Lundi 11 février 2008
Il est absolument nécessaire de revenir un peu en Australie car nous venons de lire d'un ouvrage qui donne quelques réponses aux questions  sur les Aborigènes  que nous nous posions pendant notre voyage. Les réponses qui nous avaient alors été fournies par nos interlocuteurs australiens ne nous satisfaisaient pas.
Bernie qui est maintenant à Perth (WA) depuis septembre et pour encore quelques mois, préoccupée elle aussi par l'histoire de la  population originelle de l'Australie nous a offert  ce livre qui nous donne enfin quelques réponses :
"Terra Nullius" de Sven Lindqvist, bien sûr dans sa traduction française.
Terra Nullius est un concept juridique très commode : "du latin TERRA : terre, sol, pays ; et NULLIUS : personne. La terre qui n'appartient à personne. Ou du moins à personne digne de ce nom. Apparu au 19ème siècle pour justifier l'occupation par les Européens de grandes parties du globe, ce concept juridique servit à légitimer l'invasion de l'Australie et l'extermination des Aborigènes qui vivaient là depuis des millénaires ..." (couverture du livre).
4ème de couv. "Au cours du 19ème siècle, la population aborigène d'Australie a été décimée. Apparus dans le sillage des premiers colons, les "bienfaits de la civilisation" eurent tôt fait de provoquer leur extermination : maladies importées, villages rasés, sources taries par le bétail, populations déplacées ou massacrées ...
Confortés par le maître incontesté de la biologie de l'époque, Charles Darwin, qui professait que "dans une période future, les races civilisées de l'homme extermineront et remplaceront les races sauvages partout dans la monde", nos aïeux estimèrent que les lois de la nature vouaient les Aborigènes  et leur civilisation millènaire à l'extinction.
Sven Lindqvist a marché sur les traces de ces Européens ivres d'eux-mêmes. Puisant  dans notre mémoire collective, il ressuscite les discours et théories qui, depuis le 19ème siècle ont justifié une telle entreprise. D'un bout à l'autre de l'Australie,  sous la forme d'un carnet de voyage, il exhume les vestiges de cette histoire sanglante.
Une histoire qui se confond avec celle de la colonisation."

Quant à nous, nous sommes sortis de la lecture de cet ouvrage complètement assommés. Autre facette que celle que nous avions vue des courageux et téméraires éxilés colons défricheurs. Et aussi difficile à regarder pour les Australiens que le passé nazi l'est pour les Allemands ... Et beaucoup plus récente : les enfants métissés arrachés à leur mère pour éradiquer la population noire l'ont été jusque très tard dans le 20ème siècle.

Le sauvetage in extrèmis des survivants est dû à la reconnaissance  de leurs qualités d'artistes, et ça s'est passé seulement dans les années 70 du 20ème siècle !

Lecture absolument nécessaire pour un voyageur qui projette d'aller en Australie.
par Camille et Pierrette publié dans : Océanie
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Dimanche 26 mars 2006

Samedi 26 mars 2006

Nous devons rentrer. Oui, rentrer, retour à Perth pour y prendre l'avion qui nous ramenera chez nous. Dernier tour sur une plage blanche,

dernier eucalyptus, dernier petit café du matin dans le seul bistrot où nous avons été très mal reçus,

et retour à la ville. Le B & B où nous allons passer la dernière nuit est quelconque, dans une région de production viticole réputée. Nous sortons vers 5 h pour faire le tour du village et gouter quelques flacons, mais nous nous cassons le nez partout. C'est l'heure de la fermeture chez les viticulteurs, et tous les restaurants exclusivement  pris par des mariages. Nous finissons par trouver un grand etablissement de pure origine allemande où nous pouvons déguster un jarret de porc rôti ! Un peu décevant pour nos dernières heures austaliennes.

Le lendemain nous rendons la voiture, puis aéroport . Et enfin nous pouvons apercevoir la skyline de Perth (la ligne de gratte-ciel à l'horizon) depuis l'avion, juste avant le décollage !

La vie est bien triste jusqu'à ce que nous apercevions Marie et Roland qui nous attendent à notre arrivée à St Ex, et c'est si chaud de retrouver les amis dans cette fibn d'hiver européen !

par Camille et Pierrette publié dans : Océanie
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Samedi 25 mars 2006

Vendredi 25 mars 2006

Départ de l'hôtel avant 8h du matin pour Geraldton, par la Highway 1, celle qui fait le tour de l'Australie, et qui passe à 60 km de Kilbarri. Le long de la route de liaison arrêts à Hawks Head et Ross Graham Lookouts pour les derniers coups d'oeil à la Murchison River. Toujours aussi ocre et tumultueuse la rivière. Et les falaises aussi rouges, ocres, mauves et vertes du bush qui pousse un peu partout. Sur cette route secondaire nous ne rencontrons qu'un kangourou qui nous observe longuement avant de finir de traverser. C'est drôle comme ils ont l'air surpris plutôt que craintifs de rencontrer des hommes ou des voitures ! Ils doivent être des proies faciles pour les chasseurs ! Nous apercevons aussi quelques moutons dans ce qui a dû être une prairie. Mais c'est épouvantablement sec et dépourvu de végétation. La taille des installations de la ferme que nous longeons un peu plus loin nous impressionne toujours autant, et l'état de sécheresse de la région aussi. Les pluies diluviennes ont dû s'abattre bien en amont.

 Nous apercevons bien longtemps avant d'arriver d'immenses batiments de type industriel qui nous intriguent. Activités économiques de la région : agricole et minière, alors qu'est-ce ? Il y a un bistrot juste en face du batiment, avec un parking à l'échelle de la région et des camions. Nous nous arrêtons car c'est l'heure d'un petit café et nous essayerons d'avoir des renseignements.


Le café est très léger, comme on le dit qu café américain. Et le café du chauffeur est gratuit. C'est une opération de sauvegarde nationale : ça donne l'occasion d'arrêts réguliers sur des routes sans surprise, dans un paysage qui ne se renouvelle pas, autrement dit d'une monotonie absolue. Il était temps que nous sachions ça, nous repartons dans 2 jours. Nous allions passé à côté de cette particularité australienne.
Et le patron est tout à fait disposé à répondre à nos questions. Nous sommes en face d'un silo à céréales d'une capacité de 150 000 tonnes ! Il reçoit la production des 12 à 14 fermes de la région. Quand je pense aux ingénieurs agronomes qui sont chargés d'améliorer la productivité ... Les céréales cultivées sont le blé et le lupin riche en protéines qui rentrent dans l'alimentation du bétail et de l'homme. Une grande partie de la production est exportée vers les pays émergeants. Et enfin alors que nous lui expliquons à quel point nous sommes surpris par la taille de ce silo, il nous signale que celui de Northampton où nous allons passer dans quelques dizaines de km est beaucoup plus important que celui-ci !

En fin de matinée nous arrivons à Geraldton. La rue principale est très commerçante, pleine de couleurs et nous y faisons nos derniers achats de touristes déjà surchargés. Les perles des îles Abrolhos, spécialité locale ne pèseront quand même pas trop dans mon sac. Puis visite de la ville et particulièrement  du "quartier historique" : la gare, l'ancien hôpital transformé en office de tourisme et école, et les docks aménagés en musée.

 Geraldton est une ville du souvenir : le grand monument qui domine la ville, à la mémoire des 645 marins australiens disparus dans une bataille navale contre les Allemands en 1941 ; la réplique du Batavia, bateau de la Compagnie hollandaise des Indes qui sombra en 1629 et dont 125 passagers réussirent survivre sur les îles Abrolhos jusqu'à une sanglante mutinerie au cours de laquelle ils disparurent presque tous ; l'hommage aux prisonniers qui furent envoyés ici au début du 19ème siècle pour fournir une main d'oeuvre bon marché aux colons, puis une population supplémantaire.
Le chef de l'état d'Australie Occidentale rappelle avec fierté qu'il est issu directement de ces premiers transplantés dansd une déclaration qui figure qu musée.

Ballade sur la plage pour voir le coucher de soleil au travers des palmes, puis nous rejoignons le restaurant des Freemasons, oui, les Francs-maçons, établissement très fréquenté pour enfin déguster la célébité de la région : la langouste, avec un vin blanc de la région de Margaret River


Nous avons fait une sympathique rencontre au cours de ce repas. Alors que je voulais commander le repas (on passe la commande avant de s'installer) un grand gaillard brun s'est imposé pour m'aider. Après 3 mois d'usage de l'anglais j'étais quelque peu agacée mais fis bonne figure. Et alors que nous dégustions notre repas ce monsieur est revenu nous voir et nous avons longuement discuté. En français et anglais mélangés. Il était venu pendant plusieurs années faire les vendanges à pont St Esprit et éprouvait un grand plaisir à s'exprimer en français avec des interlocuteurs de la région de Montélimar ! Pour ce soir-là il était le chanteur rock en tournée dans l'ouest avec ses musiciens, et allait assurer l'animation de la soirée. La tournée allait jusqu'à Broome, ville de la nacre et des perles. Il nous a beaucoup parlé de Melbourne, et nous avons un peu regretté de ne pas y être restes plus longtemps ! 

 

par Camille et Pierrette publié dans : Océanie
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