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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 16:07

frise 11 10 11 039Quel nom évocateur que celui de la rando choisie par Josette et Rachel. Parfait pour le temps très gris, avec des gros nuages poussés par le mistral . Ça va mettre de la couleur dans ce vrai jour d'automne !

Nous sommes partis du village perché de la Roche sur Grâne vers la Magerie, puis la ferme des Chirouzes (tiens encore ce nom, assez commun en Drôme - Ardèche ?) où nous avons rencontré Yeyette et sa maîtresse rd 11 10 11 004qu'elle précède en cacardant, en digne descendante des oies du Capitole. Heureusement que nous n'avions pas décidé de passer discrètement ! Nous avons ainsi appris que cette oie vénérable a 10 ans et qu'elle remplace bien un chien. Mais il y en a aussi trois de part et d'autre du chemin. La maison est bien gardée.

Nous passons rapidement la ferme de Jouve qui a été un jalon sur déjà beaucoup de randonnées au départ d'Autichamp.rd 11 10 11 008Cette bâtisse vénérable n'est plus tout à fait une ruine, des travaux de restauration sont en cours. Bonne nouvelle car elle a beaucoup d'allure cette vieille immense ferme.

rd 11 10 11 010rd 11 10 11 009

Le large chemin continue à travers bois jusqu'à Deloule, carrefour de multiples chemins. La Pierre sanglante, c'est à gauche. En approcher fait fantasmer les messieurs qui commencent à supputer laquelle de nous pourrait faire la meilleure offrande. Les dames pensent qu'un homme aurait beaucoup plus de valeur aux yeux du dieu gaulois de Grâne car ils sont tellement plus rares dans notre groupe ! C'est vrai qu'ils sont grands et costauds, nous aurons du mal !

Les cols de Devès et Tartaiguille réveillent des souvenirs de joyeux pédalages, mais il n'y a plus beaucoup de cyclistes parmi nous ; les vélos ont été accrochés depuis longtemps, sauf pour Michel.

Nous arrivons au point culminant de notre sortie, qui reste bien modeste, 438 mètres. Mais d'ici on a une vue magnifique sur la plaine de Marsanne, éclairée par le soleil alors que nous sommes toujours sous les nuages poussés par le vent !rd 11 10 11 013

Nous reprenons en direction des Coquilles. C'est un gisement de fossiles comme on a du mal à en imaginer ! Les champs, les chemins, la colline sont remplis de coquillages fossilisés, et de leurs négatifs.rd 11 10 11 021Des champignons bizarres se montrent dans les pelouses sèches des collines calcaires que nous traversons.rd 11 10 11 017Attention, scléroderme verruqueux, ce sont des toxiques. Mais qui aurait l'idée d'aller vérifier ils n'ont pas l'air engageant.

Nous avons trouvé une clairière abritée du vent pour notre pique-nique. Et alors que nous rêvions d'un petit moment de repos, un rayon de soleil est venu nous réchauffer. Ici nous sommes à l'endroit où le temps change. Alors qu'il reste beaucoup de nuages au nord, le sud est bien dégagé, et nous sommes sous la ligne où ils disparaissent. rd 11 10 11 022Qu'importe où ils passent pourvu que le ciel soit bleu !

Nous repartons donc sous le soleil pour le col puis la Pierre Sanglante. C'est Orchidia, la plus jeune qui doit poser ses genoux et ses mains dans les alvéoles rougeoyantes (?) qui seraient à l'origine de bien des légendes de sacrifices animaux et humains des Celtes ou des Sarrasins.rd 11 10 11 030Le chemin est jalonné de poteaux portant les différentes directions à chaque endroit où nous pourrions nous poser des questions. Il suffit de les suivre. En nous arrêter pour écouter les récits que Josette a glanés ou en goûtant, comme elle à ce que nous trouvons au bord du sentier.

rd 11 10 11 032rd 11 10 11 031

Poires chapelan ou pas ces petits fruits un peu trop murs ? Quel qu'ils soient, ils sont astringents et rapidement laxatifs !

Roche Colombe rentre dans notre  panorama sur le retour, et un peu plus loin ce sont les Trois Becs, le Grand Delmas et le Couspeau qui se détachent dans le ciel bleu.

Nous sommes revenus jusqu'à Roche sur Grâne. Moment des chiffres : 12,6 km, randonnée de catégorie 2. 

Il est assez tôt pour aller faire le tour du village qui a su garder une grande partie de ses remparts et dont les tours de fortification sont remontées.rd 11 10 11 044De la place au sommet nous avons une magnifique vue sur la plaine jusqu'à  "ma" montagne sacrée : celle de la Forêt de Saoû, juste au creux des collines vers Autichamp.rd 11 10 11 045

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 17:29

frise-11-10-06-023.jpgLe ciel est bleu et le soleil brille déjà lorsque j'arrive à 8h devant chez Robert et Nicole. Mince, je suis seule ! Michèle arrive aussi. Sourire taquin de Robert, le rendez-vous est à 8h30 depuis cette semaine ! Voilà ce que c'est que d'avoir manqué pendant presque cinq mois : je ne suis pas au courant des décisions récentes.

Destination du jour, Roche Colombe. Voilà de quoi regretter ces cinq mois d'absence, la reprise va être dure pour moi.

Nous marchons sur le sentier du Club Alpin Français de Saoû, non pas pour faire de l'escalade, spécialité locale avec toutes les grandes falaises du massif, mais pour randonner, tout simplement.rd 11 10 06 009Tout simplement, maintenant, c'est monter vers la Poupoune que nous allons contourner par le Maupas.rd 11 10 06 010La pente est bien marquée et voici enfin le passage franchi. J'ai chaud, j'ai soif et ai le souffle court,  mais je vois bien que  le flanc ouest de la Poupoune ressemble moins à une aiguille de pierre que le flanc sud.rd 11 10 06 011Le moment de la banane, ou de la pomme, je préfère, est un peu trop tranquille pour nos plus aguerris compagnons qui ont depuis longtemps grimpé au sommet de cette Poupoune ! Bravo messieurs, vos silhouettes sont bien petites d'où nous sommes !rd 11 10 06 012Le chemin continue à monter pour arriver au bord des premières crêtes. En janvier 2009, lors de ma première ascension, il y avait de la neige et le vent avait planté les aiguilles de givre parallèles à l'horizon !

Aujourd'hui nous n'avons pas de vent, il fait chaud et la halte pour admirer la forêt à nos pieds qui commence à se piqueter de rouge est bienvenue.rd 11 10 06 014Derrière Nicole et Jeanine le vallon de la forêt de Saoû se creuse vers l'est. Qu'il est grand ce vaisseau ! Pomerolle à droite de Nicole, Trois Becs juste au dessus au fond, et complètement à droite le Grand Delmas et  Couspeau.rd 11 10 06 016Nous voici, ravis,  au sommet de Roche Colombe, 886 mètres. Et qui voyons-nous arriver en même temps que nous ? Trois chèvres qui semblent surgir de la falaise. Elles ne doivent pas être sauvages car elles s'approchent beaucoup de nous. Échappées d'un troupeau ? Peut-être bien car il y en a beaucoup à Saoû, célèbre aussi pour sa production de picodons.rd 11 10 06 018La chèvre est très caressante, et si nous n'y prenons garde les deux boucs aussi. Mais leur odeur  est si forte que nous essayons de les tenir au loin. C'est difficile car visiblement ils aimeraient bien recevoir eux aussi des caresses ! (Merci Alain pour ta photo de groupe mixte !)rd 11 10 06 (5) (2)Il faut commencer à redescendre pour atteindre le pas de l'Echelette où nous pique-niquerons pendant que "notre linge" sèchera. Nous nous sommes installés auprès d'un sommet où quelques buissons roussissent; au milieu des touffes de thym, au choix, au soleil ou à l'ombre, vers la vallée du Rhônerd 11 10 06 022ou en lui tournant le dos, vers la Vèbre qui coule au creux de la Forêt ; enfin à la carte, suivant notre envie !rd 11 10 06 025Oh, que j'ai trouvé dur de redescendre par un sentier  raide avec des pierres qui roulent sous les pieds, et parfois quelques pommes de pins ! Nous avons enfin rejoint un grand chemin forestier, avons traversé la forêt pour éviter de marcher sur la route, en fin de journée ça brûle les pieds. Et nous sommes ressortis vers le Perthuis, en face de la Vèbre presque à sec.rd 11 10 06 028 Retour à Saoû par le chemin qui longe la rivière dont le cours est régulièrement alimenté par des résurgences et des sources. Que celle-ci est bienvenue pour remplir les gourdes et se rafraîchir.rd 11 10 06 032Au Pas de l'Estang, tout près de l'endroit où les traces d'un village édifié en 750 avant JC ont été découvertes (mais si peu spectaculaires qu'elles passent souvent inaperçues) Octobre Foret de Saou - Les Aiguillesnous avons hésité. A droite ou à gauche du rocher que quelqu'un a dit ressembler à une pièce montée ?Octobre Foret de Saou - Pas de l'estang 1Merci Robert d'avoir choisi à droite, c'est 800 mètres plus court, et les couleurs des Aiguilles sont tellement belles que ça justifie de continuer le long de la Vèbre.octobre Foret de Saou - Pas de l'EstangLe chemin est facile jusqu'au village où nous arrivons par la rue en face de l'école. Elle est devenue une rue d'artistes, galeries et antiquaires s'y sont installés. En face Roche Colombe et la Poupoune.rd 11 10 06 037La boucle sera complètement bouclée lorsque nous aurons retrouvé Fanny et Michèle, les deux échappées de tête et que j'aurai rappelé l'ascension de Roche Colombe par Bonaparte le 5 août 1786 !

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 20:32

frise 11 10 04 032Hier soir nous avons reçu un e-mail de Josette : "Demain Pranles, le volcan des Chirouses. Prevoyez de l'eau et un chapeau !" Nous étions quinze à qui ce message avaient donné envie d'aller voir un volcan ardéchois.

Pranles est au-dessus de Privas, vers les Ollières. Nous avons laissé les voitures au Clap et sommes partis sur les chemins des dragonnades. Belle voie parfaitement pavée où les attelages ont laissé leurs marques.rd11 10 04 004

Au col du Muret un agréable mistral (surprenant cet adjectif pour ce vent souvent désagréable et froid, non ?) nous a attrapés et rafraîchisrd11 10 04 006Ciel intensément bleu et léger mistral, que demander de plus au début d'octobre ? Grand beau sur les Boutières en face de nous. Des villages sont perchés aux sommets des montagnes, des châtaigneraies et des forêts tapissent les pentes qui descendent vers de petits ruisseaux, Charbonnouze et Auzène.rd11 10 04 009En descendant vers le mas du Goutoulas (Josette nous précise que ce fut sûrement un endroit où l'on pouvait trouver de quoi manger autrefois) elle nous montre à gauche notre premier objectif de la journée, le volcan des Chirouses,rd11 10 04 011cette montagne grise entourée d'un pierrier. Le chemin est large et bien entretenu. Les passages dans les prairies sont fermés par des portes de treillage lestées d'un bloc de béton qui en assure la fermeture automatique. Simple et belle trouvaille.

Nous voici arrivés au pierrier. Assez impressionnant ! Le passage difficie à deviner est heureusement marqué de cairns ou de pierres debout très rapprochés. Par endroit c'est tous les cinq mètres que nous les trouvons.rd11 10 04 019Il faut faire attention et choisir les endroits où nous pouvons poser chaque pied, ainsi que chaque bâton afin de ne pas les coincer entre deux pierres. C'est quand même plus simple d'avancer soigneusement en contrôlant ses gestes que d'y aller à quatre pattes ! Heureusement que nos compagnons, Michel, Norbert et Guy sont là pour prêter main forte et assurer quelques passages. On ne remerciera jamais assez ces anges gardiens.rd11 10 04 021Mais on contourne la falaise au dessus de nous, qui doit être le bord du cratère. Quand et comment allons-nous arriver là-haut pour le traverser cet endroit où la température arrive à grimper jusqu'à 70° en été ? Et l'endroit où le cratère renvoie les sons indéfiniment ?rd11 10 04 022On continue sans changer de niveau, avec, au dessus de nous beaucoup de pierres grises dans l'ombre, et pas mal en dessous, lèégèrement rosées au soleil

.rd11 10 04 024rd11 10 04 023

Ce chemin ne nous menera jamais au sommet, Josette. Qu'allons-nous faire et comment ? Quelle surprise la réponse de Josette ! Nous sommes dans le cratère éventré par l'érosion ! Je vais subitement mieux, tout en éprouvant une petite déception.rd11 10 04 026Il était temps que je me renseigne car maintenant nous redescendons vraiment, vers un bosquet. Des arbres arrivent à pousser dans ce terrain !rd11 10 04 030Quelques dykes pointent ici ou là les restes d'une cheminée latérale. Ils paraissent presque lisses lorsque nous les approchons, mais surprise lorsque nous nous retournons : ils sont tout hérissés de prismes prêts à alimenter cet océan de pierres. Michel a le bon mot : "prêtes à accoucher" et à renouveller indéfiniment le pierrier.rd11 10 04 032Josette nous signale que nous avons presque fini la traversée du cratère. Profitons encore un peu de ce singulier paysage que nous parcourons depuis plus d'un kilomètre. Les roches ont totalement changé. Ce sont maintenant des colonnes hexagonales, rarement pentagonales, d'énormes tuyaux d'orgue qui nous entourent.rd11 10 04 035Nous sommes à la grotte des Camisards que Michel tente d'explorer. Mais ne va pas te perdre dans ce trou obscur. C'est bouché, tant mieux. Mais l'histoire ou la légende dit qu'aux 16ème et 17ème siècles lorsque les dragons du roi recherchaient quelques réformés dans les villages des Boutières, ils venaient se cacher ici. Depuis des éboulements ont envahi la grotte et presque bouché son entrée.

Il y a aussi un panneau qui nous explique la formation de ce phénomène géologique que nous avons traversé. Il y a 70 millions d'années une rivière passait ici, enfin à l'est (c'est à dire au sommet maintenant, pas toujours facile à imaginer ...). Une éruption volcanique se produisit. Le contact de la lave et de l'eau provoqua une énorme explosion qui envoya des tonnes de boulets du terrain de surface, grès et  granit aux alentours. Un lac se forma à l'emplacement du cratère, que je pensais voir. Mais c'était sans compter sur la reprise d'activité du volcan qui combla le lac et provoqua des accumulations de coulées de basalte. Puis l'érosion fit le reste, entaillant le cratère et disloquant les coulées. Il y a encore des rivières, ou plutôt des ruisseaux, qui coulent entre les collines.

Nous avons rejoint un chemin herbeux qui file sous les châtaigniers vers le Charbonnouze que nous traversons à gué et remontons jusqu'à Eyrebonne. Voici une autre façon de voir les Chirouses.rd11 10 04 042

C'est l'heure du pique-nique. Nous avons trouvé une prairie juste dessous les maisons. Un troupeau de chèvres aimerait bien nous rendre visite, mais une cloture les en empêche. Le soleil brille et nous cuit.

Devant nous les collines nous présentent leurs rondeurs boisées piquées de hameaux de pierre dont une bonne partie des maisons sont maintenant occupées toute l'année. rd11 10 04 044En bas, à droite le hameau de la Pizette par lequel nous passerons en fin de circuit, après être descendu plusieurs fois au fond de vallons, avoir passé des ruisseaux et remonté des chemins qui furent de grandes routes. Mais pour le moment nous pouvons encore nous reposer devant les Chirouses.rd11 10 04 050D'Eyrebonne nous sommes passés par Magerouan, avons suivi les flèches qui nous indiquaient le pont de Merlet,rd11 10 04 065qui enjambe le lit profond et sombre de l'Auzène, et sommes remontés vers la Pizette. Nous pouvions imaginer les paysans chargés de leurs récoltes, remontant après une journée de labeur dans leurs jardins ou leurs terres par l'étroit chemin bordé d'un parapet de pierre (pourquoi ce parapet, c'étaient-ils rafraîchis de l'horrible piquette que Jean Ferrat chantait ?)

Nous avons rencontré quelques animaux tout au long de cette randonnée. Un cairn posé sur longues pierres plates avait l'allure impassible d'un sphinx ; des chèvres ; deux jeunes bouvillons accompagnés d'un vrai gros taureau occupaient le chemin après Eyrebonne, et j'ai failli sauté dans les taillis lorsque le taureau, lassé d'être suivi a décidé de faire demi tour, juste à ma hauteur ; et maintenant Josette a trouvé un magnifique cerf pour chevaucher dans la châtaigneraie !rd11 10 04 068Enfin le chemin est presque plat, et la Pizette apparaît derrière un grand rocher.rd11 10 04 071Les hameaux ardéchois ont souvent une maison forte où la population devait tenter de se refugier à l'approche des troupes royales. Voyez celles que nous avons vues aujourd'hui.

rd11 10 04 074rd11 10 04 003

 

En face le paysage est très vert, mais ça ne suffit paspour nous rafaîchir,

rd11 10 04 072 le soleil darde ses rayons sur nos nuques et nos épaules car le chemin qui nous perment de revenir au Goutoulas est très découvert. Encore un effort pour remonter au col du Muret où Josette nous dévoile les chiffres du jour : distance parcourue 14 kilomètres, dénivelé cumulé 630 mètres, rando classée 3, c'est à dire difficile. Certaines se sentent mieux !

Nous avons traversé Pranles à l'heure où les bus scolaires ramènent les écoliers dans leurs familles. Petit tour à l'église romane du 12ème siècle, qui appartenait à l'abbaye de la Chaise Dieu.rd11 10 04 083Il y a un autre point d'interêt important dans ce village. La maison-musée de Marie durand, passionaria des Réformés ardéchois qui passa près de trente ans dans la prison royale d'Aigues Mortes. Mais nous n'avons pas le temps de nous arrêter à nouveau ...

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 18:55

frise 2011 09 016Voici une sortie idéale pour quelqu'un qui n'a pas marché depuis trois mois : depuis Jaillans la crête de Baret. 8 kilomètres, dénivellé ? Pas important : ce ne sera pas un record, alors tant pis si nous ne savons pas le mesurer !

 

ll y aura moins de boue que la fois précédente, alors que des engins de "bucheronnage" avaient complètement défoncé les chemins.

La chaleur est telle en cette fin de septembre que c'est surtout ça qui nous fatigue. Et les papotages du temps de repos sont aussi nécessaires que les gâteaux de Mado ou l'eau de nos bouteilles.rd2011 09 014Il y a plein d'animaux sur cette colline. Bien sûr des sangliers dont nous n'avons vu qu'une bauge profonde, sûrement un grand trou creusé lors de la coupe de 2008, aménagé par les chasseurs pour fidéliser le gibier. Mais aussi derrière des clôtures dans les bois, trois chevaux et beaucoup plus loin une biche et un cerf.

rd2011 09 026rd2011 09 007

Le chemin parcourt la crête, bordé de châtaigniers.rd2011 09 009A sa sortie nous dominons la plaine très colorée. Au loin la falaise du Vercors est déchirée par les carrières de kaolin qui semblent s'étendre.rd2011 09 018Nous entendons le bruit des moissonneurs de sorgho, et voyons la  poussière dorée qui s'élève au-dessus des champs. Son odeur est moins agréable que celle du blé.

Un champ de soja en septembre ? Non ! Il s'agit d'engrais vert. Ah, bon. Ça ne se devine pas ...rd2011 09 021Derniers mots pour la journée : Josette a complètement pris les choses en main durant l'été. Et maintenant on part à l'heure. Juste à l'heure !

A bon entendeur salut, et à la semaine prochaine !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Couleurs de la Drôme
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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 11:41

Frise 25 09 (42)Dernier beau et grand concert de cloture (pour nous, pour le festival c'est ce soir) hier soir à l'Athénée interprété par l'Orchestra & Choir of Age of Enlightenment dirigé par Adam Fischer, chanté par Simona Saturova, soprano (que nous avions entendue dans le cadre du festival Saoû chante Mozart à Romans, et l'an dernier à Prague dans les "Noces de Figaro"), Bernard Richter, ténor et Matthew Rose, basse.

Mais les premières mesures ne ressemblaient pas à ce que Philippe Andriot nous avait dit, les éclats du chaos initial ! D'ailleurs à côté de moi, il murmurait "Mais ce n'est pas la Création ! Que se passe t'il ?"

Eh bien, c'est tout simple, mais insolite : le programme comportait pour vendredi "les Saisons" de Haydn par les mêmes interprètes que la Création ce samedi. Ils ont interverti les oeuvres ! Dommage pour nous car ça allait être une grande première d'entendre la Création en concert, pour bon nombre d'entre nous, alors que nous avions découvert "les Saisons" au cours d'un voyage précédent !

Quelle étrange chose que ce changement de programme !

Ce qui n'a pas empêché le public (qui restait dans la salle à 1H30 du matin) d'apprécier le concert entendu, et de saluer avec chaleur.Rd 25 09Nous avions une matinée libre ce dimanche. Mais Bucarest se repose à ce moment là. Calme dans les rues, et dans les rares magasins ouverts, surtout des épiceries. Les magasins d'artisanat sont fermés. J'ai été très surprise de voir autant de vases signés Gallé dans les vitrines des antiquaires et des boutiques pour touristes ... En fabrique-t'on à la chaîne dans les usines chinoises qu'on ose revêtir de la signature du maître ? Non, Bob m'a expliqué leur présence. Au début du 20ème siècle les Roumains ont acquis une licence de fabrication de verre Gallé, et elle fonctionne toujours. Voilà qui change tout , même pour ceux qu'on trouve aujourd'hui dans les boutiques françaises !

 

Révision de l'architecture des immeubles cossus du quartier de la rue Victoriei sud !Rd 25 09 (9)

D'abord l'immeuble de la banque Marmorosh-Blank "fondamental pour l'étape de maturité du style néo-roumain qui utilise, à part les sources vernaculaires, des éléments de l'architecture traditionnelle monastique".La façon dont est rédigé (en français) le panneau "monument historique" est aussi légère que le bâtiment visé ! Mais je parierais bien pour du néo-Brancovan, avec ses colonnes de pierres soutenant des loggias, quelques fenêtres trilobées à l'étage et les ouvertures du rez-de-chaussée en plein cintre !

Nous arrivons au passage Macca-Vilacrosse. Construit en 1891 en forme de U, il relie la Banque nationale de Roumanie (1 entrée) à la rue Victoriei (2 entrées). Il est éclairé par une verrière Rd 25 09 (12)qui adoucit la lumière du matin. Il n'est pas totalement endormi, et sous la grande coupole le personnel d'un  bar prépare la terrasse. Mais il est trop tôt pour y prendre un café ce dimanche matin.Rd 25 09 (17)Nous avons trouvé les Bucarestois ! Ils sont dans les églises où les cérémonies se célèbrent avec tout le faste, les chants et l'encens propres à l'Église orthodoxe. Il y en a aussi quelques uns au marché !

La Caisse de Dépôts et Consignation,Rd 25 09 (39) de l'architecte français Paul Gottereau, que nous avions aperçue au début de notre séjour, se reflète ainsi que tous les bâtiments voisins dans les murs-miroirs de cet immeuble très contemporain qui nous ramène dans notre époque.Rd 25 09 (22)Nous n'avons même pas besoin d'une visite au Musée National d'Histoire, tout proche pour constater encore une fois que l'histoire d'un pays, d'une ville est écrite sur ses murs, dans ses rues, et qu'on peut la lire aussi bien dans ce qui reste que dans ce qui a disparu ...

 

Nous sommes revenus vers l'hôtel Capsa. Une manifestation sur la place des Trois Couleurs avait rassemblé beaucoup de monde. Au milieu de cet attroupement des militaires joue de la musique, de celle qui marche au pas,Rd 25 09 (58)Rd 25 09 (71)

accompagnés d'un choeur. D'autres manient des armes, paradent, marchent au pas de l'oie. Et parmi eux de toutes jeunes femmes.

C'est la levée des couleurs, et l'aubade hebdomadaire en l'honneur du drapeau roumain !

Nous avons pu assister à cette démonstration jusqu'à sa fin avant de prendre la route pour l'aéroport. Elle passe devant le musée du Village où Miron s'est arrêté pour acheter nombre de gâteaux qu'il veut nous faire goûter. C'est ceux qu'il préfère !

 A l'aéroport ou dans l'avion nous ne sommes pas les seuls à avoir les oreilles encore pleines de la musique entendue. Nous, le groupe de Saoû chante Mozart avons aussi des images tres contrastées dans la mémoire et dans nos appareils photos. Pas glamour Bucarest ? Peut-être moins que d'autres villes, mais si surprenante et intéressante la capitale de la Roumanie aux si nombreux visages !

Maintenant il nous faut rentrer à la maison, la température baisse, l'euro s'affole et nous, nous nous promenions comme si rien ne se passait. Et finalement, nous avions bien raison, car que pouvons-nous sur le monde en pleine crise !

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Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Europe
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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 18:21

Frise 24 09 (77)Au cours de la conférence de ce matin tout le monde a regretté qu'un si beau concert interprété par des musiciens admirables ait été donné dans la salle où nous étions ...

Philippe est rapidement passé à une introduction détaillée à l'oeuvre que nous allons entendre ce soir : "la Création" de Haydn, à 22H30. Horaire surprenant pour un public français !

Haydn composa cette oeuvre en 1794, alors qu'il était au sommet de sa gloire. Elle fut reçue avec enthousiasme, voire folie à Vienne. Composition novatrice, on croirait le début du 19ème siècle, dans la description du chaos. Elle comprend trois grandes parties : la création des éléments, lumière, eau et terre ; puis celle du monde végétal, et après les premiers lever de soleil et de lune, du monde animal ; et enfin la création du premier couple humain ...

La ferveur de Philippe nous a rendu très impatients d'entendre ce dernier concert, même à une heure aussi tardive.

Rd 24 09 (13)Rd 24 09 (3)

 

 

 

 

Henry Fuoc a pris la parole pour nous révéler ou confirmer les projets de l'association. Il en quittera la présidence en 2012, mais garde la responsabilité de la  programmation du festival de l'été prochain, que j'avais pu dévoiler il y a déjà quelques semaines. Le dernier concert avec Gilles Apap sera un heureux clin d'oeil car nous nous souvenons qu'Henry fut le créateur du festival de jazz de Lyon, d'où est issu celui de Vienne ...

En hommage à Yvon Tardy qui nous a quitté en novembre 2011 une exposition sera organisée à Montélimar.

Henry organisera les voyages au-delà de ce terme. 2012 foisonne déjà de projets. Barcelone en février, Estonie en avril-mai, avec une petite incursion à Helsinki (que l'idée de ce voyage me plaît !) et  en octobre participation au festival Mozart-Mozart à Augsbourg, au nord de la Bavière, ville natale de Léopold, le père d'Amadeus.Rd 24 09 (9)

Avant de partir sur la route de Sibiel je veux rendre mon petit hommage personnel à Anne, la fée des voyages : elle répond à presque toutes les questions d'Henry avant qu'il les ait posées, et aux nôtres dès que nous les avons formulées. Elle résout tous les problèmes qui surgissent avant et pendant les voyages, peut-être après le retour aussi. Elle est toujours sur la brèche ! Merci Anne de nous rendre la vie si facile pendant nos voyages.

 

Nous avons fait étape à Cristian, un village célèbre pour toutes le cigognes qui y ont fait leur nid. Ils sont vides en cette fin d'été. Ce départ précoce est le signe d'un hiver froid, et de neige abondante !Rd 24 09 (31)Les villageois ont installé des plate-formes au-dessus des poteaux électriques pour mettre fin aux court-circuits et autres coupures de courant.

Nous nous sommes arrêtés à côté d'un marchand ambulant au bel étal de légumes d'été.Rd 24 09 (33) La variété des poivrons et piments est bien propre à l'Europe de l'est.

De l'autre côté du ruisseau l'église fortifiée est entourée de tours. Le clocher tout neuf contraste avec les autres tours . Le toit de celle que nous avons en face est vrillé : élégance architecturale !Rd 24 09 (25)

 

Sibiel est tout proche, un peu cachée dans les collines. nous sommes en pays pastoral. Si la ville de Sibiu est saxonne (le qualificatif n'est pas tout à fait juste. Il se réfère aux tout premiers arrivants, des mineurs de la région saxonnne. Les émigrés suivants étaient des rhénans et des mosellans, et le terme de "saxon" désigne tous les Allemands de Transylvanie) les campagnes sont d'origine dace et romaine. Ils ont échappée aux invasions en se cachant dans les fôret et en pratiquant le pastoralisme. Donc si l'ambiance est complètement différente ce n'est pas seulement parce que nous sommes dans un village. C'est parce que la population n'est pas la même.

 

Comment le jeune cavalier qui nous attendait à l'entrée du village et qui nous a accompagnés jusqu'à l'église savait-il que nous arrivions ?

Rd 24 09 (43)Rd 24 09 (48) Et la dame de la boutique de produits artisanaux locaux qui avait sorti les belles chemises brodées et autres ouvrages lorsque le bus s'est arrêté ?

Des pompons rouges aux oreilles du cheval et des fleurs à ses harnais et au chapeau du cavalier adoucissaient un peu la fierté du regard du cavalier. Difficulté de devoir tendre la main en échange de quelques photos ?Rd 24 09 (50)

Il y a beaucoup à voir autour de nous. Un oratoire dont les fresques ont pali en deux siècles, témoigne de l'influence de l'église orthodoxe ;Rd24 09 (134)alors que de l'autre côté l'architecture de l'église du 18ème siècle ne semble rien devoir à l'Orthodoxie.Rd 24 09 (113)Nous sommes à Sibiel avant tout pour visiter un musée d'icônes sur verre. Il se trouve au fond du cimetière. Et quelle surprise en passant la porte de voir le panneau "Agroturism" qui rassemble toutes les informations souhaitées sur vingt cinq fermes qui offrent des chambres et des repas aux touristes de passage. L'organisation de l'accueil ne semblent pas avoir été laissés au hasard à Sibiel, et l'authenticité du village semble être soigneusement protégée. Une visite virtuelle du site du village (en français, quel plaisir  !) en est la preuve.

Les icônes exposées sont des 18ème et 19ème siècles. C'est le curé de la paroisse qui les a recueillies auprès des habitants de Sibiel. Le musée a été ouvert en 1969. Des dons sont arrivés de différentes régions et vingt ans plus tard le local était trop petit pour les 200 pièces réunies. Aujourd'hui il y en a près de 700, et c'est la plus riche collection roumaine. 

Elles ont trois thèmes principaux, Jésus, la Vierge et les saints protecteurs.

Rd 24 09 (94)Rd 24 09 (101)

 

 

 

 

Les différences d'expresion ne sont pas seulement dues au fait que la Vierge de gauche est une Vierge à l'enfant et celle de droite une Mater Dolorosa, les couleurs sont totalement différentes, et l'influence orientale du dessin est évidente dans celle de droite. Certaines ont des bijoux, de ceux portés par les femmes de la région (collier de pièces d'or ...)

Les Christ en croix peuvent être tragiques, et parfois pas du tout. La portée rédemptrice du sacrifice peut remplir Jésus de joie, le faire monter sur la croix avec le sourire, et celui-ci a même des allures de danseuse !Rd 24 09 (100)Les familles ou les enfants peuvent être confiés à des saints protecteurs.

Rd 24 09 (75)Rd 24 09 (80)

Ces saints peuvent intercéder ou être invoqués suivant leurs talents. Ainsi  on attend d'Elie, saint patron des laboureurs qu'il apporte la pluie pour pêrmettre les labours.Rd 24 09 (97)De grandes scènes bibliques ont eu beaucoup de succès. NativitéRd 24 09 (88)ou Cènes. Parfois Jésus et les apôtres ont été équipés de couverts qui ne furent inventés que quelques siècles plus tard !Rd 24 09 (92) Ces tableaux naïfs témoins de la piété des peintres et des croyants sont émouvants. Belle visite !

A côté du cimetière un verger n'a pas beaucoup de prunes, mais les maisons de bois ont de belles couleurs.Rd 24 09 (69)

Nous remontons à pied en ouvrant grand nos yeux jusqu'en haut du village où nous allons déjeuner.

Rd 24 09 (59)Rd 24 09 (57)

 

Les cours des fermes sont fermées. Un grand portail permet le passage des charettes, une plus petite, décorée celle des personnes. A côté du musée la grande porte est ouverte, nous permettant de voir l'arrangement de la cour de cette ferme qui accueille des hôtes. Anne Marie est en pleine discussion avec la maîtresse du lieu.

Nous croisons un attelage,Rd 24 09 (133)

un troupeau de dindes qui cherchent leur pittance dans le ruisseau Sighiel,Rd 24 09 (141)croisons la balence publique, des bâtiments publics, et alors que nous arrivons à l'oratoire du haut la maîtresse de maison nous accueille. Rd 24 09 (199)C'est à une table d'hôtes que nous avons goûté à la délicieuse nourriture paysanne.

Nous avons mangé en buvant l'eau de vie de prunes pour apéritif des poivron,s, des boulettes de viande, du lard fumé traditionnel qui rappelait beaucoup de souvenirs d'enfance à quelques Ardéchois, des tomates et du caviar d'aubergine.

J'ai préféré ne pas mélanger les boissons, et n'ai pas gouté au vin de la maison. Il y avait aussi de l'eau. Mais la prune dont nous avions beaucoup de carafes sur la table allait très bien avec le porc, les pommes de terre et les feuilles de chou farcies qui ont suivi !Rd 24 09 (174)Le dessert, des beignets nous ont été apportés par des villageois "pur-jus" : gilets, chemises brodées, ceinture et chapeau cloche pour monsieur ! Ils sont parfaits en descendants de Dace Jean Pierre et Marie Claude !Rd 24 09 (185)Je vous disais que rien n'est laissé au hasard dans l'accueil reçu à Sibiel. Grand professionnalisme dans l'art de répandre la bonne humeur !

Pendant ce temps là Miron, notre chauffeur très sobre nous attendait dans la cour, à l'abri du soleil qui brillait ardemment.Rd 24 09 (188)Et nous avons retraversé le village pour rejoindre le bus resté près de l'église.Rd 24 09 (205)Le soleil, le repas arrosé de prune ont fait que nous nous sommes presque tous assoupis pendant le voyage de retour à Bucarest. Rd 24 09 (235)Presque six heures de route pendant lesquelles Eugenia nous a presque tout dit sur la peinture des oeufs, grande tradition des fêtes pascales. Nous en avons vu de si jolis

Rd 24 09 (104)Rd 24 09 (110)

dans une salle du musée des icônes réservée à l'artisanat local Rd 24 09 (77)que nous aurions été très déçus de ne pas savoir comment les peindre ! Enfin la réalisation à la cire doit demander beaucoup d'adresse, je ne suis pas sûre d'être prête et encore moins d'y arriver !

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 21:49

frise 2 23 09 (132)Quelle surprise lorsqu'on arrive à Sibiu sans avoir retenu ce qu'en dit notre guide ! Changement total d'ambiance !

On se croirait dans une ville austro-hongroise. Et c'est bien ça.

Nous sommes dans une capitale culturelle saxonne. Les premiers Saxons sont arrivés dans cette terre hongroise au 12ème siècle par les routes qu'empruntaient déjà les Romains.

Après la destruction de la ville par les Tatars en 1241 le roi de Hongrie lui accorde le statut de ville libre administrée par les corporations. Des remparts sont construits et, bien à l'abri de ses murs, de ses trente neuf tours et de ses quatre bastions les dix neuf guildes en assurent le développement. Elle devient pôle militaire et économique et accueille même aux 18ème et 19ème siècles le siège du gouvernement autrichien de Transylvanie.

Si les traces de ce riche passé sont encore nombreuses, les Saxons le sont beaucoup moins. Nombre d'entre eux ont été puni de déportation en Sibérie pour avoir été sensibles aux idées nazis, et parmi ceux qui étaient encore là en 1989, beaucoup ont choisi de revenir en Allemagne à l'ouverture des frontières.Rd 23 09 (131)

La ville est toujours très active et c'est à une vraie foule que nous nous mêlons pour rejoindre le centre ville. J'aurai aimé dire "flâner" mais notre visite a été bien trop rapide pour que je puisse employer ce mot ...

Rd 23 09 (179)

Les toits de cette ville ont des yeux aux paupières mi-closes. Nous observent-ils ou somnolent-ils ? Ils ont l'air très placide.Rd 23 09 (139)

Nous voici sur la Grand Place entourée de nombreux monuments : le beau palais baroque construit en 1787 à la demande du baron Brukenthal, député des Saxons, gouverneur de Transylvanie et conseiller de l'impératrice d'Autriche Marie Thérèse est maintenant l'hôtel de ville. Juste à sa droite l'église baroque des Jésuites symbole du retour de l'Eglise catholique imposé par les Hasbourg en terre luthérienne. Et tout au fond à droite la tour du Conseil  commandait l'entrée du deuxième mur de fortifications.

Hans et Ada ont-ils joué comme les enfants dans les jets d'eau qui surgissent par surprise des pavés ?Rd 23 09 (145)En observant au delà de l'ensemble de cette place aux maisons 17ème siècle nous ne voyons pas de coupole, pas d'église orthodoxe. Seulement des tours de défense et des clochers d'églises luthérienne et catholique ! Ça aussi c'est une surprise.Rd 23 09 (148)Eugenia a du mal à nous emmener tous vers la Petite Place, dominée par la tour du Conseil. Elle est entourée de bâtiments institutionnels et d'anciennes maisons bourgeoises. Celle au fond à gauche à arcades est le musée de la pharmacie qui rappelle que l'inventeur de l'homéopathie fut  Samuel Hahneman, secrétaire privé du baron Brukenthal. Ah, nous qui pensions que c'était Boiron ... Rd 23 09 (151)La maison des Arts derrière nous,  fut initialement la halle du marché (14ème siècle) puis celle des bouchers. En face de nous c'est le clocher de l'église évangélique qui domine les toits. Le toit pourvu de cinq lucarnes est celui de la maison de Luxembourg (ville jumelle de Sibiu, je n'ai pas trouvé d'autres références historiques à cette appellation) qui fut la maison des orfèvres.

La rue Ocnei qui s'ouvre au premier plan conduit à la basse ville, historiquement la ville populaire,  en passant sous le Pont des Menteurs ou Pont des Mensonges.Rd 23 09 (157)Nous avons continué par une rue étroite jusqu'à la Place Huet, sommes passés devant l'église évangélique et le musée d'Ethnographie saxonne pour arriver au musée Brukenthal qui présente les collections du baron, grand amateur d'art. Rd 23 09 (183)Après 1817, date de l'ouverture du musée le fonds s'est enrichi de beaucoup d'acquisitions. Une visite virtuelle du musée Brukenthal est très intéressante. En anglais ou roumain, mais a-t'on vraiment besoin du texte ?

Nous avons passé la fin de notre après-midi dans ce musée.

Il nous restait quelques minutes pour nous rafraîchir et nous reposer avant de repartir. Et ce que l'hôtel Continental Forum est rafraîchissant avec ses couleurs claires, bleu et beige quand on a passé plusieurs nuits à l'hôtel Capsa de Bucarest !

Il était déjà l'heure de partir pour le concert du soir, donné dans le cadre du festival Enescu. Exclusivement des oeuvres de Mozart : le Réquiem ; l'Ave Verum Corpus et la Messe du Couronnement en ut majeur KV 317. Des oeuvres que nous connaissions, nous n'avions donc pas eu besoin de conférence d'introduction.

Nous avons gagné le théâtre bizarrement construit sur la troisième ligne de remparts de la ville, en longeant une partie des fortifications restantes.Rd 23 09 (203)Nos talons claquaient sur les pavés, le roulement d'un bagage allant dans l'autre sens remplissait la rue. Il était tiré par Anton Koopman que Philippe Andriot a reconnu. Quelle prouesse se sera de se vêtir en chef d'orchestre et d'ouvrir la soirée à l'heure.

Prouesse tenue ! Anton Koopman, en frac dirige l'Amsterdam baroque Orchestra accompagné par les solistes Dorothée Mields, soprano ; Bogna Bartosz, alto ; Tilman Lichdi, ténor et Klaus Mertens, basse.

Rd 23 09 (227)

Dommage que l'acoustique de la salle n'ait servi ni les oeuvres, ni les interprètes ! N'y a-t'il vraiement pas un autre théâtre dans cette ville au passé si riche, pour accueillir des concerts aussi prestigieux ?

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 16:03

Ce pont de Sibiu est, de façon inattendue dans la ville haute, il enjambe la rue qui mène depuis la Petite Place à  la ville basse. Ce fut le premier pont de fonte construit en Roumanie construit dans les années 1850.

Rd 23 09 (155)Pourquoi ce nom ? Il y a plusieurs légendes.

Eugenia nous en a donné deux.

Les élèves d'une école militaire toute proche auraient raconté leurs glorieux faits d'armes, un peu imaginaires ou enjolivés à leurs amis et aux filles séduisantes en se promenant sur ce pont.

Ils auraient aussi eu tendance à y faire beaucoup de promesses d'amour éternel et de mariage pour obtenir des faveurs, surtout à l'approche de départs en campagne.

J'en ai trouvé quelques autres.

Pouvaient aussi s'y rencontrer des marchands pour des affaires un tantinet surévaluées ...

Et enfin, le pont se serait écroulé au passage du premier menteur. N'est-elle pas superbe cette dernière ?

Rd 23 09 (164)

La vue d'ici sur la ville basse est superbe. C'est une invitation à une promenade dans ce quartier autrefois populaire. Mais nous n'en avons pas le temps aujourd'hui !

Joli pont de Transylvanie du sud !

 

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 13:34

 Nous avons quitté Bucarest tôt le matin pour nous rendre à Sibiu, en Transvylvanie.

Nous avons traversé la Dambovitza, la rivière de la ville. Elle a été canalisée depuis longtemps "pour la punir de d'être trop souvent sortie de son lit" dit Paul Morand. Ce n'est sûrement plus une rivière qui enflamme les poètes, mais elle n'est plus aussi sale qu'en 1935, lorsqu'il "aurait suffi d'y tremper les lèvres pour tomber mort". Elle doit être plus attirante dans les saisons moins sèches.Rd 23 09 (3)Il fallait quand même dire qu'une rivière traverse Bucarest ...

Traversée des quartiers des années 60, puis de la même morne plaine desséchée parcourue hier. Nous poursuivons l'autoroute plus loin à l'ouest, que nous quittons pour traverser les Carpates par les gorges de l'Olt.

L'Olt est une rivière roumaine de près de 1000 kilomètres qui prend sa source dans les Carpates nord-orientales. à quelques kilomètres de celle de la rivière Mures qui part dans l'autre sens. Eugenia nous a raconté leur légende.

Olt et Mures étaient les fils d'un prince qui vécurent unis. Jeunes gens ils partirent vivre leur vie après avoir promis à leur mère de ne pas se séparer. C'était sans compter sur la jeune fille qui sema la zizanie entre les frères. Ils se quittèrent, Mures partit au nord, Olt au sud. Pleins de regrets ils tentèrent de se retrouver sans y parvenir (les rivières ont de nombreux méandres) et finirent par se jeter dans le Danube où ils se rejoignirent enfin.

Après l'autoroute le paysage que nous traversons devient plus sympathique. Les villages sont animés, coquets,

Rd 23 09 (35)Rd 23 09 (29)

et la circulation se densifie. Nous sommes sur une route de campagne et internationale, reliant Bucarest, le port de Constanta et la Hongrie. Les équipages vont du char à bancs au semi-remorque.

Rd 23 09 (113)Rd 23 09 (18)

Heureusement que les chevaux portent des pompons rouges aux oreilles, pour les protéger du mauvais oeil et peut-être des accidents ...Rd 23 09 (39)

Nous nous sommes arrêtés pour un café, et plus si nécessaire car nous ne devons pas compter être à Sibiu avant 14 heures. La nécessité peut être d'échanger quelques mots comme le font Eugenia, Jacqueline et Didier.

Nous sommes arrivés au pied des Carpates, en pleine région d'Olténie. Caciulata est une ville thermale très réputée, médaille d'or en 1873, d'où Napoléon III se faisait livrer de l'eau à Paris.

Et tout près de cette cité le monastère de Cozia est une agréable étape. Quelques tziganes y attendent les touristes pour leur lire les lignes de la main ou leur vendre de menus objets.Rd 23 09 (57)Le monastère, dédié à la Sainte Trinité a été construit à la fin du 14ème siècle par le voïvode (prince) Mircea cel Baltran.

Les fresques du porche datent de l'origine.Rd 23 09 (64b)A gauche un jardin d'Eden plein de fleurs, d'arbres et de bienheureux.

A droite c'est l'autre alternative : un fleuve de sang qui se précipite dans la gueule d'un monstre dont un diable surveille l'accès. Même des têtes couronnées sont entraînées par ce flou fétide ! Rd 23 09 (67)Visiteurs, vous êtes libres de choisir votre vie en toute connaissance des conséquences !

L'iconostase est du 20ème siècle, et c'est du ventre de Jessé que sortent les ramifications des trois registres supérieurs.Rd 23 09 (76)

Cette église servit de référence pour la construction de nombreuses autres au choeur en forme de trèfle dans la région.Rd 23 09 (84)Car l'Olténie est riche de nombreux monastères cachés au creux de vallées secondaires, depuis Cozia, le plus ancien (et le premier en commençant à l'est) jusqu'à Târgu Jiu, la ville du sculpteur contemporain Brâncusi. Rd 23 09 (93)

Une partie du groupe attend déjà, près des fontaines que chacun ait fini sa visite pour repartir le long des gorges de l'Olt.Rd 23 09 (96) Rd 23 09 (94)

C'est parfois si étroit que la route est construite dans le lit de la rivière comme ici le viaduc Cârligu Mic. Rd 23 09 (109)

Et les montagnes s'écartent et un village a trouvé sa place et sa subsistance entre la rivière et les montagnes. Rd 23 09 (121)

La "tour cassée" marque la fin des gorges. Ce ne sont pas les conflits qui l'ont détruite, mais les inondations et tout ce qui était alors transporté et coincé ici, par l'étranglement.

 Encore quelques minutes de route et nous serons à Sibiu !

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:43

Frise-2-22-09--214-.jpgEn rentrant nous sommes passés par le rond-point de l'Arc de Triomphe, un des monuments emblématiques de l'attrait français : il est fortement inspiré de l'arc de Triomphe de l'Etoile.Rd 22 09 (205)Il a été construit en 1935 pour commémorer la réunification de la Roumanie. Un premier monument avait été élévé en 1922 dans la précipitation pour célébrer la Grande Roumanie et l'entrée triomphale du roi Ferdinand dans la ville. Mais il été tel que George Enescu aurait écrit au maire de Bucarest pour lui demander la construction d'un "vrai" arc de triomphe que voici !

Rd--22-09--268--copie-1.jpgJ'ai lu pendant notre retour de Sinaïa les pages que j'avais subtilisées au magazine que Tarom fait éditer à l'intention des passagers de ses avions. Nous participons à la vingtième édition du festival George Enescu qui serait classé par les experts parmi les trois plus importants du monde. Il a commencé en 1958 avec la création roumaine de l'opéra d'Enescu "Oedipe", a lieu tous les deux ans, a été suspendu pendant la période communiste pour reprendre après la Révolution. Il a commencé cette année le 1er septembre et se termine le 25. Il y a jusqu'à cinq concerts par jour ! On y entend de la musique très classique, mais aussi de la musique moderne, post-moderne (?) et contemporaine, et de la World Music, enfin tous les types de musique. Il semble donc que nos organisateurs ont soigneusement choisi notre programme qui ne comprend pas d'oeuvre postérieure à 1954 (la Symphonie pour 13 instruments op. 33 d'Enesco que nous avons entendue ce soir) !

L'intérêt que manifeste le public du monde entier croît à chaque édition, et lui permet de découvrir une Roumanie inattendue. Et c'est bien notre cas !

 

Nous avons entendu ce soir un concert éblouissant avec sur la scène l'Orchestra dell'Accademia Nazionale di Santa Cecilia, l'orchestre national italien créé au début du 20ème siècle, dirigé par Antonio Pappano, son chef depuis longtemps avec le jeune pianiste Denis Matsuev (dans le lien cliquez sur les titres d'oeuvres soulignées par entendre ce fantastique pianiste, et baladez-vous dans son site officiel, c'est impressionnant. OK, c'est écrit en anglais, mais il y a la version en russe si vous préférez !)

 Les oeuvres au programme, outre la Symphonie op. 33 d'Enesco étaient le Concerto n°2 pour piano er orchestre en ut mineur op.18 de Rachmaninov et la Suite symphonique "Shéhérazade op 35 de Rimski-Korsakov.

Philippe Andriot nous avait briefés ce matin avant de partir. J'en avais surtout retenu que l'oeuvre d'Enescu, sa dernière composition nécessitait plusieurs écoutes avant de plaire ; que le 2ème concerto de Rachmaninov, composé au tournant du siècle passé comportait une partie de piano éblouissante, et enfin que Séhérazade de Rimski-Korsakov était un kaléidoscope d'images fabuleuses tirées des contes de Mille et une Nuits.Rd 22 09 (211)

Dire que Denis Matsuev a soulevé un enthousiasme extraordinaire est peu dire. De plus il a su choisir des bis qui nous ont montré quelques autres facettes de son jeu : le premier toute sa sensibilité, le second son brio, et le troisième sa capacité d'improvisation sur un thème de jazz, et sa capacité de jouer jazzy ! Les acclamations montaient un peu plus chaque fois. Au troisième bis la salle clamait debout son enthousiasme et son plaisir !

C'était vraiment une grande découverte pour notre groupe qui n'avait pas eu l'occasion de l'entendre en France au cours de ses concerts parisiens ou de grands festivals à la Roque d'Antéron ou à Orange.

 

Ce n'est peut-être pas très facile pour l'orchestre de reprendre le cours du programme après un tel artiste ! C'est sûrement là qu'on voit les très grands ! Le succès de Séhérazade a été grand, le public a su l'exprimer et l'orchestre nous a gratifiés de deux bis.

Imaginez la durée d'un concert semblable ! Trois oeuvres importantes, l'entracte, les acclamations du public, et tous ces bis. Nous ne sentons pas le temps passer mais il est bien tard lorsque nous rentrons pour dîner dans une ambiance de bonheur !

Pas le temps de m'étendre, ce soir il faut faire les valises, nous partons demain matin pour la Transylvanie.

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