Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 08:21

12 Aout 2008

Il pleuvait, il pleut, il a plu ... Nous avons conjugué le verbe pleuvoir à tous les modes et à presque tous les temps.

Il avait plu lorsque nous nous sommes réveillés, et le temps était trop gris pour que nous fassions l'excursion du train le plus fameux de Norvège. Seulement le tour de la ville avant de la quitter.

 

Nous avons entendu parler de Chabeuil autour du globe de pierre qui tourne dans un bassin. Incroyable, non ? Et nous connaissions une des personnes de ce groupe de Drômois !

 

Jusqu'au 19ème siècle la façon la plus facile d'atteindre Fläm était le bateau. La ville est située au fond d'un des nombreux fjords, bras latéral du grand Sognfjord. Au début du 20ème siècle alors que le chemin de fer reliait Oslo à Bergen, une ligne a été construite de Myrdal, sur le plateau jusqu'à Fläm. Il parait que c'est une réalisation exceptionnelle, maintenant à vocation essentiellement touristique. Le train est seul à traverser un paysage inoubliable, mais un peu trop cher pour le prendre sous la pluie.

La route qui reliait FLäm à la région de Laerdal, à l'est n'était ouverte que de mi-mai à mi-septembre. Alors le tunnel de 24 km a tout changé pour les habitants. Et à l'ouest il y avait la route de la Poste très escarpée pour aller sur le plateau vers Voss, et de là à Bergen. C'est celle-ci que nous prendrons aujourd'hui, très simplifiée grâce à deux tunnels.

 

Quelques étapes en route. A la sortie du premier tunnel (5 km) nous allons voir la plus petite église de bois-debout, stavkirke, de Norvège, à Undredal.

Il avait tant plu ces derniers jours qu'un glissement de terrain avait obstrué la route, mais était en cours de dégagement lors de notre passage.

 

Nous sommes dans une région célèbre pour l'élevage des chèvres, qui ne doivent pas craindre la pluie : de l'autre côté du ruisseau un troupeau mené par sa bergère.

 

Undredal, village aux maisons de bois multicolores, se groupe autour de sa minuscule église.

 

48 fidèles suffisent à la remplir ! Et il y a de nombreux visiteurs lorsque nous y arrivons. Nous avons le privilège du commentaire en anglais destiné à ce groupe de l'est. 

 

L'assistance était beaucoup plus nombreuse au 12ème siècle, époque de la construction, car l'absence était punie d'une forte amende, et c'est debout qu'on assistait aux offices. Et si le village n'a plus que 75 habitants aujourd'hui (et beaucoup plus de chèvres), la population était beaucoup plus importante à l'époque.

Les peintures murales sont d'origine ; les grandes fenêtres, la chair et l'autel de la Réforme. Nous commençons à savoir notre leçon !

 

Les chèvres ont droit à un monument, elles doivent vraiment faire partie de la vie locale !

 

Le bateau du groupe est encore à quai, sous le pluie drue, comme nous ! Heureusement qu'il nous reste quelques ponchos de la croisière à Ushuaïa ! Ils sont d'une aide précieuse.

 

Nous quittons Undredal après le déjeuner, pour nous diriger vers Naeroyfjord, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Après un tunnel de 11 km nous arrivons à Gudvangen, d'où l'on peut prendre un bateau pour visiter les fjords de la région, et traverser le Sognfjord.

 

Le Routard estime que c'est un des plus beaux itinéraires d'excursion en bâteau, en été sous le soleil. Nous nous contenterons d'un coup d'oeil au village de Naeroy (normalement le e est pris dans le a, et le o est barré !) et au fjord très étroit aux parois verticales. Les eaux sont comme le ciel, grises.

 

Jolie petite église de bois blanc plantée au milieu de son cimetière, et au dessus du fjord. Un bateau passe, avec si peu de voyageurs à l'affut d'images à saisir.

 

Nous commençons à accumuler les prétextes pour revenir, l'excursion sur le Naeroyfjord ensoleillé en est un de plus !

Et maintenant il est temps de poursuivre vers Voss et Bergen. De petites cascades descendent de partout des parois verticales qui longent la vallée. Nous avons l'impression qu'il y a de l'eau partout. Sous toutes ses formes : les océans, les fjords, les lacs, les rivières, les glaciers, et particulièrement aujourd'hui la pluie qui fait la boucle. Partie des océans pour y revenir.

Au fond de la vallée un mur s'élève que l'on peut franchir par la nouvelle route, ou la route de la Poste qui arrive jusqu'à un vieil hôtel au passé illustre. Autour de 1900 l'empereur de Prusse Guillaume II y est venu chaque année pendant 25 ans pour pêcher le saumon. Chacune escalade les flancs d'une gorge au fond de laquelle coule un torrent, qui dégringole du plateau en formant une cascade impétueuse, largement alimentée par la pluie.

 

A gauche, la vieille route et une grande gerbe d'eau, à droite la nouvelle et des embruns. Nous prenons la vieille route, recommandée aux cyclos et aux marcheurs, étroite, en surplomb, et en épingles à cheveux serrées. Et subitement , dans un virage, de l'autre côté du précipice, entourée d'un nuage de bruine apparait celle de droite.

 

Le cri de surprise que j'ai poussé a fait caler Camille, en plein dans ce virage très pentu ... Impossible de repartir sur cette route mouillée. Le moins que nous puissions dire c'est que nous encombrons la circulation, heureusement pas dense. Nous reculons, manoeuvre délicate, pour rejoindre le dévidement qui permet le croisement des véhicules, et aussi pour nous, de faire demi-tour ! Et nous rejoignons un large espace au bord du torrent en bas, face à la ferme qui fut un relais de poste !

 

et face à la vallée que nous avons remontée.

Un thé pour nous réchauffer et nous détendre un peu après ce moment délicat, une bonne partie de dames chinoises que Camille a remportée haut la main, et nous décidons de profiter finalement de cette vallée. Nous nous resterons ici pour la nuit. Et petit tour par le beau chemin qui va vers la cascade de gauche.

 

 

 

 

Elle bondit du haut de la falaise avec puissance, et on distingue nettement des irrégularités de débit surprenantes. La pluie qui s'est enfin arrêtée ne peut se confondre avec les embruns de cette chute d'eau. Je me protège derrière un grand rocher le temps de sécher l'objectif de mon appareil photo et tente à nouveau quelques prises de vue.

Le torrent coule avec la même impétuosité que la cascade ...

La capacité du lit ne nous fait  pas craindre son débordement, et nous avons même des voisins qui se sont installés à côté de nous.

Il n'a pas plu de la nuit, et le lendemain matin le ruisseau semble plus calme.

 

Un retour à la cascade de gauche nous le confirme. Plus d'embruns, nous pouvons contourner le gros rocher, et nous approcher assez près. Nous voyons même une échelle qui permet de s'installer au plus près des saumons sûrement ! Voici son nouvel aspect :

 

 

 

 

Quelques fleurs le long du chemin, dont de belles ombelles.

 

 

Finalement nous avons gagné le plateau par la route de droite. Elle nous a permis juste un coup d'oeil sur la grande cascade dont le débit et la température sont tels que les arbres ne peuvent pas pousser dans un périmètre de 100 mètres (nous n'avons pas vu, c'est un panneau d'informations qui nous l'a appris). Et nous nous engouffrons immédiatement  dans un tunnel d'où nous ne sortons qu'en haut, sur le plateau. Les tunnels doivent nous cacher bien des paysages à grand spectacle ! Encore que celui-ci avait quelques fenêtres ouvertes sur la gorge. Sûrement pas pour admirer le paysage !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 18:41

 

 

 

10 Août 2008

Nous allons continuer notre périple dans la région où les paysages s'accordent avec des superlatifs, l'étape du jour doit nous mener jusqu'à l'église de bois debout de Borgund .

Un dernier regard aux glaciers Briksdalsbreen et Brenndalsbreen qui nous entourent et nous redescendons la vallée jusqu'à Olden. Une bien jolie ferme avec quelques très vieux bâtiments nous retient quelques secondes.

 

Olden a retrouvé son calme et l'église est déserte. Nous en profitons pour en faire le tour. 18ème siècle, et de bien curieux porte-chapeaux le long de la travée de droite, celle des messieurs !

 

 linkWilliam Henry Singer, peintre fortuné, a participé au financement de la route que nous empruntons maintenant le long du Nordfjord jusqu'à Ulvik. Nous continuons plein sud par les routes 60 puis E39 qui traversent des montagnes aménagées pour le ski. Nous apercevons de temps en temps des bras du glacier Jostedalsbreen que nous contournons par l'ouest. Au bord du lac Jolstravatnet un petit panneau nous indique la direction de Astruptuner, le village où avait vécu le peintre Nicolai Astrup (1880-1928) avec sa nombreuse famille

 

Le ramassage de la rhubarbe,

 

ou la réunion d'anniversaire évoque une vie heureuse dans ce village. (Beaucoup de photos de ses tableaux sur link texte en anglais, mais ça ne gêne pas pour regarder !) Nous n'étions pas préparés à cette visite éventuelle, et sommes passés sans détour. Dommage pour nous.

 

Charmant spectacle de la vie rurale régionale : un troupeau de chèvres pas très loin d'un chantier de construction d'un nouveau tunnel.La manne pétrolière qui se déverse depuis 1970 sur la Norvège lui permet de s'équiper de moyens de communication qui l'ont transformée en si peu de décennies.

Un long tunnel (7 km) nous fait passer sous quelques langues de glaciers, et à sa sortie, nous sommes juste en face du Boyabreen.

 

Etape pour aller le voir de plus près celui-ci aussi. Moins de visiteurs qu'hier. Mais au début du 20ème siècle les croisiéristes le fréquentaient, jusqu'à 1000 personnes par jour ! Quelques unes des informations d'un panneau me surprennent beaucoup : "C'est en 1750 que le glacier Josterdalsbreen a atteint sa superficie maximale. A cette période, appelée "petit âge de glace" Boyabreen avançait de 2.4 km de plus dans la vallée et recouvrait de grandes prairies ... Boyabreen fut à son minimum vers 1960. Entre 1968 et 1989 le front du glacier ne bougea pas, mais son épaisseur augmenta considérablement dans les dernières années de cette période. Tôt dans les années 90 le front avança à nouveau, et depuis 1993 le glacier avance de 40 mètres par an."

Je ne suis pas sûre de tout comprendre, car j'imaginerais presque que c'est une bonne nouvelle ...

 

Conscients ou pas, ne boudons pas notre plaisir !

Nous ne nous arrêtons au musée des Glaciers que le temps nécessaire pour constater qu'il n'y a pas de documentation en français, puis poursuivons vers Sogndal par une autoroute à péage (le routard nous en parlait de péage depuis longtemps, et nous n'en avions pas rencontré autant que prévus), quelques tunnels à péage aussi. Et un assez surprenant, des panneaux demandent que l'on réduise la vitesse, et dès que l'on en aperçoit le bout, nous sommes sur le quai du ferry qui va nous faire traverser le Sognefjord ! Effet garanti.

 

Voyez-vous les deux bouches qui s'ouvrent juste au niveau de l'eau, affleurant le fjord ?

 

L'étroite vallée de Laerdal nous mène jusqu'à l'église de bois-debout, la stavkirke de Borgund, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

 

Cette petite église de bois assombri par le goudron végétal qui le protège, ressemble à un jouet de dentelles, avec son toit à trois niveaux, ses clochetons, ses porches, ses galeries, les dragons juchés sur les pignons.

Elle occupe cet endroit depuis huit siècles, au milieu de son cimetière,

 

 

pas toujours semblable : la Réforme avait agrandi les fenêtres, posé des chaires baroques et des stalles de bois peint. Mais l'inscription à l'Unesco ne se fait qu'en contrepartie d'une recherche rigoureuse de l'authenticité : exit les grandes fenêtres, les bancs et les chaires. Il ne reste que les bois debout,

 

la nef vide, les fidèles restaient debout dans les temps reculés, et la structure de bois lustrée par les siècles

 

 

 l'entrée richement décorée, et la porte avec ses serrures du 13ème siècle

 

Encore un tour, rien que pour le plaisir de voir ce chef d'oeuvre miraculeusement arrivé jusqu'à nous. Sur le côté,

 

avec au fond, en rouge la nouvelle église. Encore un coup d'oeil au travers du feuillage de bouleaux,

 

et nous revenons sur nos pas versLaerdal sous la pluie que nous avions presque oubliée pendant notre visite de l'église de Borgund !

C'est une grande journée tunnels. a sensations. Encore un, à péage, et de 24.5 km. Oui, 24.5 km de longueur. Que Camille n'aime pas ça. C'est terriblement long et monotone. Mais curieusement nous apercevons une lueur bleue au loin, qui s'intensifie de plus en plus pour devenir presque surréaliste : au km 6 une vaste place entoure la route, éclairée de façon, normale au sol, et de bleu fluo en hauteur. Est-ce pour tenir l'attention du chauffeur ? C'est presque inquiétant. Au km 12 c'est la même chose en vert mais la surprise est moins intense. Et nous nous demandons de quelle couleur sera le km 18, rose ? Non, il est bleu lui aussi. Et  nous n'avons rien payé !

Nous arrivons à Flam, ville très touristique au fond d'un fjord avec des cascades qui dégringolent des falaises et des visiteurs qui ne flanent pas trop dans les rues. Dans un environnement semblable, trop urbanisé pour le camping sauvage, cherchons le terrain de camping.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 18:52

9 Aout 2008

Nous avions cru hier soir nous arrêter au milieu de nulle part, après avoir roulé pendant des kilomètres sur une route bordée de forêts, avec quelques vaches qui paissaient dans les sous-bois baignés de brume grise, mais ce n'était pas vrai. Nous étions à peu de distance d'une ferme d'où le fermier a rejoint la route vers 22 heures pour héler son troupeau d'un long cri profond qui remplit le crépuscule. Et tant de bêtes sont arrivées, pendant de longues minutes, traversant les routes et convergeant vers l'étable ... Etrange.

il y avait aussi une rivière,  avec une curieuse pierre trouée posée sur le parapet. Une maman dont la petite fille passait au travers de la pierre nous a expliqué qu'elle devait le faire pour être sûre de trouver à se marier !

 

Reprise de la route par un temps encore maussade. Nous allons atteindre la région du plus grand glacier d'Europe, le Jostedalsbreen, et il influence le climat, en favorisant la formation des nuages, et leur précipitation. Pour nous consoler nous nous disons que la brume va bien au paysage de montagnes rondes et douces couvertes de forêts de bouleaux !

 

A Hornindal l'église construit en 1856 nous fait penser que la Norvège a dû être à l'abri du néo-gothique, à moins que ce soit juste après ?

 

Nous longeons le Falesdfjorden, rives vertes, eaux vertes, bouleaux,

 

et apercevons bien avant d'arriver à Olden le paquebot de croisière qui y est amarré ! Finalement, je trouve que c'est une vraie pollution ces bâtiments si gros, qui dominent de si haut les quais. Je ne me sens plus capable de refaire un voyage comme celui que nous avons fait au printemps. Mais il faut avouer que les passagers ont dû faire une étape de rêve pour arriver au fond de ce fjord, si profondément avancé dans les terres.

Pour nous, ce sera moins idéal, avec tous les bus qui doivent promener les 2000 passagers et que nous allons rencontrer sur les routes de la région, peut-être même devrons-nous en croiser ! Nous y avions échappé hier à Geiranger (une documentation touristique sur les mouvements des navires pendant toute l'année nous avait appris que c'était une journée sans paquebot), mais pas aujourd'hui.

 

Nous remontons le cours de la rivière Oldevatn, succession de rapides,

 

de lacs aux rives abruptes

 

ou en prairies avec troupeaux,

 

et villages. C'est somptueux tout ces verts de l'eau, des rives, les montagnes couronnées de névés,  on en aperçoit sur tous les sommets !

 

et enfin nous apercevons un glacier à l'horizon. Un tout petit glacier, dont la tête semble avoir été coupée.

Non, ce n'est pas possible, il n'en est pas là ! C'est notre mire pendant 15 kilomètres. Ouf, nous devinons une gorge au fond, à gauche. Oui, c'est par là, et il se cache encore. Ah ! il ménage bien son effet  le Briksdalsbreen.

Nous laissons le camping-car dans un parking où nous pourrons rester 24 heures et poursuivons à pied. Des milliers de visiteurs se concentrent sur le chemin d'accès. Un ballet de 4x4 emmène ceux qui préfèrent ne pas marcher. Des bus ont déversé des touristes du monde entier ...

 

Enfin le glacier se découpe dans le ciel qui se dégage. Une cascade tonitruante et impétueuse fait diversion pendant une partie de notre marche d'approche,  nous arrose au passage, joue avec le soleil, et ce n'est pas un arc en ciel mais un cercle complet qui donne des couleurs à cette beauté sauvage.

 

En haut, un petit lac vert s'étale au pied du glacier et les rives ressemblent à une plage où se mire la longue langue de glace.

 

La contemplation est un peu difficile avec tout ce monde autour, mais nous essayons d'imprégner nos rétines de toutes ces images avant de redescendre au parking.

 

Nous nous installons pour la nuit. Nous sommes entourés de somptueuses cascades et torrents qui s'élancent, sautent, rebondissent, s'éclatent en nuages de gouttelettes et en grands voiles.

 

Splendide, et dans un vacarme de grosse tempêtes ! Eh oui, toute cette beauté, ce sont les glaciers qui fondent, mais pas sans se plaindre ! Le bruit est à peu près constant, ça va peut-être nous bercer !

 

Promenade du soir dans ce fond de vallée où nous trouvons une vieille maison d'artiste, William Henry Singer, peintre d'origine américaine qui s'installa ici un peu après 1900 et un séjour à Paris puis en Hollande.

 

Héritier de l'immense fortune de son père industriel dans la métallurgie de Pitsburg, il s'établit définitivement dans ce qui est pour lui le paradis : sujet de peinture, et lieu de pêche et de chasse.

 

Lorsque nous nous couchons le bleu des glaciers scintille encore dans le soleil, comme il y a un siècle et peut-être beaucoup plus !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 21:36

8  Août 2008
Depuis quelques mois nous rêvons de l'étape que nous allons parcourir aujourd'hui.


Trollstigen, "le chemin des Trolls", une route ouverte en 1936, qui franchit en 11 virages la paroi au fond de la vallée et nous emmène sur le plateau, à 858 m d'altitude dont voici la représentation.

 Interdite aux caravanes, mais pas aux camping-cars. En cours une superbe cascade, et en haut un belvédère qui permet de voir la vallée. Jusqu'au Isfjord ?

Eh bien, nous ne saurons pas, car tout ce que nous voyons de cette route, dans le matin de brouillard et de fraîcheur où nous sommes, ce sont les digitales et les trois premiers virages, puis plus rien, que du blanc ! Pas la peine de s'arrêter pour l'absence de panorama et regretter le soleil !


Quelques tours de roues plus loin se dessinent les névés là, de l'autre côté du fossé, et des torrents, des lacs, des marécages, des cairns, des tourbières, des fougères, des linaigrettes. La moindre flaque, le moindre filet d'eau, la plus petite fleur, tout est beau d'une beauté sauvage de haut plateau humide. Il y a même la cabane d'un amateur de rando ou de pêche toute seule dans cette immensité. Superbe !


Nouis roulons ainsi pendant des kilomètres, arrivons à un village de chalets avec un superbe grenier classé,
des fleurettes qui ont des allures de gagée, qu'en pensez-vous ?


et de l'autre côté, à la sortie, au fond de la vallée

se blottit sous les arbres, au bord d'une rivière turbulente,

un village de poupées, non, de bergers plutôt avec ses cabanes de couleurs et ses bergeries.


Se serait un excellent endroit de pique-nique, et c'est bientôt l'heure ! Ballade digestive vers l'amont de la rivière Valldola et une chute d'eau qui gronde.

Nouvel arrêt à la cascade Gudbrandsjuvet. Le puissant torrent s'est taillé une voie profonde et étroite entre les rocs. Et une superbe plateforme métallique permet de surplomber, d'enjamber et de faire le tour de cet entonnoir. Je connais de mécano-soudeurs qui auraient aimé la construire cette belle pièce. L'installation a dû en être délicate.

Et après la traversée de cette rude montagne nous avons la surprise d'arriver dans la vallée de Valldalen qui est la plus importante région productrice de fraises de plein champ de Norvège ! Des stands au bord de la route en proposent aux passants. Elles sont délicieusement parfumées ...


Un bac nous fait traverser rapidement le Norddalsfjord, et nous allons rejoindre à 22 km Geiranger et son fjord,

inscrit depuis peu au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous y arrivons de la meilleure façon : par la célèbre route du "Nid d'aigles" qui surplombe de ses 1000 m d'altitude le fjord le plus célèbre de Norvège.


Superbe et vertigineux. Nous descendons très rapidement vers le village si petit en bas, et très fréquenté. Le temps n'est pas aussi maussade que ce matin, mais c'est encore très gris. Nous n'arrivons pas à trouver où passer pour aller sur l'autre rive, et à l'heure qu'il est nous pouvons encore prendre un ferry qui nous amènera à Hellesylt après avoir navigué tout au long de ce fjord.


Juste avant la cascade des Sept Soeurs, dans une prairie en pente presque douce, on aperçoit une ancienne ferme perchée bien haut au-dessus du fjord. Pendant des siècles des familles ont vécu ici ! attachant les jeunes enfants pour qu'ils ne tombent pas à l'eau pendant leurs jeux, descendant ce mur chaque fois qu'il était nécessaire, et pour aller à l'école qu'il fallait atteindre ensuite en ramant, et rentrer de la même façon.

Voilà qui devait former des hommes et des femmes bien trempés et musclés ! Quelle vie terrible ont du avoir les habitants de cette région !

Mais du pont du ferry, on trouve que le paysage défile trop vite et que c'est grandiose ... Vraiment du très grand spectacle !
 

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 12:24

7 Août 2008
Il a plu pendant la nuit, mais pas au point de remplir un peu plus la rivière Surna ! Nuages et soleil nous font un paysage tout gai pour notre départ.

La brume enrubanne et coiffe les collines le long de la route 670.

De belles boites aux lettres nous retiennent quelques minutes (7 semaines, ça permet de prendre le temps de beaucoup regarder le long de l'itinéraire choisi.) ainsi que des vieilles fermes ici et là.

Arrivée au quai de Kvenna pour le bac qui nous menera en quelques minutes à Rykkjem, passage nécessaire pour arriver à la ville toute moderne de Sunndalrosa, tout au fond du Sunndalsfjord. C'est la principale ville de production de l'aluminium. Et c'est toujours une surprise de voir ces équipements industriels au milieu de sites qu'on croirait totalement préservés : hautes montagnes, eaux sombres et profondes.

Nous sommes maintenant arrivés au coeur de la région appelée "Norvège des fjords". Les montagnes autour de nous varient de 1100 à 1600 mètres.
Au confluent des fjords Eres et Lang une ferme-musée nous accueille pour une visite libre.

Les greniers construits en 1630 sont la partie la plus ancienne de l'ensemble. Ils sont doublement protégés des rongeurs : posés sur des pieds de pierre recouverts d'une dalle et l'escalier d'accès en est séparé de quelques centimètres.

Le grenier de droite servait à stocker la part des récoltes qui permettait d'acquitter l'impôt : 1/10ème du revenu de la ferme, en espèces ou en produits fermiers.

Un petit moulin installé auprès du chemin (de la route aujourd'hui) permettait de moudre les céréales.

Beau mécanisme tout en bois.

Nous avons les pieds couverts de rosée, et il est agréable de prendre le petit café du matin entre cette ferme et le fjord au fond de l'à-pic (paysage électrifié bien sûr ...)

Quelques km après nous sommes en pleine montagne. De temps en temps j'aperçois une fleur lie de vin qui m'intrique et m'attire. Souvent les bas-côtes sont tondus, et Camille me dit que c'est une chance pour lui, sinon il lui faudrait s'arrêter encore plus souvent ! Cette fois-ci j'attendrai un peu de la rencontrer à nouveau !

Nous arrivons au col de Fjellgarden qui n'a que 500 mètres d'altitude, nous avions cru beaucoup plus ! Un cycliste y arrive en pleine forme et vient discuter avec nous. Il est l'ami d'un coureur norvégien qui a remporté une étape du tour de France. Celui-ci met 18 mn pour gravir le col, alors que notre interlocuteur en met 38 ... Il nous demande si nous avons vu la somptueuse cascade qui se jette dans le lac au fond de la vallée derrière nous. Non.
Dommage c'est l'une des plus belles du pays ! Nous avons raté la cascade Mardalen ...

Nous quittons la grande route pour aller jusqu'au fond d'une presqu'île voir l'église en bois debout de Rodven.

à côté de laquelle en a été construite une au 19ème siècle. La stavkirke doit revenir de loin ...

Le porche nord est antérieur au 14ème siècle, et il est soigneusement protégé par une porte

la nef et ses peintures sont  du 14ème siècle ;

et la décoration du choeur est baroque (18ème). La pose des étais est de la même période.

L'eau des fjords est émeraude, des mouettes s'envolent en jettant leur cri, et nous arrivons à Andalsnes, point de départ pour la célèbre route des trolls "Trollstigen".

Il y a beaucoup de nuages accrochés au sommet des montagnes quasi-verticales qui longent les étroites vallées qui convergent ici. Il est temps de nous arrêter, dans un terrain de camping, les places ont l'air rares ailleurs.
Wi-fi gratuite, nous faisons notre courrier électronique. Et discutons avec notre hôtesse. Des congés qui sont accordés aux jeunes mamans en Norvège, par exemple : 10 mois payés à 100 % ou 12 à 80 %. Voici un congé qui doit favoriser la natalité !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 16:57

6 Aout 2008
C'était une journée "églises". Ca aurait l'être encore plus si nous étions passés par Trondheim (capitale de la région de Trondelag, et aussi ancienne capitale royale) où il y a une très belle cathédrale. Il y a aussi un très intéressant musée d'instruments de musique. Dommage pour nous, mais nous ne sentons pas bien comment faire avec un camping-car, même petit dans les villes norvégiennes. Des péages, des interdictions de stationner plus nombreuses que les places de parking et une police extrèmement vigilante nous ont fait renoncer à cette visite.
Il me faudra suggérer à Henri Fuoc de voir s'il n'y a pas un festival Mozart dans cette région. Nous avons déjà trouver des points d'intérêt et nous pourrions y marcher autant que nous le souhaiterions, voire plus !
Donc nous nous sommes limités à la visite d'églises de petites taille, dans des villages moyens ...
Nous avons d'abord quitté notre petit bois de boulots auprès du détroit

avons longuement suivi la route 720  où nous étions sollicités pour voir des témoignages de la guerre de 1939-45 : lieux de combats entre résistants et armée allemande, blockhaus, cimetières. Des carrières énormes crevaient le flanc des montagnes ici ou là. En voici de futures routes empierrées et revêtues de gravier. Nous nous arrêtons plus facilement pour admirer les boites aux lettres peintes suivant l'inspiration des propriétaires. Ici ça doit être l'illustration d'une belle légende en 8 tableaux dont en voici un.

Notre visite à l'église de Rissa fut brève : on y préparait une cérémonie d'enterrement, et le parking lui était réservé.

Quelques km plus loin nous arrivions au cloître de Reins. D'abord une église de bois rouge

dont les montants de portes aux sculptures de dragons entrelacés peuvent laisser supposer que certaines parties sont très anciennes. Mais nous n'avons pas trouvé de renseignements sur ce bâtiment.
Par contre la documentation est plus riche pour les ruines du monastère. Construit en 1230 sur une propriété royale il accueillait surtout des jeunes filles de la noblesse.  Fermé en 1537 après la Réforme, il est vendu en 1665. Aujourd'hui on y trouve quelques ruines de l'église,

très imbriquées dans le manoir du 19ème siècle.
La route 717 jusqu'à Rorvik permet des coups d'oeil superbes sur le fjord.
Un village de pêcheurs a réuni tous les anciens équipements dans un musée un peu avant l'embarcadère. Le tout petit ferry est si préssé que le hayon est levé avant l'arrivée au quai.

Pourvu qu'ils ne nous fassent pas démarrer aussi avant l'amarrage !

Arrêt pique-nique sur la place devant l'église de pierres de Byneset. Construite au sommet d'une colline qui domine un fjord en 1180 (pleine époque des stavkirkes, les églises en pierre de cette époque doivent être rares), elle a été vendue après la Réforme et rendue au culte public en 1803 par les fermiers propriétaires. Elle est fermée donc nous n'avons pas vu le mobilier  et les fresques baroques.

Nous poursuivons la route vers le sud-est par les routes 700, 701 et 65. Il y a là aussi, quelques fermes anciennes dans la montagne,

en plus des témoignages de l'activité minière maintenant disparue. Il pleut, nous ne nous arrêtons pas. Des pêcheurs sont fermement plantés dans le lit d'une rivière, tentant la prise de saumons par tous les temps. Nous arrivons à Moen (ou Mo, il doit y avoir des déclinaisons et les noms peuvent être différents entre les deux cartes que nous avons, et aussi avec les panneaux ...) dont l'église a très curieusement un plan en Y !

Superbe cette église rouge au toit d'ardoises sur fond de ciel de plomb, et plantée au milieu d'une pelouse bien verte.  Oui, enfin d'un cimetière bien vert. Et c'est important car un panneau nous dit que lors des travaux d'agrandissement du cimetière en1995 on a trouvé les restes d'une tombe viking datant du 10ème siècle. Sépulture d'un homme équipé de tout le nécessaire pour le grand voyage vers l'au-delà : un bateau de 7 mètres (dont les rivets étaient bien conservés, pas le bois), des armes : épée, lances, flèches ; des outils : couteaux, faucille, poinçon, pierre à feu, à aiguiser ... Une tombe semblable avait été découverte en 1931. Il semblerait que dans cette région il n'y ait pas de tumulus.

Quelle chance, le ciel se dégage un peu vers l'ouest.

et nous nous arrêtons au bord de la rivière Surna pour la nuit. Elle est pleine comme un oeuf, ça serait bien que la pluie s'arrête durablement de tomber !

Sur l'autre rive un village aux maisons de bois dont les murs et les toits ont des couleurs contrastées alors que notre rive est richement fleurie de fleurs sauvages.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 12:09

4 et 5 Août 2008
Camille ne veut plus continuer sur la route 17. Trop de ferries à prendre, d'îles et de fjords à traverser. C'est essentiellement lui qui conduit, alors il a la priorité de la décision ... Mais quel dommage, la carte de cette route est impressionnante, elle traverse un dédale d'îles, de presqu'îles, de fjords, de détroits, de vallées et il y a tant d'intermèdes ferry ! Ne pas l'emprunter est une excellente raison de revenir, pour ne passer que par là !
Coup d'oeil sur la "plage" auprès de laquelle nous avons passé la nuit, bien aménagée avec des escaliers et encore du mobilier design qui ressemble fort à celui que nous avions vu vers Reine (Sud des Lofoten), mais plus simplement en béton.

Plage n'est peut-être pas le bon mot, car les rives doivent être assez abruptes (nous avons vu une documentation qui expliquaient que les rives sousmarines des fjords sont assez semblables à celles au-dessus du niveau de l'eau) et la température encore bien fraîche : nous sommes si peu au sud du Cercle polaire !


Poursuite de la route le long de fjords (non, ce n'est pas encore monotone) avec villages de pêcheurs vers Mo I Rana.

et les cabanes à bateaux


Importante ville de grosse industrie métallurgique, non ne nous y arrêtons que pour des raisons d'intendance. Nous avons rattrapé la E6 avec ses rivières à saumons,

ses grosses fermes aux silos impressionnants. Il faut dire que la période de stabulation doit être longue dans cette région. Etables et réserves doivent satisfaire à d'importants besoins.









des activités forestières, ici une scierie

et ses trolls porteurs de courrier !

Nous poursuivons à l'envers le même itinéraire qu'il y a quelques jours jusqu'à Steinkjer où nous rejoignons la route 17 qui se termine ici. Nous allons éviter Trondheim en passant en aval cette fois. Il y a un bac à Rorvik qui va nous le permettre, et pour le joindre nous changeons de rive sur le fjord Beitstad. Ici le regard porte beaucoup plus loin, les vallées sont largement ouvertes, bordées par des collines bien rondes et boisées.

Céréales, prairies. Tout est plus doux que les jours précédents,
et les villages peuvent avoir des églises très contemporaines


Pique-nique au bord du détroit du fjord

et finalement nous allons passer la fin de la journée dans cet endroit propice au repos. Lecture et promenade.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 16:44

3  Aout 2008.
Ouh ! Quelle journée encore ... Jugez-en plutôt !
Débarquement à Bodo, d'après nos guides ce qu'il aurait fallu y visiter c'est le musée de l'aviation. Mais nous y sommes arrivés trop tard, donc nous avons filé directement vers la route 17 qui   rejoint le fjord de Trondheim par la côte. C'est une route qui est labellisée "touristique nationale". Nous aimerions bien trouver un endroit pour passer la nuit, mais ce n'est pas facile en fait car nombreux sont les endroits attirants mais fermés ...
Nous avons failli ne pas voir un couple d'élans qui paisait au bord de la route et est rentré dans le bois à notre approche. Enfin des animaux sauvages libres, ce que ça nous a fait plaisir de les apercevoir !
Et nous arrivons dans la région du maelström de Saltstraumen. "Maelström" encore un mot norvégien entré dans notre vocabulaire, et nous allons enfin en connaître le sens premier : Tourbillon marin. Nous arrivons pour le voir sous la belle lumière de la fin de journée.

Retour sur la rive des fjords après le repas, il est 10 H, l'eau est calme et les pêcheurs du soir se livrent à leur sport favori, sous le vol bruyant des oiseaux qui leur font concurrence. Vie à bord : recharge des batteries .


Nous avons eu le temps d'étudier les informations. Ce tourbillon est le plus important courant marin du monde (!) avec ses 3 km de long et 150 m de large du détroit qui relie les fjords Skjerstad et Salten. Chaque 6 heures, 400 millions de m3 d'eau s'écoulent par ce détroit . Les courants peuvent atteindre 20 noeuds marins et les marmites formées 10 m de diamètre ... Le rythme suit celui des marées, et nous avons vu la fin du courant "out", le fjord fermé se déversant dans le fjord ouvert à moment où la marée est la plus basse. La phase "in" sera vers 1 h cette nuit.

Ce matin 7 H 26 le maelström atteint son plus haut que voici. C'est fascinant et un peu effrayant.


Mais la route  nous appelle. C'est une succession de fjords le long  de la route en corniche, dessus les nombreux tunnels et ceux autour du Glomfjord sont particulièrement longs. Dans l'un il pleut même vraiment ! Que traversons-nous ? Un fjord, un torrent ou un glacier ? Réponse à la sortie : à notre gauche s'étend le Svartisen, le plus grand plateau glaciaire de cette partie de la Norvège que nous n'avions pas pu voir en montant par la E6.
Un espace est prévu pour admirer le Holandsfjord et les coulées du glacier qui scintillent au soleil. Lieu de pique-nique idéal pour la salade du jour.

Une des particularités de la route 17 est d'arriver régulièrement sur un quai d'embarquement pour le ferry qui nous emmène de lo'autre côté où elle continue.
La première traversée ne dure que 10 mn,

mais la seconde un peu plus d'une heure, avec le passage du Cercle polaire que nous saluons de quelques coups de sirène ! La borne qui le marque est le point blanc sur la côte, juste entre nous deux.

Le paysage est superbe tout autour. Des montagnes dénudées par les glaciers, des îles, des fjords profonds,

 un plateau encore couvert de glace.

Ici ou là quelques informations sur les blockhaus construits serrés sur toute la côte (l'armée allemande avait pensé que le débarquement des forces alliées aurait lieu  en Norvège. En vain, il n'y a presque pas eu de combats à cette période ici.)

Et nous faisons étape sur la rive du Sjonafjord, où un équipement très design tout en inox accueille les passants pour tous leurs besoins. (Les Norvégiens sont les pionniers de la fabrication de l'inox embouti, particulièrment pour nos cuisines. Les méchantes langues disent que c'est leur apport principal à la cuisine européenne !)

Même montagne nue sur l'autre rive.
Voici l'itinèraire que nous avons suivi entre les étapes 19 et 20 à l'ouest.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 20:58

Comme il ne me paraissait pas raisonnable de couper le récit des îles Lofoten, j'ai rajouté la fin à l'article précédent, "Rorbuer, cabillaud et plages blondes" puisqu'il s'agissait toujours des mêmes sujets ...
Alors il faut descendre à l'article au dessous.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article
2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 13:10

Samedi 2 Août 2008

Nous avons quitté les îles Lofoten sur un grand ferry qui nous emmène à Bodo. La mer est un peu grosse et j'ai le coeur un peu près des lèvres ... Et si le retard que le ferry a était vraiment dû à un homme d'équipage qui serait passé par dessus bord lors de la traversée précédente ? Comment peut-on repêcher un homme avec ces vaques et la vitesse du navire ? Et combien de temps peut résister un homme dans l'eau du fjord Ouest (et non de la Mer du Nord) à cette lattitude, même "réchauffée" par le Gulf Stream ? Nos questions resteront sans réponse : "on" est discret sur le bateau, et nous ne pouvons ni lire les journaux, ni comprendre la radio.
Mais nous avons fait provision d'images magnifiques, très colorées et ensoleillées de ces îles du bout du monde en été.

AUSTVAGOY
Après quelques tunnels et ponts gratuits, nous sommes enfin arrivés sur l'île Austvagoya (au nord-est). Par des petites routes nous avons longé la côte ouest. Des plages de sable blanc ensoleillées où j'ai testé la température de l'eau. Eh bien je peux vous assurer que ça coupe un peu les jarrets ...

des oiseaux dont les appels résonnent fort entre ces montagnes, et beaucoup de fleurs,

des dunes de temps en temps, et pas un souffle de vent dans ces fjords miroirs,

des villages de pêcheurs, avec des flottilles pour professionnels,

ou des barques pour artisans ou amateurs,

et bien sûr des montagnes qui plongent dans la mer.

Je me rappelle de quelques emissions de TV qui auraient pu faire croire qu'il n'y avait même pas la place de construire puisque les maisons sont sur pilotis.

Ce sont les rorbuer (pluriel de rorbu) du verbe ror : ramer et de bu : petite maison. Les maisons des pêcheurs. Leur origine est très ancienne : au Moyen-Age les seigneurs vikings envoyaient leurs serfs pêcher la morue dans ces régions septentrionales. L'église s'émut de leurs conditions de travail et obligea les maîtres à leur construire des abris. Ils ont traversé les siècles, sont maintenant  restaurés et loués fort cher aux vacanciers pour leur séjour. Il semblerait même qu'on en construise des tous neufs à Svolvaer, la ville la plus importante.

Les vrais rorbuer sont accompagnés d'installations de séchage du poisson,t vides actuellement. D'après quelques photos, ça doit être un grand spectacle tous ces espaliers couverts de milliers de cabillauds exposés à l'air pur, sec et froid pour devenir des stockfishs. Pas de document touristique ni de carte postale qui relate l'odeur de ces villages au printemps ... L'air froid empèche-t'il le développement des odeurs ?
Kabelvag fut le principal port de pêche des îles Lofoten autrefois, et le roi Oystein y fit construire une église au 12ème siècle, avant même les rorbuer ...
Des maisons de bois et des magasins aux vitrines colorées en bordent les rues.

Il faut faire étape à Henningsvae.r (je n'arrive pas à écrire correctement le nom des villes, il manque quelques possibilités à mon clavier : ° au dessus des A,  /en travers des O et des E pris dans le A ... j'espère qu'il ne m'en sera pas tenu rigueur.), véritable village de pêcheurs. Les ateliers de pêcheries, les entrepots, les maisons et les commerces sont construits lelong d'un long et large canal.

et même aussi  sur les îlots d'un archipel.

Enfin nous trouvons un hangar de stockfish avec des palettes qui dégagent l'odeur que nous supposions, prêtes à partir ou plutôt à être conditionné pour le transport.

Nous repartons en longeant des plages aux eaux émeraude,

en franchissant des ponts qui font le gros dos au dessus de détroits aux courants puissants

en nous arrêtant  pour voir une des oeuvres d'art contemporain le long des côtes ; cette fois-ci un immense miroir incurvé nous permet de voir d'un coup d'oeil les 360° du paysage ! Je n'ai malheureusement pas noté le nom du créateur.

tout près d'un  vieux quai solitaire

et arrivons sur la petite île de Gimsoy où le vent doit souffler terriblement à voir la façon dont l'église est arrimée : trois filins d'acier la maintiennent solidement au sol !

Beau coucher de soleil derrière la ligne de crètes, ce n'est pas encore le soleil de minuit !


Le soleil est radieux et le vent un peu fort lorsque nous passons sur l'île de Vestvagoy.

 Des îlots de quelques arpents sont habités par des colonies d'oiseaux dont on perçoit très bien les différents chants. Des ramasseurs de myrtilles récoltent les baies le long de la route. Et nous filons jusqu'àux longues plages de sable blanc aux eaux claires  de Haukland : des moutons y paissent,

gardés par des grilles électrifiées qui leur barrent la route, et des clotures de fil de fer.

Quelques baigneurs audacieux se plongent rapidement dans l'eau aux couleurs accueillantes, mais à la température dissuasive !

Quel bel endroit pour passer des vacances tranquilles, d'ailleurs entièrement occupé par des tentes aux terrains clos.

Sur l'île Flakstadoy Nous filons vers Nusfjord, ancien village  de pêcheurs devenu musée par la grâce d'une inscription au patrimoine de l'Unesco. Il faut s'acquitter du billet de visite pour pénétrer dans le village.
qui en vaut le prix 
d'où qu'on le voie !

Les anciens équipements de pêche sont soigneusement conservés
bateaux, cordages,
et filets.
Et si l'on y rencontre de jeunes Sams, ils sont comme nous des visiteurs curieux et heureux de montrer leurs riches vêtements traditionnels.

Nous remontons le fjord de Nusfjord et traversons l'île bien étroite à cet endroit pour trouver la longue plage de sable blanc de Ramberg qui fait face au grand large, à l'ouest.

Enfin notre soleil qui va chavirer dans l'eau à une heure incroyable ? Pas de chance, nous veillons jusqu'à fort tard pour le voir basculer derrière une barre de nuages qui s'approche depuis des heures vers nous ... Décidément nous devrons revenir pour assister à ce spectacle, car maintenant une telle opportunité ne devrait plus se présenter !
Soleil rasant du soir.

Après un petit arrêt pour voir l'oeuvre de l'artiste japonais Toshikatsu Endo nommée "Epitaph"

qui fait partie de l'expo d'art contemporain, nous arrivons à l'île de Moskenesoy qui nous a semblée la plus belle de tout l'archipel

D'abord le pont qui nous permet de passer le fjord d'Hamnoy : charmant village coloré installé au pied de hautes montagnes.
suivi d'un espace pique-nique où les installations, tables et bancs sont des élèments de l'expo d'art contemporain : les matières nobles et les lignes en font un endroit de rêve pour le petit café du matin ! Pour un peu on oublierait de mentionner l'environnement ...


et nous atteignons Reine qui est impressionnante de couleurs

et d'activité ! Voici un port qui semble avoir encore une activité de pêche , entrepôts, engins de transport

et magasins avec un peu de folklore pour faire plaisir aux touristes : les morues,

et leurs têtes.

Nous pouvons goûter dans cette boutique les produits locaux : saumons fumés, au poivre, aux épices, à l'aneth. Maquereaux et harengs séchés et conservés de différentes manières, et aussi de la baleine ... en toutes fines lamelles. Nous essayons un morceau grand comme un ongle, avec tant d'appréhension que nous ne nous rendons pas bien compte du goût. Nous n'avons pas envie d'en acheter, mais au moins nous aurons testé !

Nous arrivons enfin à Moskenes qui est le port d'arrivée le plus fréquenté par les ferries en provenance de Bodo, la ville continentale la plus proche. C'est de là que nous repartirons cet après-midi, après la visite du village de A (nom idéal pour cruciverbistes s'il en est !).

Encore un village-musée, mais si joli avec ses hangars en service,

ses rorbuer rouges,

et son activité portuaire qu'il est très fréquenté par les touristes indépendants et en groupe ...


Je n'ai pas encore parlé des fils électriques qui sillonnent tous les paysages : pas de question, la Norvège et ses îles sont intensément électrifiées. Et la possibilité d'enterrer les réseaux n'a pas l'air d'être envisagée. C'est vrai que dans des paysages aux montagnes si nues ça ne doit pas être facile. Alors il y a des fils un peu partout aussi sur les photos !


Et nous quittons les îles Lofoten vers 16 heures.
Assurement c'est une région magnifique, qui réserve de nombreuses surprises, et nous débarrasse de quelques idées reçues !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
commenter cet article