Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 17:48
Le concert à Pratmiral

Pratmiral est un hameau perché sur une montagne ardéchoise. Et c0 e4 août une foule s'y est rendue pour entendre le concert de musique de chambre organisé par Teresa Llacuna et Philippe Andriot.

Marc Drobinsky, violoncelliste et Yumeto Suenaga, pianiste ont choisi d'interpréter les sonates suivantes :

- 3ème sonate en la majeur op.69 de Beethoven

- 1ère sonate en mi mineur op 38 de Brahms

- et quelques surprises musicales.

Le concert à Pratmiral

Mark Drobinsky est un ancien élève de Msitislav Rostropovich au Conservatoire de Moscou. Evadé de Russie en 1974 il s'établit à Paris. Depuis il joue sous la baguette de chefs d'orchestre prestigieux comme : Valery Gergiev, Charles Dutoit, Alexandre Rabinovich, Arnold Katz, Dmitri Liss, Maxime Schostakovitch et a des partenaires tels que Martha Argerich avec qui il a enregistré plusieurs disques.

Yumeto Suenaga, pianiste français d'origine japonaise a obtenu, entre autres concours, le prix Teresa Llacuna-Ville de Valence en 2007. Il interprète avec beaucoup de subtilité un répertoire très varié allant du 18ème siècle à aujourd'hui.

Le concert à Pratmiral

Ca a été superbe. Les sonates sont passées de grondements profonds à de doux murmures.

En duo et en bis nous avons d'abord eu le célèbre Vocalise de Rachmaninov puis Yumeto Suenaga nous a fait cadeau de nombreux autres bis dont un rondo "colère pour un sou perdu" op. 129. de Beethoven pour finir par Turquoise d'Eroll Garner.

Je me rappelais de temps en temps le jeune pianiste que nous avions entendu à Suze la Rousse en 2008, lors d'un concert de Saoû chante Mozart, qui semblait intoverti, caché sous une grande mèche de cheveux. Au plaisir d'entendre toutes ces musiques s'est ajouté celui de le voir ouvert, causant, très souriant et heureux.

Heureux de jouer avec ce grand violoncelliste qui l'impressionnait beaucoup m'a t'il confié alors que nous nous retrouvions autour d'un buffet bien garni à l'abri de la pluie et de l'orage qui n'ont même pas troublé le public, ni les musiciens.

Belle après-midi. Merci Teresa et Philippe.

Le concert à Pratmiral
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 00:31
MGM - Vassieux

Le projet initial de Josette était "départ 8 H ...à la Clairière de Malatras .nous nous intéresserons à la montagne de Montué. 470 m de dénivelé et 13 km environ…(vent du Nord )"

Après presque 2 mois sans randonner l'appel est irrésistible.

Hors, non seulement le vent du nord est fort, mais il plaque sur nos montagnes un brouillard d'une densité exceptionnelle. On ne voit pas à 10 mètres à la clairière de Malatras, quelques kilomètres plus loin ce n'est guère mieux à Chaud Clapier, donc Josette décide de pousser jusqu'à Vassieux où le vent dégage en général le ciel.

MGM - Vassieux

Bien vu ! Passé le col de la Chau et le mémorial de la Résistance le plateau apparaît bien dégagé.

La randonnée du jour sera en fait tranquille pour les jambes avec peu de dénivelé et c'est parfait pour une reprise.

Mais pas pour la mémoire. Vassieux fut un village martyre de la Résistance. Et le souvenir de la tragédie de juillet 1944 est respectueusement conservé avec le mémorial au creux du col, le cimetière dans la boucle d'un virage, le musée dans le village et les plaques devant des maisons familiales à la mémoire de familles assassinées.

Au 21ème siècle l'activité est celle d'un village de montagne : accueil des touristes été comme hiver, et élevage de bovins, ovins et même des ânes pour accompagner les randonneurs ?

MGM - Vassieux
MGM - Vassieux

Mais pas pour nous ... Nous traversons le plateau karstique qui occupe une partie du synclinal du plateau de Vassieux avec scialets et dolines, ces cuvettes plus ou moins profondes entourées de rochers. Certaines sûrement dangereuses sont entourées de clôtures pour que les animaux les évitent.

MGM - Vassieux

Au hameau du Château pas de traces d'un castel, mais un socle bien original pour une vieille croix de fonte.

MGM - Vassieux

Il est bien tard pour trouver une flore originale. Quelques rares fleurs, œillets ou scabieuses que j'ai déjà bien souvent photographiées sont malmenées par le vent. Ce sont les chardons qui sont là intéressants. Enfin, je veux dire les carlines acaules butinées par des insectes élégants : une punaise à la carapace rayée ou un papillon qui cache ses couleurs chatoyantes.

MGM - Vassieux
MGM - Vassieux

Nous sommes passés par le Sapin d'Aimé puis avons pris la direction du hameau de la Mure. Une clairière bien dégagée et abritée du vent est l'endroit choisi pour notre pique-nique, nos papotages de rentrée et la photo de groupe. Toujours un peu difficile avec des camarades facétieux !

MGM - Vassieux

Là sur fond de Grand Veymont les moulins du hameau de la Mure sont visibles de loin. Construits à la fin du 17ème siècle ils furent actionnés par "la bise glaciale du nord ou les rafales humides du sud" pendant plus d'un siècle. Ils furent ensuite transformés en bergerie et en juillet 1944 en nid de mitrailleuse allemande.

Ces ruines de moulins à vent sont les seules des Alpes du Nord nous indique le panneau pédagogique voisin. Il nous dit aussi que des expériences de réhabilitation de ces moulins ont permis de produire l'électricité nécessaire à un groupe d'une dizaine de maisons. Intéressante expérience qui permet des rêves de nouvelle vie aux vieux moulins !

MGM - Vassieux

Au hameau les oies sont aussi vaillantes que pendant l'Antiquité. Elles ont lancé l'alerte de notre arrivée bien avant tous les autres animaux, dindons, canards et même les chiens qui ont été les derniers à se manifester.

Les maisons reconstruites après les incendies des villages et hameaux par l'armée allemande en 1944 l'ont été avec les mêmes matériaux sur tout le plateau du Vercors, et sont souvent restées comme celle-ci.

MGM - Vassieux

Une petite chapelle où ils avaient trouvé refuge évoque pour beaucoup le souvenir d'un court séjour très pluvieux précédent à Vassieux.

Aujourd'hui le ciel est parfaitement bleu, au-dessus de Vassieux. Mais également de part et d'autre, en ce début d'après-midi : clair au-delà du col de la Chau et bien dégagé sur les crêtes voisines du grand Veymont.

Qui l'eut cru ce matin ?

MGM - Vassieux

Je maintiens Alféo et voici une photo de groupe complet.

MGM - Vassieux

Revenus aux voitures il y a eu ceux qui sont redescendus dans nos vallées par le col du Rousset et les autres qui ont repris par le col de la Bataille.

Avec une étape au refuge de Gardiol où Josette veut nous montrer le saut de la Truite.

C'est tout le cirque étroit et profond de 500 mètres au-dessus de Bouvante le Haut qui s'appelle "la truite".

En ce début de septembre bien sec, dire que le ruisseau de Toulau se jette dans le vide est beaucoup dire. Car il y a bien peu d'eau.

En fait, juste assez pour observer un phénomène assez singulier créé par le vent du nord : il oblige l'eau à remonter le rocher en se répandant en fine pluie dans l'herbe abondante qui pousse au-dessus et que nous avons traversée. On comprend pourquoi il est recommandé de ne pas s'aventurer sur le sentier de la Truite en hiver.

On voit sur la ligne de falaise, au milieu droit les traces sombres d'humidité. C'est leruisseau qui n'arrive pas à couler !

MGM - Vassieux

Nous avons continué le sentier des anciens forestiers qui débarder les grumes de la forêt et les transportaient jusqu'au fond de la vallée à Bouvante. Il fut un temps où ce chemin livrait passage à des engins motorisés ... Enfin, ce n'était peut-être pas pire que la piste que nous avons prise pour aller à la Vallée des Merveilles. Les engins devaient être moins bien équipés pour ce genre de route.

MGM - Vassieux

Merci Josette pour cette étape qui a été une découverte pour tous.

Je suis sûre que tu sais que la route forestière peut donner l'occasion d'une randonnée au départ de Bouvante le Haut. Mais sais-tu que le dénivelé n'est que de 600 mètres ? Lorsque les forêts de fayards ont leur feuillage d'or d'automne, ça doit être superbe.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 15:43

Sur un devers de la montagne du Jocou, 2051 mètres, point culminant du Haut-Diois le vent soufflait très fort en ce jeudi.

C'était un paysage de début du monde qui s'ouvrait devant nous, sous les nuages qui s'effilochaient dans le ciel après avoir longtemps plongé depuis les crêtes.

Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...

Nous nous sommes transformés en ethnologues pour étudier une étrange tribu. Crayon à la main et appareil photo en place.

il paraît qu'il s'agit d'un groupe de "bipedarius rigolarium", de la fin du 20ème et (ou ?) début du 21ème siècles venant de la vallée du grand fleuve à l'ouest.

Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...

Nous avons trouvé des inscriptions rupestres faites au charbon de bois. Oui, charbon de bois nous pouvons l'affirmer puisque nous avons aussi trouvé un foyer plus ancien proche de cette pierre. Ces traces ne vont pas défier les siècles ni même les années. Petits joueurs par rapport aux hommes du néolithique qui ont laissé les gravures de la vallée des Merveilles.

Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...

Tous les individus, mâles et femelles ne manquaient pas une occasion de tomber sous les coups de boutoir du vent qui devait souffler avec des pointes voisines des 100 km/heure.

En fait, ça avait l'air de beaucoup les amuser !

Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...

Décidément ils avaient des comportements étranges.

Un grand mâle semblait être le mâle dominant ou leur "théoricien". Il prenait souvent la parole et la gardait longtemps. Mais y avait-il une guerre de pouvoir avec cet autre mâle qui s'est approché de lui, l'a bâillonné, lui a bouché les oreilles et les yeux pour obtenir enfin cette parole si précieuse ?

Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...

Autre particularité comportementale, ils ont passé beaucoup de temps à observer les papillons très nombreux sur cette montagne qui ne doit pas être aussi polluée que la plaine. Et voici le résultat de leurs observations.

Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...
Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...
Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...
Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...
Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...
Sur les pentes du Jocou, étrange rencontre ...

Ils ont été obtenus par Alféo et Pierrette, alors que la tribu qui se roule dans l'herbe est de Michel,

et le mot de la fin de Marianne "Bêtes à manger du foin, mais que ça fait du bien d'être foutraques !"

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 13:12
La vallée des Merveilles

Nous sommes donc à pied d’œuvre au chalet des Merveilles, onze copains prêts à découvrir autour de nos deux guides, Franck et Robert.
Que découvrir dans ce haut lieu du parc du Mercantour ? J'ai déjà vu moult fois cette destination proposée par des tour-opérateurs spécialisés dans la randonnée ou pas, et en ai tiré la conclusion que c'est un endroit important mais sans vraiment chercher pourquoi !

Robert nous a parlé de lacs, de flore, de faune particulière, et surtout de gravures rupestres. (D'où les symboles qui ornent la façade du musée de Tende).

On en compte un nombre imposant, presque 100 000, toutes à plus de 2000 mètres dans les vallées qui descendent du Mont Bego (2872 mètres d'altitude) , la montagne au nord. Ce lieu a été élu en raison de sa richesse en eau et de son pouvoir d'attirer les orages (le sou-sol est riche en minerais divers), elle rassemble les puissances telluriques. Parfait pour qu'elle soit divinisée, et que les hommes du néolithique en fassent un lieu sacré, de culte où les shamans venaient entrer en contact avec les dieux.

La fréquentation des chemins ici est impossible avec des bâtons non équipés de protection caoutchouc ou plastiques. Dès la vérification terminée nous avons commencé à monter au-dessus des lacs, en admirant tout ce qu'il y a autour de nous. Au loin, à l'ouest la ligne de crêtes que nous voyons était la frontière française jusqu'en 1947.

La vallée des Merveilles

Nous avançons assez vite nous avons beaucoup à voir avant d'arriver au lac des Merveilles où nos guides ont décidé que nous pique-niquerions, tout en haut du couloir de pierres en face de nous.

La vallée des Merveilles

Je n'ai même pas pu sortir mon carnet. Photographier de temps en temps, écouter nos guides et avancer avec le groupe en évitant les pierres, exclut la prise de notes ! Je le regrette beaucoup, ça va être dur de raconter cette si riche rando !

La flore superbe mérite quelques clics. Ici des véroniques. Mais je montrerai avec beaucoup de photos ultérieurement.

La vallée des Merveilles

Nous arrivons devant un gigantesque amas de pierre interdit par un panneau "Monument historique - Accès interdit". C'est pour le moins surprenant et insolite !

Le GR 52 suit le ruisseau qui prend sa sort du lac des Merveilles et descend jusqu'au Lac Long supérieur.

La vallée des Merveilles

Seuls les randonneurs accompagnés par des guides professionnels ont le droit de sortir du GR pour traverser ces énormes éboulis de roche où sont les plus nombreuses gravures, et nous faisons partie de ces privilégiés (OK, ça a un coût) et voici d'ailleurs notre première pierre gravée.

La vallée des Merveilles

Les gravures ont été pratiquées sur des pierres assez lisses et inclinées par piquetage, percussion de la roche avec des pierres plus dures. Elles sont peu profondes et les différences de couleurs provoquées par des réactions chimiques naturelles sont légères, ça ne les rend pas faciles à voir.

Ici une figure avec de grandes cornes, une cupule, un poignard gravés. Ces représentations de taureaux ou figures corniformes, d'anthropomorphes, de vases et d'armes variées semblent figuratives mais sont surtout symboliques. Les armes ont permis la datation des gravures : environ - 5300 ans, juste à l'époque de Otzi, l'homme momifié retrouvé en 1991 à la frontière entre l'Autriche et l'Italie avec un poignard semblable.

C'est aussi à peu près à l'époque de l'écriture sumérienne, première écriture de Mésopotamie ...

Ces gravures, cette proto-écriture, ne sont systématiquement étudiées que depuis la fin du 19ème siècle, à la suite des travaux du britannique Clarence Bicknell. Maintenant par une équipe de l'université de Nice-Sophia-Antipolis. Les chercheurs qui travaillent sur les représentations rupestres et pariétales estiment qu'elles expriment une pensée, des préoccupations spirituelles et temporelles où qu'elles soient (ici, à Foz de Cao au Portugal, à la grotte Chauvet, en Suede, en Australie ou en Afrique). Ce lieu est considéré aujourd'hui comme le berceau de la pensée religieuse européenne.

La vallée des Merveilles

Et les formes anthropomorphiques enlacées que nous montre Robert sont interprétées comme la représentation du couple primordial, le père soleil venant du ciel et la mère terre sortant du sol se rejoignent en se tendant les bras.

Robert nous explique aussi la position des gravures par rapport à l'angle d'inclinaison des roches et l'écoulement de l'eau, choisie avec autant de soin que les dessins eux-mêmes.

La vallée des Merveilles

Nous sommes totalement happés par ces commentaires. Robert passe la parole à Franck et nous sommes sous un tir nourri éblouissant.

La vallée des Merveilles

Regardez ici la cupule dans laquelle il y a des petites graines : symbole de fécondité et de fertilité. Et ici les deux figures réticulées assemblées ...Et je ne prends pas de notes ... Quel regret !

La vallée des Merveilles

Tant de corniformes différentes, têtes rectangulaires ou triangulaire, cornes plus ou moins ouvertes qui ont été converties de bien des façons ...

Nous entourons nos guides et nous sommes des élèves attentifs !

La vallée des Merveilles

Nos guides semblent avoir chacun leurs spécialités et se relaient en changeant de sujet qu'ils connaissent très bien et nous expliquent simplement, comme des diffuseurs d'ouvrages de vulgarisation. Cependant nous avons repris notre ascension pour arriver au Christ qui illustre l'évolution des gravures au long des millénaires.

La vallée des Merveilles

D'abord un réticulé (menton) auquel deux cornes ont été ajoutées. La gravure a été anthropomorphisée ensuite avec l'ajout d'yeux, puis une barre horizontale pour les sourcils, une verticale pour le nez. Les cupules triangulaires qui forment une couronne d'épines datent du deuxième millénaire de notre ère ...

Nous avons pique-niquer au lac comme prévu, puis nos guides nous ont proposé d'aller sur le dos des baleines à notre droite (oui, ces énormes roches rondes bien au-dessus du lac), c'est là que se trouve le très fameux sorcier, figure emblématique de la vallée.

La vallée des Merveilles

Nous avons d'abord vu des graffitis à travers les âges. Cette vallée à la frontière franco-italienne pendant longtemps était gardée par l'armée italienne contre les velléités françaises. Et dans cette armée un mercenaire d'origine française a passé des loisirs ou des heures d'attente à graver son blason (queues d'hermines et fleurs de lis) à côté des dessins proto-historiques ... Intéressant !

La vallée des Merveilles

Jean Claude et Alfeo doivent en chercher quelques autres sur le dos de cette baleine. !

La vallée des Merveilles

aidés par Doris ?

La vallée des Merveilles

Franck attire notre attention sur le seul éboulement postérieur à la réalisation des gravures connu : une énorme roche dissimule une partie des dessins sur cette pierre.

La vallée des Merveilles

Et nous voici arrivés au sorcier !

La vallée des Merveilles

Finalement assez petit ce symbole de la vallée que nous détaille Franck.

La vallée des Merveilles

Du haut de la falaise qui nous surplombe un chamois nous observe. Est-ce celui que nous avons vu pendant des minutes ?

La vallée des Merveilles

Non, Franck nous dit qu'il y en a beaucoup et qu'ils ne sont pas farouches. Ils ont l'habitude des visiteurs et parfois cabotinent devant les photographes.

La vallée des Merveilles

Et nous sommes redescendus en nous arrêtant à chaque chamois, touffe de fleurs, ou petit lac dissimulé jusqu'aux derniers pas, toujours surpris par l'énormité des chaos rocheux qui témoignent de l'importance de l'activité géologique de cette vallée.

La vallée des Merveilles

La douceur retrouvée lorsque nous approchons du chalet ne devrait pas nous faire baisser la garde et trébucher sur un caillou du chemin ou des ruisseaux.

Et il ne reste plus qu'à affronter les cahots de la piste pour redescendre jusqu'à Tende les yeux encore emerveillés.

Repost 0
Published by Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 13:25

Découvrir la Vallée des Merveilles, finalement nous y voici !

Elle se mérite cette vallée qui nous fait rêver depuis des mois, depuis qu'Alféo nous l'a proposée comme lieu de randonnée. C'est lui l'auteur ce projet et il l'a réalisé avec une grande maîtrise de la vie de groupe et des possibilités de l'endroit.

D'abord ça ne semble pas si loin de la vallée du Rhône, Tende. Mais c'est dans les Alpes Maritimes, en pleines montagnes alors c'est tout sauf direct.

Départ pour l'itinéraire montagnard qui a beaucoup plus d'attraits que l'autoroute jusqu'à Nice : col de Cabre, Gap, Barcelonnette,et le col de Larche.

Là arrêt technique avec vue sur le lac et premières photos botaniques : lis des Alpes (sans bulbilles) et lis de Saint Bruno, asphodèle, orchis globuleux et un magnifique géranium des montagnes d'un bleu très lumineux.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles
Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles
Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles
Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles
Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Du col de Larche jusqu'au col de Tende nous sommes en Italie. Circulation dense, orages et travaux de doublement du tunnel de Tende, nous ne souhaitions qu'une chose c'est d'arriver à Tende et à l'Hôtel du Centre.

Alféo connait cet endroit depuis qu'il est venu grimper ici quelques cols à ajouter à son abondant palmarès. Aussi Aline, la maîtresse du lieu nous accueille avec de grands sourires.

C'est une adresse à recommander : à l'accueil, le prix, le pique-nique qui nous sera fourni pour la randonnée du lendemain, l'a collaboration avec le restaurateur du haut de la ville s'ajoute le charme d'un vieux relais de poste particulièrement fréquenté par les "princes de l'église" et des prélats plus modestes qui se rendaient auprès de leur hiérarchie ou en revenaient.

Il est temps que je fasse faire un tour de ville à mes lecteurs, même si ce n'est pas l'exacte chronologie de notre séjour. C'est une ville de montagne perchée sur un flanc très pentu, de part et d'autre d'un ravin où coule un ruisseau chantant (on entend l'eau courir partout dans le bourg, en souterrain).

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Au sud, en dessous des maisons qui se serrent le long des ruelles, des jardins bordent ce ravin.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

En face trois clochers dominent le quartier ainsi que la façade très colorée de la cathédrale baroque.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles
Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Avant de courir les venelles et les calades qui traversent et gravissent la ville, nous nous sommes régalés d'un bon repas préparé par un chef qui se dit en vacances ... et avons bu aux randonnées et à l'amitié.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Nous n'avons pas eu le temps de visiter le musée dont les piliers de la façade sont décorés des symboles si souvent représentés dans les gravures que nous nous sommes venus découvrir.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

D'ailleurs le temps d'aller voir cette Vallée des Merveilles, haut lieu du parc du Mercantour est arrivé. Les guides Franck et Robert nous attendent avec leurs 4x4.

http://www.panzamerveilles.com/http://

Robert qui conduit le véhicule où je suis nous dit qu'ls sont prêts à répondre à toutes nos questions.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Et ça tombe bien car lorsqu'il nous présente la gare mussolinienne du bourg voisin, ça nous intrigue.

C'est ainsi que nous apprenons que cette région n'est française que depuis 1947, et a été rattachée à la France après la défaite de l'Italie lors de la guerre de 1939-1945 ... Surprise de tous !

Nous avons quitté la route pour la piste qui doit nous mener jusqu'au refuge des Merveilles. Je range mon carnet et mes crayons : c'est impossible de noter quoique ce soit, toute notre énergie est employée à ne pas trop nous faire bousculer par les cahots. Nadine s'emploie à diriger le chauffeur lorsqu'il lui faut s'y prendre à 2 ou 3 fois pour franchir certaines épingles à cheveux ... Mais tous nous ne manquons pas d'admirer les rhododendrons en fleurs sous les mélèzes courbés par le poids de la neige.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Nous essayons aussi de deviner où passe la piste dans les éboulis qui l'entourent, le ravin immense sur le côté, et aussi les randonneurs qui disposent de plus de temps que nous et qui sont à pied depuis le très grand gîte de l'ancienne mine.

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Nous avons passé la ligne des 2000 mètres, et sommes sur une haute vallée où courent des ruisseaux et reposent des lacs. Superbe !

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles

Et nous avons fini par arriver, sûrement avec quelques ecchymoses ici ou là, mais entiers ! Maintenant nous sommes à pied d’œuvre n'est-ce pas Christiane avec polaires, lunettes de soleil et chapeaux ?

Allons-y découvrir toutes sortes les Merveilles de toutes natures !

Tende, "camp de base" pour la Vallée des Merveilles
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 13:44
Les prairies bigarrées de fin juin

Les couleurs de la Drôme en ce moment ? Elles sont multiples et mélangées, emmêlées, et changent à chaque pas.

D'abord les orchidées rose pâle du Dauphiné. Le labelle et les pétales sont ornés de lignes courbes et de tirés légèrement plus foncés.

Les prairies bigarrées de fin juin
Les prairies bigarrées de fin juin
Les prairies bigarrées de fin juin

Le labelle et les sépales de l'orchis tridenté sont rose plus soutenu tachetés de points rose vif. Son casque composé de deux pétales et un sépale est rose indien. On voit bien que c'est du labelle découpé en trois parties que lui vient son nom.

Les prairies bigarrées de fin juin

Cet orchis plus grand, rose sombre, à fleurs clairsemées que j'ai eu la chance de saisir juste avant qu'il fane est peut-être bien un orchis peint ? A réexaminer en meilleur état !

Les prairies bigarrées de fin juin

Les orchidées, il faut un peu les chercher. En cette fin de juin, dans les herbages il y a tant et tant de fleurs qu'on ne sait où donner de la tête !

Rose et bleu, ce sont ici du sainfoin et des campanules.

Les prairies bigarrées de fin juin

Somptueux voici un gros bouquet bleu de véroniques.

Les prairies bigarrées de fin juin

Toujours bleus, les épis de raiponces.

Les prairies bigarrées de fin juin

Bleus mélangés se sont des sauges des prés avec des scabieuses

Les prairies bigarrées de fin juin

Là il y a tant de sauges qu'elles semblent avoir donné des reflets bleus aux herbes.

Les prairies bigarrées de fin juin

Mon livret "les fleurs" de Lipert/Podlech classe les scabieuses dans les fleurs roses ... non, définitivement elles sont bleues.

Les prairies bigarrées de fin juin

Il y a aussi des blanches comme les marguerites.

Les prairies bigarrées de fin juin

Décidément il y en a pour tous les goûts, avec une dominante pour les bleus. Mais il faut se dépêcher d'aller voir car les prairies sont coupées ces jours-ci, et sous peu il n'y aura plus que les bas-côtés qui seront fleuris.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Couleurs de la Drôme
commenter cet article
23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 13:34
MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Bon, je sens que certains de mes lecteurs commencent à penser qu'il n'y a pas que Mozart dans la vie !

Et c'est vrai, il y aussi la rando ! Surtout quand le temps se met subitement au beau et que le thermomètre s'affole. Il fera bien meilleur dans nos montagnes que dans la vallée du Rhône.

Josette a dit du Col des Limouches jusqu'à la Tête Chauve, sans préciser le kilométrage estimé. Ça fait beaucoup ... Mais nous avons biaisé : au col nous avons pris la petite route à gauche et avons parcouru en voiture jusqu'à un endroit bien connu d'une partie d'entre nous. "C'est d'ici que Rachel a souvent démarré des sorties."

Donc allons-y. Mais voici qu'une orchidée me fait des petits signes et des clins d’œil que j'aperçois sous le casque de ses fleurs rose pâle.

C'est l'orchis du Dauphiné, à feuilles étroites tachées de pourpre. Son labelle est à peine échancré.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve
MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Et quelques dizaines de mètres plus loin, c'est au tour d'une rose magenta. Le labelle est nettement divisé en trois parties, c'est l'orchis tridenté.

Et maintenant je rattrape le groupe. Vite, mais pas trop ! Il y a tant à voir sur le bord du chemin et dans les prairies. Pour le montrer je vais consacrer un article à toutes ses fleurs dans la rubrique "Couleurs de la Drôme".

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous marchons sur le "sentier des moines". Il reliait l'abbaye de Léoncel au prieuré de Montmeyran qui en dépendait. Enfin, depuis le temps que j'en avais entendu parler !

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Donc sentier des moines, GR93, pas du Touet, Baranquand, je ne sais plus très bien l'ordre dans lequel nous avons passé tous ces lieux, entre prairies fleuries, troupeaux ruminant, forêt en pente, anciennes fermes et enfin troupeaux paissant. Mais là c'est plus délicat. Une vache c'est volumineux, ça a des cornes. Non, pas celles-là, on les leur a coupées. Mais elles allaitent et il ne faut surtout pas les approcher ... Où passer, il y a des buissons de l'autre côté ? En leur parlant tout doucement et en avançant sans avoir l'air d'hésiter ... Finalement celles qui occupaient le chemin s'en vont, le passage est libre !

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve
MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous sommes dans un étroit vallon en direction du nord qui va vraiment nous permettre d'atteindre la Tête Chauve que nous entrevoyons de temps en temps.

Encore un effort et nous voici sur un replat, au sommet d'une falaise avec panorama sur la vallée et sur Barbières qui se blottit au pied de ses rochers et se faufile le long du ruisseau jusqu'à la cluse qui ne laisse passage qu'au ruisseau et à la route qui grimpe dans le Vercors par le col du Tourniol.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Le panorama est immense et nous nous en rassasions en attendant que le groupe se reconstitue ou presque.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Car il faut donner encore un bon coup de collier pour arriver jusqu'à la croix plantée au sommet de la Tête Chauve. S'arrêter trop longtemps coupe les jambes. Alors nous repartons.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Et au sommet où le vent souffle légèrement c'est une vue à 360° qui s'offre aux marcheurs : la vallée, je l'ai déjà montrée ; tout au nord voici les lacets de la route qui monte au col de Touniol, et les falaises qui le dominent !

Les souvenirs de courses assaillent les anciens cyclistes nombreux parmi nous (non, pas moi !)

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

A l'est dans le creux on distingue mal le clocher de Léoncel qui est emmailloté par des échafaudages en ce moment.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous sommes tous là ? Photo de groupe ! un marcheur solitaire arrive juste à temps pour appuyer sur le bouton !

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Nous sommes redescendus par un sentier de chamois, croyez-vous ? Heureusement les buis sont solidement plantés car nous nous y sommes cramponnés pour descendre de roche en roche à travers les arbustes. Pas aussi chauve cette montagne que son nom le laisserait entendre.

Pique-nique dans une clairière et nous sommes repartis sans trop attendre. Vers le col de Tourniol pour prendre ensuite quel itinéraire ? Non, c'est au nord et nous devons aller plein sud.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Quelques minutes d'échanges et de palabres plus tard nous avons pris plein sud par un beau grand chemin qui nous a conduit rapidement jusqu'à nos voitures ...

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve

Intéressant le diagramme de notre parcours du jour. Mince, il est à l'envers et je n'arrive pas à redresser l'image ...

Les performances, ce ne sont pas les meilleures de la saison : 10.8 kilomètres et 340 mètres de dénivelé. Mais c'était très beau.

MGM - du col des Limouches à Tête Chauve
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 13:29
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Le festival Sächsisches Mozartfest est fini. Nous allons quitter Chemnitz pour rentrer chez nous. Mais seulement à 10 H 30. Nous avons pensé, Anne-marie et moi que ça nous laisse le temps d'aller dans cette ville dont la visite n'était pas inscrite au programme.

Nous avons traversé le parc à côté de l'hôtel, Schiller platz dont une des statues fait penser aux mobiles de Calder. Ou à un taureau de Picasso ? Enfin à de l'art occidental.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Traverser le quartier piétonnier nous tente. La rue est large, et de chaque côté les immeubles d'appartements qui ne sont pas rénovés sont en pleine réhabilitation. Là aussi on note la présence de statues qui sont sûrement des terrains de jeux pour les enfants.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous sommes allées ainsi jusqu'à un square qu'on pourrait imaginer en classe de musique ! Mais la grande chaise du prof' est piégée, toute bancale. Il doit falloir s'y accrocher fermement pour y rester ! Aménagement du parc financé par l'Europe.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Sur la grande artère Mullerstrasse les immeubles sont de style éclectique, fin du 19ème. Ils ont été cossus et tendent à le redevenir.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous sommes à l’extrémité nord du Schlossteich, et là, enfin nous avons une vue incomparable sur la cheminée d'usine peinte par un artiste français, symbole de l'activité et des moyens de la ville ! Ainsi on la croirait au bout du jardin où les rhododendrons fleurissent abondamment, mais elle est à des kilomètres, au milieu d'une grande zone d'activités.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Par des allées dans le bois nous sommes montées en haut de la colline du château, quartier très résidentiel. Voici l'église où nous avons entendu le Kanon Pokajanene d'Arvo Pärt.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Et maintenant que nous redescendons vers le lac voici les bâtiments du monastère convertis en musée. Très intéressant ce musée nous a dit Isabelle ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous avons aperçu que le lac attire beaucoup de monde le week-end. Ce lundi matin nous sommes les seules promeneuses à profiter de la douceur sous le ciel gris, des bosquets de rhododendrons et du paysage, canards, église et cheminée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Nous avons quitté le lac pour aller franchement au sud. Ici ou là le street-art s'expose sur des façades plus ou moins rénovées et aveugles.

Saoû chante Mozart à Chemnitz
Saoû chante Mozart à Chemnitz

Il nous a fallu accélérer un peu pour poursuivre notre tour en passant au-dessus du centre dans un quartier cossu, 19ème siècle. Encore un témoignage de l’opulence de la grande ville industrielle.

Saoû chante Mozart à Chemnitz

Et maintenant il faut redescendre, traverser la rivière Chemnitz qui a donné son nom à la ville, et rejoindre par la Theaterstrasse notre hôtel où nous arrivons bien à temps, ravies de notre tour, et d'avoir échappé aux menaces du ciel.

Etienne, il faudra faire attention dans nos prochains projets à obtenir qu'on nous organise une visite de l'endroit où nous résiderons. Chemnitz valait sûrement qu'on y passe une demi-journée de plus !

Et maintenant c'est l'heure des bilans.

Merci Etienne, à l'avis de tous, c'était ainsi un très beau voyage. Réserve unanime : la nourriture était trop abondante !

Plus personnel et pour le blog, merci Yves pour tes lectures très attentives et tes retouches !

A bientôt en Italie, n'est-ce pas ?

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi
commenter cet article
29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 20:48
Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

La famille Silbermann va occuper une très grande partie de notre journée.

D'abord à Frauenstein ce matin où nous allons apprendre à la connaitre et cet après-midi à Freiberg où nous verrons un des orgues construits par le fils Gottfried.

La campagne saxonne est bien verte, et se rendre à Frauenstein est une belle excursion.

Le musée occupe un logis seigneurial dans l'enclos qui domine la grand-place et l'église de la ville.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Euh .. La visite est en allemand, on nous remet quelques notices en anglais, mais non, il n'y rien pour les si rares visiteurs français qui viennent ici.

Non, je ne peux pas traduire au pied levé la volumineuse information qui semble reprendre ce que disent les tableaux aux murs ...

La dame a eu très peur que nous lui abimions la machine à deux soufflets qui doit permettre d'expliquer le fonctionnement et la machinerie d'un orgue.

Quelques palabres et Etienne est arrivé à obtenir qu'Yves, organiste à la Croix Rousse puisse jouer du petit orgue baroque. C'est une copie d'un orgue de Gottfried Silbermann construit pour l'église de Etzdorf en 1732, spécialement réalisée pour le musée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous nous sommes tous rassemblés pour écouter, c'est tellement mieux que de lire les informations en allemand ou en anglais !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Sur le podium il y a aussi un clavicorde ancêtre du piano-forte.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Merci Yves pour les quelques mots techniques et les quelques accords que tu nous a offerts et la musique que tu nous a jouée.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Et pendant que le bus nous ramène à Freiberg je vais vous dire quelques mots de la famille Silbermann !

On trouve trace d'un arrière grand-père dans la région en 1595.Gottfried nait en 1683 et n'a que 2 ans quand sa famille arrive à Frauenstein. Il y sera apprenti charpentier. Mais en 1701 il va suivre son frère aîné, Andreas, qui travaille dans un atelier de construction d'orgue à Strasbourg, et apprendre le métier.

Andreas devient facteur d'orgue en 1710, se marie à Strasbourg. Gottfried a participé à la construction de plusieurs orgues avec son frère avant de retourner en Saxe.

En 1734 Andreas meurt. Depuis 1703 il a réalisé 33 orgues en Alsace. Son fils Johann Andreas prend sa suite et en construit 57 en Alsace, Suisse et dans la région de Bade.

En Saxe, Gottfried construit son premier orgue pour l'église de Frauenstein dès 1711. Puis celui de Freiberg fini en 1714.

En 1723 il obtient d'Auguste le Fort le bénéfice d'un traitement comme facteur d'orgue de la cour et du pays pour 15 ans.

En 1746 il rencontre Jean Sébastien Bach lors de l'inauguration d'un orgue construit par un de ses élèves, célèbre.

Il meurt en 1753 après avoir construit dans son atelier 46 orgues.

Il a refusé d'aller travailler au Danemark, à Saint Pétersbourg ou à Prague où il avait été demandé, tant sa réputation était grande.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Des orgues construits par la famille, 46 en Saxe, 33 en Alsace et ailleurs, beaucoup ont subi tellement de transformations qu'ils n'ont plus grand chose à voir avec les Silbermann. D'autres ont été détruits pendant les conflits, ou au cours d'incendies. Mais il en reste qui ont passé les siècles sans dommages. C'est le cas de celui de Freiberg où nous sommes arrivés.

Freiberg doit sa prospérité aux mines diverses des Monts Métallifères, toujours en activité. C'est le siège de la plus ancienne école supérieure des mines d'Allemagne. Elle acquit son statut de ville libre dès 1186. Elle possède un superbe musée de minéralogie et d'histoire des mines, mais ce que nous venons y voir c'est l'orgue de Gottfried Silbermann, son plus bel orgue paraît-il !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Dans le quartier de la cathédrale les maisons sont souvent gothiques, et les linteaux ont des courbes bizarres. Elles sont convexes alors qu'on nous a toujours expliqué que la raison des courbes ogivales en occident, c'est la supériorité de la résistance au poids qu'elles supportent ... Et pourtant celles-ci doivent résister depuis pas mal de siècles !

Les portes ont les deux socles et les baldaquins remarqués à Meissen et à Pirna.

Et nous voici arrivés à la cathédrale de style gothique flamboyant qui remplaça la romaine détruite par un incendie en 1484. L'organiste Albrecht Koch (qui donne des concerts en France) nous y attend pour un mini concert sur le plus célèbre orgue de Gottfried Silbermann.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

C'était très court, et il y a tellement à voir dans cette église que je n'ai pas prêté toute l'attention que j'aurais dû à la musique entendue.

L'orgue par lui-même et son décor baroque : des anges trompettistes au sommet du buffet, un organiste à gauche, un timbalier à droite.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried SibermannSaoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

des vierges sages et des vierges folles, un superbe saint Christophe, une étonnante piéta avec un christ décharné portant de vrais cheveux (15ème siècle);

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

et la très fameuse chaire en forme de tulipe sculptée en 1510 par Hans Witten, dont nous avons vu hier la colonne-fléau à Chemnitz. Il avait décidément bien du talent et le goût de l'originalité !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous avons vu l'ostentatoire mausolée Renaissance tardive (ou maniériste) d'un seigneur local qui nous confirme que la ville a été immensément riche ...

La partie la plus ancienne de la cathédrale Sainte Marie est la porte romane, absolument magnifique. C'est la plus ancienne et décorée d'Allemagne, d'influence cistercienne.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Le tympan représente un couronnement de la vierge et les huit voussures alternent des figures géométriques et des guirlandes de saints personnages, les évangélistes et les apôtres. A l'extérieur de l'ensemble c'est une résurrection qui clôt l'archivolte.

Dans les ébrasements des statues représentent des personnages de l'Ancien et du nouveau Testaments : la Reine Bethsalée, le roi David, son frère Aaron, Salomon, Jean l’Évangéliste, Daniel dansant avec les lions ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann

Nous avons continué notre découverte de la ville par des rues et des places bordées de maisons médiévales, Renaissance ou plus récentes, dont les portes sont surmontées de blason ou sculptures. Les demeures patriciennes sont le témoignage de la richesse des habitants.

Ces rues serpentent gentiment afin de casser le vent qui doit souffler fort dans cette grande plaine. Église Saint Nicolas désaffectée, théâtre fondé en 1790, place du marché et musée de la minéralogie ...

Et il est l'heure de revenir à Chemnitz, où nous avons à 19 H le concert de clôture de la Mozartfest. Cliquez là maintenant, et attendez quelques secondes !

https://www.youtube.com/watch?v=-dPogT2npKQhttp://

Au programme

Kyrie en Fa majeur KV 33,

Offertorium in Festo Sancti Benedicti "Scande coeli limina"KV 34

Requiem KV 626

de Wolfgang Amadeus Mozart ;

interprétés par Saint Pauli Kreuz Kantorei Netwerkorchester VII,

Guibee Yang soprano, Lena Carina Traupe alto, Thomas Volle ténor, Matthias Weichert basse sous la direction de Steffen Walther.

C'est un programme "grand-écart" ! Deux compositions parmi les toutes premières et l'ultime.

Yves nous les a présentées ce matin, replacées dans leur contexte.

Mozart a été un grand compositeur de musique sacrée de 1768 à 1780. Mais il s'y était essayé un peu plus tôt puisqu'il n'avait que 10 ans lorsqu'il composa à Paris le Kyrie KV 33, d'une grande sobriété et d'un profond recueillement. Yves Jaffrès pense qu'il annonce l'Ave Verum.

https://www.youtube.com/watch?v=6KUDs8KJc_c

C'est de retour à Salzbourg qu'il composa l'offertoire de Saint Benoit KV 34, avec une première partie de questionnement et la seconde triomphale où le saint rassure "les enfants" inquiets de leur avenir.

Puis après une analyse des différentes parties du Requiem, de celles entièrement composées par Mozart, de celles que Sussmayer, son assistant termina, ou même de l'Agnus Dei et de la fin qu'il composa entièrement d'après les indications du Maître, Yves s'attacha à la vérité historique que le film de Milos Forman a beaucoup malmenée, lui préférant la légende. Il faut dire que le sentiment de culpabilité et le traumatisme que la mort si rapide, à 36 ans du compositeur déclencha furent immédiatement favorables à la légende.

Mozart avait été nommé maître de chapelle trois jours avant son décès assurant enfin son avenir ... Il devait cependant terminer ce requiem dont le commanditaire voulait faire croire qu'il en était l'auteur. Mozart le composait sans enthousiasme, il n'avait pas envie de penser à la mort dans cette période où il écrivit ses œuvres les plus abouties, la Flûte enchantée et le concerto pour clarinette. Et d'ailleurs le Requiem n'est-il pas légèrement en dessous des compositions de cette fin de 1791 ? Cette question n'est pas de moi, mais d'Yves !

Et mes dernières notes sur ses remarques sont que "le Requiem est l'idéal de musique religieuse basée sur le texte, une vraie réflexion sur le sens de la vie ... A-t'il senti qu'il écrivait aussi pour lui dont la mort était, de façon surprenante, si proche ?".

Et le concert a été brillant, peut-être un peu trop ?

Saoû chante Mozart à Chemnitz - les orgues de Gottfried Sibermann
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article
28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 21:38
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Quelle belle soirée sous les voutes réticulées de l'église du château !

Nous avons entendu d'Arvo Pärt le Kanon Pojakanene ... Tout ça est très mystérieux pour la plupart d'entre nous !

Yves Jaffrès s'est attaché à donner des réponses aux questions que nous n'avions pas encore posées !

Qui est Arvo Pärt ? Un musicien contemporain né en Estonie en 1935. Enfant il joue de plusieurs instruments et il n'a que 9 ans lorsque l’Estonie tombe sous le régime soviétique. Il étudie la musique et se met à composer très jeune. "Son maître à l’esprit très ouvert lui permet de connaître les musiques les plus variées. A l’école de musique de Tallinn qu'il fréquente depuis 1954 il s’approprie la musique sérielle, représentative de la culture occidentale. Il estime que la composition lui donne plus de liberté et s'y adonne totalement à partir de 1957.

Ingénieur du son et auteur de musiques de cinéma (il faut bien manger !) il compose des œuvres pour voix d'enfants et de la musique dodécaphoniste où il triture la gamme dans tous les sens. Mais les soviétiques estiment que cette musique est bourgeoise, décadente et dégénérée, et il se heurte aux refus de la censure. Alors qu'il est mis à l'index dans son pays, en Occident il est très apprécié et estimé.

En 1964 il compose pour Rostropovitch qui lui avait passé commande. A la même époque il compose un Credo qui passe l'épreuve de la censure en l'absence de son pire opposant. L’œuvre fait forte impression, mais Il est mis à l'index. Il se tourne alors vers l'orthodoxie et ne compose plus rien pendant 4 ans.

Au terme de cette période où il a étudié le chant grégorien, la musique médiévale, et les polyphonies de la Renaissance, il crée le style nouveau, qu’il appelle « tintinnabuli", basé sur des mélodies très simples, construites sur des modes anciens et accompagnées par des accords parfaits, tout en utilisant tous les procédés d'écriture des polyphonies anciennes. C’est un changement radical !

Ses compositions ne plaisent toujours pas au pouvoir qui le prie de quitter le pays avec son épouse. En 1980 il passe en Autriche, obtient la nationalité autrichienne un an plus tard. Puis lui et son épouse vivront 30 ans à Berlin. C’est seulement en 2011 qu’ils retrouvent la nationalité estonienne, et reviennent dans leur pays natal. C'est en 1997 qu'il compose le Kanon Pojakanen, canon de repentance à notre Seigneur Jésus Christ.

Yves nous en a fourni la traduction des paroles et il se livre à une analyse de la forme et de l'esprit. Ce texte, datant du 8ème siècle, été reconnu par l’autorité ecclésiastique et fait partie de l’office nocturne de moines pour certaines fêtes.

Arvo Pärt compose sa musicale vocale, en partant des mots et des syllabes de la langue employée : leurs accents déterminent la structure rythmique, d’où un temps lisse, sans les appuis réguliers d’une musique mesurée, avec des plages sonores souvent lentes et parfois des longues notes tenues (bourdons).

La musique qu'il compose ainsi crée un univers hypnotique, issu d'une contemplation de la divinité. L’attitude profonde du croyant de l’orthodoxie n’est-elle pas celle d’un lâcher-prise pour accueillir la transcendance ?

Cette musique hautement spirituelle n'en est pas moins ancrée dans son siècle, car elle n’ignore rien des recherches de la musique moderne, et la démarche toute personnelle de Pärt n’a rien de rétrograde : au contraire elle a un immense pouvoir de séduction, et aussi de résistance aux contradictions du monde contemporain », ce qu’il avait fustigé en écrivant les dissonances insupportables de son Credo, et tout le monde avait compris qu’il s’agissait de l’oppression soviétique !

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

En fin de journée sur la belle colline du château nous sommes arrivés à l'église de grès rose, de style gothique flamboyant d'Europe centrale. Sous les trois voûtes réticulées et peintes quelques trésors sont cachés par les gradins installés dans le transept

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

A gauche une étrange sculpture a attiré les plus curieux d'entre nous. Une "colonne fléau" attribuée à Hans Witten (vers 1515) est une rare représentation sculptée de la flagellation du Christ.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Les podiums des chanteurs cachent un long chœur qui mérite qu'on en fasse le tour. Jugez-en !

Un autel de bois polychrome daté de 1499 est dédié à Sainte Catherine. Une Vierge à l'enfant occupe la partie centrale, encadrée de deux saintes qu'Isabelle identifie d'après leurs attributs traditionnels ... Excusez-moi, Isabelle, j'ai oublié lesquels et donc l'identité des saint(e)s.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Plus intéressante encore à mes yeux est la prédelle qui illustre la décapitation de sainte Catherine, sculptée en bois polychrome. Il me semble que de telles prédelles sont rares.

La sainte est à genoux, sa tête nettement tranchée a roulé dans son manteau doré. Sous la roue de supplice plusieurs suppliciés sont enchevêtrés, cadavres qui semblent eux, ne pas avoir résisté ...

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Et enfin trois tableaux sur le mur sont attribués à l'école de Lucas Cranach l'Ancien. Ils sont datés de 1515.

En bas on reconnaît Saint Jacques par son chapeau de pèlerin à coquille. Il va périr par le glaive sur l'ordre d'Hérode.

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche

Bon, ce n'est pas parce que nos places nous sont réservées que nous n'allons les rejoindre qu'au dernier moment, il est temps de nous asseoir et de nous concentrer pour le concert.

C'est avec une quasi-ferveur et une attention extrême que l'ensemble des auditeurs a écouté ce canon chanté par le chœur de la radio WDR dirigé par Risto Joost

Les dissonances participent à la plénitude de ce chant évoquant le chant grégorien, Carmina Burana et aussi parfois carrément nouveau. C'est parfait !

Vraiment nous allons garder un très grand souvenir de cette soirée.

Voici ce que Yves Jaffrès nous en a dit : "Cette œuvre terriblement exigeante, 1 h 15 de chant choral, sans le moindre accompagnement instrumental, a été magistralement interprétée par le Choeur de MDR Rundfunk, 60 choristes aux voix superbes, d’une parfaite justesse, et dirigés avec sobriété et efficacité par le chef Risto Joost."

Saoû chante Mozart à Chemnitz - Arvo Pärte à la Schlosskirche
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Saoû chante Mozart
commenter cet article

Recherche

Liens