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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 18:44

Mardi soir 16 octobre 2007, retour d'une petite virée en Jura.

Pendant 12 à 15 ans nous sommes allés passer le week-end du 1er novembre dans le Jura et le Doubs. Pourquoi à ce moment-là ? Parce que c'était en général un week-end un peu long (d'avant le régime des 35 heures et des RTT) et que nous pouvions alors en profiter pleinement  : paysage de montagne constituée de plateaux profondément entaillés et recouverts de vignes et de forêts vertes, rousses, rouges et brunes ; bon niveau d'eau dans les rivières, les cascades et les sources ; lumière dorée de l'automne ; et souvent pas encore de neige ; bonnes tables et bons vins. C'est déjà beaucoup d'attraits réels. Nous n'y étions pas retournés depuis plusieurs années, pour de bonnes et mauvaises raisons. Mais maintenant que nous sommes en retraite, avec un camping-car,  rien ne peut nous retenir.

Nous nous sommes composé un programme de visites varié, avec quelques découvertes et quelques "révisions".

D'abord visite du Parc aux Oiseaux à Villars-les-Dombes. L'après-midi a été bien remplie par un tour trop rapide des différents étangs et volières. A cette saison les canards sont extrèmement nombreux, c'est sûrement une étape sur les routes de migration. On rentre dans toutes les volières, et l'une des plus surprenantes est sûrement la "vallée des rapaces" avec force aigles, condors, vautours, éperviers, faucons, chouettes et hiboux. Nous avons aussi été très intéressés par le "bush australien" où nous avons retrouvé des wallabies, un kangourou roux, des oies semblables à celles de Kangaru Island, des vanneaux masqués comme nous en avions vus partout en Nelle Zélande, des émeux, des cormorans pas farouches du tout ... Ne nous demandez pas pourquoi nous sommes allé si loin voir tout ça. La "Grande volière du Pantanal" est pleine de couleurs, celles de la végétation et celles des oiseaux dont quelques ibis d'un rouge éclatant, et un perroquet bleu à belle prestance. Passage à la "cité des perroquets" où les enfants sont aussi attentifs que devant le bassin des manchots où des vagues intermittentes éclaboussent les visiteurs. J'oublie le premier bassin, celui juste en face de l'entrée avec des flamands roses et  des ibis corail. Le labyrinthe avec ses pièces d'eau et ses pas mouvants nous a un peu retenus, mais il doit avoir plus de succès en plein été, quand un petit bain forcé ne dérange pas ! C'est un bel endroit pour emmener des enfants passer une journée de découverte.

La plupart des musées sont ouverts pendant les week-ends en octobre, alors nous en avons profité pour aller visiter la villa palladienne ou château de Syam que fit construire en 1818 M. Jobez, maître de forges en s'inspirant des villas italiennes construites par Palladio au 16ème siècle. Les décors de papiers peints sont d'origine, il y a des pianos, harmoniums et clavecins un peu partout au rez-de-chaussée, mais la particularité de cette maison est sa rotonde centrale, coeur de la maison où sont donnés des concerts de musique de chambre. Les forges ont aussi résisté au temps et sont toujours en activité, en contrebas, au bord de l'Ain. Mais fermées le dimanche !

Rapide tour aux pertes de l'Ain où deux promenades ont été aménagées. Gorge profonde, chaos de rochers, torrent tumultueux et ressortie (car peut-on parler de résurgence dans ce cas ?) de l'Ain en cascade superbe un peu plus bas où il est dompté pour alimenter une usine hydro-électrique.
Et nous repartons pour joindre Aiglepierre où nous passerons la nuit chez M. et Mme Grandmaison, un couple de viticulteurs qui reconstitue un vignoble abandonné depuis des décennies.

Nuit tranquille, et le matin nous redescendons à Salins pour un tour de  ville et du magasin des Faïenceries de Luneville, caverne d'Ali Baba pour maîtresse de maison.
Heureusement qu'il fait beau, sinon nous aurions été désespérés : la faïencerie est maintenant fermée le dimanche après-midi et tout le lundi ... ça doit avoir quelques rapports avec les 35 heures !
Le décor des églises est dans un tel état que des filets verts sont tendus au dessus des nefs afin de protéger les fidèles et les visiteurs d'éventuelles chutes diverses, la caisse d'accès aux salines a été transférée dans une cabane Algéco qui défigure la façade de l'immeuble, et enfin, un incendie a décoiffé le casino, dont les fenêtres restent béantes ... Il doit manquer quelques anciennes taxes professionnelles au budget de la commune ... Dommage, car c'est une ville qui a beaucoup de cachet et des monuments historiques exceptionnels. Hôtel de ville avec l'église Notre Dame, les salines royales dont les installations sousterraines ressemblent à une cathédrale, les forts de chaque côté de la cluse ...


Filons vers Arbois,sa "reculée des Planches" et les sources de la Cuisance, avec les cascades de tufs. Bel endroit de pique-nique et de promenades jamais décevantes.

Nous rejoignons Baume les Messieurs classé "un des plus beaux villages de France" qui a été construit autour de son abbaye que nous allons enfin pouvoir visiter puisqu'elle semble encore ouverte. Elle fût fondée dans le premier millénaire et connut des agrandissements, des embellissements, des retructurations, des réamùénagements, des périodes d'apogée, des guerres, des révolutions et l'outrage des ans. Mais l'église St Pierre a bien passé tous ces évènements et nous avons un bel exemple du roman jurassien. Dommage pour nous, le rétable flamand (le Jura dépendait des Ducs de Bourgogne qui régnaient sur les Flandres il y a quelques siècles, avant d'être conquis par Louis XIV) est bien à l'abri des visiteurs indélicats, et des autres aussi. Et il n'y a pas de visite commentée le lundi. 
Petit tour jusqu'au fond de la reculée pour admirer ce vallon typique dans la lumière déclinante, et un peu de brume dorée. Puis nous repartons en passant par Granges sur Baume. Et découvrons son belvédère et la plus petite laiterie artisanale du Jura. Nous y trouvons quelques produits succulents dont un comté de 30 mois et une crème crue.

Nous allons passer la nuit à Poligny que nous visitons le lendemain matin. C'est une ville très active, avec une circulation d'enfer : de nombreux semi-remorques traversent le coeur du village à toute heure du jour. Notre but est surtout la collégiale St Hyppolite et sa riche statuaire. Flamande elle aussi. Le commanditaire de l'église, Jean Chousat, était ministre des finances du Duc de Bourgogne et pouvait faire appel aux sculpteurs bourguignons-flamands. Ca aurait bien valu une visite commentée.
Les rues principales de la ville sont bordées de nombreux hôtels particuliers des 17ème et 18ème siécles qui témoignent de la longévité du dynamisme de la ville.

Pique-nique vers l'aire du Jura à la maison de la Nature et de la Faune sauvage, coup d'oeil au Pavillon des Cercles construit d'après un projet de Claude-Nicolas Ledoux, architecte génial du 18ème siècle à qui nous devons, entre autre la saline royale d'Arc et Senans qui est maintenant un centre culturel de premier plan du Jura. C'est surprenant et insolite.

Nous passons chez M. Gros à l'Etoile pour reconstituer le stock de Côte de Jura et savagnin. Bon moment passé avec sa fille qui a repris l'exploitation.
Et nous reprenons la route avec un arrêt à St Etienne des Bois pour apercevoir ce que sont les maisons bressannes exposées. De vraies maisons du pays qui ont été sauvées de la destruction et déplacées ici. Un monsieur nous accueille dans la ferme du 16ème siècle et nous explique ce que l'on peut voir dans les autres bâtiments. Dommage que nous n'ayons plus le temps. Mais ça fera une belle étape pour notre prochain passage.

 

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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 19:17

Jeudi matin 11 octobre 2007. Nous sommes 22 rassemblés devant chez Robert et Nicole pour la randonnée du jour. Le programme est ardéchois, et de découverte pour tous : les balcons de l'Eyrieux . Diretion la vallée de l'Eyrieux. Nous avons la chance d'apercevoir trois hérons avant de traverser le Rhône. La route qui monte jusqu'à St Michel de Chabrillanoux est superbe, et le soleil se dévoile lorsque nous traversons le village qui s'enorgueillit de deux arbres splendides : un acacia auquel on attribue l'âge vénérable de 400 ans, et un marronnier qui n'aurait que 150 ans !

Etude de la carte  par nos meneurs que nous attendons docilement.

Nous partons à travers les prairies et les forêts de chataigniers. Les chemins craquent sous nos pas et les chataignes sont plus nombreuses que les champignons. La morille blanche que René a trouvée ressemble à un petit chou fleur ... Dommage qu'elle soit déjà un peu vieille.

La carte des chemins à la mairie d'Alliandre nous permet de compléter notre boucle qui aurait été un peu courte si nous nous étions limités au projet initial. Prairie (où nous rencontrons une vache de race Salers qui ne prend pour un taureau et qui arrive jusqu'à nous au galop ; heureusement que la cloture electrique la freine, nous aurions eu peur ...), forêts, beaux chemins. Le soleil est un peu capricieux aujourd'hui, et le vent un peu frais. Aussi dès midi, lorsque nous trouvons un endroit à l'abri nous nous installons pour déjeuner. Panorama splendide sur les côteaux de la rive droite de l'Eyrieux. Un bon nombre de sacs portés par les messieurs sont souvent lourds et le repas est un moment de partage et d'échange. Boissons, café, chocolat, biscuits et gateaux maison. Deux patissières nous

 donnent leur recette de dessert à la chataigne. C'est d'une actualité piquante. Mimi propose de réaliser avec 1 kg de chataignes, 200g de chocolat noir à patisser, 1 tasse de sucre (ou plus), de la vanille et 75 g de beurre son dessert. Faire fondre le chocolat avec un peu d'eau et le beurre. Ecraser les chataignes en y ajouter quelques gouttes d'eau et mélanger le tout. Mettre dans un moule à cake et laisser au frais quelques heures avant de déguster.
Le désert que Denise nous a fait gouter se réalise avec 1kg de purée de chataigne, du lait tiède, 2 oeufs, 100 g de chocolat. Le mélange doit être assez liquide. Le mettre à cuire à four moyen (170°) pendant 25 mn. Nous avons gouté un entremet qui a la consistance d'un flan et qui était savoureux.

Nous poursuivons notre tour par la Nove et Béranger. Chataigniers, buis, chènes verts et houx se succèdent en désordre le long d'un chemin escarpé qui surplombe la vallée de l'Eyrieux Puis le terrain devient moins rocheux et nous traversons quelques hameaux perchés. A Chastelard les deux ânes de l'autre côté de la haie nous accompagnent jusqu'au bout de leur espace.


Il est temps de rejoindre le plateau, et nous poursuivons par les anciennes terrasses jusqu'à la forêt. La tentation de ramasser quelques chataignes est forte ...


A 17h30 nous avons fait 18 km, et le cumul de dénivellé est de 623 mètres. Les instruments d'aujourd'hui sont d'une précision redoutable !

A la semaine prochaine le groupe de randonnée Evasion de Beauvallon !

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 18:07

Mardi 9 octobre, 13h30. Nous partons pour la Pierre taillée, randonnée 139, point de départ parking de la salle des fêtes de Vaunaveys.
Il faut bien être enfermé dans un bureau parisien pour se poser avec angoisse la question de l'arrivée de l'automne ! Pour nous, ça ne fait aucun doute. Regardez la végétation autour de Chantal et Angèle

certains feuillages commencent à rougir, et au loin, dans la vallée on aperçoit un champ labouré. Oui, en se promenant on retrouve avec plaisir la ronde des saisons. Il fait très doux aujourd'hui, aussi nous sommes 20 pour la sortie du jour.
La rando de la Pierre taillée faisait une sortie un peu courte, alors à la quasi unanimité Rachel y a ajouté les Crêtes de Crest. Magnifique ce chemin au sommet de la barre rocheuse qui domine les deux plaines au nord de Crest. Il nous conduit presque jusqu'à la tour dont nous apercevons la grosse masse carrée et plate un peu plus bas. C'est une vue inhabituelle de ce donjon que de le voir d'au-dessus, alors que de partout ailleurs on ne voit que sa masse écrasante qui domine la ville. Et au sud-est la forêt de Saou et la Roche Colombe sont toujours là.

Nous reprenons une petite route au pied des crêtes qui nous ramène assez directement jusqu'au village perché de Vaunaveys qui domine les champs et les noyeraies (nous sommes à la limite

occidentale de l'appelation "noix de Grenoble").
17h40, nous sommes prêts à rentrer à Montmeyran après avoir parcouru une quinzaine de km.

Deux rendez-vous pour la semaine prochaine : à 10 h sur le champ de foire pour partir vers Espenel ou à 13h30, place su basket.

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 18:41

Monts du Matin - Pas du Loup ou col de Sonnaize ?

Mardi matin, 7 heures et quelques minutes. La météo est optimiste, et le ciel s'annonce bleu et ensoleillé. Alors dans le sac aujourd'hui, malgré tous les principes de sécurité pour la rando en montagne, ni KWay ni polaire. Mais d'ailleurs les Monts du Matin sont-ils vraiment  une montagne ? Réponse à venir ... Ce qui est bien en partant à 10 h le matin, c'est que ça laisse tout le temps nécessaire à la préparation du pique-nique.
Nous nous retrouvons place du Basket à 13 pour participer à cette rando d'une toute petite journée. Départ pour Rochefort Samson, ou plutôt le camping de la combe d'Oyon pour parcourir la rando repérée 99, Pas du Loup, 10.4 Km, départ à 370 m, point culminant 790.

La Drôme ne cessera jamais de nous émerveiller ! Elle commence à prendre ses couleurs d'automne : le roux de quelques feuillages, les marrons des champs fraîchement labourés, la brume du matin au soleil qui va basculer au dessus du col de Tourniol, l'humidité un peu glissante des pierres du chemin ... attention Françoise !
Nous arrivons dans le vallon de St Genis puis commençons à entreprendre la montée vers le col de Sonnaize. Quelle surprise, il y a deux gentianes bleues sur le bord du chemin. Des gentianes en octobre, à 500 m d'altitude ? Les campanules, centaurées et chardons nous étonnent moins. La chaleur du soleil commence à nous gagner, alors que les sonnailles des troupeaux en prairies nous accompagnent. Un peu plus haut, ce sont des arbustes à baies rouges qui occupent les pentes, entre les petits chênes rabougris et les genévriers.

Beaucoup plus haut, nous atteignons enfin le col, et quelques minutes de repos sont les bienvenues avant d'entamer des discussions sérieuses, comme le font Mado et Maguy, sur fond de col de Tourniol


Regroupement et remise en état des troupes, par tous les moyens possibles car la montée a été parfois un peu raide, mais sur le plat tout va mieux. Nous pensons même à Marianne et sa soeur qui vont rentrer la nuit prochaine de leur treck au Maroc, 10 jours de voyage dont 8 jours de marche sur le petit Atlas. Encore une occasion de rêver ...
Arrivée à la cabane des chasseurs où Patrick a installé un siège pour chacun en nous attendant. Et c'est le monment de souhaiter un bon anniversaire à Angéla, la benjamine du groupe.  20 ans de moins que la doyenne. Bon pied et bon oeil pour les deux, et beaucoup de bonne humeur et de caractère. Pour fêter ce grand jour, Mado a amené de la trouspinette, spécialité vendéenne à base de jeunes pousses de prunelliers, et Angéla un flacon bien gardé dans la glace de vin de noix de Jacques, très différent du mien, c'est comment la recette de Jacques ? Tout ça accompagné de  cacahuètes et cake à la ratatouille (Mado) ...

Jour de fête avec la saucisse cuite de Maguy, les Suisses de Claudette et Angéla, accompagnés de la confiture aux citrons que confectionne Mado lors de ses séjours en Corse ... avec trois jours de trempage dans de l'eau fraîche ! Conseils diététiques de Josette car le naturel revient toujours. Nous espérons que prochainement elle nous donnera quelques conseils pour une soupe ou une salade russes à la betterave rouge selon sa belle-fille. Nous attendons avec beaucoup d'intérêt.
Mais ce n'est pas un symposium gastronomique, c'est une rando montmeyranaise, alors après la visite de la cabane des chasseurs (plutôt sympathiques les chasseurs qui s'organisent ainsi, avec un grand abri pour que les chiens puissent eux aussi se reposer), nous reprenons la route. Seulement de la descente, en essayant d'éviter le racourci par la voie 99a qui nous obligerait à de l'escalade dans les rochers de la gorge. Ca descend bien et longtemps, avec des mains parfois crispées sur les bâtons, jusqu'à en attraper des ampoules aux pouces ! Enfin, nous arrivons dans le lit du ruisseau qui semble à sec depuis bien longtemps, examen des sacs et gouter avec ce que nous avions laissé du repas, puis retour vers Montmeyran.

La semaine prochaine nous partirons à 13h30.

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 18:02

AUTICHAMP et sa MONTAGNE
Mardi 25, 13h30. Nous nous retrouvons 17 autour de Rachèle accompagnée de Thalie. En effet, la matinée a été nuageuse, mais sans pluie contrairement à la prévision météo, donc Thalie a eu le droit d'accompagner sa maîtresse. Direction Autichamp, randonnée balisée en jaune et portant le numéro 47.
Autichamp est un village perché, en grande partie restauré, qui a fière allure en haut de sa colline  et autour de son château et de ses clochers.

Avec vue magnifique sur la Roche Colombe et le massif de la Forêt de Saoû (eh oui, on tourne encore autour du nombril de la Drôme...) , et plus proche les champs fraîchement labourés et quelques forêts.

Passage du vieux pont de pierre au bas du village et regroupement avant d' aller vers "la Fon qué Bout"
Nous cheminons sous les feuillages de chènes ou de conifères, nous traversons des champs que Thalie parcourt à la course, à la recherche de quelque gibier, passage aux Chirouze, à Deloule, à la Montagne qui doit être le point culminant de la colline, puis retour vers la Croix St Sylvestre que nous atteignons juste à l'heure du goûter. Comme d'habitude beaucoup de dames offrent les gourmandises qu'elles ont confectionnées le matin : biscuits, gateau à la noix de coco, au chocolat, pâte de coing, pruneaux, fruits secs, ...et encore une fois, les marcheurs seront bien récompensés de leurs efforts ! Je résiste en serrant les dents et je vais voir les dernières fleurs de l'été, et ce chardon qui est parcouru par un insecte qui ressemble un peu, par sa forme, à une punaise. 

Angela et moi prenons le temps de quelques photos sur la végétation et ... la Forêt de Saoû. Et nous rejoignons le groupe avant le pont, juste pour prendre quelques photos du village d'Autichamp si fier, en face. A 5h15 nous sommes revenus aux voitures, après avoir traversé le village par la calade des fontaines,  et échangé quelques timbales d'eau à la volée. Ca rafraîchit bien sous le beau soleil que nous avons eu le long des 9,5 km de notre randonnée !

Pour le retour,c'est chacun à sa guise ; pour nous, occupants de la voiture d'Hubert nous avons fait une visite rapide de la zône d'activité sud-ouest de Crest. Ca tombait bien, c'est une vue générale tout à fait intéressante.

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 12:45

ARDECHE VERTE
Ce jeudi matin je rejoins enfin les randonneurs de Beauvallon que j'avais quittés 4 mois plus tôt pour cause de voyages divers et quelques empèchements. Là aussi c'est la rentrée et nous nous retrouvons 22 au point de rencontre habituel. C'est Max qui prend la direction aujourd'hui. Il nous emmène dans les côteaux de l'Ardèche verte, entre les plaines du Rhône et Annonay. Regroupement à Sarras, et nous laissons les voitures au hameau de Cance.
Tout de suite nous grimpons la colline et reprenons notre souffle en admirant la vallée du Rhône qui s'étend à nos pieds, avec quelques unes de ses grosses usines papetière et de céramique, et au sud-ouest le confluent de la Cance, le long de laquelle nous rentrerons cet après-midi.
Les  vendanges ne sont pas finies, et nous en profitons pour goûter quelques grappes de Syrah bien sucrées qui finissent de se gorger de soleil, avant d'arriver à Talencieux.

Coups d'oeil sur la croix qui doit participer à la vie du village depuis beaucoup plus longtemps que le clocher.
Le soleil est chaud, pas de vent, les chemins sont bordés de ronces avec mures, de quelques figuiers et noyers. Aujourd'hui pas de halte casse-croute, nous avons grapillé tout au long du chemin, ce qui nous permettra d'attendre 13 heures pour déjeuner. Mais nous avons d'abord traversé un joli

village dissimulé au creux de son vallon, Thorrenc. On aperçoit d'abord le pont de l'ancien chemin de fer que nous emprunterons plus tard, puis le donjon du 12ème siècle, le clocher et enfin, en arrivant sur la route le village et son auberge. Nous quittons vite la route domine les maisons aux toits de tuiles rondes et les  jardins pour prendre un grand chemin pavé de larges pierres qui monte sur l'autre versant du vallon. Surprises préparées par Max : après les ponts de la voie du train Tournon - Annonay, ce sont les tunnels que nous traversons. Et longs ces tunnels, presque parfaitement noirs. Heureusement que Nicole a sa lampe de poche pour éclairer un tout petit peu des portions. Quelques autres personnes s'accrochent à la queue-leu-leu derrière Robert pour éviter de trébucher sur les cailloux. Cette portion de voie est impressionnante par le nombre d'ouvrages d'art qu'elle comportait. Nous arrivons au bord du lac de Vert, réserve d'irrigation et domaine de la "canne annonéenne". Un héron doit être effrayé par notre arrivée et s'envole vers la rive opposée.

Pique-nique à la carte, soleil ou ombre selon le goût de chacun. En cette fin d'été les  fleurs sont rares, et mon herbier photographique ne s'enrichit pas beaucoup

Nous repartons à travers les vignobles qui vont produire des Condrieu et St Joseph, et rejoignons la Cance, jolie rivière sans beaucoup d'eau au terme de ce drôle d'été pas bien chaud, mais sec quand même. Chemin en corniche au dessus de la gorge avant de regagner la vallée du Rhône.

A 17 heures après 18 Km et 730 m de dénivellé (les instruments de René et Ahmed nous permettent de suivre parfaitement nos performances) nous avons rejoint les voitures et rentrons sur Beauvallon.
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 19:25

BARBIERE ET LE COL DE LA SAMBIE

Mardi 13h30. Rachel rassemble ses troupes et nous emmène vers Barbière. Le temps est très couvert et il a beaucoup plu la nuit dernière, il faut éviter les chemins boueux. Le sentier du col de Sambie sera parfait pour un jour humide. Nous sommes 18.  Maintenant beaucoup de personnes sont rentrées et revenues pour les sorties hebdomadaires.
Le col de Tourniol arrive à se dégager de ses nuages de temps en temps,

et nous faisons une petite halte de regroupement avant que quelques gouttes ne tombent.

Nouvel arrêt au col de la Sambie pour sortir nos équipements de pluie et faire le point sur le plus vaste, le plus léger, le plus neuf , le plus vieux, le plus féminin, le plus séyant, et ceux qui sont restés à la maison et qui encore sera... celui qui n'a  jamais servi ! Et descente vers la plaine  avec quelques beaux coins de ciel bleu. Prairies avec de beaux animaux d'élevage, et carrières en arrière fond qui donnent de belles couleurs ocre ou crème. Le ciel est encore bien gris, mais finalement


nous sommes presque passés à travers les gouttes. Après 3 heures de sains efforts nous avons bouclé notre tour. A la semaine prochaine !
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 16:57

FORET DE SAOU ET TROIS BECS
Il est difficile de parler de la forêt de Saoû en termes strictement objectifs. Les scientifiques disent que c'est le plus bel exemple de synclinal perché d'Europe, et le plus haut. Que c'est un extraordinaire lieu (extraordinaire peut dans son sens strict, être un mot scientifique) protégé par ses barrières naturelles, la flore et la faune y sont riches et variés.  Au centre de la Pangée, ce continent unique qui a éclaté il y a 200 millions d'années, le synclinal ne serait apparu qu'il y a 80 millions d'années, au moment de la formation des Pyrénées. Et c'est maintenant la partie la plus occidentale des monts du Diois.
Pour les Drômois, c'est un endroit mythique qui appelle à l'aventure à tout âge.  Depuis les pique-niques dominicaux et les parties de ballon sur la pelouse autour de l'Auberge des Dauphins, aux promenades tranquilles sur les chemins forestiers qui en font le tour, aux randonnées plus sportives autour de la Roche Colombe à l'ouest et des Trois Becs qui culminent à 1589 mètres à l'est, jusqu'à l'escalade supervisée ou non par une division du Club alpin français.
Et pour le promeneur de la vallée de la Drôme ? Une surprenante montagne vertigineuse que l'on voit de loin et qui aide à se repérer. Qui intrigue par ses hautes falaises et invite à la découverte. Alors de là-heut s'ouvre l'horizon sur tout un paysage impressionnant de pics, avec le Grand Veymont au nord-est  et au sud le Mont Ventoux, de vallées, celles de la Drôme juste en dessous,  du Rhône à l'ouest et de la Valdaine au sud. 
Quelle que soit la route par laquelle ce promeneur arrive, le spectacle est grandiose : la Roche Colombe en arrivant de l'ouest, le pas de Lauzun en venant d'Aouste, les Trois Becs depuis la vallée de la Drôme et depuis la route du col de la Chaudière, et le village de Saoû d'où qu'on vienne : c'est toujours très beau.

 Et moi , j'alimente mon mythe Forêt de Saoû-Trois Becs par des lectures sérieuses comme les Etudes drômoises, ou un peu plus faciles : Détours de France qui a fait un très bel article sur la faune et la flore il y a quelques années ; "Il était une fois la forêt de Saoû" et "La petite musique de Saoû" écrits par Pierre Vallier et illutré par Yvon Tardy pour le second, un curieux polar "Prise de Becs" écrit par Jean Yves Loude et la population de Saillans lors de la longue négociation de rachat de ce lieu par le département de la Drôme, les livres de photos de Didier Chapuis "Les quatre saisons de la forêt" et de Jean Louis Gonterre "Passion de la Drôme" avec quelques pages écrites par Henry Fuoc.
Et j'espère bien que ce n'est pas fini !

Et j'aime  partager mon bonheur à me promener ou à randonner dans cet endroit. Avec de nouveaux venus ou avec des personnes qui le connaissent bien mieux que moi.

VERS LES TROIS BECS
Alors, lorsque au cours de notre randonnée de mardi dernier au nord de Saillans, Marianne m'a parlé de sa prochaine sortie vers les  Trois Becs le vendredi suivant, je lui ai demandé de l'accompagner.

Cet endroit ne fait  pas rêver que moi. Sa réputation est si bien établie que lorsque nous avons montré ce massif à Wendy (l'Australienne d'Adélaide qui nous avait accueillis l'an dernier chez elle, cf les articles de la catégorie Océanie) dès son arrivée à Valence, elle nous a répondu : " Ah, les fameux 3 Becs, la montagne que tous les Dromois regardent le matin en se réveillant, et qui détermine l'humeur de la journée !"

Départ à 3 vers le pas de la Motte vendredi matin : Marianne, sa soeur Thérèse qui préparent un grand treck au Maroc et moi. Depuis la ferme des Auberts, point de départ classique des marcheurs de Saillans. Quelques minutes après la mise en route nous longeons une clairière où les charbonniers brulaient le bois récolté sur cette pente pour le transformer en charbon de bois. Les fours de métal restent ici abandonnés.


Après 2 heures de montée en sous-bois, en apercevant de temps en temps le point à atteindre à droite, et sur la gauche la haute falaise à franchir nous arrivons avec plaisir au pas de la Motte, où quelques feuilles commencent à changer de couleur.Un magnifique cairn renforce la signalisation du GR. Bien d'autres avant nous ont dû être heureux d'arriver là.

 Encore quelques pas et nous voici en face du "val perché" et des pentes vertigineuses qui font le tour intérieur du massif. Je ne me rappelais plus bien ces reliefs impressionnants. Le chemin en corniche nous dévoile quelques paysages variés : le Vercors au nord, la plaine de la Valdaine bien au sud, le Diois à l'est et tout le synclinal jusqu'à la Roche Colombe. Pour rien au monde je ne voudrais être ailleurs à ce moment là !

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Published by Camille et Pierrette - dans Randonnées
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 13:44

Mardi 29 Mai 2007 - Nous quittons Skye avec quelques frustrations. Mais je me réjouis de montrer à Cécile le petit village de Plockton, à quelques miles du pont de Kyle of Lochalsh ... Un des plus joli village d'Ecosse avec ses petites maisons de pécheurs blanches sur la rive d'un détour du loch Caron, et ses palmiers qui sont sa particularité si insolite.
Nous quittons Plockton sous la pluie, arrivons à la gare de Kyle of Lochalsh toujours sous la pluie, et attendons l'heure du train ... à l'abri de la gare qui n'a pas changé d'aspect depuis un siècle et demi, mais toujours aussi neuve et pimpante.

Je dois ajouter là que c'est grâce à notre pugnacité que nous empruntons le train pour faire les quelques km qui nhous séparent de Plockton. Car nous avions demandé la semaine dernière, à l'employé de l'office de tourisme comment nous y rendre, et il nous avait largement incitées à prendre un taxi ... Un peu surprises nous avons examiné les panneaux d'informations du lieu jusqu'à tomber sur les horaires de train, et c'est la première gare sur la ligne d'Inverness. Ce jeune homme avait-il eu une nuit difficile à cause du festival de musique rock qui se tenait à ce moment là à Breakish, sur la route de Broadford, ou était-il imcompétant ? Ca reste un mystère, mais petit mystère.

Le paysage doit être superbe lorsqu'il est un peu moins gris. Mais la gare est si loin du village. Nous téléphonons à nos hôtes pour savoir exactement où est leur villa, et ils nous proposent de venir nous chercher à la gare. Aubaine. Nous nous installons dans une chambre sans originalité mais "cosy" et partons pour une visite pédestre du village, de la baie, des alentours du chateau ; passer l'aprèsmidi de randonneuses dans les environs un peu trop gris.
Le village est si petit que les renseignements touristiques sont délivrés par le pub le plus important qui est aussi un restaurant réputé. et qui délivre même des espèces aux gens de passage : il n'y a pas de distributeur de monnaie au village. Des pubs, des antiquaires, des boutiques d'artisanat local et beaucoup de résidences secondaires séparées de leur joli jardin par la route qui traverse le village.

Nous mangeons d'une assiette géante de produits de la mer locaux : diverses sortes de saumons, de poissons de mer, des huîtres de Skye, des coquillages divers : un régal. Et partons nous promener. Ancien lieu de culte catholique secret et en plein air (du temps de John Knox ?), épave de bateau pourissant au fond d'un bras de loch entouré de rhododendrons, chemin creux au fond d'un bois de pins avec mousses et lichens, jusqu'à un hangar à bateaux vieillissant un peu mal. L'ambiance est un peu oppressante, genre "Seigneur des Anneaux" ... que je n'ai pas vu.

Pour tout dire on a un peu de mal à remplir l'aprèsmidi ! Mais on y parvient. Ce soir nous avons réservé une table pour écouter les musiciens au pub où nous avons mangé à midi. Dommage que nous ne puissions pas les entendre de la salle à manger où nous dégustons une salade de crabes de Bracadale (encore un produit de Skye qui mériterait presque à lui seul un séjour dans cette région, peut-être avec les langoustines fraîches de Ullapool ?).

Mercredi matin, je soulève légèrement le store de notre chambre pour apercevoir un paysage sûrement sublime, mais si gris, si gris ... que Cécile n'y tient plus et téléphone à Céline pour lui demander de rentrer 24 heures plus tôt que prévu. Je crois que Céline est bien contente ... de nous entendre, et de retrouver sa soeur avec un peu d'avance. Nos hôtes sont d'accord de nous laisser partir sans nous sanctionner, et c'est dans de bonnes dispositions que nous gagnons la salle à manger. Breakfast avec deux couples d'Allemands qui visitent l'Ecosse en moto, et qui trouvent eux aussi ce mois de mai un peu trop humide. Notre hôte nous raccompagne à la gare, et nous l'en remercions encore. 
Le retour jusqu'à Edimbourg est comme un retour dans la civilisation. C'est vraiment très fort ette impression donnée par le lent changement de paysage accompagné d'un lent changement de temps. Cécile a dû trouver que ça manquait d'action, alors elle a dormi une bonne partie du voyage. Je me tenais pour ne pas la réveiller dans des endroits que j'aime beaucoup.
Lorsque nous arrivons chez elle, Céline nous fait part de son soulagement. Elle avait craint que notre séjour soit très difficile car Skye a la réputation d'un endroit avec beaucoup de brouillard et au temps très rigoureux. En Corse où le climat est infiniment plus clément des randonneurs sur le GR 20 viennent de trouver la mort ... Nous sommes en parfaite santé, merci ! Mais Cécile maugrée un peu en disant "C'étaient mes vacances d'été ... Maman, on recommence quand tu veux, mais au Maroc !"

Il nous reste deux jours avant de repartir. A l'heure du déjeuner, nous écoutons un concert gratuit à la Cathédrale St Gilles, choeur d'une université américaine de musique qui fait une petite tournée en GB Cécile veut aller au cinéma, moi je préfère aller à la Royal Scottish Academy et surtout à la National Gallery of Scotland. Les musées écossais sont riches, mais il y a aussi une ambiance qui me convient parfaitement, les surveillants rappellent avec sourire et fermeté l'interdiction de photographier, même une famille royale de Van Dyck.

Vendredi, Céline et Nadège nous ont invité dans un restaurant sympa de Victoria Street, (rue colorée, bien courte, mais des plus animées de la ville, avec des magasins rares qui joint le "Royal Mile" à la Place aux Herbes qui fût aussi l'endroit où était installé le gibet). C'était très bon et ça confirme notre sentiment de progression importante de la qualité des restaurants écossais. Visite de la bibliothèque universitaire de théologie où travaille Nadège et ensuite sur un mode plus léger aprèsmidi shopping. Nous nous devons de ramener quelques denrées pour ceux qui nous attendent sur le continent. Nous parcourons Princes Street et finalement nous trouverons chez Jenners  tout ce que nous souhaitons. Et beaucoup plus !

            Ces gâteaux ne sont-ils pas totalement british et irrésistibles ? Aussi typés que chapeaux royaux, non ?

 

 

Thé dans un endroit à belle vue sur Princes Street. Malgré tout ce que nous pouvons dire du temps que nous avons eu nous avons le teint hâlé et de jolies couleurs à côté de Céline qui a acquis depuis 7 ans à Edimbourg un teint bien blanc de pure Ecossaise.

Samedi matin 2 juin 2007. A l'aurore un taxi nous emmène à l'aéroport. Salut Céline et Nadège, à bientôt en France !

Epilogue.

Bien sûr pour une belle randonnée sous un beau temps printanier il aurait sûrement fallu aller plus au sud. D'ailleurs il n'y a qu'à regarder les catalogues des tours opérators qui se sont spécialisés dans ce marché : aucun ne propose de randonnée en Ecosse. Pas fous !
Alors merci Cécile pour la proposition d'un treck au Maroc. Mais je crois que maintenant tu n'auras plus le temps de randonner avec ta mère puisqu'il va te falloir sous peu apprendre à une petite fille à marcher ...

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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 13:56

Lundi 28 Mai - Dernière rando dans l'île de Skye.
Kathie nous sert le même petit déjeuner que les matins précédents. Et nous allons prendre l'autobus à la sortie du village pour Luib, en direction de Portree. Nous allons passer dans un "glen", vallée au creux de laquelle coule un ruisseau, entre les Red et les Black Cuillins traversant ainsi l'île de sa côte nord à sa côte sud, par un des passages les plus étroits. Il fait plutôt beau, avec encore du vent du nord et quelques nuages.
Luib est un tout petit village, un hameau presque, où il reste encore une chaumière vieille de deux siècles, sa façade nord est presque intacte, ce qui n'est pas le cas de celle du sud. Elle doit servir d'étable à d'étranges chèvres ou brebis à quatre cornes, deux haut placées et deux qui tombent sur les joues. On se croirait dans un conte étrange avec animaux diaboliques et frissons dans le dos! Heureusement c'est le matin et la journée est encore longue.

 Derrière le village un sentier monte entre les collines, de l'eau court entre les pierres. Un nuage s'approche et se répend au dessus de nous. Cécile sort son parapluie pendant que j'enfile ma cape. Quelques photos de ce moment rare, car en fait nous n'avons presque pas marché sous la pluie et nous continuons. Par le chemin ou le ruisseau ? Ils sont difficiles à distinguer, et nous nous rendons compte rapidement qu'il est plus sûr de sauter de touffe de bruyère en touffe de bruyère que de pierre en pierre.

Quand nous arrivons au loch intérieur nous constatons grâce à la végétation dans l'eau que son niveau doit être anormalement élevé et nous renonçons à suivre la rive en gagnant la pente ouest de la montagne. Bien sûr il n'y a plus de chemin dans la lande abandonnée depuis des siècles à de rares moutons. Mais nous sommes surprises de trouver un muret qui devait séparer quelques champs d'avant les "clearances". L'avance dans ces circonstances nécessite une attention au sol qui nous distrait de la carte, et nous nous rendons compte un peu plus loin que nous avons ainsi raté le changement de rive. Le chemin de l'autre côté est enfin très net.
c'est le moment de prendre de grandes décisions : nous couperons perpendiculairement à notre point actuel, et verrons au bord du ruisseau comment le traverser ... Finalement il n'est pas profond, et ses rives pas bien hautes, alors nous enlevons nos chaussures et chaussettes, et c'est pieds nus que nous irons. Pas si froid que ça, et par bonheur le soleil brille, alors nous nous installons pour faire sécher nos pieds sous la douceur des rayons de soleil printanier.

Le spectacle des montagnes qui nous entourent est superbe. Pas bien hautes, à peine 1000 m, mais escarpées, des rochers dénudés par la pluie et le vent et acérés à l'ouest. Plus rondes et moins denudés à l'est, la lande la colore de rouge, d'où son nom.
Le vent nous décoiffe encore et nous trouvons refuge à l'abri du mur d'enceinte du centre de sport nautique pour partager notre déjeuner de tomates et fruits. Nous observons à la jumelle quelques marcheurs qui se découpent sur la ligne de crètes de Bla Bheinn, le point culminant de la chaîne qui se profile à l'horizon ouest ... Ils nous laissent rêveuses. Et Cécile d'ailleurs en profite pour s'endormir bien emmitouflée et tournée vers le soleil. Je vais me promener tout au long de la rive du loch en rassemblant les impressions que me laisse ce séjour sur cette île.
Il paraît que le désert se définit par le manque d'eau. Si c'est le seul critère, on ne peut vraiment pas dire que Skye en soit un. Mais j'ai pourtant très envie de la qualifier ainsi. Manque d'habitants, immenses territoires de landes sans chemins, avec à peine la trace d'une civilisation disparue ... Pas d'animaux sauvages ni d'oiseaux,et  et ça c'est une vraie déception. J'avais compté sur des phoques, sur des loutres, sur des aigles et autres prépateurs ... Seulement quelques animaux domestiques et encore si rares : les deux vaches Highland du premier jour, les cinq beliers d'hier,  les quatre étranges bêtes à cornes de ce matin, et quelques rares troupeaux dispersés dans la lande ou au bord des lochs ... Bien sûr nous sommes encore tout près d'un village, une ferme et deux ou trois cottages qui doivent être des résidences secondaires ou les refuges de quelques misanthropes.

Mais avouez que c'est peu ...
Et malgré tout, des structures sociales existent et fonctionnent comme le services de bus très dense, enfin pas assez à notre goût, mais pour les 3000 habitants de l'île, remarquable. Et nous allons d'ailleurs en prendre un qu'il faudra attendre une partie de l'après-midi. Il dessert le village d'Elgol au bout de la route, au bout du monde ? Non, car il y a là aussi, quelques îles et autres côtes qui se profilent au delà du loch Scavaig. Après avoir chercher en vain l'emplacement de l'arrêt de bus nous apprenons qu'il suffit de faire signe au chauffeur pour qu'il s'arrête. Et on peut discuter avec lui tout au long du trajet. Il nous parle un peu des ruines de village que nous traversons : pans de murs de chaumières et d'une église avec quelques tombes entourées de leur enclos. C'est là que nous aurions dû passer hier si nous avions trouvé l'issue du sentier. Nous nous rendons alors compte que nous aurions dû prendre l'itinairaire dans l'autre sens !
Le chauffeur nous emmène jusqu'à la zône artisanale de Broadfort où se trouve un atelier de conditionnement de poisson. Que le saumon fumé est cher pour une région productrice ! Mais ce sera notre repas du soir. Je l'arroserai avec le whisky qui me reste. Dommage, ce n'est pas du Talisker, le produit local. Mais il est vendu en flacon trop grand pour moi seule ou je ne veux pas le porter dans mon sac à dos.
Le jour décline doucement à l'horizon pour notre dernière soirée sur cette île.

 

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