Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:44
Les prairies bigarrées de fin juin

Les couleurs de la Drôme en ce moment ? Elles sont multiples et mélangées, emmêlées, et changent à chaque pas.

D'abord les orchidées rose pâle du Dauphiné. Le labelle et les pétales sont ornés de lignes courbes et de tirés légèrement plus foncés.

Les prairies bigarrées de fin juin
Les prairies bigarrées de fin juin
Les prairies bigarrées de fin juin

Le labelle et les sépales de l'orchis tridenté sont rose plus soutenu tachetés de points rose vif. Son casque composé de deux pétales et un sépale est rose indien. On voit bien que c'est du labelle découpé en trois parties que lui vient son nom.

Les prairies bigarrées de fin juin

Cet orchis plus grand, rose sombre, à fleurs clairsemées que j'ai eu la chance de saisir juste avant qu'il fane est peut-être bien un orchis peint ? A réexaminer en meilleur état !

Les prairies bigarrées de fin juin

Les orchidées, il faut un peu les chercher. En cette fin de juin, dans les herbages il y a tant et tant de fleurs qu'on ne sait où donner de la tête !

Rose et bleu, ce sont ici du sainfoin et des campanules.

Les prairies bigarrées de fin juin

Somptueux voici un gros bouquet bleu de véroniques.

Les prairies bigarrées de fin juin

Toujours bleus, les épis de raiponces.

Les prairies bigarrées de fin juin

Bleus mélangés se sont des sauges des prés avec des scabieuses

Les prairies bigarrées de fin juin

Là il y a tant de sauges qu'elles semblent avoir donné des reflets bleus aux herbes.

Les prairies bigarrées de fin juin

Mon livret "les fleurs" de Lipert/Podlech classe les scabieuses dans les fleurs roses ... non, définitivement elles sont bleues.

Les prairies bigarrées de fin juin

Il y a aussi des blanches comme les marguerites.

Les prairies bigarrées de fin juin

Décidément il y en a pour tous les goûts, avec une dominante pour les bleus. Mais il faut se dépêcher d'aller voir car les prairies sont coupées ces jours-ci, et sous peu il n'y aura plus que les bas-côtés qui seront fleuris.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Couleurs de la Drôme
commenter cet article
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 13:34
MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Bon, je sens que certains de mes lecteurs commencent à penser qu'il n'y a pas que Mozart dans la vie !

Et c'est vrai, il y aussi la rando ! Surtout quand le temps se met subitement au beau et que le thermomètre s'affole. Il fera bien meilleur dans nos montagnes que dans la vallée du Rhône.

Josette a dit du Col des Limouches jusqu'à la Tête Chauve, sans préciser le kilométrage estimé. Ça fait beaucoup ... Mais nous avons biaisé : au col nous avons pris la petite route à gauche et avons parcouru en voiture jusqu'à un endroit bien connu d'une partie d'entre nous. "C'est d'ici que Rachel a souvent démarré des sorties."

Donc allons-y. Mais voici qu'une orchidée me fait des petits signes et des clins d’œil que j'aperçois sous le casque de ses fleurs rose pâle.

C'est l'orchis du Dauphiné, à feuilles étroites tachées de pourpre. Son labelle est à peine échancré.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve
MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Et quelques dizaines de mètres plus loin, c'est au tour d'une rose magenta. Le labelle est nettement divisé en trois parties, c'est l'orchis tridenté.

Et maintenant je rattrape le groupe. Vite, mais pas trop ! Il y a tant à voir sur le bord du chemin et dans les prairies. Pour le montrer je vais consacrer un article à toutes ses fleurs dans la rubrique "Couleurs de la Drôme".

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous marchons sur le "sentier des moines". Il reliait l'abbaye de Léoncel au prieuré de Montmeyran qui en dépendait. Enfin, depuis le temps que j'en avais entendu parler !

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Donc sentier des moines, GR93, pas du Touet, Baranquand, je ne sais plus très bien l'ordre dans lequel nous avons passé tous ces lieux, entre prairies fleuries, troupeaux ruminant, forêt en pente, anciennes fermes et enfin troupeaux paissant. Mais là c'est plus délicat. Une vache c'est volumineux, ça a des cornes. Non, pas celles-là, on les leur a coupées. Mais elles allaitent et il ne faut surtout pas les approcher ... Où passer, il y a des buissons de l'autre côté ? En leur parlant tout doucement et en avançant sans avoir l'air d'hésiter ... Finalement celles qui occupaient le chemin s'en vont, le passage est libre !

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve
MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous sommes dans un étroit vallon en direction du nord qui va vraiment nous permettre d'atteindre la Tête Chauve que nous entrevoyons de temps en temps.

Encore un effort et nous voici sur un replat, au sommet d'une falaise avec panorama sur la vallée et sur Barbières qui se blottit au pied de ses rochers et se faufile le long du ruisseau jusqu'à la cluse qui ne laisse passage qu'au ruisseau et à la route qui grimpe dans le Vercors par le col du Tourniol.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Le panorama est immense et nous nous en rassasions en attendant que le groupe se reconstitue ou presque.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Car il faut donner encore un bon coup de collier pour arriver jusqu'à la croix plantée au sommet de la Tête Chauve. S'arrêter trop longtemps coupe les jambes. Alors nous repartons.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Et au sommet où le vent souffle légèrement c'est une vue à 360° qui s'offre aux marcheurs : la vallée, je l'ai déjà montrée ; tout au nord voici les lacets de la route qui monte au col de Touniol, et les falaises qui le dominent !

Les souvenirs de courses assaillent les anciens cyclistes nombreux parmi nous (non, pas moi !)

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

A l'est dans le creux on distingue mal le clocher de Léoncel qui est emmailloté par des échafaudages en ce moment.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous sommes tous là ? Photo de groupe ! un marcheur solitaire arrive juste à temps pour appuyer sur le bouton !

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous sommes redescendus par un sentier de chamois, croyez-vous ? Heureusement les buis sont solidement plantés car nous nous y sommes cramponnés pour descendre de roche en roche à travers les arbustes. Pas aussi chauve cette montagne que son nom le laisserait entendre.

Pique-nique dans une clairière et nous sommes repartis sans trop attendre. Vers le col de Tourniol pour prendre ensuite quel itinéraire ? Non, c'est au nord et nous devons aller plein sud.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Quelques minutes d'échanges et de palabres plus tard nous avons pris plein sud par un beau grand chemin qui nous a conduit rapidement jusqu'à nos voitures ...

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Intéressant le diagramme de notre parcours du jour. Mince, il est à l'envers et je n'arrive pas à redresser l'image ...

Les performances, ce ne sont pas les meilleures de la saison : 10.8 kilomètres et 340 mètres de dénivelé. Mais c'était très beau.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 13:29
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Le festival Sächsisches Mozartfest est fini. Nous allons quitter Chemnitz pour rentrer chez nous. Mais seulement à 10 H 30. Nous avons pensé, Anne-marie et moi que ça nous laisse le temps d'aller dans cette ville dont la visite n'était pas inscrite au programme.

Nous avons traversé le parc à côté de l'hôtel, Schiller platz dont une des statues fait penser aux mobiles de Calder. Ou à un taureau de Picasso ? Enfin à de l'art occidental.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Traverser le quartier piétonnier nous tente. La rue est large, et de chaque côté les immeubles d'appartements qui ne sont pas rénovés sont en pleine réhabilitation. Là aussi on note la présence de statues qui sont sûrement des terrains de jeux pour les enfants.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous sommes allées ainsi jusqu'à un square qu'on pourrait imaginer en classe de musique ! Mais la grande chaise du prof' est piégée, toute bancale. Il doit falloir s'y accrocher fermement pour y rester ! Aménagement du parc financé par l'Europe.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Sur la grande artère Mullerstrasse les immeubles sont de style éclectique, fin du 19ème. Ils ont été cossus et tendent à le redevenir.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous sommes à l’extrémité nord du Schlossteich, et là, enfin nous avons une vue incomparable sur la cheminée d'usine peinte par un artiste français, symbole de l'activité et des moyens de la ville ! Ainsi on la croirait au bout du jardin où les rhododendrons fleurissent abondamment, mais elle est à des kilomètres, au milieu d'une grande zone d'activités.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Par des allées dans le bois nous sommes montées en haut de la colline du château, quartier très résidentiel. Voici l'église où nous avons entendu le Kanon Pokajanene d'Arvo Pärt.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Et maintenant que nous redescendons vers le lac voici les bâtiments du monastère convertis en musée. Très intéressant ce musée nous a dit Isabelle ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous avons aperçu que le lac attire beaucoup de monde le week-end. Ce lundi matin nous sommes les seules promeneuses à profiter de la douceur sous le ciel gris, des bosquets de rhododendrons et du paysage, canards, église et cheminée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous avons quitté le lac pour aller franchement au sud. Ici ou là le street-art s'expose sur des façades plus ou moins rénovées et aveugles.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Il nous a fallu accélérer un peu pour poursuivre notre tour en passant au-dessus du centre dans un quartier cossu, 19ème siècle. Encore un témoignage de l’opulence de la grande ville industrielle.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Et maintenant il faut redescendre, traverser la rivière Chemnitz qui a donné son nom à la ville, et rejoindre par la Theaterstrasse notre hôtel où nous arrivons bien à temps, ravies de notre tour, et d'avoir échappé aux menaces du ciel.

Etienne, il faudra faire attention dans nos prochains projets à obtenir qu'on nous organise une visite de l'endroit où nous résiderons. Chemnitz valait sûrement qu'on y passe une demi-journée de plus !

Et maintenant c'est l'heure des bilans.

Merci Etienne, à l'avis de tous, c'était ainsi un très beau voyage. Réserve unanime : la nourriture était trop abondante !

Plus personnel et pour le blog, merci Yves pour tes lectures très attentives et tes retouches !

A bientôt en Italie, n'est-ce pas ?

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi
commenter cet article
29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 20:48
Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

La famille Silbermann va occuper une très grande partie de notre journée.

D'abord à Frauenstein ce matin où nous allons apprendre à la connaitre et cet après-midi à Freiberg où nous verrons un des orgues construits par le fils Gottfried.

La campagne saxonne est bien verte, et se rendre à Frauenstein est une belle excursion.

Le musée occupe un logis seigneurial dans l'enclos qui domine la grand-place et l'église de la ville.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Euh .. La visite est en allemand, on nous remet quelques notices en anglais, mais non, il n'y rien pour les si rares visiteurs français qui viennent ici.

Non, je ne peux pas traduire au pied levé la volumineuse information qui semble reprendre ce que disent les tableaux aux murs ...

La dame a eu très peur que nous lui abimions la machine à deux soufflets qui doit permettre d'expliquer le fonctionnement et la machinerie d'un orgue.

Quelques palabres et Etienne est arrivé à obtenir qu'Yves, organiste à la Croix Rousse puisse jouer du petit orgue baroque. C'est une copie d'un orgue de Gottfried Silbermann construit pour l'église de Etzdorf en 1732, spécialement réalisée pour le musée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous nous sommes tous rassemblés pour écouter, c'est tellement mieux que de lire les informations en allemand ou en anglais !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Sur le podium il y a aussi un clavicorde ancêtre du piano-forte.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Merci Yves pour les quelques mots techniques et les quelques accords que tu nous a offerts et la musique que tu nous a jouée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Et pendant que le bus nous ramène à Freiberg je vais vous dire quelques mots de la famille Silbermann !

On trouve trace d'un arrière grand-père dans la région en 1595.Gottfried nait en 1683 et n'a que 2 ans quand sa famille arrive à Frauenstein. Il y sera apprenti charpentier. Mais en 1701 il va suivre son frère aîné, Andreas, qui travaille dans un atelier de construction d'orgue à Strasbourg, et apprendre le métier.

Andreas devient facteur d'orgue en 1710, se marie à Strasbourg. Gottfried a participé à la construction de plusieurs orgues avec son frère avant de retourner en Saxe.

En 1734 Andreas meurt. Depuis 1703 il a réalisé 33 orgues en Alsace. Son fils Johann Andreas prend sa suite et en construit 57 en Alsace, Suisse et dans la région de Bade.

En Saxe, Gottfried construit son premier orgue pour l'église de Frauenstein dès 1711. Puis celui de Freiberg fini en 1714.

En 1723 il obtient d'Auguste le Fort le bénéfice d'un traitement comme facteur d'orgue de la cour et du pays pour 15 ans.

En 1746 il rencontre Jean Sébastien Bach lors de l'inauguration d'un orgue construit par un de ses élèves, célèbre.

Il meurt en 1753 après avoir construit dans son atelier 46 orgues.

Il a refusé d'aller travailler au Danemark, à Saint Pétersbourg ou à Prague où il avait été demandé, tant sa réputation était grande.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Des orgues construits par la famille, 46 en Saxe, 33 en Alsace et ailleurs, beaucoup ont subi tellement de transformations qu'ils n'ont plus grand chose à voir avec les Silbermann. D'autres ont été détruits pendant les conflits, ou au cours d'incendies. Mais il en reste qui ont passé les siècles sans dommages. C'est le cas de celui de Freiberg où nous sommes arrivés.

Freiberg doit sa prospérité aux mines diverses des Monts Métallifères, toujours en activité. C'est le siège de la plus ancienne école supérieure des mines d'Allemagne. Elle acquit son statut de ville libre dès 1186. Elle possède un superbe musée de minéralogie et d'histoire des mines, mais ce que nous venons y voir c'est l'orgue de Gottfried Silbermann, son plus bel orgue paraît-il !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Dans le quartier de la cathédrale les maisons sont souvent gothiques, et les linteaux ont des courbes bizarres. Elles sont convexes alors qu'on nous a toujours expliqué que la raison des courbes ogivales en occident, c'est la supériorité de la résistance au poids qu'elles supportent ... Et pourtant celles-ci doivent résister depuis pas mal de siècles !

Les portes ont les deux socles et les baldaquins remarqués à Meissen et à Pirna.

Et nous voici arrivés à la cathédrale de style gothique flamboyant qui remplaça la romaine détruite par un incendie en 1484. L'organiste Albrecht Koch (qui donne des concerts en France) nous y attend pour un mini concert sur le plus célèbre orgue de Gottfried Silbermann.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

C'était très court, et il y a tellement à voir dans cette église que je n'ai pas prêté toute l'attention que j'aurais dû à la musique entendue.

L'orgue par lui-même et son décor baroque : des anges trompettistes au sommet du buffet, un organiste à gauche, un timbalier à droite.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried SibermannSaoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

des vierges sages et des vierges folles, un superbe saint Christophe, une étonnante piéta avec un christ décharné portant de vrais cheveux (15ème siècle);

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

et la très fameuse chaire en forme de tulipe sculptée en 1510 par Hans Witten, dont nous avons vu hier la colonne-fléau à Chemnitz. Il avait décidément bien du talent et le goût de l'originalité !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous avons vu l'ostentatoire mausolée Renaissance tardive (ou maniériste) d'un seigneur local qui nous confirme que la ville a été immensément riche ...

La partie la plus ancienne de la cathédrale Sainte Marie est la porte romane, absolument magnifique. C'est la plus ancienne et décorée d'Allemagne, d'influence cistercienne.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Le tympan représente un couronnement de la vierge et les huit voussures alternent des figures géométriques et des guirlandes de saints personnages, les évangélistes et les apôtres. A l'extérieur de l'ensemble c'est une résurrection qui clôt l'archivolte.

Dans les ébrasements des statues représentent des personnages de l'Ancien et du nouveau Testaments : la Reine Bethsalée, le roi David, son frère Aaron, Salomon, Jean l’Évangéliste, Daniel dansant avec les lions ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous avons continué notre découverte de la ville par des rues et des places bordées de maisons médiévales, Renaissance ou plus récentes, dont les portes sont surmontées de blason ou sculptures. Les demeures patriciennes sont le témoignage de la richesse des habitants.

Ces rues serpentent gentiment afin de casser le vent qui doit souffler fort dans cette grande plaine. Église Saint Nicolas désaffectée, théâtre fondé en 1790, place du marché et musée de la minéralogie ...

Et il est l'heure de revenir à Chemnitz, où nous avons à 19 H le concert de clôture de la Mozartfest. Cliquez là maintenant, et attendez quelques secondes !

https://www.youtube.com/watch?v=-dPogT2npKQhttp://

Au programme

Kyrie en Fa majeur KV 33,

Offertorium in Festo Sancti Benedicti "Scande coeli limina"KV 34

Requiem KV 626

de Wolfgang Amadeus Mozart ;

interprétés par Saint Pauli Kreuz Kantorei Netwerkorchester VII,

Guibee Yang soprano, Lena Carina Traupe alto, Thomas Volle ténor, Matthias Weichert basse sous la direction de Steffen Walther.

C'est un programme "grand-écart" ! Deux compositions parmi les toutes premières et l'ultime.

Yves nous les a présentées ce matin, replacées dans leur contexte.

Mozart a été un grand compositeur de musique sacrée de 1768 à 1780. Mais il s'y était essayé un peu plus tôt puisqu'il n'avait que 10 ans lorsqu'il composa à Paris le Kyrie KV 33, d'une grande sobriété et d'un profond recueillement. Yves Jaffrès pense qu'il annonce l'Ave Verum.

https://www.youtube.com/watch?v=6KUDs8KJc_c

C'est de retour à Salzbourg qu'il composa l'offertoire de Saint Benoit KV 34, avec une première partie de questionnement et la seconde triomphale où le saint rassure "les enfants" inquiets de leur avenir.

Puis après une analyse des différentes parties du Requiem, de celles entièrement composées par Mozart, de celles que Sussmayer, son assistant termina, ou même de l'Agnus Dei et de la fin qu'il composa entièrement d'après les indications du Maître, Yves s'attacha à la vérité historique que le film de Milos Forman a beaucoup malmenée, lui préférant la légende. Il faut dire que le sentiment de culpabilité et le traumatisme que la mort si rapide, à 36 ans du compositeur déclencha furent immédiatement favorables à la légende.

Mozart avait été nommé maître de chapelle trois jours avant son décès assurant enfin son avenir ... Il devait cependant terminer ce requiem dont le commanditaire voulait faire croire qu'il en était l'auteur. Mozart le composait sans enthousiasme, il n'avait pas envie de penser à la mort dans cette période où il écrivit ses œuvres les plus abouties, la Flûte enchantée et le concerto pour clarinette. Et d'ailleurs le Requiem n'est-il pas légèrement en dessous des compositions de cette fin de 1791 ? Cette question n'est pas de moi, mais d'Yves !

Et mes dernières notes sur ses remarques sont que "le Requiem est l'idéal de musique religieuse basée sur le texte, une vraie réflexion sur le sens de la vie ... A-t'il senti qu'il écrivait aussi pour lui dont la mort était, de façon surprenante, si proche ?".

Et le concert a été brillant, peut-être un peu trop ?

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 21:38
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Quelle belle soirée sous les voutes réticulées de l'église du château !

Nous avons entendu d'Arvo Pärt le Kanon Pojakanene ... Tout ça est très mystérieux pour la plupart d'entre nous !

Yves Jaffrès s'est attaché à donner des réponses aux questions que nous n'avions pas encore posées !

Qui est Arvo Pärt ? Un musicien contemporain né en Estonie en 1935. Enfant il joue de plusieurs instruments et il n'a que 9 ans lorsque l’Estonie tombe sous le régime soviétique. Il étudie la musique et se met à composer très jeune. "Son maître à l’esprit très ouvert lui permet de connaître les musiques les plus variées. A l’école de musique de Tallinn qu'il fréquente depuis 1954 il s’approprie la musique sérielle, représentative de la culture occidentale. Il estime que la composition lui donne plus de liberté et s'y adonne totalement à partir de 1957.

Ingénieur du son et auteur de musiques de cinéma (il faut bien manger !) il compose des œuvres pour voix d'enfants et de la musique dodécaphoniste où il triture la gamme dans tous les sens. Mais les soviétiques estiment que cette musique est bourgeoise, décadente et dégénérée, et il se heurte aux refus de la censure. Alors qu'il est mis à l'index dans son pays, en Occident il est très apprécié et estimé.

En 1964 il compose pour Rostropovitch qui lui avait passé commande. A la même époque il compose un Credo qui passe l'épreuve de la censure en l'absence de son pire opposant. L’œuvre fait forte impression, mais Il est mis à l'index. Il se tourne alors vers l'orthodoxie et ne compose plus rien pendant 4 ans.

Au terme de cette période où il a étudié le chant grégorien, la musique médiévale, et les polyphonies de la Renaissance, il crée le style nouveau, qu’il appelle « tintinnabuli", basé sur des mélodies très simples, construites sur des modes anciens et accompagnées par des accords parfaits, tout en utilisant tous les procédés d'écriture des polyphonies anciennes. C’est un changement radical !

Ses compositions ne plaisent toujours pas au pouvoir qui le prie de quitter le pays avec son épouse. En 1980 il passe en Autriche, obtient la nationalité autrichienne un an plus tard. Puis lui et son épouse vivront 30 ans à Berlin. C’est seulement en 2011 qu’ils retrouvent la nationalité estonienne, et reviennent dans leur pays natal. C'est en 1997 qu'il compose le Kanon Pojakanen, canon de repentance à notre Seigneur Jésus Christ.

Yves nous en a fourni la traduction des paroles et il se livre à une analyse de la forme et de l'esprit. Ce texte, datant du 8ème siècle, été reconnu par l’autorité ecclésiastique et fait partie de l’office nocturne de moines pour certaines fêtes.

Arvo Pärt compose sa musicale vocale, en partant des mots et des syllabes de la langue employée : leurs accents déterminent la structure rythmique, d’où un temps lisse, sans les appuis réguliers d’une musique mesurée, avec des plages sonores souvent lentes et parfois des longues notes tenues (bourdons).

La musique qu'il compose ainsi crée un univers hypnotique, issu d'une contemplation de la divinité. L’attitude profonde du croyant de l’orthodoxie n’est-elle pas celle d’un lâcher-prise pour accueillir la transcendance ?

Cette musique hautement spirituelle n'en est pas moins ancrée dans son siècle, car elle n’ignore rien des recherches de la musique moderne, et la démarche toute personnelle de Pärt n’a rien de rétrograde : au contraire elle a un immense pouvoir de séduction, et aussi de résistance aux contradictions du monde contemporain », ce qu’il avait fustigé en écrivant les dissonances insupportables de son Credo, et tout le monde avait compris qu’il s’agissait de l’oppression soviétique !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

En fin de journée sur la belle colline du château nous sommes arrivés à l'église de grès rose, de style gothique flamboyant d'Europe centrale. Sous les trois voûtes réticulées et peintes quelques trésors sont cachés par les gradins installés dans le transept

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

A gauche une étrange sculpture a attiré les plus curieux d'entre nous. Une "colonne fléau" attribuée à Hans Witten (vers 1515) est une rare représentation sculptée de la flagellation du Christ.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Les podiums des chanteurs cachent un long chœur qui mérite qu'on en fasse le tour. Jugez-en !

Un autel de bois polychrome daté de 1499 est dédié à Sainte Catherine. Une Vierge à l'enfant occupe la partie centrale, encadrée de deux saintes qu'Isabelle identifie d'après leurs attributs traditionnels ... Excusez-moi, Isabelle, j'ai oublié lesquels et donc l'identité des saint(e)s.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Plus intéressante encore à mes yeux est la prédelle qui illustre la décapitation de sainte Catherine, sculptée en bois polychrome. Il me semble que de telles prédelles sont rares.

La sainte est à genoux, sa tête nettement tranchée a roulé dans son manteau doré. Sous la roue de supplice plusieurs suppliciés sont enchevêtrés, cadavres qui semblent eux, ne pas avoir résisté ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Et enfin trois tableaux sur le mur sont attribués à l'école de Lucas Cranach l'Ancien. Ils sont datés de 1515.

En bas on reconnaît Saint Jacques par son chapeau de pèlerin à coquille. Il va périr par le glaive sur l'ordre d'Hérode.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Bon, ce n'est pas parce que nos places nous sont réservées que nous n'allons les rejoindre qu'au dernier moment, il est temps de nous asseoir et de nous concentrer pour le concert.

C'est avec une quasi-ferveur et une attention extrême que l'ensemble des auditeurs a écouté ce canon chanté par le chœur de la radio WDR dirigé par Risto Joost

Les dissonances participent à la plénitude de ce chant évoquant le chant grégorien, Carmina Burana et aussi parfois carrément nouveau. C'est parfait !

Vraiment nous allons garder un très grand souvenir de cette soirée.

Voici ce que Yves Jaffrès nous en a dit : "Cette œuvre terriblement exigeante, 1 h 15 de chant choral, sans le moindre accompagnement instrumental, a été magistralement interprétée par le Choeur de MDR Rundfunk, 60 choristes aux voix superbes, d’une parfaite justesse, et dirigés avec sobriété et efficacité par le chef Risto Joost."

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 15:41
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Donc la manufacture de porcelaine de Meissen dont deux épées croisées sont l'emblème, a été fondée en 1710 par Auguste le Fort. Il avait décidément très bon goût ce prince électeur ...

Et les ateliers ont été transférés dans les bâtiments actuels en 1865.

Tout de suite en entrant dans le centre des visiteurs on peut mesurer le luxe des collections dont des échantillons sont exposés aux murs.

Un peu plus loin Saxonia accueille les visiteurs. Elle a été créée en 2015 pour fêter les 25 ans de la réunification. C'est la plus grande statue de porcelaine au monde. Les chiffres : 800 kg de porcelaine pour un coût de 1 million d'euros.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Au début de l'activité fut le grés-ceram brun, et des couleurs pas encore au point. Il n'était possible de trouver de la porcelaine qu'en Chine.

Après 1709 et la découverte de la formule les porcelainiers copièrent les modèles chinois. Puis l'exotisme passa de mode. Par contre celle du café, du thé et du chocolat rendit nécessaire la recherche de récipients pour les servir. Souvent des solitaires ou des tête-à-tête car ces boissons étaient chères et on les consommait en privé.

Les tasses étaient petites et sans anse car on devait les laver entre deux prises dans un petit bassin à côté du service.

Les formes des cafetières et chocolatières étaient pratiques : elles devaient permettre de retenir le marc ou de mélanger le chocolat.

Le premier service de table en porcelaine est celui aux oiseaux et dragons. Avant on mangeait dans de l'étain.
Pour un premier ministre un service de table ne comportait pas moins de 2000 pièces ! car il fallait service 100 personnes, et le service comprenait aussi des couteaux au manche de porcelaine ... Au centre de la table des récipients pour la moutarde, les condiments, les citrons, etc ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Le musée est grand et la variété des pièces présentée surprenante. Voici deux charmantes scènes rococco baptisées "un bon père" et "une bonne mère".

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de MeissenSaoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Nous y avons passé beaucoup de temps et nous sommes maintenant attendus pour une démonstration.

D'abord le moulage des pièces, à la main ! Le mouleur emplit le vide de son moule, fait adhérer la pâte à la paroi, découpe de bord, puis il démoule et voici l'objet auquel il faudra ajouter un pied, une anse, le faire cuire deux fois ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

A l'établi suivant une dame assemble les différentes parties des petites scènes. Celle qui est finie, posée à côté de son travail doit être destinée aux visiteurs plus qu'à l'assembleuse.

Elle fabrique aussi tout à la main des fleurs. C'est un travail incroyable, assemblant certains modèles pétale par pétale.

Sur un petit établi des bras, des jambes, des têtes, et des ailes aussi pour faire des putti.

Nous sommes tous fascinés par ce qu'elle fait !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Et la troisième table est celle des peintres. C'est moins surprenant, mais ça n'en reste pas moins intéressant.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Alors maintenant nous commençons à comprendre pourquoi les prix sont astronomiques Nous ne pouvons même pas imaginer les heures de travail sur un service à thé couvert de fleurettes, même blanches mais au feuillage doré à l'or fin comme celui-ci !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen

Alors pour nous remettre de nos étourdissements Etienne a bien fait de prévoir un café avec gâteau au snack de la manufacture. Très cosy cet endroit avec des lampes dorées en porcelaine, des cousins aux deux épées, et la vaisselle maison. OK, blanche la vaiselle, mais quand même !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de MeissenSaoû chante Mozart à Chemnitz - Manufacture de porcelaine de Meissen
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 11:04
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Lorsque nous avons ouvert nos fenêtres ce matin (nous en avons deux dans notre vaste chambre) le soleil éclaboussait de lumière dorée l'église en face. Super, encore une très belle journée !

Je vous parlerai ce soir de la causerie musicale, pour le moment, 9 h 30, il est temps de prendre notre bus pour aller à Meissen, sur la rive gauche de l'Elbe, au pied d'une colline aux clochers noirs.

Sur l'autre rive des vignobles s'étagent en terrasses.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Notre guide nous attend près de l'ancienne porte par laquelle étaient contrôlées les allers-et-venues des Juifs pendant des siècles. Elle nous emmène place du Marché, qui n'a presque pas changé depuis plus de 400 ans.

La ville a été fondée en 929. Au 12ème siècle elle se développe au pied de la colline.

En 1342 la ville a été ravagée par une épidémie de peste, et les Juifs massacrés, accusés d'en être la cause.

Finalement lorsque pendant la guerre de 30 ans (1618-1648) la ville fut détruite en partie, puis victime d'une nouvelle épidémie de peste, on commença à penser que ce n'étaient peut-être pas les Juifs qui ...

L'hôtel de ville de style gothique tardif du 15ème siècle, symbolise l'importance de la ville libre qui rend elle-même justice.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

L'église est de la même époque, construite à la place d'une chapelle. Son haut clocher a, au-dessus de l'horloge une galerie qui permettait au gardien de la ville de remplir sa fonction. Son appartement était au-dessus des cloches. a ne pas confondre avec le carillon de porcelaine;

Le plan de la place n'a pas changé depuis le 16ème siècle. Tout autour les beaux bâtiments Renaissance étaient propriétés de riches marchands.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

La Burgstrasse est une belle rue, bordée de maisons Renaissance dont les portes de pierre sont souvent encadrées par des plateformes surmontées d'un baldaquin. Etaient-ce des piédestaux pour des statues, des sièges pour se reposer ou des étals pour présenter des marchandises ?

Nous allons ainsi jusqu'à la place du Puits, maintenant occupée par une fontaine.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Là, notre guide nous achète une spécialité locale, la fummel de Meissen. Cette grosse boule est incroyablement légère. C'est une bulle vide ! Faite avec 20grammes de pâte répartis en deux couches entre lesquelles le pâtissier insuffle de l'air avec une paille !

Et voici la légende de ce curieux gâteau. Auguste le Fort très sourcilleux de l'activité de sa manufacture de porcelaine installée alors dans le château dépêchait régulièrement un de ses hommes pour la surveiller. Il revenait souvent ivre. Pour lutter contre çà, il demanda au boulanger de faire un gâteau très léger et fragile ; le coursier devrait lui en ramener un entier bien sûr, à chacune de ses missions ! Déjà un test anti-alcoolique !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Nous avons alors pris la Leinewebergasse, la rue des tisserands de lin dont il ne reste plus qu'une maison. Depuis le 11ème siècle elle est pavée de grès rouge de Meissen.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

C'était la voie d'accès au quartier du château pour les cavaliers. Tortueuse et coupée de fortifications successives, elle devait stopper ou freiner l'avance des troupes ennemies.

Nous y avons vu un étrange chèvre-feuille aux fleurs très jaunes et au feuillage vernissé.

Nous sommes arrivés à l'église de Sainte Afra et au collège voisin. C'était un monastère d'Augustins qui fut désaffecté en 1539 lors de la Réforme. Le prince électeur devenu propriétaire décida d'en faire une école pour tous les enfants mâles qui voulaient faire des études supérieures, quelle que soit leur origine sociale. Elle a eu un beau succès puisque ce sont les nazis qui la fermèrent. Depuis la réunification elle est réouverte, et offre de la place à 150 garçons et 150 filles de Saxe.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Nous sommes presque au sommet de la colline. Depuis là le regard embrasse toute la ville, ses toits ou ses ruelles en pente rapide.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

On doit franchir une porte médiévale au décor néo-gothique réalisé par le peintre auteur de la fresque des princes à Dresde. Sûrement en porcelaine de Meissen elle aussi.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Et nous voici sur la place de la cathédrale, lieu où débuta l'histoire de Meissen.

En 929 Henri Ier, originaire de Basse Saxe (région d'Hanovre) venu inspecter la frontière Est de son royaume trouva que cette colline était idéale pour la protéger. Il y fit construire une forteresse et y installa un administrateur et une garnison. Au pied des villages slaves ont remplacé les "Longues Barbes" (à l'origine du mot Lombard ?) qui sont partis au sud.

Meissen était devenue capitale de la région et le château symbolisait la puissance allemande. Mais au 16ème siècle le monarque décida de transférer sa capitale à Dresde.

C'est Auguste le Fort qui réveilla la belle en y installant l'atelier de porcelaine. En 1709 l'alchimiste Johan Friedrich Böttger découvrit la formule et l'électeur de Saxe fit installer la manufacture entre le château et la halle aux grains, là où le secret était bien gardé !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Meissen, ancienne capitale

Ce n'est qu'en 1865 qu'elle fut transférée au pied de la colline, là où nous irons la visiter après déjeuner.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:54

Ce soir pour lire cet article je vous suggère de cliquer sur le lien

https://www.youtube.com/watch?v=HlW78xiLTDY

qui donnera parfaitement le ton de La longue Nuit du piano - les Successeurs

Au programme de la soirée nous avons en première partie un récital de piano de Peter Rösel, pianiste que nous allons découvrir, inconnu en France mais célèbre en Allemagne. Il interprétera

- Concerto dans le goût italien en fa majeur BWV 971 de Jean Sébastien Bach,

- Sonates pour piano en la majeur KV 331 et en ré majeur KV 576 de Wolfgang Amadeus Mozart,

- Sonate pour piano n°14 en do dièse mineur op 27, dite "Au clair de lune"

En deuxième partie ce seront huit élèves du conservatoire qui nous ferons une démonstration de leurs acquis.

Ce matin Yves Jaffrès a d'abord discuté avec le clarinettiste d'hier soir, Alexander Bader (les artistes sont dans le même hôtel que nous) qui lui a confirmé que la clarinette à la sonorité magnifique avec laquelle il a joué le quintette en la majeur KV 581 de Mozart ne lui sert que pour les œuvres de Mozart ...

Voici une belle introduction à notre heure musicale du matin !

Mais le concert du soir commence par un concerto de Bach qui intrigue. Un concerto joué par un seul pianiste, et dans le goût italien ! "Gout italien" : Vivaldi avait créé une nouvelle forme de concerto en 3 parties ; quant au "concerto" Bach imite les effets du concerto en opposant un "tutti" à un "solo"

Puis 2 sonates de Mozart ; d'abord celle dite "a la turca" KV 331 composée sous influence française où les turqueries étaient très à la mode, et la dernière KV 576 des sonates qu'il ait composées, sous l'influence de Bach, musique contrapuntique surtout dans la première partie, et la seconde totalement intériorisée, dépouillée, sublime. Yves nous affirme que c'est sans doute la plus belle sonate pour piano de Mozart.

Quant à la "sonate au clair de lune" de Beethoven, composée alors qu'il commençait à souffrir de surdité dont le contenu émotionnel est immense.

Nous voilà prêts ! Mais pas à entendre un pianiste fameux technicien, mais pas du tout mozartien. Qui a dit qu'il joue comme un soviétique ?

Le Rachmaninov qu'il nous a offert en bis était superbe. Alors peut-être pas soviétique, mais russe ?

Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert au Conservatoire de la ville

C'est le moment que nous avons choisi pour saluer Franz Streuber, président du festival Sächsische Mozartfest qui nous tendait la perche depuis deux soirées. Je n'entends rien à l'allemand mais j'arrive à comprendre qu'il parlait de notre groupe en disant "Saoû chante Mozart".

Il nous a réservé un accueil cordial et je garde des mots échangés qu'il souhaite une coopération entre les deux festivals, et des actions communes, en particulier pour le bénéfice des jeunes gens.

La professeure de piano, Emi Suzuki donne des concerts en Europe, mais encore jamais en France. Elle attend une opportunité pour le faire. Je tiens son e-adresse et son numéro de téléphone à la disposition de nos responsables des programmes !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert au Conservatoire de la ville

Et nous avons eu une très belle deuxième partie. Les élèves du conservatoire de Chemnitz que nous avons entendus sont doués, prometteurs et pour certains déjà de brillants pianistes, en particulier le réfugié syrien Amine Helou qui a interprété la ballade en sol mineur op. 23 de Chopin, récemment arrivé à Chemnitz.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:07
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Avant tout je suggère un lien à écouter en lisant cet article :

https://www.youtube.com/watch?v=VN83SBGSAWg

Audacieuse la visite à Graupa ? Non, c'est une heureuse découverte d'Etienne, inconnue de tous les guides Vert, Voir ... ou presque. Sur internet beaucoup d'informations en allemands, quelques unes en anglais, une en roumain, mais point en français. Il faut dire que le musée Wagner qui occupe un pavillon de chasse construit en 1755 pour le prince électeur Auguste le Fort n'est ouvert que depuis 2013.

C'est un peu loin de Chemnitz, aussi un en-cas nous a été préparé? à consommer sur le parcours, au bord de l'autoroute, servi par notre chauffeur ... C'est une grande première. Nous n'avions pas très faim, mais nous avons mangé !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Visiblement c'était la première fois que notre chauffeur menait un groupe au musée Wagner de Graupa. Il a fini par y arriver et nous avons trouvé, dans la cour du château, notre guide-interprète Helga et le directeur du musée pour notre visite.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Je ne sais pas dire les grands moments de cette visite. Wagner ne me passionne pas, même s'il est d'après notre cicérone le seul vrai rival de Mozart dans le cœur des Allemands. Serais-je de mauvaise foi, ici la rivalité se dit dans l'autre sens ...

Vie et œuvre de Wagner avec beaucoup de photos, quelques documents autographes de grande valeur, des maquettes et des photos de décors ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

une affiche d'Apocalypse Now (nous nous rappelons tous de l'utilisation par Francis Ford Coppola de la musique des Walkyries dans la terrible scène de l'attaque d'un village vietnamien par les hélicoptères américians), des machines électroniques amusantes dont une à voir sur

https://www.youtube.com/watch?v=fLCcLdNyK9U

Et nous avons quitté le château, traversé la rue. Mais où allions nous ?

Dans l'auberge tranquille où a séjourné Wagner pendant trois mois pour composer Lohengrin.

Eh oui ! Il n'a pas séjourné au château. Le musée ici, c'est une bonne façon de le maintenir en bon état, mais la réalité historique est un peu plus modeste.

Donc en face, le minuscule appartement de Wagner, meublé avec du mobilier et un décor d'époque, pas forcement authentique.

Je comprends que ce soit très émouvant pour les admirateurs du compositeur qui n'a qu'un rival ...

Autre chose que je retiens de cette visite, c'est l'application, l'obstination avec lesquelles le directeur du musée a contesté l'antisémitisme de Wagner. L'antisémitisme, une pensée très commune à l'époque ... il avait même des amis juifs ... Sourires dans le groupe.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Bon, il était temps d'aller déjeuner même si nous n'avions pas très faim !

La visite de la ville de Pirna fut trop rapide pour tout le monde. Cette jolie petite ville gothique qui n'a pas subi de dommages pendant le 20ème siècle recèle quelques trésors inventorié par les vues urbaines de Bernado Bellotto, dit Canaletto (neveu du grand) dont certaines sont au musée des Maîtres Anciens de Dresde.

La place du Marché avec l'hôtel de Ville du milieu de 16ème siècle qui porte l'emblème de la ville constitué d'un poirier qui pourrait être à l'origine du nom de la ville, encadré par des lions. L'origine du nom pourrait aussi venir d'un incendie ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Les voussures au-dessus des ouvertures présentent de gracieux entrelacs. Les portes sont basses, surmontées d'enseignes de pierre sculptées. Les pignons des bâtiments présentent des volutes parfois entrelacées. L'angle de la place par lequel nous passons est superbe.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

La promenade à travers les jolies rues nous conduit à l'église Sain Marie de style gothique flamboyant. Sa façade est très grise, mais à l'intérieur il y a beaucoup de couleurs. Les voutes réticulées des trois nefs sont de même hauteur (église-halle).

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Une grande variété d'ogives s'entrecroisent. Elles sont peintes de motifs polychromes. A la naissance des arcs les personnages du peintre Jobst Dorndorff doivent remplacer les chapiteaux sculptés de l'époque romane ; nous n'avons même pas le temps de les regarder ...

Déjà nous devons aller voir le retable du maître-autel, Renaissance.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Puis les fonts baptismaux d'origine. A la base du pied une ribambelle d'enfants potelés joue ...

Comme moi, Françoise trouve que ça a beaucoup de charme.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Le temps est compté cet après-midi. Nous devons déjà rentrer. Ici une maison dont l'oriel est supporté par un diable dont je ne me rappelle plus la légende,

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

et en face, surprise, un immeuble à la ravissante façade Art Nouveau. Nous ne sommes déjà plus dans le centre, c'est la raison de sa présence.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna

Le bus est garé au bord d' l'Elbe. En nous y rendant Helga, notre guide nous montre à quelle hauteur ce fleuve est monté lors de la terrible crue de 2002. Toutes les régions arrosées avaient été terriblement touchées. Sur une peinture commémorative leurs les toits sont hors de l'eau.

Pour le moment l'Elbe est bien calme, au soleil qui chauffe les vignes sur la rive opposée. A droite un mât est dressé pour célébrer le printemps. Plus modeste que les arbres de mai que nous avions vus en Bavière.

Mais nous avons une demi-heure de retard !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Graupa et Pirna
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 20:40
Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche

Au programme du soir,

- de Jean Sébastien Bach, 3 contrepoints de l'Art de la Fugue,

- de Wolfgang-Amadeus Mozart, le quintette avec clarinette en la majeur KV 581

- et de Max Reger le quintette avec clarinette en la majeur, op 146.

interprétés par la quatuor Klanke et Alexandre Bader à la clarinette.

Par où commencer le récit de cette soirée ? Peut-être par la conférence d'Yves Jaffrès, de ce matin !

Mais faire bref. C'est beaucoup plus difficile qu'on pourrait le penser, surtout pour l'impénitente bavarde et coupeuse de cheveux en quatre que je suis ! J'essaie ...

Bach a écrit l'Art de la Fugue à la fin de sa vie. A cette époque le grand public ne comprend plus vraiment sa musique. Alors que la mode est au style galant, Bach continue à approfondir l'art du contrepoint et des canons et publie l'Art de la Fugue maintenant considérée comme l'apogée de son œuvre.

Yves nous redéfinit ce qu'est le contrepoint. Enfin, il y a si longtemps que nous n'osions le demander ! un peu chaque jour et nous saurons à la fin de ce voyage.

Il nous a raconté la belle histoire de Mozart et de la clarinette qu'il découvre à Milan. Il est immédiatement séduit et compose pour cet instrument. Anton Staedler, joueur de cor de basset adapte un instrument à la musique de Mozart, la clarinette de basset.

Quelques mots sur le quintette KV 581 dont les parties avec clarinette sont de la poésie pure, toujours très émouvantes.

Quant à Reger, "après l'enfer d'hier, nous allons entendre un autre aspect de ses compositions avec son ultime œuvre, le quintette op 146 "chromatismes, polyphonie, beaucoup de fluidité rythmique. Volubile, son compositeur rend hommage au classicisme, intéressant !"

Et nous voici prêts pour la soirée à la villa Esche

Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche

Ici tout est Art-déco : l'escalier extérieur et sa porte, les villas voisines, les fleurs du jardin qui entourent la villa de l'industriel en textiles, Herbert Eugen Esche. Nous avons dîné dans l'annexe, un peu déçus de ne pas être reçus dans celle de la villa. Mais concert oblige !

Finalement le dîner a été, là aussi, très élégant et très bon. Une petite réserve, 18 H c'est un peu tôt pour nous.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche

Mais c'est ce qu'il faut pour être au concert à 20 H, dans les salles de réception de la villa. Les musiciens jouent dans la salle sous la coupole, le public dans deux salles autour.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche

La musique de Bach sonne toujours bien, et nous commençons à comprendre ce que sont les contrepoints : les superpositions de mélodies qui ont chacune leur propre réalité : merci Yves !

Le quintette avec clarinette KV 581, composé en 1789, année noire pour Mozart qui a essuyé quelques échecs est sublime.

L'entracte sur la terrasse d'où nous pouvons admirer le quartier et faire quelques photos souvenir est bien là, entre l'émouvant quintette de Mozart et avant l'inconnu quintette de Reger ... où la clarinette si proche de la voix humaine est plaintive, volubile, et son compositeur classique s'il le veut ! Intéressant ...

Oui, nous avons aussi pu boire un verre de vin blanc pendant cet entracte !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - concert à la villa Esche

Un dernier regard pour la villa que nous regrettons de ne pas avoir visitée. La documentation et inernet donnent des informations très intéressante sur la vie mouvementée de ce prestigieux bâtiment.

Son propriétaire quitta Chemnitz en 1945. La villa devint alors le siège de la kommandantur, puis de la stasi. De très importantes modifications y avaient été apportées. Après la réunification les problèmes juridiques de restitution durèrent jusqu'en 1998. Quand enfin ils furent résolus la villa était une ruine ainsi que son jardin abandonné depuis 1952. Le travail de restauration a été immense,jugez-en d'après la photo de 1998.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article