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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 18:26

18 Août 2009
Les cousins sont repartis, la salle est rangée, les appareils photos pleins de belles images de gaies retrouvailles et de souvenirs : la fête est finie. A un prochain été pour constater que le temps passe, que les enfants grandissent, qu'il y a quelques absents et de nouveaux arrivés : c'est ça une cousinade !
Nous allons reprendre le chemin vers Montmeyran où nous aurons la visite de nos amis belges dans les premiers jours de septembre. Ça nous laisse encore le temps de traverser le Massif Central comme des escargots, pas vite avec notre maison sur le dos et la perspective de quelques jolies découvertes.
En commençant par le Périgord noir dont nos parents nous ont fait découvrir chaque été depuis notre enfance quelques richesses. Elles semblent inépuisables, il y a toujours un nouveau château, un nouveau hameau,une nouvelle grotte, un nouveau jardin, un nouveau musée ou une nouvelle attraction qui s'offre à la curiosité des passants..
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C'est au château fort de Castelnaud que nous nous arrêterons en commençant notre remontée de la vallée de la Dordogne. Il occupe le sommet d'une falaise dominant la rivière, voisin de trois autres châteaux de la même époque.
Le château fort de Beynac que nous avons visité enfants alimentait nos rêves de chevaliers,  et de princesses à hennin qui guettaient le retour de guerriers à heaume du haut du donjon. Les champs de bataille étaient juste sur l'autre rive...
Plus tard c'est Michel Peyramaure et sa saga sur la guerre de cent ans qui m'ont replongée  dans les périodes tumultueuses de cette région, de Périgueux à Bordeaux, de Domme à Saint Cyprien, un vrai régal de se promener dans ce Périgord du Moyen-Âge grâce à "la lumière et la boue" !
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Du donjon de Beynac et de la courtine de Castelnaud les vigiles pouvaient aussi surveiller les avant-postes et leurs corps de garde : Marqueyssac pour Beynac et Fayrac pour Castelnaud.
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Ils ont été transformés quelques siècles plus tard en châteaux résidentielset les rives de la Dordogne sont maintenant dominées par les deux forteresses, le château de Marqueyssac et son merveilleux jardin et enfin Fayrac, demeure privée.
La Dordogne est si belle ici ...
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mais ne nous attardons pas, c'est Castelnaud et son musée de la guerre au Moyen-Âge que nous allons voir !
Au 21ème siècle les guerriers que nous y trouvons peuvent avoir des allures surprenantes !
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rd09 08 18 228assez peu conformes à celle qu'avaient les soldats qui entouraient les machines décrites par Konrad Kyeser,
ingénieur militaire bavarois du 14ème siècle et auteur d'un traité encyclopédique sur les machines de guerre, "Bellifortis" (à la Bibliothèque Natioanle de Paris) dont se sont inspirés les créateurs de ce musée.



Le bastion est occupé par ces machines de guerre grandeur nature : perrière, mangonneau, trébuchet et bombarde.
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Un peu plus bas, un petit jardin clos présente les plantes cultivées au Moyen-Age.
rd09 08 18 406Ce château qui servit de carrière après la révolution, totalement ruiné dans les années 50 a été restauré d'une façon surprenante. Ça a été un peu long, de 1967 à 2005, mais le résultat est impressionnant. Il est classé monument historique.
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Les salles présentent des collections très variées d'équipement défensif, armures et armes de tout type, la reconstitution d'un siège avec une grande maquette. De quoi réjouir tous les amateurs d'histoire guerrière et les écoliers admirateurs d'Ivanohé ...
Il est plus de midi lorsque nous avons fini notre visite, et voyons qu'une armada nombreuse est arrivée par la Dordogne, pour un pique-nique au pied du château, pas pour une attaque !
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Sur notre route vers Montignac nous sommes passés par Saint Genies. Des superlatifs qualifient et invitent à visiter ce village, un des plus beaux de France. Je dois préciser que nous sommes dans une région où une concurrence sévère sévit. En "feuilletant" le lien des villages de France on se rend compte qu'ils sont nombreux à avoir obtenu ce label. Pour des raisons qu'il est facile de comprendre.
Au coeur de Saint Genies une église romane du 12ème siècle voisine avec un château composé de deux maisons du 13ème réunies quelques siècles plus tard.
rd09 08 18 241La couleur des pierres dorées des murs du Périgord et celles des toits de lauzes grises ou de tuiles plates rouge foncé réchauffent toujours mon coeur. Et celui de tant de visiteurs, qu'en cinquante ans les moindres bâtiments ont été rachetés, transformés et ont repris vie. Et c'est un constat des plus plaisants.
rd09 08 18 238rd09 08 18 426Nous ne nous sommes pas arrêtés pour revisiter la grotte de Lascaux : une visite en hiver est plus agréable, les guides prennent tout leur temps pour en faire le tour !

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 19:00

frise 14 08 36914 Août 2009
Après avoir tant musardé à Argentat et Beaumont sur Dordogne, il nous faut arriver aux Egals ce soir !
Aussi avons-nous évité, contourné, et même parfois traversé de nombreux villages et villes de la vallée de la Dordogne, à la limite des régions du Quercy, du Limousin et du Périgord, sans nous arrêter !
Il est vrai que nous sommes en territoire connu maintenant, que nous en savons les attraits qui se transformeraient en autant de pièges aujourd'hui !
Martel avec son centre médiéval, sa halle fleurie à la si belle charpente, son église Saint Maur, ses remparts et leurs tours et son petit train du Causse ... peut-être montrerai-je un jour quelques images de l'étape que nous y avons fait, dans un temps ancien, époque pré-blog, plus précisément en 2005 !

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Quant à Sarlat nous n'y venons plus du tout en été ! On se marchait sur les pieds et on s'excusait dans toutes les langues dans ses belles rues des vieux quartiers la dernière fois que nous y sommes venus. Quel est le plus fort attrait qu'exerce cette ville sur ses visiteurs ? Le souvenir de Monsieur de la Boétie ? Le festival de théâtre ? Les quartiers anciens qui ont échappé à la pioche dévastatrice de Hausmann ? Il faut se rendre à l'évidence, ce qui est mis en exergue par les décideurs locaux, c'est la table ! D'immenses couverts occupent les ronds points giratoires aux entrées de la ville ...
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Et voici sur la route des Eyzies les châteaux bien connus qui jalonnent nos routes habituelles, en alternance avec les grottes aménagées et décorées par nos ancêtres pré-historiques !
rd09 08 14 375Escale au Bugue, ville commerçante de la région où nous constatons que les agences immobilières sont revenues aux annonces en français : signe des temps et de la crise, celles en anglais ont disparu !
A bientôt la poursuite de notre parcours, après la "cousinade"  !

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 19:20

frise 13 363Jeudi 13 août 2009

L'activité est grande dans les cuisines alors que nous quittons Monceaux sur Dordogne. Le jeudi soir a lieu le marché nocturne, manifestation très prisée des visiteurs. Produits agricoles locaux, artisanat, et surtout les recettes traditionnelles concoctées par les dames du village attirent dès 17 heures une nombreuse foule autour des tables dressées sur la place du village. Paraît-il, car nous ne nous donnons pas le temps de vérifier, ni celui qu'il aurait fallu pour aller au Puy-du-Tour, sommet d'origine volcanique où les fondations d'un oppidum gaulois de 150 à 50 ans avant JC, et des objets, bijoux, poteries de la même époque ont été trouvés ... Les jours filent et il nous faut nous rapprocher rapidement du Bugue et de Saint Cyprien maintenant.

 

Eh bien, nous n'avons pas rempli notre objectif : notre étape a été la plus courte depuis notre départ ! Guère plus de vingt cinq kilomètres, mais nos haltes en valaient la peine !

toit corrézien 341
Que remarque t-on tout d'abord à Argentat ? L'harmonie des vieux toits de lauzes qui recouvrent les maisons depuis le Moyen-Âge (date de l'interdiction du chaume qui agravait les incendies) ? Ou la Dordogne et ses quais richement fleuris ?

Il semble que le souvenir de la navigation fluviale des 18ème et 19ème siècles soit soigneusement entretenu. Est-ce une retombée du roman de Christian Signol et du feuilleton télévisé "la rivière Espérance" qui en fut tiré ?Qu'importe ? Profitons de la belle rivière, des maisons à bolets (balcons de bois recouverts par un pan de toit) qui s'y reflètent et du bateau reconstitué, un courpet ! la Dordogne à Argentat
Ces bateaux à fond plat construits à Spontour, à quelques kilomètres en amont, pouvaient acheminer jusqu'à Bergerac ou Libourne 20 tonnes de marchandises, des merrains, planches de chêne destinées à la construction des tonneaux, et les carassonnes, piquets de châtaignier pour les vignes.
C'est la force de l'eau qui les propulsait ; ils naviguaient alors que les eaux étaient "marchandes" ou "de voyage", c'est à dire de l'automne au printemps, saisons de hautes eaux. Les trois gabariers surveillaient et guidaient l'embarcation, en particulier aux passages dangereux. La livraison effectuée, ne pouvant pas remonter le courant, les courpets étaient vendus et les hommes remontaient à pied en Haute Dordogne en ramenant des marchandises du Bas Pays.
Au bord du quai ce bateau traditionnel, qui fait partie de la famille des gabares est attaché, et il nous rappelle que la batellerie fluviale fut un facteur important des échanges le long de la Dordogne, jusqu'à l'arrivée du train.
Quai de la Dordogne à Argentat 346
La dimension du quai donne une idée du volume de ces échanges. Aujourd'hui les maisons à bolet,  se cachent un peu derrière une abondance de fleurs.
On change de quartier et on se retrouve parmi les grandes demeures et hôtels particuliers, la Reymondie et le manoir de l'Eyrial.
Manoir de l'Eyrial à Argentat - Corrèze 348
Il est 11 heures lorsque nous regagnons le centre qui s'est bien animé. Il se confirme que les promeneurs affluent en fin de matinée !
Pour terminer notre visite nous allons faire un petit tour à la Maison du Patrimoine qui présente une partie des objets trouvés sur les fouilles du Puy du Tour, et surtout la maquette d'un courpet avec ses trois gabariers.
Maquette du courpet de haute Dordogne 349Quel bon moment passé à Argentat !

Beaulieu est l'étape suivante, indispensable. Nous avons déjà visité l'abbatiale Saint Pierre, mais elle est si belle que nous la reverrons avec plaisir, et nous devons découvrir une autre église sur le bord de la Dordogne.
Portail méridional Abbatiale Saint Pierre 354
Nous avions fait, il y a quelques années notre première visite de l'abbatiale sous la houlette d'un guide de l'association CASA
Nous avons renouvelé ce type de visite d'église ou monastère chaque fois que ce fut possible. Commentées par les bénévoles de cet organisme, les visites sont passionnantes et inoubliables. Casa indique sur son site les lieux et dates où des visites sont assurées par ses guides.
Nous avons "révisé" seuls le tympan du portail méridional, sculpté vers 1130. Voici encore un chef d'oeuvre de l'art roman.
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Représentation des trois mondes : dans sa partie supérieure le second avènement du Christ accompagné des apôtres et sa victoire totale à la fin des temps ...
le monde terrestre au bas de la partie supérieure, petits bonhommes où les vivants regardent l'apparition de Jésus alors que les morts soulèvent le couvercle de leurs sarcophages ...
et enfin dans les deux bandeaux inférieurs le monde des enfers : monstres dévorant les damnés et animaux symboles des péchés capitaux.
Le trumeau aux trois atlantes représentant les trois âges de la vie de l'homme est tout à fait exceptionnel.

Nous laissons l'église pour aller jusqu'à la Dordogne.Dans ce port passaient les courpets d'Argentat et aussi des gabares transportant des fromages et du vin. Maintenant ce sont des promeneurs qui y ont pris place !
Maisons fleuries sur le quai de beaulieu sur Dordogne362
Des maisons à balcon de bois bordent le quai, ainsi que la chapelle des Pénitents, église romane du 12ème siècle où les paroissiens de Beaulieu venaient entendre la messe alors que l'abbatiale était réservée aux pélerins.
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Elle appartient maintenant à la commune. Des expositions y sont présentées chaque été.
Nous traversons la Dordogne par la passerelle au-dessus du barrage équipé d'un ascenseur à poissons pour voir l'ensemble du quai.
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avant de rejoindre le camping-car que nous avons laissé à l'autre entrée de la ville, où nous allons passer la nuit en compagnie de quelques autres visiteurs.
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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 19:20
Frise 12 333Mercredi 12 Août 2009

Nous nous réveillons alors que le soleil commence à chasser les ombres du lac autour du château de Val et de son port.

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Nous allons remplir nos obligations : partir avant 9 heures ! et rejoindre la ville de Bort les Orgues, en passant par son barrage. La hauteur est assez impressionnante, et la Dordogne qui ressort en bas en bouillonnant n'est plus qu'un petit torrent endigué ...

Il est encore tôt et nous avons trouvé toute la place que vous voulions pour nous garer sur le parking pas très grand sur la rive droite du barrage ! C'est vrai que la vie est plus facile pour ceux qui se lèvent de bon matin !

Premier objectif de la journée : les orgues de Bort que nous avons aperçues il y a longtemps au sommet de la montagne qui domine la ville. Nous y allons en voiture, Camille ne peut pas gravir un tel dénivelé actuellement. La route étroite serpente sur le flanc de la montagne, et arrive au sommet du plateau. Quelques belles maisons, fermes et résidences secondaires alternent avec des forêts.

C'est à pied qu'il faut arriver au belvédère, juste au niveau des orgues basaltiques. Il y en a des deux côtés !

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Des panneaux indiquent les grandes voies d'escalade ; ça doit être un lieu réputé pour ce sport. Quant à nous, nous nous contentons de la table d'orientation située à 800 mètres d'altitude qui désigne tant de sites : des puys, des gorges, des rivières, des volcans ; il nous en reste de nombreux à découvrir. Des projets de retour vont mûrir pendant les prochains mois !

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La Dordogne redevient rapidement une belle rivière. Et les gorges que nous pourrions mieux voir de la rive droite que de la plaine nous font choisir de continuer sur le plateau. Nous traversons de jolis villages tranquilles jusqu'à Saint Julien près Bort où des panneaux nous indiquent le site de Saint Nazaire, lieu de pèlerinage et de randonnée, au confluent des rivières Dordogne et Diège.
La belle légende du "sentier de Saint Nazaire" contée en mots fleuris nous met en condition ! Avant qu'un hameau et un prieuré de femmes occupent l'endroit le diable y avait installé ses quartiers, "souverain des éboulis de pierres de toutes sortes, de broussailles inextricables, sur le chaos du saisissant promontoire. Déambulant parmi les rochers avec l'aisance d'un bouc, il tourmentait les malheureux qui se risquaient en ces lieux à des heures incertaines.
Saint Nazaire, tout à son ouvrage d'évangélisation de la contrée, fut intrigué par cette peur. Il imposa alors une procession qui ne tarda pas à rencontrer l'intrus. Le Malin, copieusement aspergé d'eau bénite, n'en reculait pas moins à pas comptés, tout en ricanant sinistrement. Comme il allait franchir d'un saut la vallée, sa patte fourchue glissa et le sabot de feu s'imprima dans la roche qui, désormais, en porterait le nom. On murmure que de l'autre côté, quelque part vers Roche-le Peyroux, semblable pierre porte semblable marque. Une autre version voudrait qu'il s'agisse plutôt là de la trace de sa canne, du sabot de son cheval qui aurait franchi le ravin d'un seul élan."
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Sous de magnifiques arbres, nous avons suivi le sentier qui passe au pied de la pyramide qui porte la statue de St Nazaire l'évangélisateur, et qui nous conduit au calvaire dominant le confluent profond des deux rivières. Rochers et bruyère, forêts et gorges, mais pas de pierre marquée du sabot infernal ... Même sans ça, c'est vraiment une belle promenade !
La Dordogne est redevenue une rivière impressionnante très rapidement car les barrages construits tout au long de son cours sont nombreux, et c'est déjà le lac de retenue de celui de Marèges que nous dominons.
Nous poursuivons notre route vers Argentat où nous ne nous sommes jamais arrêtés et qui devrait pourtant le mériter !
En passant par Liginiac. Dominant  le bourg et la route qui le traverse une colline occupée par quelques batiments de fière allure  attire l'attention.
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Une église, une bastide du 12ème siècle (et ce qui aurait pu être un ossuaire à côté du cimetière) autour d'une grande place, voilà une belle étape apéritive ...
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Le clocher est curieux : il est totalement extérieur à l'église et lui fait un grand porche. Mais le plus grand intéressant ici, c'est la porte et ses ferrures du début du 13ème siècle ! Tout est travaillé : des personnages, des animaux ont été
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finement forgés !


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Ces pentures sont classées depuis 1908, et sont considérées comme les plus belles du centre de la France !

Nous nous arrêtons au feeling, et découvrons des merveilles insoupçonnables ... Ah ! la grande époque des guides bleus où tout ce patrimoine était recensé de façon exhaustive !


Encore un détour par Mauriac, cité de la Haute Auvergne. Je croyais que nous l'avions quittée depuis ce matin ...
Elle est construite avec les pierres de lave noire de la région qui lui font un aspect sévère. Encore une belle romane, un peu austère,
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où des musiciens préparent le concert qu'ils vont donner ce soir.
Le lycée occupe le bâtiment du collège fondé en 1563 à la demande de l'évêque de Clermont par les consuls de Mauriac qui  confièrent l'enseignement aux Jésuites. Il était le seul établissement de ce type en Haute Auvergne à l'époque et accueillait plus de 300 élèves au 18ème siècle.
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Au fond de la rue un groupe de touristes visite l'hôtel d'Orcet du 15ème siècle, devenu sous-préfecture. La ville a aussi un musée installé dans le monastère Saint Pierre qui doit réserver quelques surprises aux visiteurs qui arrivent à temps pour bénéficier du tour de ville couplé à sa visite. Nous ne sommes pas arrivés à temps ... On ne peut pas gagner chaque fois !
Reprise de la route qui traverse de nombreuses prairies où paissent les vaches de la région, les fameuses salers. C'est avec joie que nous constatons qu'elles ont des cornes ! 
Argentat est presque inaccessible lorsque nous y arrivons. Il faudra revenir, et en attendant nous trouvons une ferme auberge qui accueille aussi les camping-cars au village de Monceaux sur Dordogne.
Nous y avons fait un dîner comme on sait les faire dans cette région ! Pantagruellique !





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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 19:58
Frise 11 278Mardi 11 Août 2009
Journée contrastée où nous avons éprouvé une grosse déception et aussi un grand plaisir !
Nous avons commencé la journée par une "escale technique" (il faut bien gérer les réservoirs) à Super-Besse où les camping-caristes sont fort bien accueillis et peuvent bénéficier de l'immense parking qui leur est réservé au pied des remonte-pentes.
Avons-nous trop flâné à Besse pour préparer notre pique-nique ? Ou nous sommes-nous trop arrêtés pour admirer les vues sur le plateau, le cratère déchiqueté du puy de Sancy, la silhouette de  Saint Nectaire et la tache du lac Chambon, ou les vaches au pré ? Quelle qu'en soit la raison, lorsque nous sommes arrivés au parking de Chaudefour il n'y avait plus de place !
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Est-ce que c'est fait exprès ce tout petit parking pour accéder à cette réserve naturelle aux charmes multiples et aux sentiers nombreux ? Et on ne peut pas s'arrêter non plus le long de la route trop étroite. Ça limite un peu le nombre de visiteurs qui pourraient déranger les animaux en estive dans les prairies, ou les habitants sauvages des bois et des sommets.
Nous avions fait une randonnée ici il y a quelques années qui m'avait laissé un grand souvenir.
Bon, afin de nous apaiser nous nous sommes dit que nous reviendrons un jour de juin lorsque la montagne serait en fleurs, ou plus proche, à l'automne au moment des champignons et surtout des forêts richement colorées. Car finalement ce n'est pas si loin que ça de la Drôme, on peut arriver ici en quelques heures seulement !
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En montant vers le col de la Croix Saint Robert, on essaie encore de relativiser en admirant les prairies et les troupeaux. On aperçoit des véhicules qui parcourent les chemins à travers les pâturages. Les bergers semblent équiper de 4x4 qui doivent leur permettre de ne plus passer la belle saison dans les burons.
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D'ailleurs il semble que quelque unes de ces fermes d'été soient devenues des résidences pour vacanciers maintenant. Au moins ça permet de les garder en bon état !
Il y a quelques jours une course automobile de côtes passait par là, l'ambiance devait être toute autre. Aujourd'hui quelques motos ronflent depuis le bas de la vallée et s'essaient à une "folle équipée" sur cette belle route bien sinueuse et à la pente assez remarquable.
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Au col, le paysage est superbe avec les sommets ronds de quelques volcans. Puis nous redescendons vers le Mont Dore, la Bourboule et le torrent vif qu'est ici la Dordogne. Il y a des ruisseaux partout. Je me rappelle qu'à l'école on
apprenait que le Massif Central était le "château d'eau de la France". Ça doit faire partie des clichés qui ont disparu. Apprend-on encore le relief et de l'hydrographie de la France à l'école ?
Des cascades ici et là nous invitent à quelques ballades. OK pour la Vernière, mais pas pour celle du Plat à barbe dont l'accès est payant !
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Nous avons eu le plaisir de marcher dans un chemin creux bordé d'arbres moussus de taille impressionnante. Le réseau de leur racines ne l'était pas moins ! Trop grands pour rentrer entiers dans l'objectif !

Nous gardons un oeil sur la carte, pour contrôler ce que nous fait faire le GPS, ou parfois pour le mettre hors service. Et nous y voyons le lac de retenue du barrage de Bort les Orgues se profiler au sud-ouest. Avec son célèbre château de Val. Quoi, tu ne sais pas ce qu'est le château de Val, Camille ? Moi, je ne l'ai pas encore vu mais son image a été très présente dans mon enfance. Peut-être parce que je pensais qu'il était un peu la propriété de nos amis auvergnats ? Peut-être parce que je me sentais aussi un peu propriétaire de tout ce qui concernait "notre" rivière Dordogne, en tant que périgourdine ? Peut-être aussi parce que son sauvetage n'était pas si lointain ...
Ce château du 15ème siècle dominait la vallée de la Dordogne jusqu'à ce que les grands projets de barrages sur le cours de cette rivière en changent totalement le destin. EDF le racheta à la famille qui l'occupait depuis longtemps et prévoyait de le noyer dans le lac de retenue. Heureusement pour lui, et pour nous, les terrains ne permettaient pas d'élever un barrage aussi haut qu'initialement prévu.
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C'est ainsi qu'il occupe élégamment une rive aménagée pour le plaisir de tous.
Le château de Val se visite : au premier étage les salles redécorées au 19ème siècle, au deuxième une exposition de peinture (le peintre doit sacrifier à une coutume : il doit "portraiturer" à sa manière le château, et le tableau reste ici.) Il y a également une exposition de photos d'avant la construction du barrage, des étapes de remplissage du lac, et de la vidange faite en 1973 (pathétique : des murs encore debout, les sentiers pour descendre à la rivière encore dessinés, des souches qui apparaissent et aussi un immense désert ; je n'ose pas penser à ce que l'on doit ressentir en voyant ces images lorsqu'on a vécu ici !)
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Un moment de farniente sur la plage, ou de lecture en attendant que le soir arrive, et que petit à petit toutes les familles partent.
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Car nous avons l'autorisation de passer la nuit sur le quai du petit port, et sous les tours dorées par la lumière des projecteurs. Seule obligation : être partis demain à 9 Heures !
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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 18:00
Frise 10 242Lundi 10 Août 2009
Nous allons pénétrer au coeur même de l'Auvergne, jusqu'à Besse aujourd'hui. Je dis peut-être une très grosse bétise, car suivant les Auvergnats auxquels on s'adresse, le coeur de leur pays ne doit pas battre au même endroit. Alors je rectifie, nous allons vers le sommet de l'Auvergne, le Puy de Sancy !
Bien sûr, nous allons emprunter comme d'habitude de petites routes pour y arriver. Ce sera celle qui suit le cours de la Couze Pavin. Les Couzes sont les rivières qui descendent du massif du Sancy pour rejoindre l'Allier. Des prairies, et des gorges boisées alternent. Des villages au fond d'étroites vallées, comme Saint Floret, labellisé "plus beau village de France" nous imposent une halte. Un sentier d'où l'on a une parfaite vue sur la partiela plus récente (2ème millénaire) nous invite à aller à la découverte du Chastel caché dans les arbres de la rive droite.
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C'est la partie la plus ancienne du village, et ce sentier dut être une grande voie pour arriver au sommet, habité depuis le 1er siècle avant JC. Il fut, après l'abandon de la forteresse initiale vers l'an 1000 la route qui menait à l'église romane de Saint Flour et au cimetière. Un chemin de croix comme le laissent supposer celles qui restent le long ? Camille doit le penser avec juste les bonnes chaussures pour le parcourir  !
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En haut, déception : l'église est fermée et nous ne verrons pas son trésor : une Vierge à l'oiseau et une fresque, toutes deux du 14ème siècle. Par contre les tombes rupestres de l'époque médiévale sont accessibles.
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Elles ont été mises à jour lors de fouilles dans le cimetière qui jouxte l'église. Elles ont la forme de corps, et le logement de la tête est visible. Les sépultures anthropomorphes sont rares en Auvergne. Les pièces de monnaie qui y ont été trouvées permettent de dater leur utilisation du 12ème au 15ème siècle. L'ossuaire (facile de l'identifier avec ce que l'on y voit encore à l'intérieur) indique de fréquents réemplois de ces tombes.
Nous redescendons, passons le vieux pont protégé par la petite vierge qui y occupe un oratoire : des bombes allemandes déversées sur le village pendant la dernière guerre, seule celle qui tomba sous ce pont n'éclata pas !  Nous finissons notre visite par une  promenade dans les rues escarpées sur l'autre rive.

On continue à remonter la rivière jusqu'à Saurier qui possède un magnifique pont médiéval (dont la datation varie du 9ème au 15ème siècle suivant les sources ...).
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Une petite chapelle recouverte de lauzes est dréssée au centre, occupée par une minuscule "mater dolorosa", derrière moi, à ma droite.
rd09 08 10 127Mais la vierge miraculeuse de Saurier n'est pas ici, elle est au sommet de la montagne qui domine le village, dans une chapelle récemment restaurée avec des matériaux que les habitants du village ont monté à dos d'homme, afin de respecter la tradition et donner plus de valeur à leur participation.

Nous arrivons dans les grandes prairies des plateaux de Besse, profondément entaillés par de petits torrents qui franchissent les niveaux par de hautes cascades. Voici celle de Vaucoux qui va nous permettre une promenade apéritive.
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Et nous finissons par arriver à Besse. Ce doit être jour de marché car tous les parkings sont occupés, alors nous reviendrons demain, et allons vers le lac Pavin pour le reste de la journée.
Nous nous installons au "point sublime" d'où nous dominons le lac aux eaux émeraude. En faire le tour sera parfait pour le début d'après-midi. Nous n'avons pas rencontré grand monde en descendant vers la rive, mais là nous nous sommes fondus dans la foule qui fait le tour. En famille avec les jeunes enfants dont certains en poussette, en tenue sport avec chaussures de marche, décontractée en espadrilles, élégante avec nu-pieds ou escarpins : tout le monde fait le tour du lac Pavin. Et ça doit quand même être difficile pour certains car il est loin d'être plan !
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Détour par le puy de Montchat qui permet une vue d'ensemble sur le Puy de Sancy et Super Besse.
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Quelques framboises et fraises des bois partagent les essarts que traverse le chemin. Les cris de joie et les rires d'enfants saluent chaque trouvaille ! Mais elles ne sont pas abondantes. J'ai plus de chance avec les fleurs.
rd09 08 10 259rd09 08 10 261














aconits  napel ou casques de Vénus opulents                                            scabieuses
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ail des ours                                                                                                     et oeillet à delta
abondent sur ce versant.
De l'autre côté la forêt est intacte et le sousbois très différent. Je finis ma moisson du jour par des digitales.
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Et nous terminons la journée au point sublime. Peu à peu tout le monde quitte l'endroit, et le soir nous ne sommes plus que deux camping-cars pour passer la nuit près du refuge de Montchat, au départ des pistes de ski de fond.
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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 20:49
Frise 5 182Dimanche 9 Août 2009
Nous nous sommes fixés deux villes de la "route romane d'Auvergne" pour aujourd'hui : la découverte de Blesle et un retour à Issoire.
Mais pas avant d'être retournés au village d'Azerat pour découvrir son église. Le village est tranquille, tout le monde a dû fêter l'ouverture du restaurant ! Nous apercevons seulement la dame qui devait nous ouvrir la porte.
La porte et son encadrement sont tous simples. Deux représentations à la base de l'arceau : un diable cornu qui crache des flammes à gauche, et une femme avec deux serpents à droite. Je ne suis pas sûre que ce soit l'image de la luxure mais quelle qu'elle soit, elle ne doit pas être très positive ... Mais que font-ils à la porte de l'église ces deux personnages ? link
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Azérat est un tout petit village, et la richesse de son église surprend ! Des grisailles soulignent les voutes et les piliers ; alors que les ouvertures du choeur le sont par des guirlandes de fleurs rouges. Des fresques du 14ème siècle recouvrent certains murs. Encore une église dépendant de la Chaise Dieu que les artistes du Palais des Papes ornaient avec un luxe digne d' Avignon ! Elles sont arrivées en assez bon état jusqu'à nous. Clément VI faisait les choses en grand seigneur ! link
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Un commentaire éclairé de cette visite aurait été très agréable. Peut-être une autre fois !
Nous suivons la vallée de l'Alagnon pour arriver à Blesle sous une petite pluie fine et un ciel très gris. Les vieilles pierres du village sont tristounettes et les rues presque désertes. Nous remarquons que ce "beau village de France" a dû connaître des périodes de faste. Les pensionnaires de l'abbatiale devaient posséder au minimum quatre quartiers de noblesse pour être admises. Et les dames qui dirigeaient cette institution habitaient dans des demeures indépendantes dignes de leur rang. On en compte quatorze dans le village ! Le clocher Saint Michel, l'abbatiale, la tour de l'hôtel Mercoeur, des portes et des maisons anciennes témoignent de l'opulence passée. link.
Au 16ème siècle un hôpital a été ouvert, qui servait aussi d'étape aux pèlerins de Saint Jacques. La porte est surmontée d'un blason portant trois coquilles.
Dans une rue juste à côté une maison est décorée de façon originale :
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Les propriétaires ont-ils racheté tous ces accessoires devenus inutiles à la fermeture de l'hôpital ?

Nous reprenons la route vers le nord. La vallée de l'Allier devient large autour d'Issoire. Nous aurions dû faire le tour de la ville, très fleurie à pied. Mais le temps ne s'y prête pas. Nous allons directement vers Saint Austremoine. Un parking juste à côté n'est pas interdit aux camping-cars. Presque en centre ville c'est rare, surtout juste devant le musée !
Nous avions été émerveillés lors de notre première visite par cette église, l'une des "cinq  romanes majeures" d'Auvergne (Orcival, Notre Dame du Port à Clermond-Ferrand, Saint  Nectaire et Saint Saturnin étant les autres). Elles furent construites dans un style défini par les bénédictins de la Chaise-Dieu et présentent encore de nombreuses caractéristiques communes : le chevet en "pyramide auvergnate" à la décoration riche et élégante,
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une nef sobre qui conduit à un choeur beaucoup plus riche entouré  de piliers aux chapiteaux historiés.
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J'ai trouvé un diaporama qui permet une visite magnifique de ce monument, avec la musique appropriée et le soleil qui joue sur les vitraux ! Régalez-vous aussi et remercions Mr. Francis Demange, son auteur qui en a mis beaucoup d'autres en ligne ... link   ( Enregistrez et exécutez aussi souvent qu'il le faut, haussez le son : c'est un peu long à charger, mais on ne regrette pas d'avoir attendu !)
Ce qui surprend beaucoup ici ce sont les couleurs des piliers. Restaurés au 19ème siècle ils seraient aux couleurs d'origine ... Anatole Dauvergne, le peintre à qui nous devons cette restauration, était un proche de Viollet le Duc ... ils ont probablement subi les mêmes influences. Leur travail est aujourd'hui parfaitement reconnu et protégé.
Nous avons eu une bien agréable surprise dans la salle d'accueil. Un vieux meuble de sacristie a été retiré, ce qui a permis de découvrir une fresque du 14ème siècle : une résurrection des morts et un jugement dernier particulièrement bien conservés, enfouis qu'ils étaient derrière les boiseries !
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La crypte renferme un petit trésor : la châsse d'Austremoine en émaux de Limoges du 13ème siècle.
Tout dans cette abbatiale remplit de bonheur !
Et comme nous n'avions pas envie de nous en priver nous avons passé la nuit sur ce parking, sous la protection de ce saint évangélisateur de l'Auvergne au 3ème siècle, et sous les lumières qui permettent d'admirer la perfection du
chevet de l'église élevée en son souvenir.
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 18:13
frise 4 149Samedi 8 Août 2009.
C'est jour de marché à Brioude le samedi, et il attire beaucoup de monde. Dès que nous atteignons la ville haute les étals nous proposent toutes sortes de marchandises. C'est plein de couleurs, de senteurs, d'appels, de rires ... Nous allons jusqu'à l'Hôtel de la dentelle pour voir qu'il n'ouvre que l'après-midi ce jour là. Dommage pour nous car le corselet dans la vitrine nous laisse supposer qu'il y a quelques pièces somptueuses ... Notre matinée est consacrée à l'activité marchande comme celle des Brioudois ! Nous échangeons quelques mots ici et là, et discutons un petit moment avec un monsieur de 85 ans qui vient chaque semaine vendre la production de son jardin, et sûrement de quelques champs qu'il travaille encore. C'est son lien social, et aussi l'activité qui le maintient très en grande forme.
Le moment de quitter le parking où nous sommes depuis la veille est un peu délicat : nombreux sont les automobilistes qui cherchent une place, et un peu moins ceux qui veulent partir ... Se "faufiler" avec le camping-car demande une certaine adresse.
Découverte indispensable du jour, Lavaudieu et son abbaye ! La documentation trouvée à l'office de tourisme est irrésistible. Nous retournons dans la vallée de la Sénioure pour trouver ce village ancien perché au dessus de jardins potagers magnifiques.
rd09 08 08 142Portes fortifiées du 12ème siècle, ruelles pavées de galets, placettes fleuries qui occupent l'emplacement de bâtiments ruinés, pont du 15ème, Lavaudieu mérite bien sa qualification de "Plus beau village de France".
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Mais son trésor est caché derrière une longue façade de pierres, c'est son abbaye. Fondée comme la Chaise Dieu (de Casa Déï, la maison de Dieu) l'abbaye de Lavaudieu (la vallée de Dieu) a été fondée par Robert de Thurlange au 11ème siècle pour des femmes et occupée jusqu'à la révolution par des bénédictines. Les activités qu'elles pratiquaient étaient la prière, l'éducation des jeunes filles, la broderie et le jardinage.
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Le cloître est le seul de toute l'Auvergne romane qui soit arrivé jusqu'à nous. Les chapiteaux sont ornés de feuillage, d'animaux tel ce lion à la crinière frisée. Il faut garder en tête qu'en général les sculpteurs n'avaient jamais vus les sujets qu'ils représentaient, sirènes, anges, licorne ou lion ...
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Nous prenons le temps de flâner en regardant ces réalisations naïves et superbes.
C'est également assez rare de voir un deuxième étage de cloître quasiment intact ...

Le réfectoire est également fort intéressant. Une grande fresque du 12ème siècle représente non seulement Jésus en majesté, mais également Marie en majesté ! Je crois que c'est assez rare.
rd09 08 08 159Au dessus du passe-plats un buste baroque de Dieu le père nous le montre joyeux et plein de bienveillance ...
L'église aussi est décorée de peintures murales du 14ème siècle. Ce sont les mêmes artistes qui ont décoré l'abbaye de la Chaise-Dieu et toutes celles qui en dépendaient. On y trouve donc non seulement la même facture, mais aussi la même richesse.
Le "Christ de Lavaudieu" dont la tête est accrochée sur un pilier de la nef est miraculeux et son histoire est étrange. Un panneau nous la raconte : "Reproduction du "Christ de Lavaudieu"
L'original est au Musée du Louvre, salle du Moyen Âge.
Il s'agissait d'un Christ de grande taille en bois de peuplier peint, du 12ème siècle. Vénéré par les moniales qui obtinrent de Lui des grâces insignes, il fut décapité au 16ème siècle au cours des guerres de religion.
Par la suite les religieuses placèrent la tête à côté du tronc et les faits miraculeux se reproduisirent.
A la Révolution, la statue fut définitivement séparée et vendue par les premiers occupants du cloître ! la tête, achetée par un collectionneur, Monsieur Doucet, fut donnée par lui au Musée du Louvre ; le tronc se trouve actuellement au Musée des cloîtres de New York, où des miracles furent à nouveau signalés en 1955.
Simone Bouchet, artiste valdéenne, a sculpté la présente reproduction dans le frêne après étude sur place au Musée du Louvre. Elle en a fait don à l'église Saint André."
Avez-vous remarqué le clocher tronqué ? Il est coiffé d'un bonnet frigien au lieu du coq, rappel de Saint Pierre ... Encore des souvenirs de la Révolution ! link
De l'autre côté de la place la Maison des Arts et Traditions présente un four de boulanger et de nombreux objets de la vie paysanne et artisanale locale.

Nous rejoignons la vallée de l'Allier pour arriver à Auzon, une des "bonnes villes" du roi Philippe Auguste. Ancienne ville royale, ancienne ville viticole, ancienne région de production du chanvre, ancienne ville minière, on ne peut que penser en traversant le bourg au pied de la montagne que ce n'est plus la ville de rien. Boutiques et maisons fermées, elle semble un peu dévastée. Mais ce qui nous a amenés à nous arrêter se trouve au sommet de la colline. C'est là que l'ancienne cité fortifiée se trouvait. Nous grimpons un chemin qui dut être une belle voie d'accès lorsqu'on arrivait ici à cheval, traversons une porte fortifiée pour entrer dans la citadelle et arrivons au pied de l'église.
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Construite au 12ème siècle, c'est une émanation de la Chaise Dieu. Elle a un grand porche latéral que l'on nommait "ganivelle" soutenu par des piliers aux chapiteaux historiés. Avez-vous déjà vu une si charmante scène de la nativité ?  Joseph tient la main de Marie !

rd09 08 08 166 Une dame attend les visiteurs dans l'église pour nous en montrer les trésors. Le Christ en bois polychrome en est la pièce maîtresse. Il provient des ateliers royaux de l' école d'Auzon, tout comme celui de Lavaudieu. Ces christs en croix sont les premiers de ce type en France. Auparavant la crucifixion était représentée par un agneau sur la croix ou une couronne. Ils sont sereins, les bras ont un mouvement d'accueil : les représentations négatives sont rejetées.
Notre guide est une bénévole passionnante et passionnée, nouvelle habitante d'Auzon ; elle fait partie d'une association qui cherche à redynamiser le village. Un écomusée rassemble les pièces qui témoignent des différents passés de la ville. link
Elle nous recommande la visite de l'église d'Azérat qui a une forte identité.
Fermée l'église quand nous arrivons : il y a une manifestation au village qui attire tous les habitants. Nous rencontrons M. le Maire qui nous recommande d'aller passer la nuit sur la prairie dommunale au bord de l'Allier. Loin de la route, c'est une agréable étape.
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 17:34
7 Août 2009.Nous venons d'arriver à Brioude, étape idéale très accueillante pour les camping-caristes et au patrimoine si riche ...
Mais nous nous étions quittés dans le pré communal de Bas en Basset. Et si on reprenait là ?
Délicieux petit déjeuner avec Marie Pierre et Sylvain. Vraiment, merci pour votre accueil !
Suivi d'une ascension jusqu'au château de Bas en Basset juste en face, qui domine la plaine, parfaitement en vue, de nuit comme de jour. Jolie promenade jusqu'au chantier de jeunesse et lieu d'accueil.


Nous continuons par des petites routes, et nous laissons souvent distraire par des indications tentatrices. Ici le village médiéval de Chalencon


et le pont roman du 12ème siècle dit "du diable" qui n'est qu'à 35 minutes de marche ! Mais sous un soleil de plomb. Nombreux sont les baigneurs dans la rivière enjambée par le vieux pont qui ne paraît pas si diabolique vu d'en bas en ce jour d'étiage.


Tiens, il y a aussi une route sur l'autre rive, ce qui explique que tant de maisons sont restaurées et habitées autour du château et de son église.
Nous faisons le tour de Craponne sur Arzon très animé ... et nous rendons compte que la plupart des personnes rencontrées reviennent d'un enterrement .... Nombreux sont les commerces de toute sorte, définitivement fermés dès que l'on quitte la rue principale. Encore un coeur de village d'où l'activité s'est retirée ...
Nous avons repéré sur l'annuaire de France-Passion qu'un distillateur d'herbes médicinales et aromatiques, M. Christian Nugier à Cheyrac y est inscrit. Nous pourrions faire étape ici, sur ce haut plateau un peu loin de tout.
Notre repas du soir est une spécialité du Velay : pommes de terre à l'eau avec du "sarasson". C'est un fromage blanc de vache, très granuleux, auquel on ajoute du sel, du poivre et de l'ail. Frugal et agréable !
Il fait très chaud en ce début de nuit, à 1000 mètres d'altitude, les nuages roulent autour de nous et le tonnerre gronde : voici une nuit d'orage.


M. Nugier cultive aussi les plantes qu'il travaille, sur les terres du village, loin de la pollution des plaines.. Pour la distillation des capucines prévue aujourd'hui, Il est aidé par un stagiaire formé dans une école du sud de la Drôme ; à l'évocation de quelques grands labos drômois, on sent une irritation prête à surgir.


La serre voisine est tenue par Mme Véronique Gras qui y cultive et reproduit des herbes aux nombreuses vertus. Elle nous consacre tout le temps nécessaire à la visite de son installation et des quelques plantes qui lui restent, si tard dans la saison. J'ai retenu que l'angélique est bonne pour le sommeil, en huile essentielle, pas en tiges confites !


Il pleut encore beaucoup sur le village voisin, Saint Victor sur Arlan. Aussi notre tour de l'église romane du 9ème siècle est-il très rapide. Et c'est bien dommage car elle est très singulière cette rustique église fortifiée entourée de brumes qui montent des vallons voisins.
Et maintenant cap sur la Chaise Dieu un peu triste sous la pluie. Nous limitons notre visite au jeu d'orgues,


au cloître très démoli et à la petite salle dite de l'écho, ou salle de confession des lépreux. Est-ce vraiment le rôle qu'a tenu cette pièce dont les voûtes portent parfaitement les chuchotements de l'autre côté de la salle ?




Pour nous c'est un mystère de l'acoustique, pour les spécialistes du monde entier on se sert de certaines courbes depuis des siècles pour acheminer les sons. Nous avons même entendu des chuchotements de part et d'autre d'un barrage hydro-électrique dans l'arrière pays d'Adélaïde  et l'avons relaté dans nos articles australiens de 2006.

Outre les vierges à l'enfant enchassées dans les murs des maisons, la ville regorge de marchands de souvenirs déjà mille fois vus, d'artisans et de chantiers. L'Europe déverse encore quelques financements sur ces grands sites chargés d'histoire et que des manifestations au large retentissement ont réveillés depuis déjà longtemps.



Nous suivons maintenant la vallée de la Senouire dans l'intention d' atteindre Brioude ce soir. Les arbres s'égouttent, les brumes remontent de la rivière, et s'effilochent en fin lambeaux. La route est toute petite, sinueuse et il faut être très attentif. Heureusement les voitures sont rares.


Un panneau mentionne pour la route à gauche "Chavagnac-Lafayette". Nous nous regardons. Lafayette, celui de l'Amérique ? Oui ! Un moment de grande histoire nous éloigne vers le sud de Brioude.


Nous sommes accueillis au château par une dame qui en connait toute l'histoire ainsi que celle de Lafayette !

Elle vit ici depuis toujours , sollicite les questions et est ravie d'y répondre. Un peu de grande histoire dans ce château qui a appartenu pendant longtemps à l'Association américaine des Amis de Lafayette. Mais la crise passant par là, il a été remis au département très récemment. Dans le jardin les drapeaux français et américains flottent au vent.
Enfance heureuse et choyée du petit garçon entouré de sa mère, ses tantes, ses grands-mères. Mariage heureux. Voyages en Amérique pour aider les colons à se débarrasser du joug anglais. Départ de la Gironde, de Rochefort, de Nantes... Et retour embarrassant de ce personnage devenu encombrant en France, et qui va passer quelques années en prison ... Nous allons garder nos questions pour plus tard, c'est l'heure de la visite.
Dommage, elle est entièrement électronique et nous nous ennuyons un peu en franchissant les salons et les grandes salles suivant le rythme que nous impose la sonorisation.
Le jardin est vaste et riche en arbres locaux et américains.


Maintenant direction Brioude, sans musarder. La basilique Saint Julien nous attire en premier chef. "La plus grande église romane d'Auvergne" a changé depuis notre précédent passage.


Aux couleurs des grès roses, rouges et jaunes se sont ajoutées des fresques dont je n'avais aucun souvenir. En particulier dans la chapelle Saint Michel, au dessus du narthex, un jugement dernier est riche de rouges, bleus et verts qui semblent juste rendus par des restaurateurs de génie. Eh bien non, il n'y a pas eu de restauration de fresques, le changement de perception provient des nouveaux vitraux. En 2008 ceux du moine dominicain-artiste verrier Kim En Joong ont remplacé les anciens vitraux ternes. link


La recherche d'harmonie entre les couleurs des sols, des murs, des fresques change tout dans cet édifice qui était déjà exceptionnel !

l'église de Brioude mérite bien le qualiticatif de "romane auvergnate essentielle" comme celles de Saint Nectaire, d'Orcival, d'Issoire et de Clermont-Ferrand (nous reste à découvrir la dernière, mais nous revoyons avec tellement de plaisir les autres ...) link




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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 22:00
5 Août 2009
Dès que notre installation internet a fonctionné normalement lundi 3, nous sommes partis pour le Périgord, par le chemin des écoliers et à un rythme de sénateurs.
Notre première étape entre le Rhône et la Loire a été le parc du Pilat que nous avions traversé par la route nationale du Col de la République, il y a longtemps.
La Croix de Chaubouret est un endroit qui plaît à Camille. Il attire beaucoup de randonneurs en été, mais l'affluence des skieurs de fond doit être bien supérieure.
Les chemins de randonnée dans la forêt sont nombreux et fleuris de lamiers blancs, de digitales et d'impatiences. Nous terminons notre tour par la colline qui surplombe le Bessat. Une madone juchée au sommet d'une haute pyramide domine toute la région. L'histoire en est surprenante. En 1811 un monument fut érigé en l'honneur du Roi de Rome ; il consistait en un piédestal de six mètres de haut surmonté d'une pyramide supportant une sphère de pierre de trois mètres de diamètre. En 1856 changement de forme et de destination. La pyramide actuelle est élevée en l'honneur du Prince Impérial, fils de Napoléon III ! Ce n'est qu'en 1862 qu'une statue de la Vierge est élevée au sommet et devient la Madone du Prince Impérial.
En 1989 à l'initiative des Amitiés Internationales Napoléoniennes le monument fut restauré, la plaque commémorative posée, tout ça financé par le Conseil Général de la Loire. Je n'aurais jamais pensé qu'elle ait eu une histoire aussi "riche" encore de nos jours.
Nous nous sommes rapprochés d'un des points culminants pour déjeuner, le Crêt de la Perdrix. Des gens passent à côté de nous munis de seaux, de boîtes, de bottes, de gants de ménage et de peignes à myrtilles. D'après ce que les seaux ont l'air de peser, ils ont dû en ramasser beaucoup ! Encore et encore des ramasseurs dont la récolte semble aussi fructueuse. Et tant d'autres qui partent à la cueillette ... Il y en aurait pour tous ? Alors pourquoi pas pour nous ? Et sans aller bien loin nous les découvrons qui se partagent la lande avec de la bruyère. Une heure nous est nécessaire pour remplir une boite. Il faut être vertueux pour en remplir des seaux ! Notre récolte agrémentera nos futurs petits déjeuners.
Avant la fin du jour, nous avons le temps de découvrir Monistrol sur Loire et son quartier "du château" par opposition avec "la ville" qui s'étend autour de l'église.




C'est la deuxième ville du département de la Haute-Loire, et sa population est en pleine croissance. Nous visiterons demain le château que les évêques du Puy ont eu ici de 1270 à la Révolution ; et passons la nuit sur une place tout près de la gendarmerie. Elle aurait pu être plus tranquille si nous étions allés vers la piscine ...
Les Gorges de Bilhard sont le prétexte de notre promenade du mercredi matin. Juste au pied de la ville, et pourtant en pleine campagne sauvage  nous suivons le cours d'un ruisseau, découvrons les ruines de deux moulins, des rochers en marmites, des cuvettes propices à la baignade ...


et remontons par les ruelles qui ont si peu changé depuis les 16ème ou 17ème siècles jusqu'au château pour une visite de cette ancienne résidence épiscopale et des collections du musée.


Il fait très chaud et essayons de trouver un peu de fraîcheur au bord du fleuve, en suivant le panneau "Gorges de la Loire". A Retournac les rives sont aménagées pour les familles. Pêcheurs à la ligne, cavaliers qui attendent que la chaleur du jour diminue un peu, enfants qui se baignent, il ne manquait plus que nous qui serons les lecteurs à l'ombre des peupliers ! Quant aux gorges, il faudrait aller plus loin pour les trouver ... Trop loin de notre objectif qui est le haut de Bas en Basset, où Marie Pierre et Sylvain nous attendent.
Nous ne pouvons pas passer la belle église romane de Beauzac sans aller la voir de plus près. Son "clocher peigne" et ses "cloches au vent" attirent vraiment l'attention.


Mais son trésor est mieux caché ! C'est une crypte, rare dans cette région aux confins du Velay et du Forez, découverte en 1847. Elle semble être une chapelle souterraine des premiers siècles du christianisme, caveau  que l'on construisait autour des reliques d'un saint dont le tombeau constituait l'autel.


Une partie des remparts du village subsiste, et il semble qu'il présente encore quelques richesses qui mériteraient, avec toute la région une étape plus longue que celle que nous allons faire.
C'est depuis la maison de nos hôtes, perchée au sommet d'une colline que nous découvrons les gorges de la Loire.
Quelle vue plongeante sur ce qui est déjà un large ruisseau. C'est là que les riverains se sont battus contre les pouvoirs publics pour préserver leur fleuve ... Ils avaient bien raison.
Nuit bien tranquille sur le "pré communal" où nous ont mené Marie Pierre et Sylvain.

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