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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 13:37

frise121123 02Pour nous plonger dans l'ambiance turque Tayfun, notre guide a commencé la journée en nous demandant si "notre pavot avait bien éclaté" ... Surprise générale, un éclaircissement est nécessaire !

C'est une allusion à une pratique du début du 20ème siècle, lorsque les hommes avaient l'habitude de ne pas fumer que du tabac dans leur narguilé. Pour passer les longues journées de privation du ramadan ils absorbaient avant l'aube une capsule de graines de pavot enfermée dans de l'intestin de mouton. Au bout d'un certain temps elle éclatait et rendait la bonne humeur au fumeur en manque !

Alors oui, notre pavot a bien éclaté !

 

Avant de visiter les monuments d'Aspendos il est nécessaire de faire un peu d'histoire de la Turquie.

On a découvert dans la région de Konya les vestiges de ce qui est considéré comme la première cité de l'âge de pierre.  Catal Hüyük aurait été fondé vers 7000 avant JC. Impressionnant ! Grâce aux objets trouvés lors des fouilles la vie de ses habitants a été partiellement dévoilée. La description qui est faite du site dans le lien donne grande envie d'y aller voir, mais ce n'est pas au programme de ce voyage ... rd dieux hittites

Les Hittites furent le deuxième grand peuple qui occupa de 1900 à 1300 avant JC la Turquie actuelle. Nous les avons déjà croisés au bord du Nil où ils disputaient à Ramses II le titre de première puissance. C'étaient sûrement des sages puisqu'ils finirent par signer vers 1270 av. JC le premier accord de paix connu à ce jour.Et des mariages furent conclus entre les deux familles. (photo d'une sculpture des 12 dieux hittites retrouvée dans l'immense capitale de Hattusas, dans la région d'Ankara.)

Les Grecs colonisèrent les côtes de la mer Egée après la chute de Troye grâce au célèbre cheval (1250 av. JC) et de 1200 à 700 av. JC des royaumes apparaissent le long de cette côte parmi lesquels la Pamphylie qui furent conquis en 546 av. JC par les Perses.

Deux siècles plus tard Alexandre le Grand chasse les Perses et installe ses hommes en Anatolie et le long de la Méditerranée. La culture hellénistique reprend le dessus jusqu'en 130 av. JC lorsque cette région devint une province du vaste empire romain. Et ce sont quelques témoignages de cette longue période de paix et de prospérité que nous allons visiter.

D'abord Aspendos, entre Perge à l'ouest et Side à l'est. Parmi toutes c'était sûrement la plus florissante. Au bord du fleuve Eurymédon s'étendaient le port fluvial, les établissements commerciaux où s'échangeaient les céréales, olives, fruits, sel, étoffes de laine et coton, vins, moutons et les chevaux des élevages locaux (si célèbres qu'en son temps Alexandre le Grand avait imposé une taxe annuelle à la région de 4000 chevaux par an).

Les quartiers résidentiels devaient se trouver également dans la ville basse.

Sur le plateau tout proche l'Acropole et ses bâtiments officiels et de prestige, basilique, fontaines étaient le centre de la vie publique. De la plaine on aperçoit de nombreux pans de murs.rd121123 18dont la fouille resterait à faire.

Le théâtre s'appuie sur la colline, transition entre les deux parties de la ville. C'est entre 161 et 181 après JC que l'architecte Zeno le conçut et qu'il fut construit par les frères Curtius Crispinus et Curtius Auspicatus.

Ce serait le mieux préservé des théâtres antiques d'Asie Mineure et aussi le plus beau monument romain de la région de Pamphyre. Il marque en tous cas l'apogée du concept architectural en matière de représentation théâtrale.rd121123 13

Le mur de scène à deux étages était la partie la plus élaborée. En marbre, avec un plafond, quarante colonnes se dressaient sur les deux étages, et des divinités occupaient les niches.rd121123 15Ce théâtre est dédié à Dyonisos, fils de Jupiter et de Sémélé, jeune mortelle. Belle histoire de l'expression "sortir de la cuisse de Jupiter" ! Les représentations théâtrales étaient des fêtes et c'est normalement qu'on y associe le dieu du vin !rd121123 12

Les objets retrouvés sont au musée d'Antalya.

Il pouvait accueillir 15 000 personnes. L'acoustique en est toujours exceptionnelle, et les spectateurs sur le dernier rang entendent tout aussi parfaitement que ceux du premier.rd121123 10Des vases en bronze disposés dans les niches de la galerie supérieure auraient assuré cette qualité.rd121123 14Nous avons attentivement écouté Tayfun nous raconter l'histoire et les légendes attachées à ce magnifique théâtre où des concerts étaient encore récemment donnés. Mais les vibrations des bases sapent ici comme ailleurs les fondations et les concerts sont maintenant donnés dans des lieux à l'abri de ce problème.

L'état de conservation est en partie due à la transformation en caravansérail sous les Seldjoukides.

C'est ensuite un peu à l'est que nous sommes allés voir les restes de l'aqueduc et surtout les deux tours-siphons exceptionnelles qui permettaient la filtration de l'eau amenée depuis les hauteurs du nord-ouest.rd121123 17L'aqueduc traverse la plaine sur près d'un kilomètre de long. Il a été détruit lors du tremblement de terre de mai 363, en même temps que le pont. rd121123 16Tout autour de la tour les femmes du village vendent les objets qu'elles fabriquent, des jus de grenade (c'est délicieux et bien rafraîchissant, très différent de la grenadine que nous connaissons !), des brins de coton dont on fait la troisième récolte de l'année en automne.rd121123 19Puis nous sommes allés déjeuner au bord du fleuve, sur une terrasse ombragée (nous sommes le 23 novembre !) où l'on nous a servi après le buffet de mezze, une truite grillée délicieuse.

Dernière image d'Aspendos en repartant, celle de la basilique sur l'Acropole et à l'horizon un sommet du Taurus.rd121123 20Et nous sommes partis pour Side.

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 09:19

frise121123-01.jpgSur la route de Side jusqu'au "plus beau théâtre de tout le monde antique" d'Aspendos il faut traverser le fleuve Köprüçay, l'ancien Eurymedon.

Mehmet, notre chauffeur nous a accompagnés tout près du pont historique, nous a laissés auprès d'une ferme toute en couleurs : rouge des grenades récoltées et bleus éclatants des murs et du ciel rd121123 01et est reparti par la grande route à quatre voies nous attendre sur la rive droite du fleuve qui descend directement des montagnes du Taurus. Il y a pris la très belle couleur verte des cours d'eau et des lacs de montagnes.rd121123 03Encore un beau contraste avec la blancheur de la pierre du pont qui a une étrange sinuosité.

rd121123 02C'est que ce pont a subi bien des vicissitudes depuis sa construction par les Romains, supposée contemporaine de celle de l'aqueduc que nous verrons un peu plus tard. Ils auraient tout les deux été détruits par le tremblement de terre de mai 363.

Les constructeurs seldjoukides (nous verrons qui ils sont un peu plus tard) du 13ème siècle l'ont reconstruit à l'emplacement exact qu'occupaient les piles bousculées par le courant et les séismes. C'est ce qui expliquerait cet étrange décrochement presque centralrd121123 05exactement à l'inverse de tout ce qui se fait maintenant pour résister à la pression de l'eau !rd121123 04On aperçoit sur la première pile des pierres qui pourraient être romaines, et la première arche si blanche qui doit dater de la restauration du 210ème siècle !

Autour de ce pont des villageois exercent des petits métiers : vendeurs de jus d'orange et de grenade, de cartes postales, de colifichets et d'un souvenir qui nous a scotché : d'assiette dont le fond est garni de la photo de chacun !

Le garçon qui nous les propose a réussi à les réaliser le temps que nous traversions le pont, et nous sommes une quarantaine !

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 14:45

 rd121123 carte1

 

Je fais ma savante, mais il n'y a pas longtemps que je sais ce qu'est et où se trouve la Pamphylie ! C'est le nom qui désigne depuis l'Antiquité la région qui s'étend à l'est d'Antalya, pôle d'attraction touristique balnéaire de la Turquie d'aujourd'hui et au sud des grandes montagnes du Taurus masquées par des nuages.

C'est là que se trouvent aussi les célèbres sites de Perge et d'Aspendos. Mais le programme de notre jour d'arrivée est libre. Nous attendons l'arrivée de Belges qui compléteront notre groupe pour commencer les visites guidées.

Les premières heures sont donc surtout réservées à quelques informations et formalités pratiques.

Notre guide Tayfun nous a aussi communiqué quelques informations sur la plaine traversée. Le tourisme (environ 5000 hôtels) et l'agriculture (production de fruits et de coton) sont les deux activités principales cette région très fertile grâce aux fleuves qui descendent du Taurus.

La Turquie est le pays où le prix des carburants est le plus élevé du monde : 4.60 liras soit environ 2 € le litre. Intéressant à savoir pour ceux qui veulent y venir par leurs propres moyens.

A l'hôtel il y avait plus de chats à la réception que de membres du personnel. Etaient-ce les mêmes que nous avons retrouvés entre les tables au restaurant ?

J'ai profité des dernières lueurs de la journée pour aller jusqu'à la plage. Tout le quartier est occupé par des hôtels 5 *, des bars et des restaurants.

C'est déjà l'heure du soleil couchant derrière les montagnes de Lycie, au fond du golfe d'Antalya.rd121122 01A nos pieds, sur la plage de sable roux à perte de vue des structures tubulaires sont alignées. Land-art ?rd121122 02Non ! Plus prosaïquement ce sont les pieds des parasols qui protègent les estivants qui s'allongent sur les chaises longues rangées pour l'hiver. Un peu plus loin à droite elles sont encore sur la plage. Voici un fort rappel des pratiques grecques.

Dans la rue  des promeneurs allemands bavardent avec des "indigènes" ; mêmes rapports que ceux entretenus entre les touristes français et les anciens émigrés portugais ... 

Des lantanas, jasmins, chèvre-feuilles et bougainvillées sont encore en fleurs : le climat est subtropical sur cette côte.

De notre chambre, au quatrième étage de l'immeuble 5 de l'hôtel une autre facette de la vie locale s'offre à nous : les deux minarets élancés de la mosquée dominent le village agricole.rd121122 03Le lendemain le muezzin nous a reveillés vers 5H30, mais nous nous sommes facilement rendormis, nous nous étions levés si tôt le jour du départ !

Nous avons démarré la deuxième journée un peu tard, ce qui m'a permis d'aller voir la mosquée dont le bleu turquoise de la coupole  et du lavabo où les croyants pratiquent leurs ablutions éclatent sous le soleil matinal.

rd121122 05rd121122 04

Mais maintenant il est 9 heures, il me faut rentrer pour être à l'heure au départ du car.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:59

Entre Courseulles-sur-Mer et Caen, dans une région très verte où courent de nombreux ruisseaux, le vallon de la Mue abrite une très vieille église romane abandonnée depuis 1840.

On y arrive à pied après avoir laissé le véhicule sur un grand parking et descendu jusqu'aux prairies par un large chemin boisé.rd12 08 07 498

Nous laissons les vaches qui paissent sous des pommiers, un ancien moulin reconverti en maison d'hôtes, pour mieux voir cette curieuse église à chevet plat, nef unique et superbe clocher.rd12 08 07 499En cette fin de journée l'ambiance est un peu lourde. Ça doit être un effet de mon imagination qui vagabonde entre l'édification d'une grande église à trois nefs aux 11ème et 12ème siècles, et le 19ème où elle réussit à ne pas être totalement détruite alors qu'elle devait devenir une usine de salpètre ... Entre temps il y eut des modernisations, des agrandissements, la suppression des bas-côtés et la construction d'une nouvelle église plus près du village au début du 19ème siècle ...

La richesse du décor à damiers autour des fausses ouvertures, les monstres et les diables juchés sur les arêtes du clocher surmontés d'une figure humaine (Dieu le Père ?) rd12 08 07 501la finesse des décors des modillons qui jalonnent toute la longueur des murs extérieurs donnent une idée de la puissance des seigneurs qui régnaient sur la région lors de sa construction.rd12 08 07 502Les chapiteaux des colonnes qui soutenaient les arcades des bas-côtés sont légèrement dégagés, sûrement depuis les restaurations successives.

Bien sûr un soir en semaine, j'ai à peine pu jeter un oeil indiscret à l'intérieur de la nef. Je n'en ai gardé que l'image verte de moisissures et n'ai pas pu voir les sculptures des chapiteaux ou l'harmonie de la longue nef.

Pour ça il faut revenir le dimanche après-midi, moment où l'association des Amis de l'Eglise la fait visiter. Heureusment pour nous elle a aussi un "site sur la toile" avec de nombreuses photos qui donnent vraiment envie de revenir pour voir avec l'aide de guides qui sauraient raconter l'histoire, et nous dire si bien combien cet endroit est un des plus beaux avec les ruines de l'abbaye de Hambye.

Si l'on en croit une communication reprise sur le site officieil de la mairie de Thaon c'est l'une des plus intéressantes et des plus connues des églises de Normandie ! Oh le lyrisme de ce texte !

Bonne visite virtuelle.

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Belles romanes et autres
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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 18:37

frise12 11 20 030Je suis ravie, je ne connais pas le circuit que Josette nous a communiqué hier ! Et le ciel est magnifiquement bleu au-dessus de notre village couvert de givre ! Pas de vent, la journée va être idéale.

Une réserve cependant, et de poids : lorsque j'arrive au point de rendez-vous, Josette est à l'autre bout du téléphone de Lilette. Et la direction qu'elle a du prendre ce matin, ce n'est pas avec nous vers le Vercors ...

Marianne qui connait notre itinéraire prend la direction du groupe.

Nous laissons les voitures au-delà d'Ourche et partons en direction du col d'Ourche. Ca monte plus ou moins tout le temps. Quelques pauses nous permettent d'admirer ce panorama que nous connaissons si bien,rd12 11 20 001

la Baume Cornillanne, ses rochers et les ruines de son chateau,rd12 11 20 002ou celles du chateau d'Ourche qui se confondent avec l'arête rocheuse sur laquelle il est juché. C'est aussi le moment d'enlever quelques couches de polaires nécessaires au moment du départ.rd12 11 20 006

L'arrivée au col est un plaisir pour tous : nous venons d'accomplir le plus gros effort du jour et encore une fois la vue justifie de monter jusqu'ici.rd12 11 20 010Le sentier continue vers la Cabane de Marcel, une cabane de chasseurs qu'avait amenagée ce monsieur prénommé Marcel avec tellement d'amour qu'il avait demandé que ses cendres y soient déposées. Et en effet, une urne occupe une étagère en face de la porte.rd12 11 20 016Maintenant nous redescendons vers le vallon de Cobonne,rd12 11 20 017avec les Trois Becs qui barrent l'horizon tout au sud.

Nous avons pique-niqué, dispersés le long du bois, savourant le soleil autant que notre repas, le beaujolais nouveau rd12 11 20 022et les desserts des unes et des autres. Il va falloir que nous nous organisions afin de ne pas en avoir une belle abondance !

Le chemin qui monte vers la Croix de Besot et que nous connaissons bien est juste à deux pas, large, plein de pierres.rd12 11 20 026Ensuite l'itinéraire est bien connu vers Ourches à flanc de Raye.

rd12 11 20 038La lune brille déjà au-dessus de la montagne que nous avons parcourue pendant 12 km avec un dénivelé de 650 mètres.

Et nous avons eu des nouvelles un peu rassurantes de Josette ... Le jour où j'écris ces lignes Josette pense reprendre bientôt l'animation de notre  "Montmeyran Groupe de Marche".

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 16:39

Mission repérage pour une future randonnée sur les montagnes au-dessus de Poët Laval. Il restait juste en dessous du village quelques lambeaux de brouillard qui s'accrochaient dans les vallons à droite et à gauche mais le soleil éclatait dans le ciel tout bleu, et c'était ça l'important !rd12 11 15 001La journée fut un festival de couleurs d'automne dont il fallait profiter car ça ne va sûrement pas durer. Mi-novembre les prochaines gelées vont provoquer la chute de nombreuses feuilles.

Toutefois celles des chênes qui occupent les terrasses autour du chemin de pierres blanches vont s'accrocher jusqu'au printemps où l'apparition des nouvelles feuilles poussera à la chute celles de cette année déjà toutes rouillées.rd12 11 15 004A Font d'Estrèche l'eau de la source coule, régulière. Le ciel et les arbres s'y reflètent.rd12 11 15 009Nous avons continué jusqu'à Grand Pas, au dessous de la montagne rousse et des ruines du Chatelard qui fut le repère de Pierre Troyhon, ancien mercenaire de la Guerre de Cent Ans démobilisé qui y gardait son butin et ses prisonniers. Il aurait été détruit pendant les guerres de religions.rd12 11 15 013Nous avons rapidement abandonné le chemin sous la ligne électrique pour un beaucoup plus vieux creusé dans le rocher qui semble être d'une seule pièce en couches plissées comme une pâte épaisse qui aurait refroidi en strates.rd12 11 15 016Mais c'est du calcaire ... Qu'un peu de géologie serait souhaitable !rd12 11 15 017

Et maintenant le vert des buis, le rouge des sumacs et le jaune des sycomores succèdent aux roux des chênes.rd12 11 15 018Les hêtres sont toujours de très beaux arbres, et particulièrement sous leurs ors d'automne.rd12 11 15 019A force de monter par le sentier dans les rochers nous sommes arrivées presque au sommet où le Trou du Furet ne nous surprend presque pas : nous avions senti l'air qui monte d'Eyzahut et passe par là.rd12 11 15 020Nous découvrons les rousseurs et les verts de la vallée par l'ouverture, et continuons à monter vers les prairies d'où l'on a une vue superbe jusqu'au massif de la Forêt de Saoû dans son intégralité de Rochecolombe à gauche jusqu'aux Trois Becs à droite, qui accrochent quelques nuages. rd12 11 15 023

A notre droite voici entre le Serre Gros juste devant nous et le col de la Chaudière tout au fond à gauche le rocher de la Tournelle et sa faille qui rappellent à Josette une randonnée très difficile par jour de vent. D'après la vidéo que voici je crois que nous ne sommes pas encore prêts pour  franchir cette cheminée ! Ca ne paraît pourtant pas d'ici si rude !rd12 11 15 027 Adossées à des bouquets de buis qui nous protégeaient du vent nous avons goûté aux douceurs du soleil pendant notre pique-nique.

Et nous sommes reparties. Josette nous concoctera au printemps un itinéraire composé de sentiers qu'elle connaissait déjà, d'autres découverts aujourd'hui pour une sortie en boucles qui aura beaucoup d'attraits : les chevaux en liberté dont nous avons vu quelques traces et les anémones pulsatilles qui semblent si nombreuses en mai ! Encore une nouvelle esp^èce à ajouter à mon herbier !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Couleurs de la Drôme
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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 17:26

frise12 11 13 012La météo prévoyait soleil et nuages. Et c'est vrai que les nuages ont été très présents, un peu trop même ; mais commençons par le début.

Le village de Châteauneuf de Vernoux est perché au-dessus d'une grande vallée surtout plantée de vergers qui étirent leurs branches bien rangées et coiffées de protections plastiques. Nous avons préféré le coteau où les prairies entourent de grosses fermes aux murailles de pierres. Enfin, c'est aussi l'itinéraire qu'a choisi Josette ; direction Saint Apollinaire de Rias et surtout la Commanderie.

Les brebis y sont bizarres. Plus brunes que claires, elles ont les oreilles et les joues noires alors que leur front et leur nez sont blancs.rd12 11 13 003Ce sont peut-être des Bizet ? Au pays de Vincent d'Indy pourquoi pas !

Mieux vaut regarder autour de nous qu'au-dessus où les sommets sont perdus dans la brume,  car nous ne voulons pas croire qu'il s'agit de nuages.

Depuis les années soixante du 20ème siècle le paysage est ponctué de "lacs collinaires". Artificiels, ils ont été creusés dans la pente, limités par des digues de terre. Ils sont alimentés par des sources, des petits ruisseaux ou de l'eau de ruissellement. Ils servent à irriguer et à abreuver les troupeaux et la faune sauvage. Ils ont modifié l'écologie par la multiplication des grenouilles et l'apparition de hérons.rd12 11 13 011Le trop-plein s'échappe par de petits canaux et aujourd'hui l'eau a envahi certains chemins creux.

Les arbres en bosquets, en haie ou en bordure de forêts comme deux châtaigniers à la silhouette ronde et solide ont enfin leurs couleurs d'automne.rd12 11 13 013Passée la Commanderie voici qu'encore une fois nous sommes un peu perdus avec les fiches publiées par le Conseil Général de l'Ardèche. Il nous faut une carte IGN et un moment de réflexion pour savoir précisément où est le sentier qui nous évitera la grande route où de nombreux camions vont si vite. rd12 11 13 019De jeunes bovins au pelage frisé et aux fortes cornes (issus de croisements avec des Highlands ?) sont très surpris de voir autant d'humains plantés si près d'eux. Ils s'effraient de chacun de nos mouvements vers eux, mais ne peuvent s'empêcher de se rapprocher de nous qui les intriguons tant.

Un beau bouquet d'arbres dépouillés au milieu d'une prairie pourrait avoir servi de cache pour les cérémonies  protestantes des 17èmes et 18èmes siècles. Ils semblent un peu à découvert maintenant, mais les routes et les forêts ont beaucoup changé en trois siècles.rd12 11 13 028

Le soleil a enfin réussi à percer les nuages alors que nous arrivons vers le col de Montreynaud que nous évitons en nous dirigeant vers Chamasse.

Un peu avant d'arriver au sommet de notre itinéraire (qui suit la piste 4 pour cyclos) nous décidons qu'un grand chemin au milieu d'une pinède pourra suffire pour pique-niquer. Car le vent qui a chassé les nuages et les pousse encore pourrait nous transir un peu plus loin.

L'apéritif du jour est un vin de mures confectionné par Josette. N'aurais-je pas oublié celui que Claudie nous a offert il y a deux semaines et que nous ne sommes pas arrivés à identifier ? C'était du vin de chicorée. En voici la recette :

 

- 1 litre de bon vin rouge (ou rosé)

   - 35 morceaux de sucre n° 4

   - 4 cuillerées à café de chicorée

   - le zeste de 1 orange

   - 1 grand verre (2dl) d'eau de vie blanche à 45°

   Dans un bocal de verre mettez le vin, le sucre, la chicorée et le zeste de l'orange soigneusement lavée. Remuez pour aider à la dissolution du sucre, fermez hermétiquement le bocal et laissez macérer pendant 48 heures.

Au bout de ce temps, filtrez, retirez un verre de la préparation et remplacez-le par un verre d'eau-de-vie.

A consommer après une semaine de repos.

 

Mais lorsque nous portons maintenant les yeux à travers la forêt nous constatons qu'un voile gris nous cache ceux du fond ! Pleuvrait-il à cinquante mètres ?

Il est grand temps de ranger nos recettes, nos cliques et nos sacs et de nous tenir prêts à sortir nos capes pour reprendre le chemin.rd12 11 13 033Les particules de brouillard se rassemblent sur les épines des pins et forment de vraies gouttes. Attention à ne pas toucher aux arbres, nous pourrions nous mouiller car il ne pleut pas, le vent déchire des lambeaux de brouillard qu'il pousse rapidement sur le sommet du serre.

Martine qui a profité d'un jour de congé pour venir avec nous prend un grand plaisir à photografier cette ambiance glauque.rd12 11 13 036

Au grand carrefour du Serre de la Roue où nous aurions dû avoir un panorama de rêve le paysage a disparu. Pas plus de traces d'un oppidum celtique ou de pierre commémorant les combats entre les protestants réunis par Dupont et Daniel et l'armée du roi en 1709.

Cependant quelques centaines de mètres plus loin, nous avons débouché dans une grande clairière entre des hêtres géants et dégingandés.rd12 11 13 043Là se tenaient les réunions d'un "désert", ces assemblées clandestines tenues par les protestants. Les lieux devaient à la fois dissimuler les cérémonies et permettre la surveillance des chemins alentour afin de signaler toute approche de personnes suspectes ou des dragons.

C'est aussi un endroit idéal pour la photo de groupe facilitée par le pied articulé que Michel a toujours dans son sac !rd12 11 13 045Petit à petit les nuages et la brume ont disparu et c'est grand soleil lorsque nous arrivons aux ruines du donjon du château féodal de Chateauneufrd12 11 13 050où tout le monde, assis sur les marches d'un théâtre de verdure (?) profite des rayons du soleil déclinant. rd12 11 13 054Les performances du jour différent suivant les sources : le GPS de Gérard nous dit 14 kilomètres et 414 mètres de dénivelé alors que la fiche annonce 13 km (avec des parties que nous avons évitées) et 300 mètres. Je pense que le GPS est un instrument plus précis que la fiche !

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 14:33

Il y a longtemps que je n'ai pas parlé des voyages de Saoû chante Mozart. Des circonstances bien involontaires nous ont empêchés de participer à ceux de 2012 : Barcelone en janvier et l'Estonie en mai.

Nous nous sommes inscrits au prochain : la visite de Malte lors d'un festival baroque. Peut-être pas aussi insolite qu'il y paraît à première vue.

Et bonne nouvelle, Henry Fuoc, Président d'honneur du festival a gardé la charge de l'organisation des voyages. Il pense actuellement à un voyage à Budapest et à l'est de la Hongrie puis à un autre vers la très convoitée Vienne.

De beaux projets qui nous ferons rêver !

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 14:02

Il y a bien longtemps que Henry Fuoc nous avait dit qu'il quitterait la présidence du festival au cours de la réunion du conseil d'administration de l'automne 2012. Et ce jour a fini par arriver ...

C'était donc une réunion un peu spéciale avec quelques pincements au coeur et des sentiments divers.

André Sordet, pressenti depuis au moins un an pour prendre la succession, a été élu. Il s'entourera d'une équipe un peu plus nombreuse (Henry, avec tous ses talents, assumait seul un travail considérable que nous pourrons mieux évaluer maintenant qu'il faudra le faire à sa place !) Nous lui souhaitons une présidence heureuse.

Henry Fuoc qui créa le festival il y a 24 ans, a été élu président d'honneur. Que les valeurs auxquelles il a été fidèle durant toute sa présidence nous animent longtemps.

Longue vie au Festival Saoû chante Mozart, seul festival français consacré exclusivement à Mozart !

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 13:48

frise12 10 30 002Quelle journée délicieuse nous avons passée ! Douce grâce au soleil qui irradie sur l'Ardèche après le terrible week-end de tempête que nous avons eu, mais aussi très relevée par l'itinéraire que Josette a choisi de nous faire parcourir au coeur du pays de Marie-Claire.

Nous avons remonté le cours de la Dunière, affluent de l'Eyrieux par un large chemin sur la rive droite. Sur la rive gauche, juste sous les gros rochers qui couronnent la colline passe la route de Vernoux.rd12 10 30 003

Le ruisseau coule au fond du ravin ponctué de rochers. Nous apercevons qu'en amont le paysage s'ouvre. Des fermes sont nichées au-dessus de lopins de terre et de longs ateliers textiles de filature ou de moulinage, s'étirent le long de la Dunière. Son affluent, le Doulet devait être trop petit et trop irrégulier pour assurer l'énergie nécessaire à ces activités.rd12 10 30 010Sous le pont  l'eau de la Dunière qui a profondément creusé les roches laisse voir sa couleur sombre qui provient des terrains tourbeux où elle doit prendre sa source. Ça me fait penser aux eaux très pures et sombres de la Spey avec laquelle sont préparés tous les grands whiskies du Speyside.rd12 10 30 013A ma connaissance, il n'est pas envisagé d'en produire en Ardèche, mais sait-on jamais puisqu'on en fait en Bretagne et en Corse ?

Après le pont nous descendons un kilomètre par la route D233 pour arriver à un sentier juste en amont du chaos de rochers qui escalade la montagne. Ça monte doucement. Mais ça change bien vite. Surprise : ici aussi , c'est le chaos. Caché par quelques buis et chênes qui ont trouvé juste assez de terre pour pousser. Ils tiennent bien et tant mieux pour nous car nous nous y agrippons pour nous tirer et franchir les obstacles. Quand ils manquent, c'est Michel, Guy et Michel (oui, nous en avons deux dans notre groupe)

rd12 10 30 022rd12 10 30 020

qui nous tendent la main. 

Nous pouvons aussi nous agripper à des arêtes rocheuses, et j'ai le plaisir de constater que les gants de soie ne gênent pas du tout pour cet exercice : super, ils tiennent chaud et ne glissent pas ! Et si tout ça ne suffit pas, nous avons les genoux et les coudes !

Les rochers qui ont défrayé la chronique en menaçant de tomber sur des maisons la semaine dernière ne sont pas ceux en dessous desquels nous passons, que nous escaladons ou contournons ... Là nous sommes en montagne, un peu loin de tout village.rd12 10 30 025Peut-on rêver meilleur emplacement pour casser la croûte avant de continuer nos efforts ? Il y a des pierres pour tous ceux qui veulent s'asseoir et assez d'espace pour le petit groupe que nous sommes.

Le prochain gros rocher en surplomb du sentier, c'est plutôt en rampant qu'à quatre pattes qu'il nous faut le passer car nos sacs nous font une grosse bosse ! Bien sûr on peut aussi se déporter sur l'extérieur !rd12 10 30 027Nous redescendons un peu, et remontons encore et encore. Les pierres se raréfient. Et lorsque nous arrivons à une clairière juste derrière le gros rocher qui est évidemment celui du sommet, le sourire revient à tous !rd12 10 30 033Nous avons bien mérité une photo de groupe juste à cet endroit où nous sommes si fiers d'être arrivés. Tous sur l'image grâce au trépied de Michel qui peut se positionner de mille façons !rd12 10 30 035Michel aussi peut se contorsionner lorsqu'il baisse un peu trop la garde là où il n'y a plus de difficulté, même son bandeau essaye de se sauver !rd12 10 30 038Nous avons suivi un chemin en corniche jusqu'aux Combes, pris un petit bout de route puis une large piste jusqu'au hameau du Serre ; c'est un sentier plein d'ornières profondes mais avec une vue splendide sur les plateaux voisinsrd12 10 30 051qui nous permet d'arriver au hameau de Bonneton. C'est le point culminant de la sortie, idéal pour la pause pique-nique. D'autant qu'une prairie en pente vers l'est nous offre un horizon de rêve : les Alpes et Préalpes depuis le nord de la Meige jusqu'au Ventoux encore aujourd'hui, avec beaucoup plus de sommets enneigés puisque la tempête nous a fait la surprise de neige en octobre sur le Vercors.

Un temps de repos après le repas, ou de bavardage. Eh oui, Claudie c'est difficile de dormir au milieu de tous nos pépiements inépuisables sur le temps, les douleurs et nos supputations sur les gains du loto ...

La boucle continue vers l'est et Saint Fortunat. Il y a quelques vieux châtaigniers le long du chemin, rd12 10 30 055de ceux qui ont réussi à surmonter l'épidémie qui a sévi en Ardèche il y a quelques décennies. Mais aussi quelques silhouettes dénudées qui lancent encore en vain leurs bras vers le ciel.

Le large chemin est tracé entre des roches rondes comme de grosses croupes. rd12 10 30 062rd12 10 30 058

Il fut parfaitement empierré mais maintenant les engins qui passent ici les arrachent et ils ne sont plus entretenus, ne remplissant plus un rôle économique.

Le chemin varie encore, le long de coteaux secs, en sous-bois, vers le creux d'un ruisseau, sur le bord de la route de la vallée pour revenir dans le village et descendre jusqu'au gué de la Dunière qui forme deux grands plans d'eau de partt et d'autre.rd12 10 30 071Belle promenade, mais d'un peu plus de 13 kilomètres n'est-ce pas ?

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
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