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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 19:37

18 août 2008
La journée d'hier fut essentiellemnt une journée de route, sans grand souvenir autre que l'endroit où nous avions passé la nuit.


Avant de repartir nous sommes allé faire un tour de l'autre côté du ruisseau,


sur la grande roche ronde qui surplombe les lacs, et la cabane d'hermite avec ses deux dépendances


vous ne voyez pas bien à droite de l'image, vers le milieu ? Normal, avec son toit végétal sur lequel poussent quelques bouleaux, elle est bien dissimulée. De plus près, la voici.


Encore un long regard sur ce paysage de roches nues, de montagnes rondes, de lande, de ruisseaux et de lacs ... Je le trouve vraiment fastueux. Du moins en été.
Nous reprenons la route et descendons vers le carrefour des route E134 et 9 que nous prendrons pour aller plein sud vers Kristiansand.
Encore une maison solitaire à l'emplacement improbable sur l'île au milieu du lac Stavatnet !


Nous traversons quelques hameaux avec des greniers traditionnels


avant d'arriver à Hovden où nous trouvons un emplacement idéal pour passer le reste de la journée, dans un bois de pins et bouleaux.


Une large rivière s'étale à quelques dizines de mètres, et nous avons le plaisir d'observer une famille d'oiseaux aquatiques : elle semble avoir une dizaine de poussins cette petite mère !


18 Août 2008
Nous reprenons la route sous un ciel tout bleu et un grand soleil, vers la vallée de Setesdal par la route 9.


Cette région est un peu à l'écart des grands itinéraires touristiques, et le Routard ne la mentionne même pas. Mais nous vous la recommandons, elle est vraiment interessante. Tous les témoignages du passé sont précieusement conservés depuis plusieurs décennies, donc bien avant l'arrivée massive des visiteurs, tout au long de cette voie. Nous n'avons choisi que ceux qui nous attirent le plus, mais il y a aussi des témoignages de la vie minière, du travail de l'argent, des costumes, de l'énergie hydro-électrique, des activités agricoles, et des fermes ...


Les maisons de bois avec annexes traditionnelles retiennent tellement notre regard à droite


que nous avons à peine le temps d'entrevoir une mère élan avec son faon sur la gauche, qui ont tôt fait de disparaître avant que nous soyons prêts à les suivre dans les chemins du village ... Décidément, nous n'aurons pas de chance avec les animaux sauvages !


La brume se lève au-dessus de la rivière, et laisse la place à un long panache de fumée.  Nous arrivons à un resserrement de la gorge, et pouvons faire étape pour explorer l'endroit. Il s'agit de voir et d'emprunter l'ancien chemin qui conduit à la ville de Bykle. Avec un peu d'imagination, et les dessins qui jalonnent l'itinéraire on peut entendre les cris des charretiers, les hennissements des chevaux et le crissement des roues. Vous pouvez même entendre l'homme qui glisse sur le chemin gelé et tombe dans la rivière ... Courage, on y va !


Ce charmant chemin est l'un des six tracés succéssifs de la route. Avant 1770, on ne pouvait pas y passer avec un cheval en saison de hautes eaux. Et après, pendant un siècle il fallait aider les animaux de bât à franchir certains passages.


aujourd'hui ce sont les randonneurs qui passent par là, sur des échelles bien sécurisées.


Ce n'est qu'à partir de 1879 qu'il a été possible d'utiliser des carrioles, et il semblerait que ce n'était pas simple !


En plus des conditions de transport en Norvège continentale à travers les derniers siècles on peut remarquer la végétation, quelques fleurs, les fidèles bouleaux toujours présents, et quelques lichens.


Nous revenons à notre point de départ et en 2008, et empruntons le tunnel des dernières décennies pour arriver à Bykle.

Etape suivante, la ferme de Rygnestad qu'il faut découvrir au creux d'un vallon au-dessus de la vallée que nous suivons. C'est la plus "authentique" de la région.


A l'exception du moulin (ci-dessus), les bâtiments occupent leur emplacement d'origine, et la charpente de bois de la maison a dû être érigée avant 1350.


D'ici nous voyons l'ensemble de la ferme : en haut à droite le sauna et la forge, sous le bosquet de bouleaux, éloignés pour limiter le risque d'incendie, puis au centre le deuxième entrepôt, plus loin dans la cour le premier entrepôt à trois étages, la maison, et en ligne de l'autre côté de la cour les étables, écuries et abris à moutons.


L'entrepôt doit retenir toute notre attention car au Moyen Age c'est le meilleur reflet de la ferme. Les valeurs y sont stockées, comme un trésor dans un coffre ! C'est le bâtiment le plus achevé et le plus important de l'ensemble. On y stockait les denréés, les réserves, et des pièces y étaient souvent prévues pour accueillir les invités. Pour leur construction on utilisait les meilleurs bois de charpente, et l'extérieur était l'objet de multiples attentions : montants de portes richement travaillés,


et galeries qui aidaient à transformer l'endroit en poste d'observation ... voire en camp retranché d'après la légende d'Asmund le Diable.


Asmund Torleivsson Rygnestad etait un homme a qui on prête encore beaucoup. La tradition orale en a fait un homme redoutable. Il vécut de 1540 à 1596. A vingt ans il était mercenaire sur le continent (?). Il aurait tué plusieurs hommes, et c'est pour ça qu'il aurait reçu le sobriquet de " Asmund le Diable". Et ce serait pour se protéger de la maréchaussée qu'il aurait fait construire son entrepôt comme une forteresse.


Il aurait ramené divers objets et armes de ses voyages qui seraient encore là ? (Nous n'avons pas pu entrer dans les bâtiments, la rentrée des classes est aujourd'hui et certains musées sont maintenant fermés en semaine.) La légende d'Asmund le Diable est sûrement constituée des "exploits" de plusieurs messieurs.
Les archives permettent de savoir qu'il fut président de la communauté (sheriff), juré, administrateur de la paroisse, et représentant pour rendre les derniers hommages au roi Christian IV à Oslo. Il possédait plusieurs fermes. En bref, c'était un des hommes les plus puissants de la région ! Vive Asmund !
On se calme, et on repart après avoir fait le tour du hameau qui conserve ça et là quelques greniers et entrepôts qui n'ont pas la chance de faire partie du musée.
Nous sommes dans une region agricole qui produit des céréales, là derrière les épilobes,


et de l'élevage de bovins, ovins et chevaux dont la crinière est coupée très court.


Et voici la cascade qui va servir de cadre pour le pique-nique-salade du jour !



juste au dessus du vallon de Rygnestadstunet.
A 14 heures nous sommes à l'entrée de la ferme Tveitetunet. L'emplacement est peut-être encore plus harmonieux que celui de Rygnestadstunet, et l'ensemble assez différent.


De gauche à droite, la maison, l'entrepôt et les autres bâtiments. Le sauna était utilisé aussi pour le séchage des céréales et le fumage de la viande. Le moulin, auprès du ruisseau au dessus de la ferme ne pouvait être utilisé qu'au printemps et à l'automne quand l'eau est plus abondante.
Ici un bâtiment inhabituel, la prison, sous le mélèze.


Car le fermier Tveiten était aussi sheriff, président de la communauté. Il le resta 50 ans. Et à sa mort, en1837, c'est son fils qui lui succéda. Il était obstiné, et il était difficile de lui faire changer d'avis. Il décidait du bien fondé des directives que ses supérieurs lui envoyaient par porteur spécial lors d' "engagement physique" musclé, dans la cour de la ferme, dans la neige ou la boue, suivant la saison. Avaient-ils besoin de l'eau du puits à levier pour reprendre leurs esprits avant de conclure définitivement ? Nos imaginations sont bien sollicitées aujourd'hui ...


La voiture à cheval ne doit plus conduire les visiteurs.


Nous quittons la belle vallée glaciaire et la vallée de Setesdal


en prenant la route de Sirdal à Hylestad.
Les stations de ski se succèdent de façon surprenante, et il y a des engins de gros travaux un peu partout. Les sports d'hiver doivent être une activité en pleine expansion.
Des "hyttes" isolées (qu'on pourrait traduire par hutte ?) dans des endroits toujours aussi incroyables.


Ce sont sûrement d'anciennes bergeries de famille que les héritiers de la ville entretiennent soigneusement pour leurs vacances à la pêche et à la montagne.


Endroits magnifiques, mais il faut encore aimer la solitude. (en haut, à gauche)


Eh bien nous aussi ce soir nous y gouterons, tout au bout de cette route qui file dans un paysage minéral et aquatique, après le passage d'un col à 1050 mètres d'altitude.


Ne se croirait-on pas au bout du bout du monde ? Non, la route file encore, caracole entre les roches nues, les lacs,


se faufile entre les landes et les quelques moutons sur un plateau immense,


largement occupé par un lac artificiel et l'élevage extensif des moutons.


Un corral impressionnant est construit au bord de la route.
Et les moutons sont dispersés tout autour, sur des hectares de lande. Ils sont curieux et s'avancent jusqu'à nous pour découvrir qui nous sommes,


et décampent bien vite dès que nous levons la tête.
Ils doivent aimer les myrtilles, car il n'y a pas un fruit alors que les plantes couvrent le sol. Pas tout à fait, il y a aussi des canneberges !

Bon, ce soir c'est festin français que Camille a préparé pendant que je courrais la lande ! A bientôt.


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Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 15:41

16 Août 2008
Quelle journée ! Nous avons traversé de multiples régions et tant de paysages différents en une centaine de kilomètres ...
Réveil à Lofthus, au bord du Sorfjord sous un ciel bleu magnifique. Le soleil en éclaire la rive gauche, les nuages accrochés aux sommets des montagnes,et ne nous a pas encore atteints.


La matinée est très tranquille. La région dort encore : nous sommes samedi matin, et les Norvégiens sont réputés pour avoir des soirées de week-end un peu arrosées, suivies de matins réparateurs et calmes. Et peut-être profitent-ils particulièrement de ce week-end qui précède juste la rentrée des classes.


Les rives du fjord se reflètent dans ses eaux, et le jeu de miroir est superbe.


Nous arrivons sans rencontrer âme qui vive jusqu'à Tyssedal, surprenante ville industrielle au fond de ce bras d'eau bucolique. Les cargos que nous avons vus hier soir venaient d'ici et acheminaient les produits sidérurgiques qui y sont fabriqués depuis un siècle ... Jusqu'à la fin du 19ème ce fjord attirait les touristes internationaux et l' hôtellerie était la première activité régionale. Elle disparut presque lorsque la sidérurgie se developpat, l'intérêt des cascades de la région passant de touristique à industriel. Aujourd'hui la plupart des usines toutes noires sont des friches industrielles, et les cascades redevenues des beautés naturelles.


La répétition du panneau "VASSKRAFTMONUMENT" nous intrigue et nous les avons suivis, pour arriver au somment d'une colline surplombant le fjord et les usines d'une part, et des cités ouvrières d'autre part, et en son milieu cette curieuse butte en spirale, avec une colonne de béton et verre en son centre.


Après recherches, il s'agit du monument national à l'énergie électrique. Et oui, quand on sait, c'est évident ! Une pie nous accompagne dans notre parcours à l'intérieur de cette turbine, suffisamment haute pour que nous soyons cachés. Et nous repartons transis ; l'ombre qui sévit encore sur cette rive est très fraîche.
Route vers Odda, la ville principale du comté. Elle est très gaie avec toutes ses rues fleuries, et tente de reconquérir les passants,


sans oublier les ouvriers à qui elle a du sa prospérité pendant presque un siècle. Voici des fondeurs aux mouvement figés pour longtemps !


Les cascades de Lätefossen sont puissantes, assourdissantes, nous éclaboussent de leurs embruns, et sont un peu dissimulées par le contrejour. Car le soleil passe enfin la montagne.


Ces deux torrents furieux se joignent juste devant la route. Quel spectacle, même si le soleil nous empêche de prendre les photos que nous souhaiterions garder ...


A défaut des nôtres, voici celle du tableau didactique ... Remarquez les voitures sur le pont, ça donne l'échelle.
Nous n'avons pas noté le nom de celle qui descend du glacier Folgefonna, à l'ouest et à 1638 mètres d'altitude.


Nous avons rejoint la route E134 qui relie Haugesund à l'ouest à Oslo à l'est. Nous partons vers l'est et  Roldal où une dernière stavkirke nous attend.
Avant d'arriver au Roldalstunnellen nous traversons une zône skiable, des pistes un peu partout autour de nous, au milieu de quelques bouleaux et de landes. C'est sûrement la toundra.


Des kilomètres de tunnels nous empèchent de jouir du paysage dont nous ne nous lassons pas ... Il change radicalement si vite ...
Nous débouchons au dessus d'un grand lac, le Roldalsvanet ; nous avons de la chance, la route à péage n'est pas celle que nous prenons, nous filons vers le village aux maisons multicolores au fond de la vallée.


Très rénovée l'église de bois debout ! Maintenant on commence à faire les difficiles ... Mais pleine de charme au milieu de son cimetière. Ce samedi est jour de fête : des dames en costumes vivement colorés sortent de voitures. Les messieurs sont moins typés. Je vais leur demander pour quelle raison elles ont sorti ces robes d'un autre temps.


C'est pour un mariage ! Et comme je suis surprise par la variété des costumes elles me disent qu'elles sont de villages différents, et que les relations étant difficiles avant la construction des grandes routes, les particularités étaient bien préservées.
Nous avons plus d'une pensée pour Pascal et Angelique qui se marient aujourd'hui, entourés de presque toute leurs familles, loin en Charent Maritime. Ne manque-t'il que nous ? Nous leur souhaitons tout le bonheur du monde.
Quant à nous nous reprenons la route vers Haukelitunnelen, bien au dessus de Roldal.


Des prairies où paissent des chevaux,


des étables de couleurs vives ici ou là bien isolées,


ou des bergeries plus ou moins transformées en cabanes de pêche, des lacs immenses ou tous petits


avant de devoir faire la queue derrière la file de véhicules stationnés au bord de la route ...


Nous avons enfin le temps de lire les panneaux : le tunnel est fermé pour travaux pendant tout l'été. Nous allons passer par la vieille route, en caravane, escortés par des véhicules de l'administration. Un passage par heure ... Hum, c'est l'aventure !
La route que nous empruntons a reçu le titre de "grande voie européenne E134" après la construction de tunnels qui rendent la circulation possible toute l'année. Ils ont été ouverts en 1968 après 10 ans de travaux. Il n'était pas rare de devoir creuser un passage dans la neige en juillet, dans la petite route que nous empruntons enfin ... Camille garde ses distances, tout ce conditionnement le rend prudent.
Passage du col Dyrskard à 1148 mètres d'altitude. Nous y croisons quelques moutons. Le paysage est sauvage et magnifique. Névés, végétation rase, linaigrettes. Collines rondes et rocs pointus.


Nous redescendons vers le haut plateau (altitude 986 mètres),  le lac de Kjelavatnet


et le hameau de Haukeliseter. Eh oui, j'ai bien dit "hameau" : des gens vivaient vraiment ici toute l'année ?


Durant l'hiver les conditions de vie sur ce plateau ne devaient pas être faciles. Mais il y a tant d'endroits en Norvège où la vie devait être si difficile avant 1970 et la découverte du pétrole, lorsque c'était le pays le plus pauvre d'Europe. Aujourd'hui ce sont sûrement des huttes de pêcheurs, ou des abris pour marcheurs ces maisons avec leurs jolies dépendances anciennes.


Nous nous arrêtons pour l'étape du jour sur  ce plateau. Et nombreux sont les campeurs-caristes qui trouvent beaucoup d'attraits à cet endroit, car nous sommes nombreux sur cette vaste esplanade.
Et maintenant c'est trop beau pour ne pas en profiter, j'enfile mes chaussures de marche pour aller voir de plus près.
A bientôt !
Voici un site qui vous permettra de profiter d'un maximun de photos prises par un touriste solitaire français en mai 2006. Changement d'ambiance garanti. link


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Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 19:44

15 Aout 2008.
Avant de quitter Bergen nous avons encore deux visites à faire. L'église de bois debout de Fantoft et la maison de Grieg qui se trouvent un peu à l'extérieur de la ville, dans le même quartier.


Bien qu'un peu bizarre, cette stavkirke, au milieu de sa clairière, entourée d'une clôture de grillage et  un peu neuve ... elle garde la séduction de ses tuiles de bois et de ses dragons lançant quelques flammes vers le ciel.


Gymnastique photographique pour la montrer sous quelques uns de ses meilleurs angles, avec une viellie croix de pierre,


et sa galerie. Nous ne sommes pas très surpris de lire dans Le Routard que cette église transférée ici depuis son village du Sognfjord en 1883, a été ravagée par un incendie criminel en 1992. "On a essayé depuis, de la reconstruire à l'identique. Malgré un gros boulot, il manque la patine et l'âme que confère le temps à un édifice". C'est vrai que l'ambiance n'est pas celle que vous y attendions.

La maison d'Edvard Grieg, elle nous offre l'ambiance que nous souhaitions. Construite sur la Colline aux Trolls (Troldhaugen) elle n'a pas changé depuis le décès du maître en 1907. Sa veuve, Nina, chanteuse l'a conservée dans son souvenir, Et ils sont tous les deux enterrés dans la falaise au dessous de la maison.


Un petit auditorium a été édifié dans le jardin à l'entrée, où des concerts sont donnés tous les mercredis en été. Départ en bus depuis l'office de tourisme. Nous aurions passé une meilleure soirée que dans l'église St Jacques à coup sûr ... Et c'est Grieg en personne qui accueille ses auditeurs à l'entrée. A gauche l'auditorium,

et au fond le petit pavillon rouge, son sanctuaire de travail. Table, chaise, papier, crayons, lit de repos, tout semble encore l'attendre ...
A l'intérieur de la maison nous pouvons l'imaginer dans les meubles au salon : le canapé, la théière sur une console le piano et un violon, entouré de ses amis, dont de nombreuses photos et dessins occupent les murs de la pièce voisine, accompagnés de quelques reliques : baguettes de direction d'orchestre et partitions originales.


On peut se promener dans le parc et descendre au bord du lac, en passant devant la tombe qui le domine. Il ne nous reste plus qu'à faire vraiment connaissance avec sa musique.

Maintenant nous partons vers Kristiansand d'où nous prendrons un ferry pour arriver au nord du Danemark et rentrer à Montmeyran. Mais en musardant. Nous avons jusqu'à début septembre pour y arriver, et ne sommes que le 15 août ...
Et deux itinéraires possibles. Par la côte, avec tant de ponts et de ferries que ça doit ressembler à une croisière, ou par la montagne et des paysages à la rude beauté des hauteurs couvertes de steppes. C'est la deuxième possibilité que nous choisissons.


Et nous reprenons la route vers Voss, mais pas la 7. Celle -ci, ça va une fois ...
Nous repassons des tunnels à péage, des ponts, et quittons la région sans être passés devant un poste de paiement ...
Le Veafjord est étroit, vertical et laisse à peine passer la route, et la voie unique du chemin de fer Oslo-Bergen qui comporte encore plus de tunnels que la route. Un peu plus loin le fjord se transforme en rivière et les parois verticales en montagnes rondes à névés. C'est la région de Voss. Direction le Hardangerfjord par Granvin,


et nous prenons un ferry pour atteindre le Sorfjord, un des nombreux bras du système hydraulique du Hardanger.


Le Sorfjord est le verger de la Norvège. Les rives  ont une pente presque douce et permettent la culture des arbes fruitiers.


Tout au long de la route des installations proposent les fruits de la saison aux passants. Ils se servent et mettent leur paiement dans une boite sur la table ! Tout comme à Montmeyran il y a déjà quelques années ...


Et au dessus des vergers sur les sommets des glaciers bleus laissent échapper des filets d'eau en cascades.


Bien sûr qu'il y a aussi quelques abris à bateau et des pêcheurs le long des 42 km du fjord. Et aussi des emplacements trrès hospitaliers pour les voyageurs qui souhaitent s'arrêter ...


et c'est ce que nous allons faire ici.

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Published by Camille et Pierrette - dans Camping-car
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 19:19

14 Aout 2008
Nous sommes à Bergen, encore une grande étape de ce voyage. Et avant de visiter la ville, quelques détails et précisions d'intendance pour voyageurs en camping-car.
Après un grand nombre de tunnels à péage, de ponts (à péages ?) et de barrières ... de péage, nous sommes enfin arrivés à l'adresse donnée par le Routard pour poser notre véhicule. Quasi obligatoire : la police est zélée, et les parkings rares.
D'abord les péages de cette région sont régis électroniquement : les passages sont enregistrés par une caméra, et nous devons nous rendre dans des stations services XY pour nous acquitter de nos droits. En qualité de Français à forte ascendance latine, nous n'allons pas chercher les stations XY, et même peut-être bien ne les verrons-nous pas. Affaire à suivre, nous vous dirons.
Ensuite, le lieu de séjour des camping-cars a changé. C'est maintenant 99 Damsgärdsveien, de l'autre côté du port.


Avec passage de deux barrières de péage ! Et à cette adresse, il vaut mieux porter des lunettes à champ étroit car la vue est sinistre. C'est une friche industrielle dans une zone portuaire en activité ! On n'a qu'une hâte : s'en aller. Il y a une ligne de bus tout près qui permet de joindre rapidement le centre ville. Mais y aller à pied est interessant.
Dernier point,  nous avons pris un pass de 24 heures, et ça nous semble parfaitement inutile, particulièremebnt pour les séniors qui bénéficient souvent de tarifs réduits (qu'il faut demander, car Bergen est une ville de marchands qui ne s'est pas enrichie pour rien : tout se vend, et particulièrment aux touristes ...) Il nous a fallu organiser un marathon pour essayer de rentabiliser ce pass, qui ne comprend pas l'accès au plus grand musée, le Musée hanséatique. Il faut bien sûr tenir compte des heures d'ouverture des musées ...
Et maintenant à nous Bergen, ville du plus grand intérêt !

La ville est animée, fleurie, soumise à des variations de temps très rapides ; pluie ou soleil, parfois les deux !


Le jardin du théâtre célèbre les musiciens locaux. Ici Ole Bull, violoniste du 19ème siècle qui conquit l'Amérique avec son violon à neuf cordes, instrument de la région de Hardanger. Ce théatre fut épargné par l'incendie de 1910, (relaté dans "le Roman de Bergen" de Gunnar Staalesen dont nous n'avons lu que les deux premiers volumes ...) Par contre toute la partie à l'ouest, jusqu'au port, a été reconstruite après cet incendie, dont la place avec la grande fontaine qui rend hommage aux différentes générations de marins qui ont fait, avec les marchands, Bergen.


  Par des petites rues bordées de maisons de bois,  boutiques d'artisanat, et galeries d'art


nous arrivons à la gare du funiculaire qui monte au sommet de Floyfjellet, 320 mètres,


d'où nous avons une belle vue d'ensemble sur la ville et ses ports, à droite touristique, à gauche industriel que l'on doit deviner sur cette photo.


Quelle surprise d'entendre parler français sur cette esplanade, et avec un fort accent des quartiers nord de Marseille ! Il y a un match de foot entre Bergen et Marseille. C'est donc ça !


Ici les supporters de l'équipe locale. Ils chantent très fort, et ne passent pas inaperçus !
Vite, vite, nous avons juste le temps d'aller au Musée d'arts décoratifs qui expose quelques unes des réalisations norvégiennes en mobilier, vaisselle, cristallerie, et même une exposition temporaire de haute couture,


fortement marquée par le folklore et les traditions,


et bien adaptée au climat.
Une part est faite aux jouets avec une formidable maison de poupées ancienne.

Et il est déjà l'heure de quitter cet endroit.
Un tour au marché aux poissons qui n'a plus rien à voir avec le témoignage de Christian Krohg (fin du 19ème S.)


peut-être que ce n'est pas l'heure pour les marchandages avec les ménagères, mais plutôt celle de l'accueil des touristes ?


Bien organisé cet accueil. On parle ici toutes les langages d'Europe. Et c'est un jeune Portugais au français parfait qui nous sert notre sandwich. La plupart des vendeurs sont des étudiants du sud de l'Europe venus faire la saison.


Quelques pas le long du port, magnifique sous ce ciel bien noir et menaçant nous amènent sur le quai de Bryggen, quartier déclaré patrimoine mondial de l'Unesco. Les maisons de bois etroites et hautes qui le constituent ont été élevées ici après l'incendie de 1702 qui ne laissa que des cendres.


Les façades sont colorées, certaines coiffées de pignons, et toujours occupées par des marchands qui s'adressent maintenant aux visiteurs. A l'ouest du quartier c'est un grand hôtel qui occupe ces maisons.


D'étroits passages permettent encore de se faufiler entre les bâtiments et d'atteindre les ateliers et appartements qui ne sont pas vraiment occupés maintenant.


Mais ce quartier est un chantier qui promet quelques modifications dans le respect de l'authenticité ...


Pour terminer la journée nous avons prévu d'écouter un concert d'orgue donné dans une église néo-gothique (eh oui, finalement ça existe) qui est sur notre chemin de retour ... Première partie une oeuvre d'un musicien norvégien du 19ème siècle (dont je dois chercher le nom) tellement bruyante qu'une partie des auditeurs a quitté la salle. La suite, plus récente et plus douce nous a apaisés.
Journée bien remplie.

Nous commençons la deuxième journée par la visite de la cathédrale romane qui ouvre à 9 heures.  La façade est austère,


un portail latéral nous ramène à ce que nous  connaissons de l'architecture du 12ème siècle.

A l'intérieur les ornementations ne sont plus romanes. Le triptyque de l'autel, du 15ème siècle brille de tous ses ors.


et la chaire du 16ème est du même style baroque que nous avons rencontré depuis le début du voyage, peut-être en plus riche.


Quelques statues de saints et saintes ont la même naîvete.


En attendant l'heure de pouvoir visiter le musée de Bryggens, juste à côté, nous faisons le tour du quartier où se trouve la plus vieille maison de Bergen, la seule qui ait résisté à l'incendie de 1702, car construite en pierres.


Ici étaient  conservés tous les documents, archives et objets de valeur.

Bryggens Museum : je ne suis pas d'accord avec le Routard et pense qu'il y a des choses à voir dans ce musée : les fondations des premiers établissements construits sur le quai, l'organisation de la vie dans le premier millénaire, et quelques objets précieux dans les étages. Dont cette jolie petite licorne du 12ème siècle, entourée d'animaux fabuleux.


Et il y en a tant en Norvège des animaux fabuleux ...

Au bout du quai, un grand bâtiment est occupé par plusieurs organismes, syndicats, entreprises en rapport avec la pêche. Et le Musée national de la Pêche. Des maquettes de bâteaux, depuis les petits pour la pêche à la ligne, jusqu'aux très grands. Beaucoup de poissons naturalisés. Et tous les renseignements avec maquettes et schemas sur les techniques de pêche, de la plus simple, à la ligne, à la pêche industrielle et dévastatrice,


qui oblige maintenant les marins à se reconvertir à l'élevage industriel du saumon ...
Toute une partie consacrée à la pêche du cabillaud, le séchage et la conservation de la morue. Même l'odeur est là ! Cabane de pêcheur de harengs, outils ...


Un déjeuner à la cafétaria des pêcheurs est parfaitement indiqué. Saumon en soupe pour moi, spaghettis pour Camille. C'est chaud, délicieux, et pas pour les touristes. Que des qualités d'authenticité,  si près de ce marché aux poissons pour touristes ... Il faut le faire savoir que l'on peut aller ailleurs ...

Pour rester dans le ton, nous allons maintenant visiter le Musée de la marine. Des jolies dames, figures de proue nous accueillent.


Là encore, des maquettes de bâteaux depuis les drakkars jusqu'aux bâteaux de croisières et cargos. Des maquettes de chantiers de radoub, les navires couchés sur la rive et maintenus par une nuée de cordages fixés sur la paroi de la montagne ! Et des cartes anciennes avec des animaux fabuleux, je vous disais bien qu'il y en a beaucoup ici, des baleines


ou des chevaux équipés de raquettes pour traverser la montagne


et des skieurs qui traversent la mer de Finlande gelée,


jusqu'à l'empire moscovite, enfin c'est le cavalier qui va vers l'empire moscovite.
Je ne peux pas vous montrer les hardes de loups attaquant des cervidés, ni d'étranges mammifères marins de la mer du Nord avalant tout ce qui se présente... Merveilleuses ces cartes témoins de leur temps.

Car il est temps de filer aux Musées des beaux Arts, continuer la découverte des peintres norvégiens. Donner des noms est difficile car je vais en oublier tant ... Deux salles de Edvard Munch dont cette petite fille qui fait déjà penser au Cri


Encore des Christian Krohg, et son fils Per Krohg avec ses singuliers Travailleurs au repos


Il travailla beaucoup à Paris, où il fit partie du groupe des artistes de Montparnasse des années folles.
Et j'ai même eu la surprise de voir un vrai Hubert Robert. A Valence on connait mieux ses sanguines que les oeuvres qu'il a peintes d'après ces notes.


Beaucoup de tableux de Nicolai Astrup, et maintenant je regrette beaucoup que nous ayions raté son village. Et tant de peintres que nous connaissons mieux, impressionnistes français, et célébrités du 20ème siècle. Un regal ces musées.

Il est temps de rentrer, en passant par le Jardin botanique, aménagé entre des bâtiments de la Faculté des Sciences. Tout petit ce jardin, et interessant.

La grande fleur bleue que j'avais remarquée depuis longtemps n'est pas une Aconit polaire, mais une Aconit septentrionale.
Curieuse primevère chinoise qui fleurit ici mi-août !


Ce sera la dernière image de Bergen. Nous allons quitter la ville demain, sans avoir vu le Musée hanséatique. Encore une bonne raison pour revenir ...

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 14:39

12 aout 2008
C'est un jour de route vers Bergen. L'itinéraire que nous choisissons privilégie la découverte du fjord Hardanger, célèbre pour la variété de ses paysages, de vallées étroites et couvertes de forêts aux pentes douces couvertes de prairies et vergers. En empruntant la grande route 7, qualifiée elle aussi de "route d'intérêt touristique national".
Nous avons d'abord traversé le plateau de Voss, station de ski réputée, entourée de sommets dépassant les 1000 mètres, coiffés de névés. Parfois un troupeau traverse tout simplement la rivière pour aller gouter l'herbe sur l'autre rive,


parfois une faille nous permet un regard sur la plaine au fond.


Cap vers le sud-est, la circulation y est ralentie par le dégagement d'un camion accidenté, le premier depuis 4 semaines et de si nombreux km parcourus. Les conducteurs sont-ils plus prudents que dans le sud de l'Europe ?
Pour arriver dans la plaine de Granvin il faut redescendre du plateau par une route escarpée.


Au fond d'un virage une rivière dégringole en trois chutes quelques centaines de mètres avant d' atteindre le fond, d'alimenter des lacs miroirs,


et d'aller grossir  le fjord Hardanger.
Et là nous découvrons que l'intérêt touristique de la route n'est pas le seul. La région a aussi un intérêt économique non négligeable, avec de grosses usines qui trouvent leur énergie en captant l'eau des torrents, leur main d'oeuvre dans ces villages autrefois paysans que nous traversons, et leurs matières premières ailleurs ... Et elles n'arrivent pas que par bateaux.


Elles empruntent la route, la même que nous. Et les marchandises produites aussi. Alors des semi-remorques, il y en a dans les deux sens, en plus des voitures, des caravanes, des camping-cars et des autobus, tout ce monde venu goûter aux charmes du paysage ...


La route est construite parfois sur le flanc abrupt de la montagne, creusée dans la roche. Et les portions de seulement 3,8 mètres de large ne sont pas rares. Les manoeuvres de croisement innombrables sont un peu longues et un peu usantes ... Et j'ai manqué de l'humour nécessaire pour prendre quelques photos ! Enfin, après 2 heures de gymnastique automobile nous avions parcouru la portion en balcon (40 km !)... et rejoint une vallée où la circulation est redevenue plus fluide.


Une falaise de grés rouge se déssine le long d'une rivière, et nous arrivons à  la cascade de Steindalsfossen,


célèbre car nous pouvons approcher si près,


 et passer derrière la chute d'eau !
(1ère photo sur la gauche, 2ème sur la droite, après passage par le sentier derrière la chute)


Ce n'est pas une cachette secrète, mais l'attrait principal du village !
Poursuite vers Bergen, alors que c'est l'heure de l'infusion.. Un grand parking au bord d'une cascade va nous permettre l'étape du five o'clock, et  des dames chinoises. Nous constatons alors que ce jeu favorise les contacts. Un homme encore jeune vient discuter avec nous. Un beau descendant de Vikings, en vacance dans cette région montagneuse, alors qu'il vit dans une île au nord du Sognefjord. Nous prenons l'infusion à trois ce jour-là et avons un grand bon moment d'échange, avec photos souvenir dans chaque appareil !


Et de l'autre côté de la rivière par un petit pont du 19ème siècle nous pouvons atteindre un large espace parking et pique-nique qui sera parfait pour la nuit !

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 08:21

12 Aout 2008

Il pleuvait, il pleut, il a plu ... Nous avons conjugué le verbe pleuvoir à tous les modes et à presque tous les temps.

Il avait plu lorsque nous nous sommes réveillés, et le temps était trop gris pour que nous fassions l'excursion du train le plus fameux de Norvège. Seulement le tour de la ville avant de la quitter.

 

Nous avons entendu parler de Chabeuil autour du globe de pierre qui tourne dans un bassin. Incroyable, non ? Et nous connaissions une des personnes de ce groupe de Drômois !

 

Jusqu'au 19ème siècle la façon la plus facile d'atteindre Fläm était le bateau. La ville est située au fond d'un des nombreux fjords, bras latéral du grand Sognfjord. Au début du 20ème siècle alors que le chemin de fer reliait Oslo à Bergen, une ligne a été construite de Myrdal, sur le plateau jusqu'à Fläm. Il parait que c'est une réalisation exceptionnelle, maintenant à vocation essentiellement touristique. Le train est seul à traverser un paysage inoubliable, mais un peu trop cher pour le prendre sous la pluie.

La route qui reliait FLäm à la région de Laerdal, à l'est n'était ouverte que de mi-mai à mi-septembre. Alors le tunnel de 24 km a tout changé pour les habitants. Et à l'ouest il y avait la route de la Poste très escarpée pour aller sur le plateau vers Voss, et de là à Bergen. C'est celle-ci que nous prendrons aujourd'hui, très simplifiée grâce à deux tunnels.

 

Quelques étapes en route. A la sortie du premier tunnel (5 km) nous allons voir la plus petite église de bois-debout, stavkirke, de Norvège, à Undredal.

Il avait tant plu ces derniers jours qu'un glissement de terrain avait obstrué la route, mais était en cours de dégagement lors de notre passage.

 

Nous sommes dans une région célèbre pour l'élevage des chèvres, qui ne doivent pas craindre la pluie : de l'autre côté du ruisseau un troupeau mené par sa bergère.

 

Undredal, village aux maisons de bois multicolores, se groupe autour de sa minuscule église.

 

48 fidèles suffisent à la remplir ! Et il y a de nombreux visiteurs lorsque nous y arrivons. Nous avons le privilège du commentaire en anglais destiné à ce groupe de l'est. 

 

L'assistance était beaucoup plus nombreuse au 12ème siècle, époque de la construction, car l'absence était punie d'une forte amende, et c'est debout qu'on assistait aux offices. Et si le village n'a plus que 75 habitants aujourd'hui (et beaucoup plus de chèvres), la population était beaucoup plus importante à l'époque.

Les peintures murales sont d'origine ; les grandes fenêtres, la chair et l'autel de la Réforme. Nous commençons à savoir notre leçon !

 

Les chèvres ont droit à un monument, elles doivent vraiment faire partie de la vie locale !

 

Le bateau du groupe est encore à quai, sous le pluie drue, comme nous ! Heureusement qu'il nous reste quelques ponchos de la croisière à Ushuaïa ! Ils sont d'une aide précieuse.

 

Nous quittons Undredal après le déjeuner, pour nous diriger vers Naeroyfjord, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco. Après un tunnel de 11 km nous arrivons à Gudvangen, d'où l'on peut prendre un bateau pour visiter les fjords de la région, et traverser le Sognfjord.

 

Le Routard estime que c'est un des plus beaux itinéraires d'excursion en bâteau, en été sous le soleil. Nous nous contenterons d'un coup d'oeil au village de Naeroy (normalement le e est pris dans le a, et le o est barré !) et au fjord très étroit aux parois verticales. Les eaux sont comme le ciel, grises.

 

Jolie petite église de bois blanc plantée au milieu de son cimetière, et au dessus du fjord. Un bateau passe, avec si peu de voyageurs à l'affut d'images à saisir.

 

Nous commençons à accumuler les prétextes pour revenir, l'excursion sur le Naeroyfjord ensoleillé en est un de plus !

Et maintenant il est temps de poursuivre vers Voss et Bergen. De petites cascades descendent de partout des parois verticales qui longent la vallée. Nous avons l'impression qu'il y a de l'eau partout. Sous toutes ses formes : les océans, les fjords, les lacs, les rivières, les glaciers, et particulièrement aujourd'hui la pluie qui fait la boucle. Partie des océans pour y revenir.

Au fond de la vallée un mur s'élève que l'on peut franchir par la nouvelle route, ou la route de la Poste qui arrive jusqu'à un vieil hôtel au passé illustre. Autour de 1900 l'empereur de Prusse Guillaume II y est venu chaque année pendant 25 ans pour pêcher le saumon. Chacune escalade les flancs d'une gorge au fond de laquelle coule un torrent, qui dégringole du plateau en formant une cascade impétueuse, largement alimentée par la pluie.

 

A gauche, la vieille route et une grande gerbe d'eau, à droite la nouvelle et des embruns. Nous prenons la vieille route, recommandée aux cyclos et aux marcheurs, étroite, en surplomb, et en épingles à cheveux serrées. Et subitement , dans un virage, de l'autre côté du précipice, entourée d'un nuage de bruine apparait celle de droite.

 

Le cri de surprise que j'ai poussé a fait caler Camille, en plein dans ce virage très pentu ... Impossible de repartir sur cette route mouillée. Le moins que nous puissions dire c'est que nous encombrons la circulation, heureusement pas dense. Nous reculons, manoeuvre délicate, pour rejoindre le dévidement qui permet le croisement des véhicules, et aussi pour nous, de faire demi-tour ! Et nous rejoignons un large espace au bord du torrent en bas, face à la ferme qui fut un relais de poste !

 

et face à la vallée que nous avons remontée.

Un thé pour nous réchauffer et nous détendre un peu après ce moment délicat, une bonne partie de dames chinoises que Camille a remportée haut la main, et nous décidons de profiter finalement de cette vallée. Nous nous resterons ici pour la nuit. Et petit tour par le beau chemin qui va vers la cascade de gauche.

 

 

 

 

Elle bondit du haut de la falaise avec puissance, et on distingue nettement des irrégularités de débit surprenantes. La pluie qui s'est enfin arrêtée ne peut se confondre avec les embruns de cette chute d'eau. Je me protège derrière un grand rocher le temps de sécher l'objectif de mon appareil photo et tente à nouveau quelques prises de vue.

Le torrent coule avec la même impétuosité que la cascade ...

La capacité du lit ne nous fait  pas craindre son débordement, et nous avons même des voisins qui se sont installés à côté de nous.

Il n'a pas plu de la nuit, et le lendemain matin le ruisseau semble plus calme.

 

Un retour à la cascade de gauche nous le confirme. Plus d'embruns, nous pouvons contourner le gros rocher, et nous approcher assez près. Nous voyons même une échelle qui permet de s'installer au plus près des saumons sûrement ! Voici son nouvel aspect :

 

 

 

 

Quelques fleurs le long du chemin, dont de belles ombelles.

 

 

Finalement nous avons gagné le plateau par la route de droite. Elle nous a permis juste un coup d'oeil sur la grande cascade dont le débit et la température sont tels que les arbres ne peuvent pas pousser dans un périmètre de 100 mètres (nous n'avons pas vu, c'est un panneau d'informations qui nous l'a appris). Et nous nous engouffrons immédiatement  dans un tunnel d'où nous ne sortons qu'en haut, sur le plateau. Les tunnels doivent nous cacher bien des paysages à grand spectacle ! Encore que celui-ci avait quelques fenêtres ouvertes sur la gorge. Sûrement pas pour admirer le paysage !

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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 18:41

 

 

 

10 Août 2008

Nous allons continuer notre périple dans la région où les paysages s'accordent avec des superlatifs, l'étape du jour doit nous mener jusqu'à l'église de bois debout de Borgund .

Un dernier regard aux glaciers Briksdalsbreen et Brenndalsbreen qui nous entourent et nous redescendons la vallée jusqu'à Olden. Une bien jolie ferme avec quelques très vieux bâtiments nous retient quelques secondes.

 

Olden a retrouvé son calme et l'église est déserte. Nous en profitons pour en faire le tour. 18ème siècle, et de bien curieux porte-chapeaux le long de la travée de droite, celle des messieurs !

 

 linkWilliam Henry Singer, peintre fortuné, a participé au financement de la route que nous empruntons maintenant le long du Nordfjord jusqu'à Ulvik. Nous continuons plein sud par les routes 60 puis E39 qui traversent des montagnes aménagées pour le ski. Nous apercevons de temps en temps des bras du glacier Jostedalsbreen que nous contournons par l'ouest. Au bord du lac Jolstravatnet un petit panneau nous indique la direction de Astruptuner, le village où avait vécu le peintre Nicolai Astrup (1880-1928) avec sa nombreuse famille

 

Le ramassage de la rhubarbe,

 

ou la réunion d'anniversaire évoque une vie heureuse dans ce village. (Beaucoup de photos de ses tableaux sur link texte en anglais, mais ça ne gêne pas pour regarder !) Nous n'étions pas préparés à cette visite éventuelle, et sommes passés sans détour. Dommage pour nous.

 

Charmant spectacle de la vie rurale régionale : un troupeau de chèvres pas très loin d'un chantier de construction d'un nouveau tunnel.La manne pétrolière qui se déverse depuis 1970 sur la Norvège lui permet de s'équiper de moyens de communication qui l'ont transformée en si peu de décennies.

Un long tunnel (7 km) nous fait passer sous quelques langues de glaciers, et à sa sortie, nous sommes juste en face du Boyabreen.

 

Etape pour aller le voir de plus près celui-ci aussi. Moins de visiteurs qu'hier. Mais au début du 20ème siècle les croisiéristes le fréquentaient, jusqu'à 1000 personnes par jour ! Quelques unes des informations d'un panneau me surprennent beaucoup : "C'est en 1750 que le glacier Josterdalsbreen a atteint sa superficie maximale. A cette période, appelée "petit âge de glace" Boyabreen avançait de 2.4 km de plus dans la vallée et recouvrait de grandes prairies ... Boyabreen fut à son minimum vers 1960. Entre 1968 et 1989 le front du glacier ne bougea pas, mais son épaisseur augmenta considérablement dans les dernières années de cette période. Tôt dans les années 90 le front avança à nouveau, et depuis 1993 le glacier avance de 40 mètres par an."

Je ne suis pas sûre de tout comprendre, car j'imaginerais presque que c'est une bonne nouvelle ...

 

Conscients ou pas, ne boudons pas notre plaisir !

Nous ne nous arrêtons au musée des Glaciers que le temps nécessaire pour constater qu'il n'y a pas de documentation en français, puis poursuivons vers Sogndal par une autoroute à péage (le routard nous en parlait de péage depuis longtemps, et nous n'en avions pas rencontré autant que prévus), quelques tunnels à péage aussi. Et un assez surprenant, des panneaux demandent que l'on réduise la vitesse, et dès que l'on en aperçoit le bout, nous sommes sur le quai du ferry qui va nous faire traverser le Sognefjord ! Effet garanti.

 

Voyez-vous les deux bouches qui s'ouvrent juste au niveau de l'eau, affleurant le fjord ?

 

L'étroite vallée de Laerdal nous mène jusqu'à l'église de bois-debout, la stavkirke de Borgund, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco.

 

Cette petite église de bois assombri par le goudron végétal qui le protège, ressemble à un jouet de dentelles, avec son toit à trois niveaux, ses clochetons, ses porches, ses galeries, les dragons juchés sur les pignons.

Elle occupe cet endroit depuis huit siècles, au milieu de son cimetière,

 

 

pas toujours semblable : la Réforme avait agrandi les fenêtres, posé des chaires baroques et des stalles de bois peint. Mais l'inscription à l'Unesco ne se fait qu'en contrepartie d'une recherche rigoureuse de l'authenticité : exit les grandes fenêtres, les bancs et les chaires. Il ne reste que les bois debout,

 

la nef vide, les fidèles restaient debout dans les temps reculés, et la structure de bois lustrée par les siècles

 

 

 l'entrée richement décorée, et la porte avec ses serrures du 13ème siècle

 

Encore un tour, rien que pour le plaisir de voir ce chef d'oeuvre miraculeusement arrivé jusqu'à nous. Sur le côté,

 

avec au fond, en rouge la nouvelle église. Encore un coup d'oeil au travers du feuillage de bouleaux,

 

et nous revenons sur nos pas versLaerdal sous la pluie que nous avions presque oubliée pendant notre visite de l'église de Borgund !

C'est une grande journée tunnels. a sensations. Encore un, à péage, et de 24.5 km. Oui, 24.5 km de longueur. Que Camille n'aime pas ça. C'est terriblement long et monotone. Mais curieusement nous apercevons une lueur bleue au loin, qui s'intensifie de plus en plus pour devenir presque surréaliste : au km 6 une vaste place entoure la route, éclairée de façon, normale au sol, et de bleu fluo en hauteur. Est-ce pour tenir l'attention du chauffeur ? C'est presque inquiétant. Au km 12 c'est la même chose en vert mais la surprise est moins intense. Et nous nous demandons de quelle couleur sera le km 18, rose ? Non, il est bleu lui aussi. Et  nous n'avons rien payé !

Nous arrivons à Flam, ville très touristique au fond d'un fjord avec des cascades qui dégringolent des falaises et des visiteurs qui ne flanent pas trop dans les rues. Dans un environnement semblable, trop urbanisé pour le camping sauvage, cherchons le terrain de camping.

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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 18:52

9 Aout 2008

Nous avions cru hier soir nous arrêter au milieu de nulle part, après avoir roulé pendant des kilomètres sur une route bordée de forêts, avec quelques vaches qui paissaient dans les sous-bois baignés de brume grise, mais ce n'était pas vrai. Nous étions à peu de distance d'une ferme d'où le fermier a rejoint la route vers 22 heures pour héler son troupeau d'un long cri profond qui remplit le crépuscule. Et tant de bêtes sont arrivées, pendant de longues minutes, traversant les routes et convergeant vers l'étable ... Etrange.

il y avait aussi une rivière,  avec une curieuse pierre trouée posée sur le parapet. Une maman dont la petite fille passait au travers de la pierre nous a expliqué qu'elle devait le faire pour être sûre de trouver à se marier !

 

Reprise de la route par un temps encore maussade. Nous allons atteindre la région du plus grand glacier d'Europe, le Jostedalsbreen, et il influence le climat, en favorisant la formation des nuages, et leur précipitation. Pour nous consoler nous nous disons que la brume va bien au paysage de montagnes rondes et douces couvertes de forêts de bouleaux !

 

A Hornindal l'église construit en 1856 nous fait penser que la Norvège a dû être à l'abri du néo-gothique, à moins que ce soit juste après ?

 

Nous longeons le Falesdfjorden, rives vertes, eaux vertes, bouleaux,

 

et apercevons bien avant d'arriver à Olden le paquebot de croisière qui y est amarré ! Finalement, je trouve que c'est une vraie pollution ces bâtiments si gros, qui dominent de si haut les quais. Je ne me sens plus capable de refaire un voyage comme celui que nous avons fait au printemps. Mais il faut avouer que les passagers ont dû faire une étape de rêve pour arriver au fond de ce fjord, si profondément avancé dans les terres.

Pour nous, ce sera moins idéal, avec tous les bus qui doivent promener les 2000 passagers et que nous allons rencontrer sur les routes de la région, peut-être même devrons-nous en croiser ! Nous y avions échappé hier à Geiranger (une documentation touristique sur les mouvements des navires pendant toute l'année nous avait appris que c'était une journée sans paquebot), mais pas aujourd'hui.

 

Nous remontons le cours de la rivière Oldevatn, succession de rapides,

 

de lacs aux rives abruptes

 

ou en prairies avec troupeaux,

 

et villages. C'est somptueux tout ces verts de l'eau, des rives, les montagnes couronnées de névés,  on en aperçoit sur tous les sommets !

 

et enfin nous apercevons un glacier à l'horizon. Un tout petit glacier, dont la tête semble avoir été coupée.

Non, ce n'est pas possible, il n'en est pas là ! C'est notre mire pendant 15 kilomètres. Ouf, nous devinons une gorge au fond, à gauche. Oui, c'est par là, et il se cache encore. Ah ! il ménage bien son effet  le Briksdalsbreen.

Nous laissons le camping-car dans un parking où nous pourrons rester 24 heures et poursuivons à pied. Des milliers de visiteurs se concentrent sur le chemin d'accès. Un ballet de 4x4 emmène ceux qui préfèrent ne pas marcher. Des bus ont déversé des touristes du monde entier ...

 

Enfin le glacier se découpe dans le ciel qui se dégage. Une cascade tonitruante et impétueuse fait diversion pendant une partie de notre marche d'approche,  nous arrose au passage, joue avec le soleil, et ce n'est pas un arc en ciel mais un cercle complet qui donne des couleurs à cette beauté sauvage.

 

En haut, un petit lac vert s'étale au pied du glacier et les rives ressemblent à une plage où se mire la longue langue de glace.

 

La contemplation est un peu difficile avec tout ce monde autour, mais nous essayons d'imprégner nos rétines de toutes ces images avant de redescendre au parking.

 

Nous nous installons pour la nuit. Nous sommes entourés de somptueuses cascades et torrents qui s'élancent, sautent, rebondissent, s'éclatent en nuages de gouttelettes et en grands voiles.

 

Splendide, et dans un vacarme de grosse tempêtes ! Eh oui, toute cette beauté, ce sont les glaciers qui fondent, mais pas sans se plaindre ! Le bruit est à peu près constant, ça va peut-être nous bercer !

 

Promenade du soir dans ce fond de vallée où nous trouvons une vieille maison d'artiste, William Henry Singer, peintre d'origine américaine qui s'installa ici un peu après 1900 et un séjour à Paris puis en Hollande.

 

Héritier de l'immense fortune de son père industriel dans la métallurgie de Pitsburg, il s'établit définitivement dans ce qui est pour lui le paradis : sujet de peinture, et lieu de pêche et de chasse.

 

Lorsque nous nous couchons le bleu des glaciers scintille encore dans le soleil, comme il y a un siècle et peut-être beaucoup plus !

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 21:36

8  Août 2008
Depuis quelques mois nous rêvons de l'étape que nous allons parcourir aujourd'hui.


Trollstigen, "le chemin des Trolls", une route ouverte en 1936, qui franchit en 11 virages la paroi au fond de la vallée et nous emmène sur le plateau, à 858 m d'altitude dont voici la représentation.

 Interdite aux caravanes, mais pas aux camping-cars. En cours une superbe cascade, et en haut un belvédère qui permet de voir la vallée. Jusqu'au Isfjord ?

Eh bien, nous ne saurons pas, car tout ce que nous voyons de cette route, dans le matin de brouillard et de fraîcheur où nous sommes, ce sont les digitales et les trois premiers virages, puis plus rien, que du blanc ! Pas la peine de s'arrêter pour l'absence de panorama et regretter le soleil !


Quelques tours de roues plus loin se dessinent les névés là, de l'autre côté du fossé, et des torrents, des lacs, des marécages, des cairns, des tourbières, des fougères, des linaigrettes. La moindre flaque, le moindre filet d'eau, la plus petite fleur, tout est beau d'une beauté sauvage de haut plateau humide. Il y a même la cabane d'un amateur de rando ou de pêche toute seule dans cette immensité. Superbe !


Nouis roulons ainsi pendant des kilomètres, arrivons à un village de chalets avec un superbe grenier classé,
des fleurettes qui ont des allures de gagée, qu'en pensez-vous ?


et de l'autre côté, à la sortie, au fond de la vallée

se blottit sous les arbres, au bord d'une rivière turbulente,

un village de poupées, non, de bergers plutôt avec ses cabanes de couleurs et ses bergeries.


Se serait un excellent endroit de pique-nique, et c'est bientôt l'heure ! Ballade digestive vers l'amont de la rivière Valldola et une chute d'eau qui gronde.

Nouvel arrêt à la cascade Gudbrandsjuvet. Le puissant torrent s'est taillé une voie profonde et étroite entre les rocs. Et une superbe plateforme métallique permet de surplomber, d'enjamber et de faire le tour de cet entonnoir. Je connais de mécano-soudeurs qui auraient aimé la construire cette belle pièce. L'installation a dû en être délicate.

Et après la traversée de cette rude montagne nous avons la surprise d'arriver dans la vallée de Valldalen qui est la plus importante région productrice de fraises de plein champ de Norvège ! Des stands au bord de la route en proposent aux passants. Elles sont délicieusement parfumées ...


Un bac nous fait traverser rapidement le Norddalsfjord, et nous allons rejoindre à 22 km Geiranger et son fjord,

inscrit depuis peu au patrimoine mondial de l'Unesco. Nous y arrivons de la meilleure façon : par la célèbre route du "Nid d'aigles" qui surplombe de ses 1000 m d'altitude le fjord le plus célèbre de Norvège.


Superbe et vertigineux. Nous descendons très rapidement vers le village si petit en bas, et très fréquenté. Le temps n'est pas aussi maussade que ce matin, mais c'est encore très gris. Nous n'arrivons pas à trouver où passer pour aller sur l'autre rive, et à l'heure qu'il est nous pouvons encore prendre un ferry qui nous amènera à Hellesylt après avoir navigué tout au long de ce fjord.


Juste avant la cascade des Sept Soeurs, dans une prairie en pente presque douce, on aperçoit une ancienne ferme perchée bien haut au-dessus du fjord. Pendant des siècles des familles ont vécu ici ! attachant les jeunes enfants pour qu'ils ne tombent pas à l'eau pendant leurs jeux, descendant ce mur chaque fois qu'il était nécessaire, et pour aller à l'école qu'il fallait atteindre ensuite en ramant, et rentrer de la même façon.

Voilà qui devait former des hommes et des femmes bien trempés et musclés ! Quelle vie terrible ont du avoir les habitants de cette région !

Mais du pont du ferry, on trouve que le paysage défile trop vite et que c'est grandiose ... Vraiment du très grand spectacle !
 

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 12:24

7 Août 2008
Il a plu pendant la nuit, mais pas au point de remplir un peu plus la rivière Surna ! Nuages et soleil nous font un paysage tout gai pour notre départ.

La brume enrubanne et coiffe les collines le long de la route 670.

De belles boites aux lettres nous retiennent quelques minutes (7 semaines, ça permet de prendre le temps de beaucoup regarder le long de l'itinéraire choisi.) ainsi que des vieilles fermes ici et là.

Arrivée au quai de Kvenna pour le bac qui nous menera en quelques minutes à Rykkjem, passage nécessaire pour arriver à la ville toute moderne de Sunndalrosa, tout au fond du Sunndalsfjord. C'est la principale ville de production de l'aluminium. Et c'est toujours une surprise de voir ces équipements industriels au milieu de sites qu'on croirait totalement préservés : hautes montagnes, eaux sombres et profondes.

Nous sommes maintenant arrivés au coeur de la région appelée "Norvège des fjords". Les montagnes autour de nous varient de 1100 à 1600 mètres.
Au confluent des fjords Eres et Lang une ferme-musée nous accueille pour une visite libre.

Les greniers construits en 1630 sont la partie la plus ancienne de l'ensemble. Ils sont doublement protégés des rongeurs : posés sur des pieds de pierre recouverts d'une dalle et l'escalier d'accès en est séparé de quelques centimètres.

Le grenier de droite servait à stocker la part des récoltes qui permettait d'acquitter l'impôt : 1/10ème du revenu de la ferme, en espèces ou en produits fermiers.

Un petit moulin installé auprès du chemin (de la route aujourd'hui) permettait de moudre les céréales.

Beau mécanisme tout en bois.

Nous avons les pieds couverts de rosée, et il est agréable de prendre le petit café du matin entre cette ferme et le fjord au fond de l'à-pic (paysage électrifié bien sûr ...)

Quelques km après nous sommes en pleine montagne. De temps en temps j'aperçois une fleur lie de vin qui m'intrique et m'attire. Souvent les bas-côtes sont tondus, et Camille me dit que c'est une chance pour lui, sinon il lui faudrait s'arrêter encore plus souvent ! Cette fois-ci j'attendrai un peu de la rencontrer à nouveau !

Nous arrivons au col de Fjellgarden qui n'a que 500 mètres d'altitude, nous avions cru beaucoup plus ! Un cycliste y arrive en pleine forme et vient discuter avec nous. Il est l'ami d'un coureur norvégien qui a remporté une étape du tour de France. Celui-ci met 18 mn pour gravir le col, alors que notre interlocuteur en met 38 ... Il nous demande si nous avons vu la somptueuse cascade qui se jette dans le lac au fond de la vallée derrière nous. Non.
Dommage c'est l'une des plus belles du pays ! Nous avons raté la cascade Mardalen ...

Nous quittons la grande route pour aller jusqu'au fond d'une presqu'île voir l'église en bois debout de Rodven.

à côté de laquelle en a été construite une au 19ème siècle. La stavkirke doit revenir de loin ...

Le porche nord est antérieur au 14ème siècle, et il est soigneusement protégé par une porte

la nef et ses peintures sont  du 14ème siècle ;

et la décoration du choeur est baroque (18ème). La pose des étais est de la même période.

L'eau des fjords est émeraude, des mouettes s'envolent en jettant leur cri, et nous arrivons à Andalsnes, point de départ pour la célèbre route des trolls "Trollstigen".

Il y a beaucoup de nuages accrochés au sommet des montagnes quasi-verticales qui longent les étroites vallées qui convergent ici. Il est temps de nous arrêter, dans un terrain de camping, les places ont l'air rares ailleurs.
Wi-fi gratuite, nous faisons notre courrier électronique. Et discutons avec notre hôtesse. Des congés qui sont accordés aux jeunes mamans en Norvège, par exemple : 10 mois payés à 100 % ou 12 à 80 %. Voici un congé qui doit favoriser la natalité !

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