Jeudi 10 janvier 2008
Samedi matin 15 décembre 2007

Il est tout juste 4 heures du matin  lorsque nous nous retrouvons dans le hall de l'hôtel Victoria pour rentrer chez nous. Vraiment ce n'est pas une heure pour un rassemblement ... Est-ce l'heure des tournées de Dracula ou des vampires qui sévissent en Transylvanie, dans la forêt ?  Mais c'est aussi celle des avions qui  décollent tous au petit matin de l'aéroport de Cluj. Alors on avale le café qui nous attend au chaud avant de découvrir qu'il a neigé, et qu'il neige encore !
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Finalement c'est la bonne surprise du matin, et nous redevenons enfant encore une fois sous la danse des flocons en nous émerveillant. Philippe et Jean Pierre comme les autres. undefinedAcheminement prudent de notre chauffeur jusqu'à l'aéroport, accompagné de Roxane que nous avons tant appréciée.
Nous assistons depuis notre hublot au dégivrage des ailes de l'avion, décollons avec un peu de retard, ce qui réduit agréablement le temps d'attente à Bucarest, et un peu avant midi nous nous séparons à Charles de Gaulle. Tout joyeux à l'idée de Noël qui est si proche, des bons souvenirs que nous rapportons, des bons moments que nous avons passés ensemble, et de la certitude que nous nous retrouverons bientôt.
Car les voyages de Saou chante Mozart sont une merveille d'équilibre entre découvertes touristiques , moments musicaux divers, et partages amicaux de tous ces plaisirs.
Nous voyageons ainsi depuis plus de 15 ans (combien exactement ? merci de donner la réponse dans les commentaires, accès en bas de page) et Anne et Henry Fuoc ont construit autour d'eux un groupe à la fois disparate et cohérent, composé d'élèments très différents et complémentaires qui se renouvellent en permanence et se retrouvent avec bonheur à chaque occasion que la vie de l'association leur fournit : le festival en juin-juillet, les assemblées générales, et les deux voyages annuels, au printemps et en automne.
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Cette fois-ci nous n'étions que 21. Ce n'est sûrement pas la fréquentation que souhaitent nos organisateurs, mais pour les participants c'est un bonheur car c'est beaucoup plus facile d'échanger avec tous.
Michèle, notre amie, toute nouvelle adhérente à l'association, redoute beaucoup le tourisme en groupe ; et nous avions eu du mal à la faire venir. Elle a tant aimé l'accueil qui lui a été fait par tous qu'elle reviendra, peut-être pas deux fois par an, mais elle reviendra !


Alors à bientôt pour de nouveaux voyages musicaux, et à nous la prolongation parisienne.

                                       Le trombinoscope a été conçu et réalisé par Etienne Schaerrer.
Des nouvelles du festival et de l'association sur : http://www.saouchantemozart.com

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par Camille et Pierrette publié dans : Voyages musicaux
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Mercredi 9 janvier 2008

Vendredi 14 décembre 2007
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Ce matin nous allons visiter un monastère orthodoxe à l’ouest de Cluj-Napoka, célèbre pour sa petite église en bois de 1552, mais surtout pour son icône de verre de la Vierge Marie qui, en 1699 se mit à pleurer pendant 26 jours. Elle est l’objet de vénération, et les pèlerins viennent l’honorer par centaines de milliers tous les 15 août.
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Nous avons changé de guide, et c’est une toute jeune femme qui nous accompagne ce matin. Roxane n’a que 23 ans, parle un français irréprochable, et est avant tout professeur de suédois à l’université de Cluj. Mais comme beaucoup d’autres, elle a plusieurs jobs pour subvenir à ses besoins. Nous nous rendons vite compte que son jeune âge est un avantage considérable pour nous : elle n’avait que 4 ans lors de la révolution, et a été éduquée et formée à une toute autre école que Lydia qui devait avoir une quarantaine d’années. Son discours est clair, et elle dit ouvertement ce qu’elle pense. Pour ça elle est allée à bonne école puisque son père, philosophe, a toujours refusé d’entrer dans les rangs du parti, et a préféré se faire enfermer dans un hôpital psychiatrique pour problèmes mentaux plutôt que de rentrer dans le moule communiste.

Et la route pour nous rendre jusqu’au village de Nicula nous semble bien courte alors qu’elle répond à nos questions ou nous raconte quelques traditions de la vie roumaine.

Les jeunes gens qui, au nord de la Roumanie volent pour la St André le portail de la maison où vit une jeune fille à marier qui les intéresse. Ceux qui jettent du parfum ou de l’eau de Cologne sur ces mêmes filles pour Pâques. La célébration de la fête de Noël le 24 décembre pour les catholiques, le 6 janvier pour les orthodoxes, au cours de laquelle les enfants chantent des cantiques et reçoivent en contrepartie des petits cadeaux, pommes, noix ou quelques piécettes.

Mais il y a aussi des points plus graves. Comme la difficulté de décompter le nombre de Roms. Lors des naissances, les enfants déclarés portent tous le même nom et prénom. Bien difficile de les distinguer ainsi ! Et les autorités roumaines estiment que cette minorité n’est que de 550 000 personnes, alors que pour le Centre européen pour le droit des Roms ce chiffre se situerait entre 1.8 et 3 millions !

L’entrée dans la Communauté européenne est évoquée alors que nous avons encore vu deux hommes qui tuaient un cochon sur le bord de la route. Les Roumains ont massivement voté l’entrée de leur pays dans la CE dont les affiches électorales vantaient les avantages en caractères bien gros, et n’évoquaient qu’en tout petit les inconvénients et les contraintes. Et maintenant ça grince très très fort lorsqu’il est question de respect des normes dans des délais qui ne sont pas tenus. Nous voyons des bâtiments de coopératives agricoles abandonnées, et peu de structures ont été mises en place pour les remplacer.

La démographie est aussi un grave problème. La population roumaine diminue. L’émigration importante et la natalité très faible (3 femmes pour 1 homme …) poussent le gouvernement à encourager les naissances, mais ce sont des remerciements que les familles reçoivent alors que des aides ou des allocations seraient plus convaincantes.

Tout au long de la route et dans les cours des maisons nous remarquons des christs en croix. Ce sont des ex-voto dressés en remerciement ou pour attirer la protection divine.
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Il y a également dans les cours des meules de foin et de maïs qui rappellent les campagnes de notre enfance.

Et nous avons fini par arriver au Monastère de Nicula qui s’élève au sommet de la colline, dans le soleil froid d’une belle journée.undefined Beaucoup de coupoles car ce n’est pas une église, mais trois qui sont là. La foule qui participe aux pèlerinages nécessite la construction d’une nouvelle église, ici aussi. Mais c’est surtout la petite église de bois qui retient notre attention, et Roxane a pu obtenir d’un pope qu’il nous l’ouvre. undefinedNous pouvons admirer quelques icônes anciennes. Les appareils photos des pirates que nous sommes crépitent …Je pensais que la porte était très basse pour nous imposer l'humilité ... il parait que c'est pour protéger les églises des intrusions ottomanes qui se faisaient à cheval ! La grande église du début du 20ème siècle est ouverte et nous pouvons la visiter librement. C'est ici qu'est l’icône miraculeuse.

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Nous rentrons à Cluj pour le repas dans un restaurant célèbre. Décors de poteries. Et sur les tables un grand plat de fromages et fruits nous attend. Nous allons les déguster avec un alcool local versé dans de tout petits pots de terre en guise d’apéritif. C’est fort, mais après le froid de la matinée nous ne laissons rien dans les flacons !undefined

Et l’après-midi est libre. Temps superbe, la boue a séché et il n’y a même pas de poussière dans les rues. Nous n’avons que l’embarras du choix pour passer les quelques heures devant nous. Découvrir Cluj sous le soleil, undefinedfaire du shopping, aller à la grande poste pour timbrer les quelques cartes que nous avons pu écrire (je vérifie que la notion de collection de timbres n’est pas comprise par mes interlocuteurs, tout comme en Croatie. C’est peut-être une affaire d’occidentaux dont les besoins sont pourvus et qui peuvent penser au superflu ?), et il reste quelques musées à visiter !


Odile et moi partons pour le musée de la pharmacie où un colosse veut nous empêcher d’entrer en nous parlant d’heure.undefined Il n’est que 3 h30 et ça ferme à 4 heures. Pas question de nous laisser intimider : nous contournons le colosse et entrons. Le guide habillé tel un préparateur est occupé avec des visiteurs au sous-sol, qui sont Jean Pierre et Annick. Puis il nous accompagne et nous donne un minimum de détails.

Juste en face le palais Banffy est ouvert et ses collections d’art nous attendent. Nous y découvrons des œuvres que nous aurions imaginées de la Renaissance ou du 17ème siècle alors qu'elles sont du début du 19èmeundefined ! Puis des peintres roumains du 19ème siècle très influencés par l’impressionnisme : Nicolae Grigorescu, Stefan Luchian et Elena Popea parmi les plus importants. Avant le concert du soir Bob me dira que les grands peintres roumains de cette époque sont passés par la France où ils ont beaucoup travaillé avec l’école de Barbizon, Corot, Courbet …undefined

Nous nous retrouvons dans la salle de conférence de l’hôtel Agape un peu avant l’heure et échangeons nos impressions de touristes autonomes, car pour une fois nous avons passé quelques heures sans l’accompagnement de la patiente Anne qui nous a maternés pendant 4 jours !undefined

La conférence commence par un débat sur l’usage des instruments anciens. Authenticité ou grincements ? Pour ma part, après un premier mouvement difficile, j’ai bien aimé le concert d’hier soir. Celui du jour, c’est la Messe en ut mineur KV 427. Peu de temps après leur mariage, Constance tombe malade et Mozart fait le vœu de composer une messe pour célébrer sa guérison. Et c’est elle qui chantera la partie de la première soprano à Salzbourg.

Ce soir,  grande salle de la Maison des Etudiants pour ce concert de clôture du festival où le public est nombreux. Le Chœur et l’Orchestre philharmonique Transylvania dirigé par Nicholas MacGegan avec les solistes Bianca Manoleanu, Critina Toader, Cezar Dima et Cozmin Sime sont en grande forme et remportent un grand succès.undefined

Encore une bien belle soirée !

 

 

 

par Camille et Pierrette publié dans : Voyages musicaux
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Mardi 8 janvier 2008
Jeudi 13 décembre 2007

 

Le réveil est un peu matinal, car nous allons aujourd’hui à Sighisoara, (la consonance nous rappelle Timisoara, dont les habitants initièrent la révolution de 1989, mais à l’opposé de notre direction) située à 150 Km de Cluj.undefined

Durant les trois heures du trajet nous voyons des étangs gelés, des collines nues en cette saison, des fermes avec des puits munis d’un long levier pour puiser l’eau (comme ceux que nous avions vus dans les musées ethnologiques de Finlande), des petites constructions de planches dans les cours (les lieux que nous avons fréquentés étaient équipés de toilettes correctes, ce qui ne semble pas être une généralité d’après un encadré du guide Lonely Planet qui nous est fourni comme chaque fois un peu avant le départ par nos organisateurs), des maisons avec les toits très élaborés, des villages, des villageois ordinaires et des Roms, et aussi deux « palais gitans » fort surprenants. undefinedLa plupart des Tziganes sont pauvres, mais certains sont riches, voire très riches ; et pour le faire savoir se font construire des palais très kitsch, qu’ils n’habitent que très rarement car ils préfèrent leurs roulottes qui sont dans la cour derrière ! Un peu plus loin c’est un marchand d’oignons qui nous surprend : la qualité en est réputée dans cette région, et les producteurs attendent les clients au bord de la route, même aujourd’hui où le ciel annonce la neige prochaine.
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Enfin nous arrivons à Sighisaora, ville natale de Vlad Tepes, Dracula. Mais ce n’est pas lui qui nous a attirés ici, mais la ville, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est la plus grande cité médiévale habitée de l’Europe.undefined Tout en couleurs pastel, entourée de ses remparts du 14ème siècle elle domine la ville. Nous allons la découvrir en haut des escaliers qui nous conduiront par la tour de l’Horloge (datée de 1280) au coeur de la vieille ville.undefined

Aujourd’hui cette tour est le Musée d’Histoire. Et après avoir été un peu rebutés par ce nom, nous découvrons dans les pièces qui s’enroulent dans la tour un ravissant musée ethnologique. Maquette de la citadelle, collections de poteries, une superbe enseigne de chapelier, undefineddes meubles, des moules à pain d’épices, le mécanisme de l’horloge, les personnages qui accompagnent la ronde des heures et celle des jours … Le dimanche devait être consacré à des activités familiales car l’allégorie est une femme aux seins nus avec un enfant aux ailes d’ange ! undefinedAu 7ème étage nous arrivons sur une terrasse bien exposée à la neige qui tombe maintenant, mais qui nous offre une vue admirable sur les toits de la ville basse, et sur la rue où nos amis plus rapides attendent un regroupement.undefined

Un tout petit tour au musée de la Salle des tortures dont je ne retiens que le portrait officiel de Dracula, undefinedavant de continuer vers la place Cetatii, cœur de la vieille ville. A peine plus d’une demi-heure pour prendre l’escalier couvert qui conduit depuis 1642 à l’église de la Colline. Et c’est bien car il neige de plus en plus. L’église est intéressante et le gardien nous a accompagnés pour nous faire découvrir la richesse des œuvres d’art, retables et tableaux, qui sont exposés là. Excellente acoustique que Brigitte teste. Décidément avec « Oiseaux, si tous les ans … » de Mozart qu’elle nous a chantonné mardi soir, nous entendons qu’elle a une bien belle voix !
La descente de l’escalier se fait en compagnie des élèves de l’école qui domine, elle aussi la ville, juste à côté de l’église, et avec une musique très actuelle pour jeunes gens.
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Nous prenons le repas dans la grande maison qui se tient à l’emplacement du château où est né Dracula. La dernière fois que les maisons de ce quartier ont été refaites, c’était il y a quatre ou cinq siècles, et il ne reste plus grand chose du palais où il vécut sa toute petite enfance. Et à l’heure qu’il est, nous n’y attachons pas beaucoup d’importance ! Soupe, viande en sauce au paprika, cornichons et poivrons, gâteau, café.

Et quelques minutes pour faire le tour de la ville avant de redescendre vers le bus. C’est un peu trop rapide, et nous resterions bien un peu plus malgré la neige qui tombe toujours, et la boue qui rend délicate la promenade dans les vieilles rues. De l’argent arrive de l’Unesco et de l’Europe pour la rénovation et l’entretien de cette belle ville, et la saison hivernale est mise à profit pour installer des canalisations d’eau et du tout-à-l’égout, puisqu’il n’y a pas de touristes, sauf nous !undefined

La fin de l’après-midi arrive très vite après le retour, un bref passage à l’hôtel et c’est déjà la conférence de Philippe Andriot, très suivie et souvent animée par les avis et débats de quelques participants qualifiés.

Au programme du jour des œuvres allemandes de Mozart, dites sonates palatines : sonates pour piano et violon jouées sur des instruments anciens par Catherine MacIntosh (violon) et Geoffrey Govier (pianoforte), KV 305, KV 304, chef d’œuvre incomparable, KV 306 et KV 526 qui est peut-être bien la plus belle sonate de Mozart. Après un démarrage délicat, les instruments et les oreilles se sont rejoints avec bonheur. Et nous avons passé une excellente soirée.


par Camille et Pierrette publié dans : Voyages musicaux
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