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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 16:57

FORET DE SAOU ET TROIS BECS
Il est difficile de parler de la forêt de Saoû en termes strictement objectifs. Les scientifiques disent que c'est le plus bel exemple de synclinal perché d'Europe, et le plus haut. Que c'est un extraordinaire lieu (extraordinaire peut dans son sens strict, être un mot scientifique) protégé par ses barrières naturelles, la flore et la faune y sont riches et variés.  Au centre de la Pangée, ce continent unique qui a éclaté il y a 200 millions d'années, le synclinal ne serait apparu qu'il y a 80 millions d'années, au moment de la formation des Pyrénées. Et c'est maintenant la partie la plus occidentale des monts du Diois.
Pour les Drômois, c'est un endroit mythique qui appelle à l'aventure à tout âge.  Depuis les pique-niques dominicaux et les parties de ballon sur la pelouse autour de l'Auberge des Dauphins, aux promenades tranquilles sur les chemins forestiers qui en font le tour, aux randonnées plus sportives autour de la Roche Colombe à l'ouest et des Trois Becs qui culminent à 1589 mètres à l'est, jusqu'à l'escalade supervisée ou non par une division du Club alpin français.
Et pour le promeneur de la vallée de la Drôme ? Une surprenante montagne vertigineuse que l'on voit de loin et qui aide à se repérer. Qui intrigue par ses hautes falaises et invite à la découverte. Alors de là-heut s'ouvre l'horizon sur tout un paysage impressionnant de pics, avec le Grand Veymont au nord-est  et au sud le Mont Ventoux, de vallées, celles de la Drôme juste en dessous,  du Rhône à l'ouest et de la Valdaine au sud. 
Quelle que soit la route par laquelle ce promeneur arrive, le spectacle est grandiose : la Roche Colombe en arrivant de l'ouest, le pas de Lauzun en venant d'Aouste, les Trois Becs depuis la vallée de la Drôme et depuis la route du col de la Chaudière, et le village de Saoû d'où qu'on vienne : c'est toujours très beau.

 Et moi , j'alimente mon mythe Forêt de Saoû-Trois Becs par des lectures sérieuses comme les Etudes drômoises, ou un peu plus faciles : Détours de France qui a fait un très bel article sur la faune et la flore il y a quelques années ; "Il était une fois la forêt de Saoû" et "La petite musique de Saoû" écrits par Pierre Vallier et illutré par Yvon Tardy pour le second, un curieux polar "Prise de Becs" écrit par Jean Yves Loude et la population de Saillans lors de la longue négociation de rachat de ce lieu par le département de la Drôme, les livres de photos de Didier Chapuis "Les quatre saisons de la forêt" et de Jean Louis Gonterre "Passion de la Drôme" avec quelques pages écrites par Henry Fuoc.
Et j'espère bien que ce n'est pas fini !

Et j'aime  partager mon bonheur à me promener ou à randonner dans cet endroit. Avec de nouveaux venus ou avec des personnes qui le connaissent bien mieux que moi.

VERS LES TROIS BECS
Alors, lorsque au cours de notre randonnée de mardi dernier au nord de Saillans, Marianne m'a parlé de sa prochaine sortie vers les  Trois Becs le vendredi suivant, je lui ai demandé de l'accompagner.

Cet endroit ne fait  pas rêver que moi. Sa réputation est si bien établie que lorsque nous avons montré ce massif à Wendy (l'Australienne d'Adélaide qui nous avait accueillis l'an dernier chez elle, cf les articles de la catégorie Océanie) dès son arrivée à Valence, elle nous a répondu : " Ah, les fameux 3 Becs, la montagne que tous les Dromois regardent le matin en se réveillant, et qui détermine l'humeur de la journée !"

Départ à 3 vers le pas de la Motte vendredi matin : Marianne, sa soeur Thérèse qui préparent un grand treck au Maroc et moi. Depuis la ferme des Auberts, point de départ classique des marcheurs de Saillans. Quelques minutes après la mise en route nous longeons une clairière où les charbonniers brulaient le bois récolté sur cette pente pour le transformer en charbon de bois. Les fours de métal restent ici abandonnés.


Après 2 heures de montée en sous-bois, en apercevant de temps en temps le point à atteindre à droite, et sur la gauche la haute falaise à franchir nous arrivons avec plaisir au pas de la Motte, où quelques feuilles commencent à changer de couleur.Un magnifique cairn renforce la signalisation du GR. Bien d'autres avant nous ont dû être heureux d'arriver là.

 Encore quelques pas et nous voici en face du "val perché" et des pentes vertigineuses qui font le tour intérieur du massif. Je ne me rappelais plus bien ces reliefs impressionnants. Le chemin en corniche nous dévoile quelques paysages variés : le Vercors au nord, la plaine de la Valdaine bien au sud, le Diois à l'est et tout le synclinal jusqu'à la Roche Colombe. Pour rien au monde je ne voudrais être ailleurs à ce moment là !

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Published by Camille et Pierrette - dans Randonnées
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 13:44

Mardi 29 Mai 2007 - Nous quittons Skye avec quelques frustrations. Mais je me réjouis de montrer à Cécile le petit village de Plockton, à quelques miles du pont de Kyle of Lochalsh ... Un des plus joli village d'Ecosse avec ses petites maisons de pécheurs blanches sur la rive d'un détour du loch Caron, et ses palmiers qui sont sa particularité si insolite.
Nous quittons Plockton sous la pluie, arrivons à la gare de Kyle of Lochalsh toujours sous la pluie, et attendons l'heure du train ... à l'abri de la gare qui n'a pas changé d'aspect depuis un siècle et demi, mais toujours aussi neuve et pimpante.

Je dois ajouter là que c'est grâce à notre pugnacité que nous empruntons le train pour faire les quelques km qui nhous séparent de Plockton. Car nous avions demandé la semaine dernière, à l'employé de l'office de tourisme comment nous y rendre, et il nous avait largement incitées à prendre un taxi ... Un peu surprises nous avons examiné les panneaux d'informations du lieu jusqu'à tomber sur les horaires de train, et c'est la première gare sur la ligne d'Inverness. Ce jeune homme avait-il eu une nuit difficile à cause du festival de musique rock qui se tenait à ce moment là à Breakish, sur la route de Broadford, ou était-il imcompétant ? Ca reste un mystère, mais petit mystère.

Le paysage doit être superbe lorsqu'il est un peu moins gris. Mais la gare est si loin du village. Nous téléphonons à nos hôtes pour savoir exactement où est leur villa, et ils nous proposent de venir nous chercher à la gare. Aubaine. Nous nous installons dans une chambre sans originalité mais "cosy" et partons pour une visite pédestre du village, de la baie, des alentours du chateau ; passer l'aprèsmidi de randonneuses dans les environs un peu trop gris.
Le village est si petit que les renseignements touristiques sont délivrés par le pub le plus important qui est aussi un restaurant réputé. et qui délivre même des espèces aux gens de passage : il n'y a pas de distributeur de monnaie au village. Des pubs, des antiquaires, des boutiques d'artisanat local et beaucoup de résidences secondaires séparées de leur joli jardin par la route qui traverse le village.

Nous mangeons d'une assiette géante de produits de la mer locaux : diverses sortes de saumons, de poissons de mer, des huîtres de Skye, des coquillages divers : un régal. Et partons nous promener. Ancien lieu de culte catholique secret et en plein air (du temps de John Knox ?), épave de bateau pourissant au fond d'un bras de loch entouré de rhododendrons, chemin creux au fond d'un bois de pins avec mousses et lichens, jusqu'à un hangar à bateaux vieillissant un peu mal. L'ambiance est un peu oppressante, genre "Seigneur des Anneaux" ... que je n'ai pas vu.

Pour tout dire on a un peu de mal à remplir l'aprèsmidi ! Mais on y parvient. Ce soir nous avons réservé une table pour écouter les musiciens au pub où nous avons mangé à midi. Dommage que nous ne puissions pas les entendre de la salle à manger où nous dégustons une salade de crabes de Bracadale (encore un produit de Skye qui mériterait presque à lui seul un séjour dans cette région, peut-être avec les langoustines fraîches de Ullapool ?).

Mercredi matin, je soulève légèrement le store de notre chambre pour apercevoir un paysage sûrement sublime, mais si gris, si gris ... que Cécile n'y tient plus et téléphone à Céline pour lui demander de rentrer 24 heures plus tôt que prévu. Je crois que Céline est bien contente ... de nous entendre, et de retrouver sa soeur avec un peu d'avance. Nos hôtes sont d'accord de nous laisser partir sans nous sanctionner, et c'est dans de bonnes dispositions que nous gagnons la salle à manger. Breakfast avec deux couples d'Allemands qui visitent l'Ecosse en moto, et qui trouvent eux aussi ce mois de mai un peu trop humide. Notre hôte nous raccompagne à la gare, et nous l'en remercions encore. 
Le retour jusqu'à Edimbourg est comme un retour dans la civilisation. C'est vraiment très fort ette impression donnée par le lent changement de paysage accompagné d'un lent changement de temps. Cécile a dû trouver que ça manquait d'action, alors elle a dormi une bonne partie du voyage. Je me tenais pour ne pas la réveiller dans des endroits que j'aime beaucoup.
Lorsque nous arrivons chez elle, Céline nous fait part de son soulagement. Elle avait craint que notre séjour soit très difficile car Skye a la réputation d'un endroit avec beaucoup de brouillard et au temps très rigoureux. En Corse où le climat est infiniment plus clément des randonneurs sur le GR 20 viennent de trouver la mort ... Nous sommes en parfaite santé, merci ! Mais Cécile maugrée un peu en disant "C'étaient mes vacances d'été ... Maman, on recommence quand tu veux, mais au Maroc !"

Il nous reste deux jours avant de repartir. A l'heure du déjeuner, nous écoutons un concert gratuit à la Cathédrale St Gilles, choeur d'une université américaine de musique qui fait une petite tournée en GB Cécile veut aller au cinéma, moi je préfère aller à la Royal Scottish Academy et surtout à la National Gallery of Scotland. Les musées écossais sont riches, mais il y a aussi une ambiance qui me convient parfaitement, les surveillants rappellent avec sourire et fermeté l'interdiction de photographier, même une famille royale de Van Dyck.

Vendredi, Céline et Nadège nous ont invité dans un restaurant sympa de Victoria Street, (rue colorée, bien courte, mais des plus animées de la ville, avec des magasins rares qui joint le "Royal Mile" à la Place aux Herbes qui fût aussi l'endroit où était installé le gibet). C'était très bon et ça confirme notre sentiment de progression importante de la qualité des restaurants écossais. Visite de la bibliothèque universitaire de théologie où travaille Nadège et ensuite sur un mode plus léger aprèsmidi shopping. Nous nous devons de ramener quelques denrées pour ceux qui nous attendent sur le continent. Nous parcourons Princes Street et finalement nous trouverons chez Jenners  tout ce que nous souhaitons. Et beaucoup plus !

            Ces gâteaux ne sont-ils pas totalement british et irrésistibles ? Aussi typés que chapeaux royaux, non ?

 

 

Thé dans un endroit à belle vue sur Princes Street. Malgré tout ce que nous pouvons dire du temps que nous avons eu nous avons le teint hâlé et de jolies couleurs à côté de Céline qui a acquis depuis 7 ans à Edimbourg un teint bien blanc de pure Ecossaise.

Samedi matin 2 juin 2007. A l'aurore un taxi nous emmène à l'aéroport. Salut Céline et Nadège, à bientôt en France !

Epilogue.

Bien sûr pour une belle randonnée sous un beau temps printanier il aurait sûrement fallu aller plus au sud. D'ailleurs il n'y a qu'à regarder les catalogues des tours opérators qui se sont spécialisés dans ce marché : aucun ne propose de randonnée en Ecosse. Pas fous !
Alors merci Cécile pour la proposition d'un treck au Maroc. Mais je crois que maintenant tu n'auras plus le temps de randonner avec ta mère puisqu'il va te falloir sous peu apprendre à une petite fille à marcher ...

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 13:56

Lundi 28 Mai - Dernière rando dans l'île de Skye.
Kathie nous sert le même petit déjeuner que les matins précédents. Et nous allons prendre l'autobus à la sortie du village pour Luib, en direction de Portree. Nous allons passer dans un "glen", vallée au creux de laquelle coule un ruisseau, entre les Red et les Black Cuillins traversant ainsi l'île de sa côte nord à sa côte sud, par un des passages les plus étroits. Il fait plutôt beau, avec encore du vent du nord et quelques nuages.
Luib est un tout petit village, un hameau presque, où il reste encore une chaumière vieille de deux siècles, sa façade nord est presque intacte, ce qui n'est pas le cas de celle du sud. Elle doit servir d'étable à d'étranges chèvres ou brebis à quatre cornes, deux haut placées et deux qui tombent sur les joues. On se croirait dans un conte étrange avec animaux diaboliques et frissons dans le dos! Heureusement c'est le matin et la journée est encore longue.

 Derrière le village un sentier monte entre les collines, de l'eau court entre les pierres. Un nuage s'approche et se répend au dessus de nous. Cécile sort son parapluie pendant que j'enfile ma cape. Quelques photos de ce moment rare, car en fait nous n'avons presque pas marché sous la pluie et nous continuons. Par le chemin ou le ruisseau ? Ils sont difficiles à distinguer, et nous nous rendons compte rapidement qu'il est plus sûr de sauter de touffe de bruyère en touffe de bruyère que de pierre en pierre.

Quand nous arrivons au loch intérieur nous constatons grâce à la végétation dans l'eau que son niveau doit être anormalement élevé et nous renonçons à suivre la rive en gagnant la pente ouest de la montagne. Bien sûr il n'y a plus de chemin dans la lande abandonnée depuis des siècles à de rares moutons. Mais nous sommes surprises de trouver un muret qui devait séparer quelques champs d'avant les "clearances". L'avance dans ces circonstances nécessite une attention au sol qui nous distrait de la carte, et nous nous rendons compte un peu plus loin que nous avons ainsi raté le changement de rive. Le chemin de l'autre côté est enfin très net.
c'est le moment de prendre de grandes décisions : nous couperons perpendiculairement à notre point actuel, et verrons au bord du ruisseau comment le traverser ... Finalement il n'est pas profond, et ses rives pas bien hautes, alors nous enlevons nos chaussures et chaussettes, et c'est pieds nus que nous irons. Pas si froid que ça, et par bonheur le soleil brille, alors nous nous installons pour faire sécher nos pieds sous la douceur des rayons de soleil printanier.

Le spectacle des montagnes qui nous entourent est superbe. Pas bien hautes, à peine 1000 m, mais escarpées, des rochers dénudés par la pluie et le vent et acérés à l'ouest. Plus rondes et moins denudés à l'est, la lande la colore de rouge, d'où son nom.
Le vent nous décoiffe encore et nous trouvons refuge à l'abri du mur d'enceinte du centre de sport nautique pour partager notre déjeuner de tomates et fruits. Nous observons à la jumelle quelques marcheurs qui se découpent sur la ligne de crètes de Bla Bheinn, le point culminant de la chaîne qui se profile à l'horizon ouest ... Ils nous laissent rêveuses. Et Cécile d'ailleurs en profite pour s'endormir bien emmitouflée et tournée vers le soleil. Je vais me promener tout au long de la rive du loch en rassemblant les impressions que me laisse ce séjour sur cette île.
Il paraît que le désert se définit par le manque d'eau. Si c'est le seul critère, on ne peut vraiment pas dire que Skye en soit un. Mais j'ai pourtant très envie de la qualifier ainsi. Manque d'habitants, immenses territoires de landes sans chemins, avec à peine la trace d'une civilisation disparue ... Pas d'animaux sauvages ni d'oiseaux,et  et ça c'est une vraie déception. J'avais compté sur des phoques, sur des loutres, sur des aigles et autres prépateurs ... Seulement quelques animaux domestiques et encore si rares : les deux vaches Highland du premier jour, les cinq beliers d'hier,  les quatre étranges bêtes à cornes de ce matin, et quelques rares troupeaux dispersés dans la lande ou au bord des lochs ... Bien sûr nous sommes encore tout près d'un village, une ferme et deux ou trois cottages qui doivent être des résidences secondaires ou les refuges de quelques misanthropes.

Mais avouez que c'est peu ...
Et malgré tout, des structures sociales existent et fonctionnent comme le services de bus très dense, enfin pas assez à notre goût, mais pour les 3000 habitants de l'île, remarquable. Et nous allons d'ailleurs en prendre un qu'il faudra attendre une partie de l'après-midi. Il dessert le village d'Elgol au bout de la route, au bout du monde ? Non, car il y a là aussi, quelques îles et autres côtes qui se profilent au delà du loch Scavaig. Après avoir chercher en vain l'emplacement de l'arrêt de bus nous apprenons qu'il suffit de faire signe au chauffeur pour qu'il s'arrête. Et on peut discuter avec lui tout au long du trajet. Il nous parle un peu des ruines de village que nous traversons : pans de murs de chaumières et d'une église avec quelques tombes entourées de leur enclos. C'est là que nous aurions dû passer hier si nous avions trouvé l'issue du sentier. Nous nous rendons alors compte que nous aurions dû prendre l'itinairaire dans l'autre sens !
Le chauffeur nous emmène jusqu'à la zône artisanale de Broadfort où se trouve un atelier de conditionnement de poisson. Que le saumon fumé est cher pour une région productrice ! Mais ce sera notre repas du soir. Je l'arroserai avec le whisky qui me reste. Dommage, ce n'est pas du Talisker, le produit local. Mais il est vendu en flacon trop grand pour moi seule ou je ne veux pas le porter dans mon sac à dos.
Le jour décline doucement à l'horizon pour notre dernière soirée sur cette île.

 

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 07:04

ECOSSE - SKYE - Dimanche 27 mai. Nos hôtes se repartissent l'accueil de leurs locataires. A Kathie le breakfast et à Tony les renseignements touristiques. Pour Kathie nous devons être des touristes insolites en restant plus de deux nuits. Et la conversation a un peu le même caractère que le menu : ça ne se renouvelle pas beaucoup. Heureusement que la saison est aux plantations, le renouvellement des jardinières nous occupe un peu ! Quant à Tony, il nous a indiqué une rando pour un dimanche, jour où le service de bus est plus léger, et nous a même prêté sa carte.
Tour au supermarché avant de partir : fruits pour le casse-croute, et poissons fumés pour le repas du soir, que j'arroserai de whisky, Cécile est sobre comme un chameau, alors une petite fiole me suffira.

Pour atteindre Heast nous devons marche pendant 7 miles sur la route bordée de prairies où paissent quelques moutons. C'est vraiment de l'élevage extensif car ils ne sont pas nombreux dans chaque troupeau. Nous inquiétons un agneau couché près d'un ruisseau qui essaie alors de partir. Mais il boite tellement que ça lui est très difficile. C'est sûrement une future carcasse dans la lande ... 
Le paysage de landes est un peu désolé, mais parfaitement dégagé par un vent du Nord. A l'horizon à droite les Cuillins, dans notre dos la baie de Broadford, sur les côtés des fossés où l'eau court.

A l'entrée de Heast quelques ruines : petites maisons de fermiers abandonnées lors de l'épisode "clearance". Dans les vieux enclos de pierre nous voyons 5 béliers aux cornes impressionnantes. Ce sont sûrement les mâles reproducteurs de la région.

Le village se compose de quelques chaumières. Celles d'aujourd'hui ont quelques fenêtres et un toit d'ardoises, alors qu'au début du 18ème siècle, elles n'avaient pas de fenêtre, et un toit de chaume retenu avec des pierres liées par des cables de part et d'autre de la maison. Des feux de tourbe tentaient de réchauffer les chaumières, et réussissait plus sûrement à noircir de suie tout ce qui se trouvait dedans.

(Ca, c'est notre chambre, et remarquez le mur de droite, très sombre, c'est le mur d'origine, et bien décapé lors de la rénovation de la maison !)
Elevage de saumons à l'horizon, et quelques moutons qui divaguent sur la rive. Et qui sautent les flaues et les ruisseaux plus facilement que nous. Nous longons la côte pour joindre le point d'arrivée du chemin de retour. Arrêt pique-nique et repos, à l'abri du vent.

 La marée monte, et des brebis gagnent quelques îlots herbeux prestement. Quant à nous, nous cherchons notre chemin... pendant longtemps, et ne le trouvons pas !

Marche difficile dans les collines couvertes de bruyères, et semé de trous assez profonds qui nous font des pièges. Alors retour par la route, avec le vent du Nord dans le nez ... Et nous prenons bien conscience qu'il n'y a rien pour le ralentir ou le rechauffer depuis le pôle Nord jusqu'ici !
Dîner dans la chambre, et Cécile va bien vite se coucher.

 

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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 14:10

ECOSSE - SKYE - Samedi 26 Mai 2007. Le petit déjeuner est strictment le même que les jours précedents. Copieux, riche mais ça manque d'originalité. Il faut dire qu'il n'y a qu'un supermarché à Broadford, qu'il y a beaucoup de choses, mais quand même, il n'y a que 3000 habitants dans l'île de Skye. Ca ne permet pas un choix de grande ville ! Nous avions remarqué, mardi soir en venant, dans le bus qui partait de Fort Williams une dame qui s'entretenait avec le chauffeur du bus (oui, il n'est pas interdit de parler au chauffeur en Ecosse) et qui lui disait qu'elle venait faire ses courses d'épicerie à Fort Williams depuis Skye. Meilleur choix, et prix incomparable. (Remarque personnelle : ça devait lui permettre de s'acheter plein de chips qu'elle dévorait ensuite tout au long du voyage, avec quelques bonbons aussi. Et elle devait le faire souvent à voir la place qu'elle occupait sur le siège !)
L'objectif du jour sera le jardin boisé "Woodland Garden" que j'ai aperçu un peu avant le pont de Kyle of Lochalsh lorsque nous sommes venues. Bus jusque de l'autre côté du pont puis nous longeons la route jusqu'au jardin.

Cécile qui ne l'a pas remarqué en venant a des doutes sur son existence. C'est vrai qu'il est un peu plus loin que ce que j'avais cru. Les km, et à fortiori les miles ne sont pas les mêmes suivant qu'on les parcourt à pied ou en voiture. Mais nous finissons par y arriver. A l'accueil nous déposons dans une boite le prix de la visite : il n'y a pas de contrôle, et nous sommes en Europe du Nord. Une documentation nous permet de parcourir les différents sites : fougères, rhododendrons, pins écossais, bambous, hêtres, hydrangeas ... Nous prenons notre pique-nique sur la pelouse centrale près du chateau privé, car on ne peut pas descendre juste au bord du loch.

Nous remontons doucement jusqu'à l'entrée entre les fuschias et les rhododendrons.

 Et reprenons la route encore plus longue au retour ! L'horaire du bus nous permet de passer à la poste où Cécile relève son courriel, pas assez de temps pour le mien. Nous passons à l'office de tourisme pour savoir comment nous rendre à Plockton la semaine prochaine. Le préposé nous conseille un taxi, et c'est en cherchant bien dans tout ce qui est affiché que nous trouvons un train. La nuit a dû être dure pour ce jeune homme car il faut dire qu'il y a en ce moment le  festival de rock de Skye, sur l'aérodrome de Broadford, heureusement à quelques km du village. Et pendant ces manifestations la bière coule à flots. Et certains des passagers des bus que nous empruntons ont bien besoin de leurs deux mains pour s'aider à tenir debout ...

Retour à notre B&B, et ce soir au menu je choisis du haggis dans des feuilles de filo. C'est encore bien bon. Ai-je déjà dit que je trouve la cuisine fort agréable cette année. Les cuisiniers ont-ils fait beaucoup de progrès avec le développement du tourisme international, choississons-nous mieux nos menus ? Peut-être un peu des deux. Une chose à regretter : nous mangeons bien, OK, mais il ne faut pas regarder au budget.

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 12:43

Vendredi 25 Mai 2007. Nous décidons d'alléger un peu notre petit déjeuner en supprimant le pain rôti, les toasts grillés suffiront pour accompagner un menu semblable à celui de jeudi. Nous allons essayer d'aller voir la réserve naturelle d'otaries à Kylerhea, sur la baie de Glenelg. Il y a là un petit bac qui permet la traversée à 2 ou 3 voitures à la fois, et sur l'autre rive, il y a de nombreux vestiges préhistoriques en plus d'un village délicieux (le village et le paysage, nous avions pu les apercevoir en 2003 alors que nous avions tenté de passer à Skye par ce bac. Mais la mer était un peu grosse, alors le bac était ancré à quelques encablures, balloté par les vagues, attendant un temps plus clément. Et Maïthé a été bien soulagée de voir que nous devrions passer ailleurs ... C'est vrai qu'il est vraiment petit ce bac !) Donc beau programme. A ceci près que le bus ne nous a pas emmenées à Kylerhea, mais à Kyleakin, juste au fond du loch plus au nord. L'accès à la réserve d'otaries n'est pas facilitée du tout. Peut-être est-ce normal si l'on veut protéger ces mannifères. Alors nous nous contenterons de faire le tour du port, jusqu'aux ruines de la forteresse qui en gardait l'entrée quelques siècles plus tôt.

Avant la construcion du pont qui relie l'île à Kyle of Lochalsh la liaison par ferry arrivait ici, et le quai est encore immense, les hôtels et structures touristiques nombreux, et probablement sousemployées maintenant.


Changement de projet pour nous : nous allons marcher un peu vers Portree, le village le plus important de l'ile. Tour de ville, et de son port aux jolies maisons colorées.

 Plein de maisons nous proposent des chambres en location, nous aurions été plus au centre de l'île et le choix de nos rando aurait été plus important si nous étions venues jusque là. Nous allons faire un tour au nord de Portree, un sentier surplombe le Sound of Raasay et nous offre de beaux coups d'oeil sur l'île du même nom.

Bien sûr un elevage de saumons occupe le loch. Il y en a dans tous les lochs ouverts de la côte ouest des élevages de saumon. Il parait que ça polue intensément les lochs et que la faune naturelle a beaucoup de mal à survivre, dans le meilleur des cas.

 Quoiqu'il en soit, le paysage est superbe, le soleil brille et le vent souffle. Aussi notre regard porte loin, jusqu'au célèbre massif rocheux de Storr et son rocher solitaire nommé "old Man Storr". Retour à Portree par un beau sentier avec pierres partout : le long, et au sol.
Nous trouvons un pub qui donne de la musique gaellique toute l'après-midi. Beaucoup de violon, pas de cornemuse. Il y fait bon, alors ce sera un bon endroit pour attendre l'heure du bus. Cécile goûte pendant que je teste la bière de la maison. Excellente.


Retour à Broadford sous un ciel très gris, mais avec un bel arc-en-ciel à l'est, il y a du soleil quelque part !
Je goute au fish and chips ce soir. Il est lui aussi excellent, le hareng très frais, et les frites à la façon française, c'est à dire bien dorées et croustillantes. Attention, il faut les demander "french" pour les avoir ainsi. Sinon on risque des frites qui semblent autant cuites à l'eau qu'à la friture, flasques et molles ... Et c'est une recette, ce n'est même pas une erreur !

 

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 12:22

Jeudi 24 mai 2007. Les 3 chambres de Limestone Cottage sont occupées, aussi Kathie nous a demandé de choisir le service de petit déjeuner de 8h ou 9h. Après consultation des horaires de car et de nos nombreux projets, il nous semble nécessaire d'être matinales. Donc à 8 heures nous nous installons dans la salle où les flammes d'un feu de bois crépitent. C'est douillet, et ce serait parfait si nous avions la jolie porcelaine de 2003. Elle a été malheureusement remplacée par de la faîence joliment décorée, mais moins british. Menu : des céreales, des oeufs et toasts frits, des beignets de pommes de terre, des champignons, des tomates, et une saucisse arrosés de thé. Nous voici prêtes à affronter une journée de marche sous n'importe quel temps.
Petit passage au supermarché avant d'arriver à l'arrêt de bus qui est à l'autre bout du village. Pour le casse-croute de midi, quelques fruits suffiront ...
Nous devons apprendre à lire correctement les horaires : attention, certains bus ne roulent que pendant les vacances scolaires. Donc nous testons l'étanchéïté de l'abribus un peu plus longtemps que prévu. Le temps est donc incertain, aussi n'allons nous pas nous aventurer dans une longue promenade dans la lande. Les sentiers du Centre du Clan Donald à Armadale, ses jardins et le musée feront l'affaire pour la journée.


En cheminant à travers le jardin bien fleuri (eh oui, encore des campanules, agrémentées d'azalées cette fois) et très boisé nous arrivons au "musée des îles" qui retrace l'histoire de ce  royaume gaelique. Il atteint son apogée au Moyen-Age et Armadale en devient le centre au 15ème siècle. La vieille forteresse fut remplacée en 1790 par une résidence plus agréable qui brula en 1855. Une grande partie fût alors détruite. Les ruines en haut de la pelouse, face à la mer ont encore grande

allure.

Le musée nous raconte le Royaume des Iles, depuis sa fondation, ses luttes contre les Vikings ou les Ecossais, la puissance du Clan Donald, les autres clans des Highland ; les luttes entre clans à partir du 18ème siècle ; le mouvement de "clearances" qui désertifia toutes les Highland et poussa tant d'Ecossais à l'emigration vers les nouvelles terres d'Amérique, d'Australie et de Nouvelle Zélande. Il y a plusieurs façons de raconter cette révolution économique des clearances.
Celle qui relate le besoin pour les grands propriétaires d'augmenter le rendement de leurs immenses domaines en les consacrant à l'élevage extensif du bétail. La présence des fermiers locataires entravait ce projet. Ils furent alors chassés, avec vigueur, et leurs chaumières rasées ou brulées. Ils tentèrent de s'installer dans les villages côtiers et de travailler à la pêche ou dans les pêcheries, mais les habitants virent en eux des concurrents indésirables. L'enrolement dans l'armée ou l'émigration prèsentèrent alors les solutions de survie.
Dans le livre d'histoire "Scotland - History of a nation" de David Ross relate une période plus largement difficile, qui touchait les activités agricoles basées sur l'élevage et la récolte du varech, mais aussi sur les tentatives d'industrialisation : ateliers de tissage, pêcheries, mais trop isolés en raison du relief montagnueux. Concurrence internationale, dès le début du 18ème siècle. Chômage du au retour des soldats à la maison après la fin des guerres napoléonniennes. Pauvreté de la production agricole limitée au pommes de terre et de l'alimentation. Certains grands propriétaires sont confrontés à la banqueroute et acculés à se passer de leurs fermiers ...

Grande leçon d'histoire et de politique, en anglais bien sûr. Alors il est tant de prendre l'air ! Nous prenons le sentier rouge que nous combinons plus tard avec une partie du sentier bleu. Ce ne sont pas les fleurs qui ont donné leur couleur aux sentiers, comme on aurait pu le croire un moment

Buissons de fuschias, iris d'eau, mettent un peu plus de couleurs dans cette forêt un peu sombre. Mais le ciel y est sûrement pour quelque chose : les nuages sont nombreux , gris foncé et uniforme. Ils nous empèchent de voir au delà du Sound of Sleat le joli petit port de Mallaig d'où part un ferry qui rejoint Armadale.
Nous complétons notre boucle en allant jusqu'au quai où aborde le ferry. Un bar ne sert que des boissons fraîches, alors nous allons jusqu'à la boutique Ragamuffinre commandée par le guide "Scotland, the best". Quel choix de lainages doux et soyeux, du bien classique au plus original. Etrange dans cet endroit , mais il doit y passer beaucoup de monde.

Pour preuve le jeune couple que nous rencontrons à l'arrêt de bus. Ils viennent de Vancouver sur les traces de leurs ancêtres. Ils trouvent une certaine douceur au temps aujourd'hui. Comme quoi l'appréciation du temps est bien relative. Ca dépend seulement de nos habitudes !
En attendant le bus qui nous ramènera à Broadford, nous allons prendre un thé dans les anciennes écuries du Clan Donald Centre

 Choix du soir au restau : "Trésor de la mer" : c'est un gratin de poisssons très relevé avec une bonne bière blonde. Puis promenade digestive jusqu'à la point ouest de la baie de Broadford.

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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 17:54

Mercredi 23 Mai 2007. Le dernier arrêt prévu avant d'arriver à Broadford sera pour le château le plus photogénique d'Ecosse,  Eilean Donan Castle, qui figure sur l'une des cartes postales les plus vendues du pays. Il ne pleut pas, mais le ciel est obscur juste au dessus du loch Duich.

 Au loin, c'est clair, et ça doit être Skye. Ca nous rassure pour notre avenir !
Tour de l'île, visite du château. Et aujourd'hui il doit y avoir un visiteur de marque. Alors que nous faisons la visite seulement aidées de cartons explicatifs il est, lui, accompagné d'un monsieur en kilt et chaussettes à la couleur du clan, chaussé des légers souliers de cuir au laçage qui monte jusqu'aux mollets que je n'avais vu jusqu'alors que sur des photos, et il reçoit l'historique de pièces d'argenterie, de meubles etc... en passant par les mariages et les dots et quelques combats. A l'étage au-dessus, il y a même des couvertures en lainage du même écossais que le kilt et les chaussettes ! (Je me rappelle que nous avions vu à Inveraray, fief du clan Campbell, la moquette, les doubles rideaux, l'uniforme du personnel du château, à leur couleur. Il y avait même en vente à la boutique des pantoufles bleues et vertes.Et nous avions remarqué sur les photos de mariage exposées sur les meubles d'un salon qu'il y a de légères variantes suivant les cousinages ou les descendances en ligne directe).
Nous finissons la visite par la cuisine et les réserves, et c'est très réussi : les tables sont recouvertes de plats très appétissants, sur l'évier quelques poissons et du gibier attendent d'être préparés, et la maîtresse de maison donne quelques instructions au maître d'hôtel et à sa cuisinière. Tout ça en résine d'un si bel effet qu'on gouterait bien un peu du pudding qui rafraîchit sur la fenêtre !
Mais pour nous ce sera repas léger au visitors centre, près d'une fenêtre donnant sur le château pour en profiter jusqu'au bout. Nous n''avons jamais été deçus par les soupes que nous avons mangées dans les châteaux et musées, et celle d'aujourd'hui est excellente.
Reprise de la route, passage sur l'île par le pont de Kyle of Lochalsh. Le passage n'est plus soumis à péage, il me semble que nous avions payé en 2003. Et arrivée à Broadford où nous avons réservé un B & B pour 6 nuits, dans une petite maison ancienne de carriers, qui est couverte de fleurs en été ; mais nous arrivons un peu tôt cette année, les jardinières sont presque vides. Installation rapide, et nous allons à l'office de tourisme chercher notre matériel de base : horaires de bus et cartes de rando.
Et tout de suite nous commençons par un tour à l'ouest, au pied des Red Cuillins (752 m), les collines qui dominent Broadford et sa baie. Nous passons au large des anciennes carrières, traversons des ruisseaux, des chemins et même un hameau avec église en ruines avant d'arriver à quelques fermes en exploitation. Elevage de bovins, et je peux enfin montrer à Cécile des vaches de race Highland : poils longs et frisés et cornes immenses.

 Retour au village pour le repas du soir. Nous n'avons que l'embarras du choix pour les restaurants, il y en a au moins quatre au village. Et cette année je ne me laisserai pas avoir avec un contresens pour "scallops", je mangerai des coquilles St Jacques aussi souvent que je le pourrai. Et sans plus attendre d'ailleurs. 


Nous quittons le restaurant un peu tard, et il fait encore grand jour :  nous sommes sous le 57ème parallèle, presque à la latitude de St Peterbourg, donc très au nord, là où les nuits sont si courtes en été !
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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 21:38

Mardi 22 Mai 2007. Le ciel est gris lorsque nous nous apprêtons à quitter le château-auberge de jeunesse de Balloch. Passage à l'office de tourisme pour obtenir les horaires du bus qui va nous conduire cet après-midi jusqu'à l'auberge de jeunesse de Laggan, au bord du canal de Calédonie (ne pas confondre Calédonie qui est un autre nom pour l'Ecosse avec la Nouvelle Calédonie qui fut sûrement baptisée par quelques colons écossais nostalgiques ou une administration pénitentiaire pas moins nostalgique). Et profitons des heures qui nous restent avec Céline et Nadège pour aller découvrir les traces de civilisation disparue sur l'île la plus importante du loch Lomond, Inchcailloch. Le loch Lomond est le loch le plus populaire d'Ecosse, car le plus proche et donc le plus accessible depuis Glasgow. C'est aussi la plus grande réserve d'eau naturelle d'Ecosse, 30 km de long; sur 8 de large vers le sud. A Balmaha nous pouvons prendre un bateau qui nous conduira, à notre convenance sur Inchcailloch . Pour le retour, il nous suffit de donner rendez-vous au batelier qui reviendra nous chercher à l'heure convenue. L'île est une réserve naturelle, et par le temps gris que nous avons, les visiteurs sont rares. La signalisation est convenable, et nous trouvons des panneaux didactiques en divers points.


Le cimetière est le premier "vestige" accessible sur notre chemin. Quelques belles pierres sculptées à peine rongées par les lichens sont fleuries de campanules. Et les informations affichées nous expliquent la vie religieuse et les rites mortuaires : en général les funérailles étaient bien arrosées, et certaines tellement qu'il fallait revenir le lendemain pour ensevelir le mort qui avait été un peu oublié lors des libations. nous poursuivons vers les aires de battage des récoltes ; quelques bases de murs jallonnent le chemin. Et au creux d'un vallon nous apercevons une biche toute blanche  intriguée par les marcheurs que nous sommes, mais pas autant que nous par sa couleur. 


Notre attention a été éveillée et nous avançons maintenant en cherchant entre les campanules et l'ail en fleurs des viellies pierres et quelques animaux sauvages. D'autres biches de couleur fauve, un faon, et encore une biche blanche. Nous arrivons à l'hypothèse d'une consanguinité inévitable dans cette île relativement modeste qui pourrait conduire à des phénomènes de dégénérescence ? Nous redescendons vers une plage pour photo de groupe. Quelques batiments de bois sous les bousquets nous laissent penser que c'est un lieu de bivouac.


Poursuite du tour pour arriver au point culminant (ou presque) où nous pique-niquons. Avec aussi chacune notre petit paquet de chips, base élémentaire de la nourriture écossaise : nous avons vu dans les rues d'Edimbourg même des bébés manger des chips ! Bien sûr encore des campanules , de l'ail et des fougères tapissent les sousbois.


Retour à la civilisation en début d'aprèsmidi, tour du joli village de Luss qui sert régulièrement de cadre pour des films. Mais ce jour là c'est un vrai mariage qu'il y a, avec joueur de cornemuse en kilt, comme il se doit, à la porte de l'enclos de l'église. (Bien sûr, en Ecosse, ce sont les hommes et seulement eux qui portent les kilts. C'est aujourd'hui un vêtement de fête, mais autrefois c'était un équipement multi-usages : couverture, linge de toilette, vêtement ... ).
Après un épouvantable thé dans un non moins épouvantable salon de thé, nous nous séparons, Céline et Nadège retournent vers Edimbourg, Cécile et moi partons vers Skye en bus. Plutôt virils l'accueil et la conduite du chauffeur. Et même, nous le verrons plus tard franchement désagréables, ce qui est extrèmement rare en Ecosse. En général les Ecossais sont d'une extrème courtoisie, tout particulièrement vis à vis des Français avec lesquels les relations sont excellentes, voire chaleureuses depuis le 13ème siècle et la "vieille alliance" . C'est en 2001, lors de notre premier séjour écossais, qu'un monsieur croisé dans la rue nous en a parlé, et donc des longues relations de soutien entre Français et Ecossais contre l'Anglais !
Après Crianlarich la route et le chemin du WHW suivent souvent les mêmes vallées. Et nous pouvons apercevoir quelques marcheurs encapuchonnés sous la pluie qui tombe serrée dans ces montagnes. Les lochs sont plus nombreux que dans mon souvenir, et  aujourd'hui ils sont dans le brouillard. La halte au chalet de Kinghouse sera très reconfortante pour les randonneurs. Nous y avions passé queques heures et pris un repas de haggis avec Bernie et Bernard en 2003. Il y a eu beaucoup de repas haggis cette année là. Et ceux qui disent que c'est terrible n'en ont sûrement pas gouté !
Dommage que Cécile dorme tant et ne puisse pas profiter mieux de ce paysage de landes.
Changement de chauffeur à Fort Williams qui est le terme du WHW. C'est aussi une grande ville touristique et de montagne, au pied du Ben Navis, point culminant de Grande Bretagne, et le long du "Great Glen", la grande faille qui coupe l'Ecosse en deux, du nord-est au sud-ouest avec le fameux loch Ness et le loch Linnhe.
Etape à Laggan, comme prévu. La pluie s'est arrêtée pour notre sortie de quelques miles  le long du canal et dans la montagne. Il y a des bruits d'eau et de torrents partout le long du chemin. Mais l'idée de la pluie ne nous empèchera pas de bien dormir.

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 21:31

Lundi 21 mai. L'Université Royale d'Edinburg (c'est la structure qui accueille le Docteur Céline Filippi, chercheur en biologie, et notre fille  cadette), est en congé jusqu'à mercredi matin. Donc nous embarquons toutes dans la voiture de Céline en direction de l'ouest. Nous avons pour ce soir une chambre réservée à l'auberge de jeunesse de Balloch, au bord du loch Lomond, et visiterons les régions traversées . Je demande à traverser Stirling pour montrer à Cécile cette belle ville royale (il y en a beaucoup des villes royales en Ecosse) au coeur médiéval. Mais finalement Cécile n'en a rien à faire de la vaste forteresse qui domine la ville. Nous parvenons avec beaucoup de mal à trouver enfin la direction de Drymen. Et dans un joli paysage de prairies et de bocage un petit panneau portant la mention de "priory" (prieuré) nous tente. C'est au milieu du seul "lac" écossais (en effet, les autres pièces d'eau sont dénommées "lochs"), le "lake of Menteith" que nous allons trouver ce qui reste de Inchmahome priory.

Il est absolument nécessaire de passer à la chose la plus urgente du moment : pique-niquer au soleil, sur cette belle pelouse qui entoure les ruines gothiques. Des canards viennent partager notre repas, et des huîtriers au grand bec rouge surveillent le lac de la plus haute pierre du choeur de la chapelle. Que la chaleur de l'après-midi est douce ! Et maintenant visite des lieux. De l'abbaye fondée en 1238 par le seigneur des lieux, Walter Comyn, et rasée lors de la prise du pouvoir de l'église d'Ecosse par les protestants dirigés par John Knox, au 16ème siècle. (Il ne reste plus en Ecosse un seul monument de l'église catholique intact. Et quelques ruines traversent les siècles avec encore beaucoup de force et de grandeur, comme la cathédrale d'Elgin). Les pierres de la salle capitulaire sont ourlées par les fleurettes roses d'érodium, et un peu plus loin les campanules (les blue bells)fleurissent et embaument toute l'île et ses sousbois. Il y a quelques traces de tempêtes passées

 et de gros arbres à la souche arrachée sont quand même bien verts. Le soleil, le clapotis de l'eau, les fleurs et leur parfum nous accompagnent tout autour de l'île. Encore un coup d'oeil à ces ruines grandioses et il est l'heure de reprendre la route, avec Cécile à la barre

en attendant l'arrivée de notre marin. Nous reprenons la route avec un passage au chateau de Gartmore. Jamais nous n'avons vu autant de lapins que dans le parc de ce château ! Il en sort de tous les bosquets de rhododendrons, de derrière les grands chênes, d'entre les campanules, de dessous les narcisses ! Céline et Nadège nous précisent que les Ecossais ne mangent pas de lapin. Il semble qu'ils ne cherchent même pas à s'en débarasser.

Nous traversons tranquillement le parc du château, ouvert à la circulation publique pour nous rendre à Drymen, village où nous aurions fait étape si nous avions parcouru le WHW. Le ciel est franchement gris, et le loch Lomond est sous une petite pluie grand-bretonne. Alors nous continuons jusqu'à l'auberge de jeunesse de Balloch. Quelle belle surprise que nous a fait Céline : c'est un château (victorien ?) avec grand parc, et salles d'apparat ! Voici la vue depuis la terrasse, pelouse, bosquets de rhododendrons et loch Lomond en arrière plan. Nuit seigneurale sinon royale !

 
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