arriver à l'office de tourisme (où des détails doivent être réglés). Il occupe le donjon du Capitole, restauré par Violet le Duc.

Des jeux ,  une maman et son enfant qui jouent, oeuvre de Toutain, autre artiste local, occupent la place au pied de cette tour moyenâgeuse qui rassembla les archives de la ville durant des siècles.
Nous sommes déjà au Capitole, lieu où les Capitoux, ou Consuls siègeaient, et siègent encore. Mais ils s'appellent maire et conseillers municipaux maintenant.
De grandes salles d'apparat occupent le premier étage. Salles de réunion, de mariage, la richesse de leur décoration doit impressionner le visiteur ...


Le buste de Jean Jaurès, qui fut adjoint au maire est dressé sur une sellette au pied de l'escalier monumental, et on le retrouve dans la salle décorée par le peintre Henri Martin, très appréciée de Salvador Dali, dans le groupe des Rêveurs, complètement à droite, au bord de la Garonne.
La salle des Illustres évoque la Galerie des Glaces de Versailles, avec ses grandes fenêtres et ses effets de miroirs. Les grands moments de l'histoire de la ville sont évoqués par des tableaux immenses, alors que des bustes des  personnages importants, parmi lesquels figure Riguet, architecte du canal du Midi, sont posés au-dessus des ouvertures


Nous traversons la cour intérieure du 17ème siècle avant d'arriver sur la grande place du Capitole, semblable à une place royale dont le centre est occupé par une grande croix du Languedoc. A droite le célèbre théâtre de Toulouse, grand temple de l'art lyrique, où le prochain spectacle se donnera alors que nous serons déjà repartis ...
La façade de mosaïque de brique et pierre est particulièrment mise en valeur par les deux hectares de la place, la couleur uniforme des immeubles de brique construits sur les trois autres côtés, avec la galerie qui borde le côté opposé.
A l'angle de la rue Romiguières l'hôtel du Grand Balcon conserve le souvenir de l'Aéropostale, et de ses héros. Mermoz, Saint Exupéry, Guillaumet figuraient parmi les pensionnaires des deux vieilles dames qui tenaient alors cet établissement. Joseph Kessel a écrit le scénario d'un film de 1949 "Au Grand Balcon" qui retrace les débuts de cette grande aventure : première liaison postale Toulouse-Barcelone durant l'hiver 1918, puis l'ouverture des lignes Toulouse-Dakar et Europe-Amérique du Sud de 1927 à 1933 ... Toulouse est liée à la conquête du ciel depuis son origine !
On redescend sur terre par la rue du Taur qui conserve un autre souvenir, celui du martyr de Saint Sernin ou Saturnin, évêque. En 250 refusant de sacrifier un taureau à Jupiter,  il fut attaché à l'animal qui sortit de la ville. Une église fut érigée sur l'emplacement de son tombeau.




Cette église qui possède 175 reliques (surprenant n'est-ce pas ?) de Saint Sernin, du Christ et de Saint Jacques de Compostelle, toutes plus authentiques les unes que les autres (!) attirait  de nombreux pélerins sur le chemin de Saint Jacques. Aussi construisit-on au 11ème siècle une cathédrale digne d'une telle étape que le pape Urbain II vint consacrer en 1096.

C'est la "plus grande église romane" de France. Les deux dernières rangées d'ouvertures en mitre du clocher particulièrement ouvragé sont gothiques.

Le chevet est magnifique, presque autant que ceux des églises romanes majeures d'Auvergne, avec ses chapelles rayonnantes, le jeu de mosaïque de pierre et de briques, et tous les éléments de décor. Il a fallu ajouter quelques chapelles latérales le long du transept pour accueillir  les si nombreuses reliques et les pélerins qui les honorent.




On entre par la porte Miegeville dont le riche décor donne à lire aux fidèles illettrés l'Ascension de Jésus en son tympan et la surprise des apôtres entourés d'envoyés de Dieu sur le linteau.
.

Sur les côtés Saint Jacques et Saint Pierre encadrent la porte.
Nef de 21 mètres de haut, à cinq vaisseaux suivant le plan de Saint Jacques de Compostelle. Nous faisons un tour rapide : tombeau et baldaquin de Saint Sernin, les fresques de 1140 représentant  la Résurrection ... Ne faudrait-il pas quelques heures seulement pour cette église que Nougaro chantait ainsi : "la fleur de corail que le soleil arrose" ?



Il faut déjà repartir pour l'église des Jacobins dont la sévérité surprend. Seules les gargouilles sont de pierre ! C'est qu'elle fut construite au 13ème siècle pour répondre aux critiques des "hérétiques cathares" dont les préceptes d'austérité faisaient leur chemin juste ici et aux alentours .

C'est la première église construite par un ordre prêcheur, les Dominicains. Ce fut d'abord une nef à deux vaisseaux et une charpente élevée à seulement 13 mètres.











Sur une telle base il a fallu faire preuve de créativité pour procéder à l'élévation et la construction de la voute, en particulier au niveau du choeur. La solution est le "palmier des Dominicains".


On remarque aussi le nombre et la hauteur des fenêtres qui font penser à la Saint Chapelle de Paris.
L'église a été sauvée par Prospère Mérimée en 1845 lors de son inspection pour inventorier les monuments français. La restauration commencée à la fin du 19ème siècle s'acheva en 1970 !


Le cloître entouré de colonnettes toutes simples est harmonieux . La restauration de la chapelle Saint Antoine a permis de découvrir des fresques de l'époque gothique. Les anges musiciens ont traversé les siècles  par miracle. Ce qui n'est pas arrivé aux peintures inférieures détruites lors de la campagne d'Espagne de Napoléon, l'armée avait installé ici un hôpital vétérinaire ...


Bien sûr qu'un tour de Toulouse ne peut exclure la Garonne ! En cheminant dans les rues nous découvrons quelques particularités architecturales de la ville. Les lambrequins sont les décors de fonte ouvragée du sommet des fenêtres qui permettent de cacher les persiennes roulées peintes de la même couleur que les ferrures des balcons.


Un peu d'Art Nouveau, fastueux à l'école Berlitz, plus bon enfant dans cette devanture décorée de cosses de petits pois !

















Ce magasin a peut-être été un commerce de quatre-saisons ?







Et enfin la Garonne et ses ponts au soleil de fin de journée. Nous sommes juste à côté du port de la Daurade ; de part et d'autre les quais du 18ème siècle longent l'église dont la façade de bois doré donna son nom à tout le quartier ; en face son hôpital construit au delà du fleuve,  l'on supposait éloigner ainsi les problèmes sanitaires, les risques de contagion grâce aux vents qui emmeneraient les miasmes au loin dans les campagnes !


Le Pont Neuf qui est le plus ancien, 17ème siècle, a résisté à toutes les crues. Ses ouïes ou dégueuloirs diminuent la pression de l'eau alors que les becs ou éperons des socles ne retiennent pas les objets dérivant.
Un bref arrêt devant l'ecolde des Beaux Arts, un autre beaucoup plus long dans la cour de l'hôtel d'Assérat pour admirer une des demeures Renaissances du Siècle d'Or toulousain. De 1450 à 1552 le commerce du pastel qui permettait d'obtenir une teinture bleue indélébile pour les textiles a fait la fortune de quelques familles. Cour très décorée et tour d'orgueil ou tour capitulaire sont l' apanage de cette société. Cet hôtel particulier reçoit les oeuvres de la fondation Bemberg dont une riche collection de tableaux des 19ème et 20ème siècle dont dit Marie. Voilà qui pourrait occuper notre matinée libre de jeudi !
Nous sommes un peu fatigués en cette fin de visite.

















Heureusement que la rue d'Austerlitz où nous allons dîner ce soir au retaurant Pategrain est à deux pas de l'hôtel. Poulet fermier comme ceux de nos grands-mères avec légumes bio sautés (carottes, pommes de terre et rutabaga ce soir), salade craquante et desserts maison feront nos délices !

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Published by Camille et Pierrette - dans Les Copains d'Accord
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commentaires

marie 14/10/2009 14:26


Ce reportage me replonge bien dans notre très agréable séjour. J'ai relu le billet de Presse sur "les Soliloques" où il faisait grand éloge des acteurs Serge Dekramer et Michèle Lazès. Et puis pour
ne pas oublier l'expression, à Toulouse les lambrequins sont aussi appelés "Les paupières fardées de Toulouse".
Tous mes encouragements à persévérer dans ce travail de "Reporter" où tu excelles.
Bises et à bientôt, Marie.


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