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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 20:49
Frise 5 182Dimanche 9 Août 2009
Nous nous sommes fixés deux villes de la "route romane d'Auvergne" pour aujourd'hui : la découverte de Blesle et un retour à Issoire.
Mais pas avant d'être retournés au village d'Azerat pour découvrir son église. Le village est tranquille, tout le monde a dû fêter l'ouverture du restaurant ! Nous apercevons seulement la dame qui devait nous ouvrir la porte.
La porte et son encadrement sont tous simples. Deux représentations à la base de l'arceau : un diable cornu qui crache des flammes à gauche, et une femme avec deux serpents à droite. Je ne suis pas sûre que ce soit l'image de la luxure mais quelle qu'elle soit, elle ne doit pas être très positive ... Mais que font-ils à la porte de l'église ces deux personnages ? link
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Azérat est un tout petit village, et la richesse de son église surprend ! Des grisailles soulignent les voutes et les piliers ; alors que les ouvertures du choeur le sont par des guirlandes de fleurs rouges. Des fresques du 14ème siècle recouvrent certains murs. Encore une église dépendant de la Chaise Dieu que les artistes du Palais des Papes ornaient avec un luxe digne d' Avignon ! Elles sont arrivées en assez bon état jusqu'à nous. Clément VI faisait les choses en grand seigneur ! link
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Un commentaire éclairé de cette visite aurait été très agréable. Peut-être une autre fois !
Nous suivons la vallée de l'Alagnon pour arriver à Blesle sous une petite pluie fine et un ciel très gris. Les vieilles pierres du village sont tristounettes et les rues presque désertes. Nous remarquons que ce "beau village de France" a dû connaître des périodes de faste. Les pensionnaires de l'abbatiale devaient posséder au minimum quatre quartiers de noblesse pour être admises. Et les dames qui dirigeaient cette institution habitaient dans des demeures indépendantes dignes de leur rang. On en compte quatorze dans le village ! Le clocher Saint Michel, l'abbatiale, la tour de l'hôtel Mercoeur, des portes et des maisons anciennes témoignent de l'opulence passée. link.
Au 16ème siècle un hôpital a été ouvert, qui servait aussi d'étape aux pèlerins de Saint Jacques. La porte est surmontée d'un blason portant trois coquilles.
Dans une rue juste à côté une maison est décorée de façon originale :
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Les propriétaires ont-ils racheté tous ces accessoires devenus inutiles à la fermeture de l'hôpital ?

Nous reprenons la route vers le nord. La vallée de l'Allier devient large autour d'Issoire. Nous aurions dû faire le tour de la ville, très fleurie à pied. Mais le temps ne s'y prête pas. Nous allons directement vers Saint Austremoine. Un parking juste à côté n'est pas interdit aux camping-cars. Presque en centre ville c'est rare, surtout juste devant le musée !
Nous avions été émerveillés lors de notre première visite par cette église, l'une des "cinq  romanes majeures" d'Auvergne (Orcival, Notre Dame du Port à Clermond-Ferrand, Saint  Nectaire et Saint Saturnin étant les autres). Elles furent construites dans un style défini par les bénédictins de la Chaise-Dieu et présentent encore de nombreuses caractéristiques communes : le chevet en "pyramide auvergnate" à la décoration riche et élégante,
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une nef sobre qui conduit à un choeur beaucoup plus riche entouré  de piliers aux chapiteaux historiés.
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J'ai trouvé un diaporama qui permet une visite magnifique de ce monument, avec la musique appropriée et le soleil qui joue sur les vitraux ! Régalez-vous aussi et remercions Mr. Francis Demange, son auteur qui en a mis beaucoup d'autres en ligne ... link   ( Enregistrez et exécutez aussi souvent qu'il le faut, haussez le son : c'est un peu long à charger, mais on ne regrette pas d'avoir attendu !)
Ce qui surprend beaucoup ici ce sont les couleurs des piliers. Restaurés au 19ème siècle ils seraient aux couleurs d'origine ... Anatole Dauvergne, le peintre à qui nous devons cette restauration, était un proche de Viollet le Duc ... ils ont probablement subi les mêmes influences. Leur travail est aujourd'hui parfaitement reconnu et protégé.
Nous avons eu une bien agréable surprise dans la salle d'accueil. Un vieux meuble de sacristie a été retiré, ce qui a permis de découvrir une fresque du 14ème siècle : une résurrection des morts et un jugement dernier particulièrement bien conservés, enfouis qu'ils étaient derrière les boiseries !
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La crypte renferme un petit trésor : la châsse d'Austremoine en émaux de Limoges du 13ème siècle.
Tout dans cette abbatiale remplit de bonheur !
Et comme nous n'avions pas envie de nous en priver nous avons passé la nuit sur ce parking, sous la protection de ce saint évangélisateur de l'Auvergne au 3ème siècle, et sous les lumières qui permettent d'admirer la perfection du
chevet de l'église élevée en son souvenir.
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Published by Camille et Pierrette - dans Voyages familiaux
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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 18:13
frise 4 149Samedi 8 Août 2009.
C'est jour de marché à Brioude le samedi, et il attire beaucoup de monde. Dès que nous atteignons la ville haute les étals nous proposent toutes sortes de marchandises. C'est plein de couleurs, de senteurs, d'appels, de rires ... Nous allons jusqu'à l'Hôtel de la dentelle pour voir qu'il n'ouvre que l'après-midi ce jour là. Dommage pour nous car le corselet dans la vitrine nous laisse supposer qu'il y a quelques pièces somptueuses ... Notre matinée est consacrée à l'activité marchande comme celle des Brioudois ! Nous échangeons quelques mots ici et là, et discutons un petit moment avec un monsieur de 85 ans qui vient chaque semaine vendre la production de son jardin, et sûrement de quelques champs qu'il travaille encore. C'est son lien social, et aussi l'activité qui le maintient très en grande forme.
Le moment de quitter le parking où nous sommes depuis la veille est un peu délicat : nombreux sont les automobilistes qui cherchent une place, et un peu moins ceux qui veulent partir ... Se "faufiler" avec le camping-car demande une certaine adresse.
Découverte indispensable du jour, Lavaudieu et son abbaye ! La documentation trouvée à l'office de tourisme est irrésistible. Nous retournons dans la vallée de la Sénioure pour trouver ce village ancien perché au dessus de jardins potagers magnifiques.
rd09 08 08 142Portes fortifiées du 12ème siècle, ruelles pavées de galets, placettes fleuries qui occupent l'emplacement de bâtiments ruinés, pont du 15ème, Lavaudieu mérite bien sa qualification de "Plus beau village de France".
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Mais son trésor est caché derrière une longue façade de pierres, c'est son abbaye. Fondée comme la Chaise Dieu (de Casa Déï, la maison de Dieu) l'abbaye de Lavaudieu (la vallée de Dieu) a été fondée par Robert de Thurlange au 11ème siècle pour des femmes et occupée jusqu'à la révolution par des bénédictines. Les activités qu'elles pratiquaient étaient la prière, l'éducation des jeunes filles, la broderie et le jardinage.
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Le cloître est le seul de toute l'Auvergne romane qui soit arrivé jusqu'à nous. Les chapiteaux sont ornés de feuillage, d'animaux tel ce lion à la crinière frisée. Il faut garder en tête qu'en général les sculpteurs n'avaient jamais vus les sujets qu'ils représentaient, sirènes, anges, licorne ou lion ...
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Nous prenons le temps de flâner en regardant ces réalisations naïves et superbes.
C'est également assez rare de voir un deuxième étage de cloître quasiment intact ...

Le réfectoire est également fort intéressant. Une grande fresque du 12ème siècle représente non seulement Jésus en majesté, mais également Marie en majesté ! Je crois que c'est assez rare.
rd09 08 08 159Au dessus du passe-plats un buste baroque de Dieu le père nous le montre joyeux et plein de bienveillance ...
L'église aussi est décorée de peintures murales du 14ème siècle. Ce sont les mêmes artistes qui ont décoré l'abbaye de la Chaise-Dieu et toutes celles qui en dépendaient. On y trouve donc non seulement la même facture, mais aussi la même richesse.
Le "Christ de Lavaudieu" dont la tête est accrochée sur un pilier de la nef est miraculeux et son histoire est étrange. Un panneau nous la raconte : "Reproduction du "Christ de Lavaudieu"
L'original est au Musée du Louvre, salle du Moyen Âge.
Il s'agissait d'un Christ de grande taille en bois de peuplier peint, du 12ème siècle. Vénéré par les moniales qui obtinrent de Lui des grâces insignes, il fut décapité au 16ème siècle au cours des guerres de religion.
Par la suite les religieuses placèrent la tête à côté du tronc et les faits miraculeux se reproduisirent.
A la Révolution, la statue fut définitivement séparée et vendue par les premiers occupants du cloître ! la tête, achetée par un collectionneur, Monsieur Doucet, fut donnée par lui au Musée du Louvre ; le tronc se trouve actuellement au Musée des cloîtres de New York, où des miracles furent à nouveau signalés en 1955.
Simone Bouchet, artiste valdéenne, a sculpté la présente reproduction dans le frêne après étude sur place au Musée du Louvre. Elle en a fait don à l'église Saint André."
Avez-vous remarqué le clocher tronqué ? Il est coiffé d'un bonnet frigien au lieu du coq, rappel de Saint Pierre ... Encore des souvenirs de la Révolution ! link
De l'autre côté de la place la Maison des Arts et Traditions présente un four de boulanger et de nombreux objets de la vie paysanne et artisanale locale.

Nous rejoignons la vallée de l'Allier pour arriver à Auzon, une des "bonnes villes" du roi Philippe Auguste. Ancienne ville royale, ancienne ville viticole, ancienne région de production du chanvre, ancienne ville minière, on ne peut que penser en traversant le bourg au pied de la montagne que ce n'est plus la ville de rien. Boutiques et maisons fermées, elle semble un peu dévastée. Mais ce qui nous a amenés à nous arrêter se trouve au sommet de la colline. C'est là que l'ancienne cité fortifiée se trouvait. Nous grimpons un chemin qui dut être une belle voie d'accès lorsqu'on arrivait ici à cheval, traversons une porte fortifiée pour entrer dans la citadelle et arrivons au pied de l'église.
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Construite au 12ème siècle, c'est une émanation de la Chaise Dieu. Elle a un grand porche latéral que l'on nommait "ganivelle" soutenu par des piliers aux chapiteaux historiés. Avez-vous déjà vu une si charmante scène de la nativité ?  Joseph tient la main de Marie !

rd09 08 08 166 Une dame attend les visiteurs dans l'église pour nous en montrer les trésors. Le Christ en bois polychrome en est la pièce maîtresse. Il provient des ateliers royaux de l' école d'Auzon, tout comme celui de Lavaudieu. Ces christs en croix sont les premiers de ce type en France. Auparavant la crucifixion était représentée par un agneau sur la croix ou une couronne. Ils sont sereins, les bras ont un mouvement d'accueil : les représentations négatives sont rejetées.
Notre guide est une bénévole passionnante et passionnée, nouvelle habitante d'Auzon ; elle fait partie d'une association qui cherche à redynamiser le village. Un écomusée rassemble les pièces qui témoignent des différents passés de la ville. link
Elle nous recommande la visite de l'église d'Azérat qui a une forte identité.
Fermée l'église quand nous arrivons : il y a une manifestation au village qui attire tous les habitants. Nous rencontrons M. le Maire qui nous recommande d'aller passer la nuit sur la prairie dommunale au bord de l'Allier. Loin de la route, c'est une agréable étape.
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 17:34
7 Août 2009.Nous venons d'arriver à Brioude, étape idéale très accueillante pour les camping-caristes et au patrimoine si riche ...
Mais nous nous étions quittés dans le pré communal de Bas en Basset. Et si on reprenait là ?
Délicieux petit déjeuner avec Marie Pierre et Sylvain. Vraiment, merci pour votre accueil !
Suivi d'une ascension jusqu'au château de Bas en Basset juste en face, qui domine la plaine, parfaitement en vue, de nuit comme de jour. Jolie promenade jusqu'au chantier de jeunesse et lieu d'accueil.


Nous continuons par des petites routes, et nous laissons souvent distraire par des indications tentatrices. Ici le village médiéval de Chalencon


et le pont roman du 12ème siècle dit "du diable" qui n'est qu'à 35 minutes de marche ! Mais sous un soleil de plomb. Nombreux sont les baigneurs dans la rivière enjambée par le vieux pont qui ne paraît pas si diabolique vu d'en bas en ce jour d'étiage.


Tiens, il y a aussi une route sur l'autre rive, ce qui explique que tant de maisons sont restaurées et habitées autour du château et de son église.
Nous faisons le tour de Craponne sur Arzon très animé ... et nous rendons compte que la plupart des personnes rencontrées reviennent d'un enterrement .... Nombreux sont les commerces de toute sorte, définitivement fermés dès que l'on quitte la rue principale. Encore un coeur de village d'où l'activité s'est retirée ...
Nous avons repéré sur l'annuaire de France-Passion qu'un distillateur d'herbes médicinales et aromatiques, M. Christian Nugier à Cheyrac y est inscrit. Nous pourrions faire étape ici, sur ce haut plateau un peu loin de tout.
Notre repas du soir est une spécialité du Velay : pommes de terre à l'eau avec du "sarasson". C'est un fromage blanc de vache, très granuleux, auquel on ajoute du sel, du poivre et de l'ail. Frugal et agréable !
Il fait très chaud en ce début de nuit, à 1000 mètres d'altitude, les nuages roulent autour de nous et le tonnerre gronde : voici une nuit d'orage.


M. Nugier cultive aussi les plantes qu'il travaille, sur les terres du village, loin de la pollution des plaines.. Pour la distillation des capucines prévue aujourd'hui, Il est aidé par un stagiaire formé dans une école du sud de la Drôme ; à l'évocation de quelques grands labos drômois, on sent une irritation prête à surgir.


La serre voisine est tenue par Mme Véronique Gras qui y cultive et reproduit des herbes aux nombreuses vertus. Elle nous consacre tout le temps nécessaire à la visite de son installation et des quelques plantes qui lui restent, si tard dans la saison. J'ai retenu que l'angélique est bonne pour le sommeil, en huile essentielle, pas en tiges confites !


Il pleut encore beaucoup sur le village voisin, Saint Victor sur Arlan. Aussi notre tour de l'église romane du 9ème siècle est-il très rapide. Et c'est bien dommage car elle est très singulière cette rustique église fortifiée entourée de brumes qui montent des vallons voisins.
Et maintenant cap sur la Chaise Dieu un peu triste sous la pluie. Nous limitons notre visite au jeu d'orgues,


au cloître très démoli et à la petite salle dite de l'écho, ou salle de confession des lépreux. Est-ce vraiment le rôle qu'a tenu cette pièce dont les voûtes portent parfaitement les chuchotements de l'autre côté de la salle ?




Pour nous c'est un mystère de l'acoustique, pour les spécialistes du monde entier on se sert de certaines courbes depuis des siècles pour acheminer les sons. Nous avons même entendu des chuchotements de part et d'autre d'un barrage hydro-électrique dans l'arrière pays d'Adélaïde  et l'avons relaté dans nos articles australiens de 2006.

Outre les vierges à l'enfant enchassées dans les murs des maisons, la ville regorge de marchands de souvenirs déjà mille fois vus, d'artisans et de chantiers. L'Europe déverse encore quelques financements sur ces grands sites chargés d'histoire et que des manifestations au large retentissement ont réveillés depuis déjà longtemps.



Nous suivons maintenant la vallée de la Senouire dans l'intention d' atteindre Brioude ce soir. Les arbres s'égouttent, les brumes remontent de la rivière, et s'effilochent en fin lambeaux. La route est toute petite, sinueuse et il faut être très attentif. Heureusement les voitures sont rares.


Un panneau mentionne pour la route à gauche "Chavagnac-Lafayette". Nous nous regardons. Lafayette, celui de l'Amérique ? Oui ! Un moment de grande histoire nous éloigne vers le sud de Brioude.


Nous sommes accueillis au château par une dame qui en connait toute l'histoire ainsi que celle de Lafayette !

Elle vit ici depuis toujours , sollicite les questions et est ravie d'y répondre. Un peu de grande histoire dans ce château qui a appartenu pendant longtemps à l'Association américaine des Amis de Lafayette. Mais la crise passant par là, il a été remis au département très récemment. Dans le jardin les drapeaux français et américains flottent au vent.
Enfance heureuse et choyée du petit garçon entouré de sa mère, ses tantes, ses grands-mères. Mariage heureux. Voyages en Amérique pour aider les colons à se débarrasser du joug anglais. Départ de la Gironde, de Rochefort, de Nantes... Et retour embarrassant de ce personnage devenu encombrant en France, et qui va passer quelques années en prison ... Nous allons garder nos questions pour plus tard, c'est l'heure de la visite.
Dommage, elle est entièrement électronique et nous nous ennuyons un peu en franchissant les salons et les grandes salles suivant le rythme que nous impose la sonorisation.
Le jardin est vaste et riche en arbres locaux et américains.


Maintenant direction Brioude, sans musarder. La basilique Saint Julien nous attire en premier chef. "La plus grande église romane d'Auvergne" a changé depuis notre précédent passage.


Aux couleurs des grès roses, rouges et jaunes se sont ajoutées des fresques dont je n'avais aucun souvenir. En particulier dans la chapelle Saint Michel, au dessus du narthex, un jugement dernier est riche de rouges, bleus et verts qui semblent juste rendus par des restaurateurs de génie. Eh bien non, il n'y a pas eu de restauration de fresques, le changement de perception provient des nouveaux vitraux. En 2008 ceux du moine dominicain-artiste verrier Kim En Joong ont remplacé les anciens vitraux ternes. link


La recherche d'harmonie entre les couleurs des sols, des murs, des fresques change tout dans cet édifice qui était déjà exceptionnel !

l'église de Brioude mérite bien le qualiticatif de "romane auvergnate essentielle" comme celles de Saint Nectaire, d'Orcival, d'Issoire et de Clermont-Ferrand (nous reste à découvrir la dernière, mais nous revoyons avec tellement de plaisir les autres ...) link




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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 22:00
5 Août 2009
Dès que notre installation internet a fonctionné normalement lundi 3, nous sommes partis pour le Périgord, par le chemin des écoliers et à un rythme de sénateurs.
Notre première étape entre le Rhône et la Loire a été le parc du Pilat que nous avions traversé par la route nationale du Col de la République, il y a longtemps.
La Croix de Chaubouret est un endroit qui plaît à Camille. Il attire beaucoup de randonneurs en été, mais l'affluence des skieurs de fond doit être bien supérieure.
Les chemins de randonnée dans la forêt sont nombreux et fleuris de lamiers blancs, de digitales et d'impatiences. Nous terminons notre tour par la colline qui surplombe le Bessat. Une madone juchée au sommet d'une haute pyramide domine toute la région. L'histoire en est surprenante. En 1811 un monument fut érigé en l'honneur du Roi de Rome ; il consistait en un piédestal de six mètres de haut surmonté d'une pyramide supportant une sphère de pierre de trois mètres de diamètre. En 1856 changement de forme et de destination. La pyramide actuelle est élevée en l'honneur du Prince Impérial, fils de Napoléon III ! Ce n'est qu'en 1862 qu'une statue de la Vierge est élevée au sommet et devient la Madone du Prince Impérial.
En 1989 à l'initiative des Amitiés Internationales Napoléoniennes le monument fut restauré, la plaque commémorative posée, tout ça financé par le Conseil Général de la Loire. Je n'aurais jamais pensé qu'elle ait eu une histoire aussi "riche" encore de nos jours.
Nous nous sommes rapprochés d'un des points culminants pour déjeuner, le Crêt de la Perdrix. Des gens passent à côté de nous munis de seaux, de boîtes, de bottes, de gants de ménage et de peignes à myrtilles. D'après ce que les seaux ont l'air de peser, ils ont dû en ramasser beaucoup ! Encore et encore des ramasseurs dont la récolte semble aussi fructueuse. Et tant d'autres qui partent à la cueillette ... Il y en aurait pour tous ? Alors pourquoi pas pour nous ? Et sans aller bien loin nous les découvrons qui se partagent la lande avec de la bruyère. Une heure nous est nécessaire pour remplir une boite. Il faut être vertueux pour en remplir des seaux ! Notre récolte agrémentera nos futurs petits déjeuners.
Avant la fin du jour, nous avons le temps de découvrir Monistrol sur Loire et son quartier "du château" par opposition avec "la ville" qui s'étend autour de l'église.




C'est la deuxième ville du département de la Haute-Loire, et sa population est en pleine croissance. Nous visiterons demain le château que les évêques du Puy ont eu ici de 1270 à la Révolution ; et passons la nuit sur une place tout près de la gendarmerie. Elle aurait pu être plus tranquille si nous étions allés vers la piscine ...
Les Gorges de Bilhard sont le prétexte de notre promenade du mercredi matin. Juste au pied de la ville, et pourtant en pleine campagne sauvage  nous suivons le cours d'un ruisseau, découvrons les ruines de deux moulins, des rochers en marmites, des cuvettes propices à la baignade ...


et remontons par les ruelles qui ont si peu changé depuis les 16ème ou 17ème siècles jusqu'au château pour une visite de cette ancienne résidence épiscopale et des collections du musée.


Il fait très chaud et essayons de trouver un peu de fraîcheur au bord du fleuve, en suivant le panneau "Gorges de la Loire". A Retournac les rives sont aménagées pour les familles. Pêcheurs à la ligne, cavaliers qui attendent que la chaleur du jour diminue un peu, enfants qui se baignent, il ne manquait plus que nous qui serons les lecteurs à l'ombre des peupliers ! Quant aux gorges, il faudrait aller plus loin pour les trouver ... Trop loin de notre objectif qui est le haut de Bas en Basset, où Marie Pierre et Sylvain nous attendent.
Nous ne pouvons pas passer la belle église romane de Beauzac sans aller la voir de plus près. Son "clocher peigne" et ses "cloches au vent" attirent vraiment l'attention.


Mais son trésor est mieux caché ! C'est une crypte, rare dans cette région aux confins du Velay et du Forez, découverte en 1847. Elle semble être une chapelle souterraine des premiers siècles du christianisme, caveau  que l'on construisait autour des reliques d'un saint dont le tombeau constituait l'autel.


Une partie des remparts du village subsiste, et il semble qu'il présente encore quelques richesses qui mériteraient, avec toute la région une étape plus longue que celle que nous allons faire.
C'est depuis la maison de nos hôtes, perchée au sommet d'une colline que nous découvrons les gorges de la Loire.
Quelle vue plongeante sur ce qui est déjà un large ruisseau. C'est là que les riverains se sont battus contre les pouvoirs publics pour préserver leur fleuve ... Ils avaient bien raison.
Nuit bien tranquille sur le "pré communal" où nous ont mené Marie Pierre et Sylvain.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:05
Samedi 1er juillet 2009.
La cousinade du 16 août en Périgord va être prétexte à une traversée touristique de l'Auvergne en 15 jours. Mais nous ne pouvons pas partir tout de suite : nous avons rendez-vous avec un technicien de France-Télécom pour essayer de résoudre notre problème d'accès à internet qui fonctionne de plus en plus mal depuis trois mois. Tellement mal que nous n'avons plus rien ; ni internet, ni téléphone 09, ni téléphone filaire ... comment arrivons-nous à vivre dans ce désert technologique ? Bien mal !
Nous attendrons le moment de l'intervention en allant dans le Vercors, dans la région de Léoncel et du Roc de Toulaud. Nous pourrons ainsi vérifier que le camping-car est prêt pour notre sortie d'été.
Après une nuit d'orage et de pluie le jour se lève dans la brume. Des nuages s'effilochent autour du sommet du Roc de Toulaud ;


alors que la vallée d'Omblèze est presque redevenue claire.


Toutefois le vent pousse des flocons de brume depuis la vallée de la Drôme et les fait remonter jusqu'aux crêtes que nous suivons.


Les troupeaux de moutons sont réfugiés sous les arbres, gardés par des patous dont les aboiements ne sont pas particulièrement sympathiques. Heureusement que les clotures électriques laisse chacun dans son domaine, sinon nous ferions demi-tour !
Presque toutes les fleurs sont fanées depuis longtemps, et bientôt les gros chardons du Vercors vont éclore. Les gros boutons au ras du sol sont abondants.


Nous allons écouter dans l'après-midi "le petit choeur" de la chorale des Deux Vallées qui donne un concert avec un groupe du sud de l'Allemagne dans l'église de Léoncel. Camille qui a chanté durant quelques années avec eux, les retrouve toujours avec plaisir. C'est fête ce dimanche à l'abbaye, de nombreux artisants proposent leurs ouvrages, et la ferme ses bleus de Sassenage ou du Vercors, issus des vaches qui paissent tout près. Elles sont de la variété bien répandue en 2009 : de celle qui n'a plus de cornes ! Ces animaux sont-ils devenus si agressifs qu'il faille les leur couper pour diminuer les accidents ?


Nous remontons passer la nuit dans la forêt proche du Grand Echaillon. Nous avons un peu de mal à distinguer les appels des oiseaux voisins de ceux du lac "des Invasions barbares" film que nous regardons ce soir !


Notre réveil est très agréable au milieu d'une forêt très fleurie de sèneçons de Fuchs et d'ombellifères (non identifiées).
Il est temps de redescendre à Montmeyran pour résoudre notre problème !
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 09:17
Mardi 28 juillet 2008.
Il fait chaud, très chaud même depuis quelques jours, et c'est ainsi que nous ne nous retrouvons qu'à  3 prêts à marcher : Serge, Camille et moi. Retour à la maison pour chercher dans nos cartes une randonnée appropriée à la chaleur, et dans un endroit que nous connaissons un peu.
Entre Bourdeaux et Crupies, au départ des Valentins l'itinéraire 79 vers la chapelle Saint Jean nous semble convenir : 6 kilomètres avec un dénivelé maximum de 350 mètres.
Après avoir quitté la route nous devons passer un ruisseau à guet, la passerelle à côté etant privée.


Nous atteignons des collines calcaires boisées et sûrement assez sèches : les arbres, chènes et pins sont petits et voisinent avec des buissons épineux. La vue se dégage sur une petite plaine  au pied de la montagne Couspeau


dont le sommet paraît tout dénudé, ou au moins très sec.

Quelques hameaux et des maisons isolées sont dispersés sur les pentes autour de nous. De temps en temps nous suivons un bout de route goudronnée sans ombre. Ce n'est jamais très apprécié des randonneurs, et aujourd'hui encore moins avec la temprérature que nous avons.
Ombelles et chardons bleus sont visités par des insectes divers, dont un qui ressemble à une brindille. Serge est un amateur de botanique passionné, et j'apprends toujours beaucoup à côté de lui.
Nous avons traversé le lit d'un oued, puis avons perdu le chemin. Revenus sur nos pas pour vérifier que c'est bien un chemin, et avons à nouveau pénétré dans des taillis. La route passe au dessus ! Donc nous ne sommes pas perdus, nous devons la rejoindre en contournant autant que faire se peut les buissons. Nous ressortons sur un flanc plus vert, des forêts occupent les sommets, et des troupeaux les prairies.


Et finalement les routes, lorsque nous avons perdu l'itinéraire, ce n'est pas si mal à suivre, il suffit de prendre la direction de la chapelle que nous avons aperçue il y a déjà longtemps ! C'est ainsi que nous retrouvons les marques "79" et bientôt la chapelle au milieu des prairies.


 Des concerts y ont régulièrement lieu ; Camille est venu chanter ici lorsqu'il participait à la chorale des Deux Vallées, de Crest . Mais nous l'avions découverte lors d'une soirée du Festival de Bourdeaux quelques années auparavant alors que nous avions écouté, allongés dans une prairie voisine, un conteur nous enchanter la nuit étoilée.
Des panneaux didactiques nous donnent tous les renseignements souhaités sur cette petite merveille de l'art roman drômois qui reste malheureusement fermée en dehors des quelques concerts qui y sont donnés.
Retour vers les Valentins par une colline qui nous donne une perspective différente du Couspeau. Quelle surprise de découvrir entre les bosquets, une ancienne carrière transformée en circuit pour engins motorisés !
L'itinéraire 79 se termine par un bout de route que nous avons rejoint à grande vitesse par l'arrête grise qui ressemble à celle d'une dune, plus solide !

Il est encore très tôt alors nous décidons de montrer l'église de Comps à Serge qui ne la connait pas encore. Une autre des merveilles drômoises romanes, que l'on voit de loin, alors qu'on se dirige vers Dieulefit depuis Bourdeau. Comps semble un étrange village, dont le visiteur pressé ne voit que le château, l'école et l'église chacun sur sa colline.

Il faudra envisager quelques randonnées ici pour que nous apprenions à mieux connaître cette commune et ses particularités.
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Published by Camille et Pierrette - dans Randonnées
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 18:18
Lundi 20 juillet - Marie Josephe Jude, piano et Nicolas Dautricourt, violon
En cette chaude journée d'été rejoindre Nyons est une promenade bien agréable : la Drôme sent la lavande depuis Montmeyran, jusqu'au sud. L'éclat du bleu des fleurs s'était fané depuis quelques jours ; le moment de la moisson est arrivé ; les tracteurs emportent  la récolte à la distillerie en laissant un sillage parfumé. Sous peu de jours il ne restera que les boules rondes des pieds dans les champs.
Avec le mont Ventoux et sa cime calcaire désolée en toile de fond, les bois de chênes verts, les truffières, les vergers d'abricotiers et les vignes se partagent les vallées au pied des collines et des villages perchés de pierre blanchie par le soleil : Taulignan et ses remparts, Rousset, Venterol et nous arrivons à Nyons très animé ce soir. C'est la fête, dont le concert qui nous a amenés est une des facettes.

Le public du festival va retrouver une de ses artistes favorites : Marie Josephe Jude vient pour la 8ème fois ! Au programme des sonates de Haydn et Mozart.qu'elle interprètera en duo avec Nicolas Dautricourt. Ils ont passé tout l'après-midi en répétition et mise au point, dans l'église un peu triste, un peu trop grise et renfemée.
Nous apprenons avec plaisir à l'ouverture du concert qu'elle sera rénovée durant le prochain automne, les éclairages refaits ... Ainsi pensons-nous revenir avec encore plus de plaisir l'année prochaine.

Changements dans le programme. Les mêmes oeuvres, mais dans un ordre différent annoncé par Nicolas Dautricourt :
- première partie : Sonate en fa majeur KV 377 de Mozart, Sonate n°8 en sol majeur de Haydn ;
- deuxième partie : Sonate en mi majeur KV 304, puis Sonate en si bémol majeur KV 454 de Mozart.


Une grande respiration profonde de Nicolas Dautricourt avec un ample mouvement du bras pour positionner son archer, un large sourire de connivence de Marie Josephe Jude et ils attaquent les mouvements, nous entraînant dans des duos parfaits :  conciliabules,  conversations, choeurs des deux instruments : c'est un enchantement !
Encore une fois le public est ravi !


Un petit temps de repos pour les artistes qui ont eu si chaud, même le violon semblait transpirer ! Le bébé que va avoir Marie Josephe Jude dans un mois a bien mérité lui aussi ces quelques minutes de calme avant la séance de dédicace des disques !


C'était le dernier concert de la saison. Henry Fuoc nous a donné rendez-vous pour l'année prochaine. Mais demain et dans les jours qui viennent nous allons nous sentir un peu dépourvus ...
Nous repenserons avec plaisir aux soirées musicales si heureuses. Car ce fut un magnifique festival. Deux critiques ont cru devoir faire les difficiles ... Fazil Say a ses détracteurs, on le sait. Ca ne changera pas le sentiment de ceux qui l'aiment, même de ceux qui doivent fermer les yeux pour rester à l'écoute ! Et qu'un Parisien soit bienveillant et aussi  condescendant pour le concert dans la fôret, ça ne reflète qu'un son sentiment. Le public fut heureux, encore plus là qu'ailleurs ?
Henry Fuoc a beaucoup remercié l'état, les collectivités publiques, les sponsors, les villes d'accueil sans lesquels le festival n'aurait pas lieu. Ce n'est sûrement pas que "cuisine interne", comme au 18ème siècle la musique ne pourrait pas vivre sans eux !
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 07:40
Dimanche 19 Juillet 2009 - Philippe Bernold & friends : Claire Désert (piano), Olivier Charlier (violon), Gérard Caussé (alto), Marc Coppey (violoncelle)
Tous les ans nous avons le plaisir d'écouter Philippe Bernold et quelques uns de ses amis dans des formations tout à fait éphémères, ce qui ajoute à la saveur de ces concerts ! Et ça nous permet de retrouver une fois par an le merveilleux flûtiste que nous avons découvert il y a plus de 25 ans, pas bien longtemps après notre arrivée dans la Drôme, alors qu'Edith Klein était directrice du théâtre de Valence et programmait régulièrement des interprètes de réputation internationale ... Oh ! les souvenirs que nous avons engrangés !

Philippe Bernold qui participe tous les ans, depuis la fondation du festival, en tant que directeur artistique et en tant qu'interprète nous confie ce soir qu'une formation de chambre c'est toujours un groupe d'amis et ne peut bien fonctionner que sur la base de l'amitié. D'ailleurs Titouan, l'un des plus jeunes spectateurs nous dira en fin de concert qu'il a bien remarqué  les signes, les sourires et les grimaces complices qu'échangeaient les musiciens !
Le programme permettait de nombreuses combinaisons de formations : nous avons pu écouter Claire Désert, Marc Coppey et Philippe Bernold dans le le Trio Hob XV 15 de Haydn,
puis exclusivement des oeuvres de Mozart :
tout le monde dans l'Adagio et Rondo KV 617

à quatre, violon, alto, violoncelle et flûte dans le quatuor en ré majeur avec flûte KV 285,
à trois dans le Trio des quilles pour violon, alto et piano en mi bémol majeur KV 498,


en duo : Duo n° 1 en sol majeur pour violon et alto KV 423


à la si belle histoire : W A Mozart l'a composé en 1783 pour aider son ami Michael Haydn malade  et jouer un bon tour à l'archevêque Colloredo. Il le signe du nom de son ami, et ce n'est qu'après la mort en 1792 de Mozart qu'il est publié sous le nom de son vrai compositeur ... Philippe Andriot raconte de façon touchante cette anecdote dans le programme.
Tout le monde revient sur scène pour l'arrangement par CFG Schwencke de la Gran Partita en Quintette pour piano, flûte, violon, alto et violoncelle. Magnigique. Plaisir du public et des musiciens. Applaudissements chaleureux ... et fleurs pour Claire Désert.


Ce soir la durée du programme a été anormalement  longue, pour le plaisir de tout le public, en particulier pour ceux qui n'avaient pas bien vu l'heure du concert, et qui avaient fait presque 200 km pour venir écouter cet ensemble d'un soir avec un peu de retard !
Nous avons eu un merveilleux bis : l'intégralité de l'Adagio et Rondo ! C'est vraiment un beau cadeau que nous ont fait Philippe Bernold et ses amis. Ce n'est pas le public qui a trouvé que ça durait trop ...

Réunion impromptue des Directeurs artistiques, Philippe Bernold et Philippe Andriot et du Président, Henry Fuoc ? Nous préparent-ils le festival de l'année prochaine ?


alors que devisent Claire Désert et Olivier Charlier qui fut l'ami découvert cette année ... Car tous les ans ou presque Philippe Bernold nous en présente de nouveaux ...


Peut-on dire que nous avons aimé revoir Gérard Caussé et Marc Coppey, sans oublier Claire Désert ?


Décidemment il ne faudra pas nous demander de classer les concerts de la saison ... Ils ont été tous des temps forts !

A ce soir à Nyons avec Marie-Josephe Jude et Nicolas Dautricourt. belle affiche encore pour le concert de clôture !
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 13:12

Mardi 14 Juillet 2009 : l'Académie baroque européenne d'Ambronay, direction Martin Gester
Pour notre plus grand bonheur nous avions rejoint le festival par cette chaude après-midi d'été pour le concert dans la forêt de Saoû.
Cette forêt qui revêt les pentes d'un synclinal perché est un "lieu sensible" pour toutes les organisations et personnes qui l'entourent. Et pour nous c'est un des endroits les plus magiques de la Drôme ... Allez, je vais dévoiler le fond de mon coeur, c'est le nombril du monde ! Regardez le bien, les endroits qui regroupent tant de merveilles sur une si petite surface sont peu nombreux, et sa forme correspond parfaitement à la définition du petit Robert : "cicatrice arrondie formant une petite cavité ..." Faut-il être sur une de ses cimes ou le nez sur une bonne carte pour que se soit évident ?


Aujourd'hui c'est le bel écrin du monde mozartien : le pavillon baroque de l'Auberge des Dauphins (restaurant étoilé du début du 20ème siècle presque en ruine lorsque le département racheta la forêt il y a quelques années) sera un fond de scène parfaitement adapté au concert du jour : un ensemble d'airs qui chantent les relations amoureuses choisis dans les plus célèbres opéras de Mozart.
Nous arrivons juste pour le moment de détente des artistes après une dernière répétition : une heure à l'ombre des grands arbres pour goûter quelques gourmandises locales en discutant. Les mots échangés autour de nous sont anglais, espagnols et français, car l'Académie baroque est un ensemble qui "permet chaque année aux meilleurs jeunes musiciens d'Europe de se fomer et de débuter leur carrière professionnelle". En réalité le recrutement ne se limite pas à l'Europe : quelques Américains du nord et du sud font partie du groupe.
















Atteindre le lieu du concert est un exercice de patience : il a fallu des heures à certains spectateurs pour y arriver. Les écogardes de la forêt ont veillé toute l'après-midi sur l'accès, réservé au public puis guidé les voitures et les spectateurs dans les voies d'accès. Les promeneurs étaient si nombreux aujourd'hui que ça a dû être un exercice délicat ! Les liaisons talkie-walkies ont permis d'attendre que tout le monde soit arrivé avant qu' Henry Fuoc et Didier Guillaume, Président du Conseil Général ouvrent le concert.


Et l'enchantement a commencé ! Heureusement deux oeuvres instrumentales étaient programmées en ouverture, sinon j'aurais un peu négligé l'écoute de l'orchestre éclipsé par les chanteurs. Ils sont tous beaux,  joyeux, talentueux et les chanteurs drôles et bons comédiens. Les airs se succèdent sans coupure, passant des Noces de Figaro à Don Giovanni, Cosi fan tutte, la Flûte enchantée ou l'Enlèvement au Sérail.


L'entr'acte arrive à point  et va permettre à tous de se désaltérer : le Conseil Général offre un cocktail dînatoire ; tout le monde se retrouve autour des plateaux et des flutes de clairette et crémant de Die.

















La prise de photos en cours de concert est réservée aux professionnels, alors je vais voir les musiciens de groupe en groupe ; ils acceptent avec beaucoup de bonne humeur de poser pour moi. Je suis surprise que ce soit si simple et les remercie encore.


La deuxième partie est aussi enlevée que la première. Nous sommes de plus en plus impressionnés par les chanteurs : Marian Krejcik, baryton-basse, Marianna Flores, soprano, Ina Kancheva, soprano (je ne sais pas le nom de la violoniste qui a posé pour cette photo), Soanny Fay, soprano, Fernando Guimaraes, ténor  et Jean Gabriel Saint-Martin, baryton. Leurs belles voix  et leurs jeux  remportent l'enthousiame de tout le public.


C'est encore une fois une ovation qui salue et remercie les artistes. Ils entonnent un "Joyeux Anniversaire" à grande allure, ainsi chanté !
Nous étions très nombreux sous les arbres, 750 auditeurs, les artistes, leur encadrement, FR3, le Conseil Général, les organisateurs, les écogardes, les traiteurs ... tous avaient un sourire radieux et communicatif à la fin de ce concert de si haut niveau. Même les chevaux des gardes, dans la grande prairie où 3500 personnes assistèrent à la grand-messe du festival il y a bien longtemps, riaient, euh, hennissaient de bonheur.  Belle réussite !
Il faudra  faire revenir l'Académie baroque européenne d'Ambronay plus souvent !
Et à dimanche pour le concert de Philippe Bernold & friends à Dieulefit !

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 11:33
Dimanche 12 juillet 2009 : Concert de l'Hostel Dieu et Académie Mozart, direction Franck-Emmanuel Comte
Ensemble prestigieux pour un concert très spirituel dans la cathédrale de Die ce dimanche soir. Ca a dû être encore un grand moment de la saison, mais nous n'y étions pas : nous avons joué sur un autre registre ...
A mardi 14 juillet dans la forêt de Saoû !
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