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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 15:45

Il y a tant d'expositions simultanées au Mucem que nous en avons sûrement fait des visites bien différentes, les treize personnes de notre groupe !

Au rez-de-chaussée la galerie de la Méditerranée, exposition permanente, présente les caractéristiques qui ont fait de ce bassin un univers singulier. En voici quelques images.

L'invention de l'agriculture sur laquelle veillait la déesse Cérès (tiens, les Marseillais ont une affection particulière pour elle)expo 02rassemble la gestion de l'eau depuis les machines hydrauliques, les moyens de transport et de stockage ...expo 01l'élevage dont un relevé de peintures du Tassili n'Ajjer rappelle que le Sahara ne fut pas toujours un désert ;expo 03la culture des céréales avec des outils de moissonneurs, faux, doigtiers, gantelets, mais surtout une maquette de moissonneuse gauloise qui nous vient de l'entreprise Deering harvester C° de Chicago par l'intermédiaire du musée des Arts et Métiers ; puis la transformation en farine, pains et pâtisserie ;expo 04J'oublie l'olive, le commerce des produits agricoles, la symbolique du pain ... car il est temps de passer à l'évocation des religions, l'arrivée des religions monothéistesexpo 05aussi représentée par ce tableau grec du 18ème où  les mots (maux ?) du pêcheur de droite sont  des serpents qui lui sortent de la bouche et qui se tordent pour le mordre à nouveau ;

et Jérusalem, ville trois fois sainte.expo 06où nous avons vu Georgette et Jeany devant le Mur des Lamentations ...

Quelques gravures de Marc Chagall illustrent la vie de Moïse

expo 08expo 07

parmi lesquelles Moïse sauvé des eaux et Moïse brisant les tables de la Loi.

 

Trois masques funéraires du Fayoum sont exposés pour illustrer la citoyenneté,expo 09

mais ils me rappellent surtout le très beau livre de Jeanne Benameur, "Profanes". Dans ce même secteur il y aussi la prise de la Bastille, et une guillotine, une vraie construite en 1872 pour remplacer celle brûlée pendant la Commune. On peut aussi avoir des frissons en parcourant la Galerie de la Méditerranée ...expo 10

La façade du musée présente la vue insolite d'une artiste espagnole, costume de tauréador, chaussures de danseuse flamenca, une épée à la main droite, une cocotte minute sous le bras gauche. Elle illustre l'exposition  "Au bazar du genre, féminin/masculin en Méditerranée"que nous avons visitée, Marie Rose et moi avec le plus grand intérêt.

Vaste(s) sujet(s) classés en cinq thématiques. "Mon ventre m'appartient" illustré par des oeuvres de tous temps ; statuettes de l'Egypte antique et tableaux et sculptures de Louise Bourgeois ou Niki de Saint Phalle, mais aussi des réalisations très fortes d'une artiste de Bosnie Herzégovine, Sandra Dukià :

expo 11expo 12

"Marie toi" et "Enfante" : dramatiques !

Dans la thématique "Les chemins de l'égalité"  les photos de la campagne publicitaire de LG, producteur d'équipement électro-ménagerexpo 13 sont beaucoup plus légeres pour dénoncer la place des hommes dans l'exécution des tâches ménagères : "De la cueillette à la chasse, puis de la chasse aux courses, l'Homme dans son incroyable évolution vient de découvrir où ça se range". Il y a quatre affiches de la même veine, conçues par Laurent Sully Jaume de l'Agence V en 2004. Je ne me rappelle pas en avoir vu une seule dans les médias ...expo 14

"Vivre sa différence", "Mon prince viendra" et "Chacun son genre" sont des thèmes délicats autour du bassin méditerranéen et la façon de les traiter est forte et doit frapper les imaginations. A moins qu'elle ne fasse fuir les visiteurs qui se sauvent en disant "C'est vraiment le bazar ici !"

"Le Noir et le Bleu" évoque surtout les rapports nord-sud souvent douloureux autour de la Méditerranée, du moins c'est ce que j'en ai retenu. Mais le temps de notre rendez-vous pour prendre le déjeuner arrive, et nous n'avons plus de temps.

Nous n'avons rien vu de tout ce qui était présenté au Fort Saint Jean, dommage ...

L'après-midi est bien vite passée, il fallait rentrer, mais pas bredouille. Les plus sensibles à la culture du pâin et de la pizza ont ramené une palette de boulanger !expo 15

Notre intéressant voyage à Marseille tire à sa fin. Bientôt viendra le moment d'en tirer des conclusions et de faire de nouveaux projets. Pourront-ils encore ressembler à cette visite ou devrons-nous revoir complètement notre formule pour tenir compte de ceux qui ne se déplacent plus avec la même vitalité que nos deux Bernard qui font encore des compétitions de vitesse dans les escaliers de la gare Saint Charles ?expo 16

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 15:40

Mucem 00Nous avions prévu, Georgette et moi (privilège des chargées d'affaires culturelles) que nous passerions l'entière troisième journée de notre voyage à Marseille au Mucem.Mucem 01

Nous en avions tant entendu parler et vu tant de reportages que nous pouvions craindre d'éprouver une impression de déjà vu. Eh bien, pas du tout ! Nous avons été émerveillés par ce que nous avons découvert. Déjà la veille depuis le palais du Pharo avec une vue presque aérienne qui, du port des ferries jusqu'au Vieux Port comprenait ausi la tour CMA CGM conçue par l'architecte anglo-irakienne Zaha Hadid, le J4, la Major et le fort Saint Jean.

Peut-être encore plus Camille et moi en raison du triste souvenir que nous avait laissé le terrain vague-parking où nous nous étions fait gazés et plus il y a quelques annés, devenu esplanade de l'ensemble qui comprend le grand bâtiment recouvert d'une résille de béton conçu par l'architecte marseillais Rudy Ricciotti ;Mucem 04

  à côté, séparé par une darse nouvellement creusée,Mucem 02la Villa Méditerranée de l'architecte Stéfano Boeri avec un porte-à-faux de quarante mètres donne une impression d'équilibre fragile mais me semble, placée là, manquer d'audace ;Mucem 12

à l'autre extrèmité de l'esplanade la Major, cathédrale néo-byzantine est toujours en travaux .... depuis 10 ans ?Mucem 03Patout ce sont des jeux de volumes, de lumière, d'ombre, de miroirs ...

Et des mots d'urbanistes, de concepteurs, d'architectes que nous lisons et entendons ici et là.Mucem 05

                                                                    Coursives ;

Mucem 06                                                                       Transparence ;

Mucem 07

Terrasse ouverte sur le ciel, fitrant la lumière (et que je regrette que nous n'y ayons pas déjeuné ou que nous n'ayons pas passé quelques minutes sur les méridiennes qui nous invitaient au repos !)Mucem 09Passerelles entre les civilisations ; passerelles hautement techniques alors qu'elles semblent un simple trait jeté entre deux époques .Mucem 08La deuxième passerelle qui relie le Fort Saint Jean à l'esplanade de l'église Saint Laurent et au quartier du Panier (attention, elle n'ouvre qu'à 11 heures !)Mucem 11Les passerelles sautent les siècles et les civilisations !

Mais avant il a fallu passer par les jardins méditerranéens reconstitués dans le fort, Mucem 10jpg et repartirons-nous sans passer par la voie ouverte au pied du fort, qui n'en fait pas tout à fait le tour ?Mucem 13Oui, car il faut choisir entre les expositions, les lieux et ... les boutiques !

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 18:49

Marseille 0000Avant notre rendez-vous sur l'esplanade de Sain Victor pour une visite guidée nous avons continué dans les couleurs du Midi.

Rue d'Estienne d'Orves la statue de Milon de Crotone en train de mourir sous les dents des bêtes sauvages avait été affublée d'un étrange bonnet qui lui faisait un gros papillon autour du cou ... L'immense athlète antique et Pierre Puget qui l'avait sculpté au 17ème siècle devaient se retourner dans leurs tombes ... Ça c'était pour le rose indien.Marseille 50Au restaurant l'Aromat, rue Sainte nous avons eu, dans des assiettes colorées une nourriture inventive, parfumée et surprenante. Françoise a résisté devant ses oeufs à la neige flottant sur une crème très verte ! C'était donc violet, vert et plus !

Marseille 52Marseille 51

Nous avons poursuivi par les ateliers du santonier Marcel Carbonel en regardant les peintres qui décorent à la main chacun des sujets, de la tenue somptueuse des rois mages, jusqu'aux yeux des jeunes agneaux en passant par les bâts des chameaux et les ponts des villages provençaux.

Toujours rue Sainte, en nous rapprochant de Saint Victor, à quelques pas des ateliers il y a la boutique des santons Marcel Carbonel.Marseille 54Marseille 55

Là les couleurs sont nombreuses et très codifiées, afin de respecter le catalogue établi depuis bien longtemps.

Le "Four des Navettes" sent bon ces biscuits secs traditionnels d'une belle couleur blonde.

Et nous sommes arrivés sur le parvis de l'abbaye Saint Victor, d'abord attirés par la vue sur le Vieux Port et le fort Saint JeanMarseille 56que sur l'église. Pourtant elle est si étrange qu'elle retient le curieux. Nous sommes arrivés un peu tôt à notre rendez-vous et en avons fait le tour. J'en parlerai dans un article spécial. Marseille 57

La visite que nous avons choisie, Georgette et moi, est intitulée "D'un empire à l'autre" et se tient sur la rive sud du Vieux Port.

 

Notre guide va nous faire visiter ce quartier en nous racontant son histoire de l'empire romain jusqu'au second empire.

Cette rive escarpée fut, à l'époque helleniste une carrière et une nécropole.

Après la conquête romaine et l'écrasement de la civilisation grecque, la ville continua à s'étendre sur la rive nord et la fonction de nécropole perdura là où nous sommes.

Le pouvoir romain fut transféré à l'église (qui en garda l'organisation et les symboles ; nous sommes muets de stupéfaction en entendant ça, et il a fallu des exemples pour vaincre notre septicisme : couleurs, langage des écrits, vêtements des sculptures ...) qui s'établit à l'emplacement de la nécropole, là où avait été déposé le sarcophage de Saint Victor. !

Le "désert" de Saint Victor, espace autour de l'abbaye et le fort Saint Nicolas voisin appartenaient au roi. Il fallait alors un jour complet aux habitants de l'anse des Catalans pour arriver à Marseille dont les limites s'arrêtaient à la Criée ...

Le fort Saint Nicolas a été construit sous Louis XIV. C'était le grand arsenal et le chantier de construction des galères du royaume qui employait 20000 personnes : 12000 esclaves et ouvriers sous les ordres de 8000 officiers et sous-officiers.Cette forteresse ostentatoire défendait le royaume contre les intentions belliqueuses des Marseillais si éloignés de Versailles ! C'était un moyen d'asseoir le pouvoir royal. Ce fut le premier bâtiment demantelé à la Révolution ... mais reconstruit par Robespierre. Il reste le symbole de l'état. Aujourd'hui c'est un chantier de réinsertion par la restauration des bâtiments.

Les immeubles que l'on voit autour de nous n'ont été construits qu'après la Révolution, avec les pierres de l'abbaye et celles du palais de la forteresse.

Un projet de canal mené par M Zola, le père d'Emile, avant le fort Saint Nicolas fut échafaudé en 1830, alors que les relations avec l'Afrique du Nord se développaient. Il fut concurrencé par la possibilité d'un nouveau port sur la rive nord. C'est celui qui fut retenu, privant la partie sud d'un grand développement.

Le caractère du quartier est mal défini, hésite entre bourgeois, industriel et populaire. Des projets architecturaux n'ont pas été finis ; le parcours impérial sous Napoléon III fut défini, de grandes avenues partiellement tracées qui devaient mener jusqu'au palais impérial du Pharo ...

Mais nous faisons un détour par la plage des Catalans.Marseille 21Il y eu le long de la plage un lazaret où étaient soignés les malades débarquant des bateaux. Cette infirmerie abandonnée a été squattée par des gens venant de Catalogne, qui ont donné leur nom à la plage.

Le récit du Comte de Monte Cristo commence ici, et le quartier doit une grande partie de sa célébrité à Alexandre Dumas.

Entre ateliers abandonnés ou actifs, villas Art Nouveau ou tours des années 60 nous sommes arrivés au jardin du Pharo. Marseille 65Un ensemble monumental de Bernard Venet (mais nous avons déjà vu ça à Salzbourg ?) occupe le centre de la pelouse et nous retient un instant, le temps de nous rendre compte de la perspective qui s'étend vers le nord sur le fort Saint Jean et le Vieux Port éblouissants dans la lumière du soir.Marseille 66

De gauche à droite le port (cf frise) dont l'activité est maintenant limitée à l'accueil de ferries et de bateaux de croisière, la tour Saade, siège de la CGM-CMA qui gère ici le trafic mondial de ses porte-conteneurs, le MuCEM (le J4 tout en dentelle et le fort Saint Jean enfin ouvert au public depuis quelques mois), la Major, une des plus grandes cathédrales de France (?) et le Panier derrière le fort, le Vieux Port et le fort Saint Nicolas ...

On revient au palais du Pharo, qui coûta une fortune, où Napoléon III ne vint jamais, que la ville disputa à sa veuve Eugénie dans un procès perdu par Marseille, mais qu'Eugénie lui offrit. Jamais vraiment fini, il a été école de médecine, et est maintenant un centre de congrès ...

Nous avons dîner sur la place aux Huiles, dansun restaurant ouvert dans d'anciens entrepots aux voutes de pierre. L'endroit est très animé, ce n'est peut-être pas un critère de qualité pour les restaurants.

Nous sommes rentrés à l'hôtel à pied, les yeux attirés vers l'Hôtel Dieu et la Mairie tout en lumière, Marseille 70et l'Opéra que je préfère dans la version sans les éclairages trop contrastés. Marseille 69

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 12:00

Je veux continuer à montrer quelques oeuvres exposées à Marseille dont la photographie est interdite, que j'ai donc trouvées sur internet en donnant quelques liens qui permettent 'accéder à des sites bien illustrés.

 

D'abord beaucoup d'oeuvres d'Henri Edmond Cross dont je n'ai rien copié ou encore, mieux sur ce lien toutes ses oeuvres, le texte est en anglais, mais les peintures se regardent dans toutes les langues !

 

Picabia, Monet et tant d'autres, sur ce lien, un peu fourre-tout !

 

Quelques oeuvres des Fauves, différentes de celles-ci.

1Braque Georges Le viaduc de l Estaque 1907 1908

Braque, le viaduc de l'Estaque ;

 

1derain-andre-le port de pêche 06

 

Derain, le port de pêche ;

 

1Friesz le Bec de l'Aigle a 

Friesz, le Bec de l'Aigle ;

1Matisse la plage rouge

et Matisse, la Plage rouge.

 

On change, on passe au début du cubisme avec 1Dufy maison à l'estaque

Et Cézanne avec des Sainte Victoire dont voici une des dernières (il en a peint environ 80 !)

 

Et il y avait tant d'autres artistes qu'il faudrait le catalogue pour revoir avec cet immense plaisir ... Je joins les derniers tableaux que j'ai collationnés, pêle-mêle, toutes époques confondues.1Derain vue de Collioure

Derain, vue de Collioure ;

 

1Friesz La Ciotat

Friesz, La Ciotat ;

 

1monet-cap-martin

Monet, Cap Martin ;

 

Laugué.achille le port

Laugué, le port de Collioure ;Marquet albert-The-Terrace-at-l Estaque et enfin Marquet, la Terrasse de l'Estaque.

Bonne lecture !

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 11:36

Marseille 000Nous ne devons être au Palais Longchamp qu'à 10 heures. Ça nous laisse le temps d'aller au marché de Noailles par la rue des Capucins.

C'est l'une des plus animées de ce quartier un tantinet oriental. Dans les étals de fruits les figues de Barbarie, les grenades, les dattes fraiches nous paraissent bien exotiques.Marseille 40Quant aux poissons, il s'appellent barracudas, sabres, muges, bogues et sévereaux. Sont-ils exclusivement méditerranéens ou portent-ils un autre nom ailleurs ? Des fruits et des poisson qui ne remontent pas le Rhône jusque chez nous ?

 

Marseille 41-copie-1Marseille 42b

La rue de Noailles qui a donné son nom au quartier était aristocratique avant la Révolution. Après elle  devint  bourgeoise. Le développement de la ville et des transports la fit populeuse et saturée. Elle disparut ainsi que les belles demeures qui la bordaient lors du réaménagement du quartier. Les halles de Noailles furent construites en 1837 et ont souvent changé d'activité depuis : bourse du travail en 1887, gare de tramway en 1893 elle est maintenant station de métro.Marseille 43La déesse Cérès entre deux corbeilles d'abondance semble veiller sur le marché. Il ne faut pas se fier aux apparences,  c'est la Paix qu'elle commémore, celle conclue avec le Royaume Uni en 1802 ... qui ne dura qu'un an. La statue a souvent changé de quartier, et fait une halte en haut de la rue. N'est-ce finalement pas l'endroit idéal ce lieu de commerce de fruits et légumes pour la déesse de l'agriculture, des moissons et des récoltes ?

Nous avons encore le temps d'aller voir le marché aux fleurs de la Plaine, un peu plus haut après le Palais des Arts. Marseille 44-copie-1

Cet espace éloigné de la ville et du port au 13ème servait de camp aux croisés avant leur embarquement pour Jérusalem. Il fut aussi champ de manoeuvre et lieu d'accueil des hôtes de marque. En mai 1319 Robert 1er roi de Naples et Comte de Provence ; en janvier 1516 François Ier encore triomphant de sa victoire de Marignan ; en novembre 1564 Charles IX avec sa mère Catherine de Medicis ; en novembre 1622 Louis XIII ... et j'arrête ici la liste, il nous faut poursuivre !

Le 14 novembre 1886 c'est d'ici que s'envolèrent Louis Capazza et Alphonse Fondere pour la première traversée aérienne de la Méditerranée en ballon : Marseille-Sud de la Corse ! Marseille 45

Quant à Jean Giono son père l'accompagnait ici pour faire le tour du monde, pas moins que ça ! Un grand bassin s'étendait sur la place où naviguait une maquette de paquebot qui pouvait embarquer une dizaine d'enfants. La croisière que le capitaine appelait "tour du monde" durait le temps de faire trois fois le tour de la pièce d'eau.

Nous sommes redescendus (eh oui, on continue à monter et descendre à Marseille, c'est une ville construite sur combien de collines ?) vers l'église des Réformés, grand sanctuaire néo-gothique dont le décor sculpté n'a jamais été réalisé par manque de crédits. Par contre la place de Stalingrad voisine est ornée d'une fontaine somptueuse. Marseille 46

Ses nombreux jets d'eau scintillent sous le soleil. Au sommet des jeunes femmes remplissent leurs jarres. Elles vont y rester longtemps car ce sont les Danaïdes aux enfers qui doivent essayer de remplir leur tonneau percé, pénitence éternelle pour avoir tuer leurs maris.

Quelques minutes de tram et nous voici devant le Palais Longchamp, le château d'eau de Marseille auquel son architecte, Henri Esperandieu a accolé un musée des Beaux Arts et un muséum d'Histoire naturelle.Marseille 47Les dauphins roses ce sont les concepteurs des manifestations de Marseille-Provence 2013 qui les ont ajoutés. Ils font partie de l'opération "Funny Zoo" tout comme de nombreux animaux dans le parc derrière la colonnade où nous n'irons pas, et ceux très colorés que nous avons vus hier autour du Vieux Port.

Revenons au chateau d'eau, à sa cascade, sa colonnade, ses bassins et ses sculptures allégoriques. La Durance est triomphante et généreuse au sommet, sur un char tiré par quatre taureaux de Camargue qui vient de passer un arc de triomphe. Marseille 49Au rendez-vous nous sommes les bons premiers, un peu en avance, ça nous donne le temps de prendre un café en face, non ?Marseille 48Un peu plus tard, après avoir résolu encore un problème d'accès fermé à l'étage, de retour à l'unique entrée au pied de l'édifice, de s'être fait accompagner en ascenseur par une personne responsable, toute notre équipe a pu admirer l'exposition "de Van Gogh à Bonnard" et tout comme ces peintres qui ont été subjugués et inspirés par la lumière du sud nous avons été éblouis par leurs oeuvres.

Nous aurions aimé (je sais bien que je n'ai pas été la seule à être tentée) voler quelques photos ... Mais j'ai été vue, et une gardienne m'a fermement demandé d'effacer la photo que j'avais prise, ce que j'ai aussitôt fait. L'équipe au complet qui avait dû me voir grâce aux caméras de surveillance m'est tombée dessus, venue contrôler que j'avais bien effacer les images clandestines, puis m'a pistée tout au long de ma visite, passant la consigne aux gardiens, de salle en salle. La police est bien faite à Marseille et les malfaiteurs n'ont quà bien se tenir !

Donc je n'ai pas pris de photos, je me suis contentée de notes et depuis j'ai consulté le web. De très nombreux tableaux parmi ceux que nous avons vus y sont. D'autres pas, problèmes de droit. Ceci me rappelle une expo Gauguin que j'ai récemment vue à Londres. L'interdiction de photographier était expressement notée à côté des tableaux pour lesquels le musée n'avait pas obtenu les droits, les autres étaient libres de photos ... Bien sûr ça se passait en Grande Bretagne, état d'esprit tout différent !

Voici quelques unes de mes plus belles découvertes, disponibles sur internet, accompagnées de quelques réflexions des peintres. 1Monet bordigheraMonet "C'est si beau, si clair, si lumineux ! On nage dans l'air bleu, c'est effrayant."    Monet, Bordighera.1Monet cap d'Antibes mistralMonet, mistral au Cap d'Antibes.

 

La salle des pointillistes fait la part belle à Signac bien sûr.

"J'ai là de quoi travailler pendant toute mon existence. C'est le bonheur que je viens de découvrir." 1Signac paul Port de Saint-TropezSignac, le port de Saint Tropez.

avec qui on trouve des peintres que je ne connaissais pas du tout ou dont je n'avais pas vu d'oeuvres pointillistes.1valtat-roches-rouges-agayValtat, Roches rouges Agay ;1Theo van rysselberghe703Théo van Rysselberghe ;

1Picabia Francis-Saint-Tropez-Effet-De-SoleilFrancis Picabia, Saint Tropez, effet de soleil.

 

Et les premiers Fauves qui ont rapidement préféré des couleurs plus douces, 1Camoin LeportdecassisauxdeuxtartanesCamoin ;

Manguin henricharles-Henri Charles Manguin ;Marquet Saint tropezet Albert Marquet.

 

On est ensuite passé à Collioure et le Roussillon avec Derain et Maillol ; aux paysages proprement fauves avec Dufy, Braque et Friesz. Mais je ne peux plus ajouter de photos, l'article serait trop long à charger et je ne pourrais plus partager mon plaisir avec mes lecteurs ...

Alors je vais en rester là pour maintenant et y reviendrai un peu après.

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 21:45

Marseille 00Le tour de la ville en bus à double pont a beau s'appeler "grand tour" il reste assez modeste mais très agréable sous le ciel si bleu. C'est ainsi que se poursuit notre visite de la ville.

Départ depuis le Vieux Port où le reflet des mâts frisse le long des pontons.Marseille 20Après le quai de Rive Neuve nous passons sous l'abbaye Saint Victor et le palais du Pharo que nous visiterons demain. Nous arrivons très vite à la plage des Catalans et à son Cercle des Nageurs, là où s'entraînaient les Manaudou.Marseille 21Le sable, les jeux et les îles du Frioul à l'arrière plan font de cet endroit une des plages favorites des Marseillais.L'eau doit être à une température idéale appréciée par les habitués.

Je ne suis pas du bon côté pour voir le petit port du vallon des Auffes, nous passons le monument aux morts et nous voici déjà au Petit Nice où le chef Passedat exploite ses talents et ceux de son équipeMarseille 23Nous quittons la corniche au vallon d'Oriol pour monter à Notre-Dame de la Garde, la bonne mère des Marseillais.Marseille 31La basilique romano-byzantine, du haut de ses 160 mètres veille sur les marins, les Marseillais et les gens de passage depuis l863. Elle a été construite à l'emplacement d'une très ancienne chapelle qui partageait le site avec un fort chargé de "garder" la côte. Leurs pierres ont été utilisées pour surélever le nouveau sanctuaire. Et c'est ainsi qu'il y a encore des escaliers à grimper avant d'arriver sur l'esplanade qui domine l'ensemble de Marseille, de son port et une tour bleue qui n'était pas là lors de notre visite précédente.Marseille 24 Quelques marches pour entrer dans la nef  de pierres polychromes étincelante de mosaïques dorées.Marseille 26Je ne suis pas très sensible aux styles néo ... particuliers à la fin du 19ème siècle mais je trouve les ex-voto particulièrement touchants, tant les tableaux que les maquettes de bateaux suspendues en guirlande aux corniches.

Marseille 28Marseille 27

Légende ou réalité : on dit qu'il n'est pas rare de voir ici prier des femmes de toutes religions ? L'archipel du Frioul s'étire sous le soleil derrière les quartiers auxquels nous essayons de donner un nom : est-ce que toutes ces constructions désordonnées sont à Roucas-Blanc ? et la pointe la limite de l'Anse des Cuivres ?Marseille 30Bernard n'est pas là pour nous répondre alors allons rejoindre nos amis qui nous attendent en bas à côté de la table d'orientation, peut-être savent-ils ?Marseille 25Nous prenons le bus suivant pour redescendre en ville par des rues vertigineuses bordées de jardin publics, privés et parfois suspendus qui me font penser à la Toscane.Marseille 32Au Vieux Port l'Ombrière a changé de physionomie et nous dessine une tranche de bateaux dans le ciel.Marseille 33Nous avons le temps de déguster quelques huîtres remarquables chez Toinou spécialiste des fruits de mer en face de l'hôtel dont l'étalage nous chatouille les narines et les yeux à chacun de nos passages. Trop dur de résister quand on a réussi à se dégager un peu de temps avant de changer de quartier pour aller au spectacle !

Cours de Belzunce nous prenons le super tram, ligne 2 vers Euroméditerranée pour le théâtre Joliette-Minoterie, passons devant l'ancien théâtre Alcazar transformé en bibliothèque municipale dont l'entrée est surmontée par la somptueuse marquise du 19ème siècle, longeons la rue de la République dont toutes les vitrines sont fermées par de grandes planches d'aggloméré : c'est absolument sinistre il n'y a plus un commerce dans ce qui dut être une artère de Marseille, et arrivons place Henri Verneuil, une place qui ressemble encore un peu à un chantier,

Marseille 36 Marseille 35bordée qu'elle est par des docks et des silos en transformation qui vont devenir des appartements et des commerce de luxe pour les uns, des centres culturels pour les autres. Quant au théâtre inauguré la semaine dernière avec "Une flûte enchantée" de Peter Brook dont nous venons voir une représentation il sent encore le goudron, la peinture et la colle !Marseille 37

Le mur du fond de la salle d'accueil est occupé par une biblothèque qui semble disponible pour les spectateurs en attente de spectacle, un vrai plaisir !

La mise en scène de Peter Brook et les transformations qu'il a apportées au dernier opéra de Mozart sont bien connues, ce spectacle créé il y a trois ans au théâtre des Bouffes du Nord a reçu d'excellentes critiques, a été distingué et tourne depuis dans le monde entier. Marseille 38Certains n'aiment pas le décor minimaliste de bambous nus qui constituent le seul décor, ce soir ils ont rempli leur rôle et se sont substitués aux palais, à la prison, à la forêt, à la chambre au gré des scènes. L'ensemble de la salle, plutôt jeune, a beaucoup apprécié cette flûte qui a fait l'unanimité parmi nous : nous avons aimé ces jeunes artistes, le magicien et la simplification de l'oeuvre dont nous avons retrouvé tous les grands airs en allemand, et les textes en français ! Nous avons bien fait de la choisir, Georgette pour spectacle de notre sortie !

Christiane, chargée de choisir les restaurants et ce que nous y mangerions nous a ensuite guidés depuis la belle place Sadi Carnot aux immeubles à pans coupés jusqu'au Vieux PortMarseille 41à "Une table, au Sud", tenue par un jeune couple, Ludovic et Karine Turac. Nourriture délicieuse présentée de façon originale.

Rentrer à pied jusqu'à l'hôtel nous a permis une toute petite promenade digestive. A demain !

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 11:52

Marseille 0Impeccable le TGV pour aller à Marseille depuis Valence en moins d'une heure ! C'est après que ça devient plus difficile ...

Bien sûr que Marseille s'adapte aux règlementations relatives à l'accès des lieux publics par les personnes à mobilité réduite ! Mais à sa façon : avec quelques marches avant d'atteindre un escalier roulant ou un ascenseur qui peut être en panne ! C'était le cas ce mardi et il était donc difficile d'arriver jusqu'au métro par les escaliers ET les ascenseurs arrêtés. Josseline et Camille ont eu beaucoup de mal et ont dû recourir à un taxi pour arriver à notre hôtel très central, rue de Rome à quelques pas de la Canebière.

Et du "détournement de la Canebière" de Pierre Delarue, un "des gestes artistiques forts de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la Culture". La force de la représentation serait sûrement plus flagrante si nous connaissions le palais qu'il dissimule. Voici satisfaite une première interrogation "mais qu'est-ce que c'est ? " que des mois d'images avaient suscitées :  un immense trompe-l'oeil posé sur le bâtiment de la Bourse qui semble dédoubler la Canebière..Marseille 02D'étranges animaux exotiques très colorés ont envahis les lieux les plus fréquentés, mais ce n'est pas tout à fait nouveau : en 2007 lorsque nous avons fait visiter Marseille à notre correspondante Wendy des vaches occupaient ces espaces.

Marseille 07Marseille 03

Deuxième révèlation, l'Ombrière dont il nous a semblé que la mise en place avait fait l'objet de moins de communication. C'est amusant cet immense miroir suspendu qui nous ordonne "de regarder plutôt la mer". Il est posé à l'est du quai de la Fraternité devenu essentiellement piétonnié, et à part Bernard presque tout le monde le nez en l'air, photographie son reflet.Marseille 04C'est vrai qu'il faut regarder la mer où des rameuses dont les gestes sont scandés par un tambour et guidés par un barreur sont suivies par une équipe de cameramen.Marseille 06Il s'agit de l'opération communication qui accompagne à Marseille le lancement de la campagne de dépistage du cancer du sein. Les galériennes en sont des rescapées.

Profitons-en pour jeter un coup d'oeil au palais du Pharo et à la tour du fort Saint jean qui bouclent l'horizon.

Nous ne savons où donner de la tête et des yeux, il y a aussi, comme tous les matins le marché aux poissons qui propose, juste à côté de nous les poissons pêchés dans la nuit à des prix très tentants. Mais pas pour des promeneurs qui sont venus en train pour un séjour de trois jours !

Entre la Mairie et le Pavillon M, sur la place Villeneuve-Bargemon des poutres et structures de carton sont en cours de déballage et de montage d'une ville éphémère de carton alors que nous avons prévu une visite du quartier du Panier. Les choix sont cornéliens et la condition physique va aider à nous départager. Ceux qui se sont bien sortis de l'arrivée à la gare sont prêts pour la visite de ce quartier tout en marches et pentes raides, les autres restent autour du quai du Port et de la mairie.Marseille 08Voici tout d'abord l'immense ancien Hôtel-Dieu devenu depuis quelques mois hôtel Intercontinental 5 étoiles. Son histoire remonte au 12ème siècle, mais celle du bâtiment que nous voyons seulement à 1753. Conçu par l'architecte Jacques Hardouin-Mansart le projet trop coûteux a été abandonné en 1788 alors que seulement la moitié avait été construite. Cependant en 1860-1866 l'architecte des hopitaux de Marseille y a ajouté les deux ailes latérales. En 1993 les malades ont cédé la place à une école d'infirmièrs qui quitta ces lieux en 2006. Les pelleteuses et les maçons l'ont transformée en palace ouvert depuis le début de cette année 2013 dédiée à la culture.

Notre visite commence à l'église des Accoules et son calvaire, juste à gauche.Marseille 09

La première église des Accoules a été construite au 11ème siècle, reconstruite au 13ème, on y ajouta alors le clocher qui surplombe la tour Sauveterre. L'église a été détruite à la Révolution et seul reste le clocher qui a sonné l'alerte pour la ville de Marseille pendant des siècles. C'est un de plus importants édifices médiévaux de Marseille.

Nous suivons un itinéraire proposé par le plan-guide trouvé au Pavillon M.

Marseille 11 Marseille 10

Montée des Accoules, puis rue des Moulins, ici les rues sont des escaliers. Nous arrivons place des Moulins.Marseille 12Elle est au sommet d'une butte de la ville ancienne, à l'ouest du Vieux Port. Aussi y comptait-on quinze moulins à vent au 16ème siècle. Mais la découverte de la force hydraulique fit qu'il n'en restait que trois au 19ème.

Marseille 14Marseille 13

Les rues du Panier et du Puits du Denier ont encore quelques anciennes boutiques et de belles réclames qui ont réussi à arriver jusqu'à nous. Peut-être seront-elles classées pour continuer à subsister ?

De très hauts murs aveugles, austères bordent la rue. Au fond des grilles de fer forgé s'ouvrent sur un bâtiment à péristyle. C'est assez pour nous pousser vers la cour qui l'entoure. Sur trois étages des galeries à arcades en font le tour.Marseille 15Nous sommes à la Vieille Charité, l'endroit où mendiants, gueux et autres indigents qui envahissaient la ville après les guerres et pendant les disettes étaient enfermés. C'est grand ... qu'ils devaient être nombreux ...

La chapelle au milieu de la cour a une coupole elliptique, vraie prouesse architecturale.Marseille 16Des arbres fruitiers occupaient-ils la cour du temps des gueux comme aujourd'hui ces oliviers qui font beau ?Marseille 17C'est à la fin du 17ème siècle que fut construite la Vieille Charité par l'architecte Pierre Puget, né dans le quartier. Elle répondait, avec retard, à l'édit royal de 1640 (Louis XIII)  qui prévoyait "l'enfermement des pauvres et des mendiants". Après la Révolution elle devint hospice pour vieillards et enfants, puis caserne en 1905. Heureusement que Le Corbusier remarqua son état d'abandon vers 1940 ; il alerta les pouvoirs publics et la restauration de cet ensemble fut commencée en 1961 par la ville de Marseille. C'est maintenant un espace culturel.

Aurions-nous pris trop de temps Georgette pour visiter cet endroit ? Nous sommes toutes les deux seules pour rejoindre le restaurant où nous allons déjeuner.

Voici un break bien venu avant de reprendre la visite de Marseille.

 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 12:18

Oui, bravo Hervé pour ton imagination !

Tu as sû te renouveler tous les jours pour demander au public de fermer les téléphones portables. Je crois avoir compris que vers la fin du festival il t'a fallu y réfléchir à l'avance. Qu'évoquer sans se répéter ?

Dommage que l'idée de noter tes phrases ne me soit venue qu'à la fin, c'est à dire beaucoup trop tard : il les aurait fallu toutes, tes formules.

Les applaudissements qui suivaient n'étaient pas tous pour les artistes qui allaient entrer, c'était aussi pour toi qui a su gagner quelques groupies supplémentaires ainsi !

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 17:26

Hier nous avons accompagné Roland pour son dernier voyage. J'ai voulu aujourd'hui feuilleter les albums photos pour retrouver l'ami que nous aimons tant.

C'est sûrement grâce à Roland et Marie Rose que Montmeyran a eu tout de suite beaucoup de charme. Nous nous sommes rencontrés à l'école lorsque nous allions chercher nous Céline , eux Florent. Ils nous ont "adoptés" tout de suite, et intégrés dans leurs cercles où nous avons découvert et partagé beaucoup.

Il nous a fait un cadeau de choix : l'initiation aux vins ; en commençant par le Morgon, et nous avons continué pendant longtemps sur beaucoup d'autres côteaux. Ceux du jura en deuxième lieu dès 1981...

Quelques années après le cercle des copains s'est organisé et à l'initiative de Josseline nous avons même créé une association, "les Copains d'accord", à but culturo-gastronomique !

Nous avons fait des sorties superbes de Lille à Montpellier, et de Rouen à Dijon ... Beaucoup avant l'apparition de la photo numérique, et là c'est difficile de retrouver les images.

En 2004 nous sommes allés pour la première fois dans les Pyrénées orientales. Art roman, vin blancrd04 10 01sur le port de Collioure, à l'abri du grand vent qu'il a fait ce jour-là. Et pique-nique sur le bord de la route en allant découvrir un cloître ou un prieuré perdu dans la montagne.rd04 10 02Pour les 31 décembre il n'y a pas eu beaucoup de défaillance en 30 ans pour les préparations rd05 12 01ni autour de la table. Les absents étaient cloués au fond de leur lit, jamais ailleurs ! Et surtout pas à faire des inventaires de rondelles et de raccords.rd06 12 01Les grands anniversaires, ceux qui se terminent par un 0, étaient aussi occasion à libations. Et là nous partagions tout, même l'eau !rd08 01 01

Nous avons fait nos "écoles" d'art moderne ou contemporain ensemble à Barcelone ... rd06 06 02où nous avons vu comment Miro montait les robinets. A chacun sa plomberierd06 06 03surtout si une jeune femme posait justement pour Roland !

rd06 06 05rd06 06 04

Nous avons parcouru la ville à la recherche des réalisations de Gaudi depuis la Sagrada Familia en passant par le "barri Eixample" et sommes montés jusqu'au jardin Güell. Superbes perspectives !rd06 06 06rd06 06 08Photos à côté de l'incontournable lézard de l'entrée principale.rd06 06 07Lorsque Roland avait un petit coup de pompe il s'extrayait un moment de son entourage, sans bouger et reconstituait ses réserves. Merveilleuse capacité !rd06 06 01En 2008 l'organisation de notre grande sortie à Bordeaux est revenue à Marie Rose et Bernard Bouchardon. Roland y avait participé. C'était parfait, touristique : bords de Garonne,rd08 09 01fontaine des Girondins ;rd08 09 02culturel : musées et tour de ville guidé, et gastronomique : de la maison du vin rd08 09 03où nous avons goûté quelques bonnes bouteilles rd08 09 04à de petits bistrots et d'excellents restaurants.

A Toulouse aussi l'ambiance de quelques bistrots nous a donné un grand sourire.rd09 09 01C'était bien car j'ai eu l'impression que Roland et Marie se seraient bien vus aussi avec leurs petits enfants à la Cité de l'Espace sûrement passionnés par tout ce que l'on y trouve.

J'étends un peu ces souvenirs à ses fils dont il était si fier : une dernière image de Roland prise le jour du mariage de Florent et Catherine. C'était un jour extrêmement heureux partagé avec les familles Vallon, Philibert et Martin...rd08-05-01.jpgRoland ton sourire était lumineux ! Que ton regard pétillant va nous manquer ...

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 15:19

frise 05 27 2 368Nous avons quitté Volos et nos amis, riches d'une importante documentation sur la presqu'île du Pélion

et de recommandations : visiter quelques villages de la montagne et ne pas manquer les plages de la côte égéenne.

Première étape sur la jolie grande plage de Kala Nera.Grande, de sable assez gros, elle descend doucement dans l'eau bleue du golfe Pagasétique. Parfaite pour un séjour familial balnéaire.

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Le temps est beau, alors nous nous baignons, nous rinçons à l'une des douche d'eau fraîche, nous séchons, nous asseyons pour lire sur un des bancs à l'ombre des eucalyptus à troncs de platanes, de platanes à troncs bien différents, de peupliers qui bordent la plage, et lorsque nous avons trop chaud, nous recommençons !

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Forts de la réponse de la personne de l'office de tourisme lorsque nous lui avions demandé où nous pouvions nous arrêter avec notre camping-car : "N'importe où vous ne gênerez pas la circulation" nous avions trouvé un bel endroit à l'ombre, à côté de la plage.

Nous aurions peut-être pu rester plus longtemps, mais nous ne sommes pas très forts pour un long séjour à la plage, alors Camille a dit : "Allons voir un peu la montagne".

Pélion45

 

Nous sommes partis vers Miliès qui fut la "capitale" de la région à partir du 18ème siècle. Les habitants du Pélion annexé par les Ottomans au 14ème siècle surent obtenir quelques privilèges à partir du 18ème comme porter des armes ou s'auto-administrer moyennant le paiement d'impôts. Une bourgeoisie riche avait fait des villages de montagnes des lieux de tradition et de culture ; une université ouvrit à Miliès en 1814, favorisant l'hellenisme. Les professeurs devinrent les meneurs d'une guerre d'indépendance en 1821. Ils furent arrêtés et déportés. Le Pélion a été rattaché à la Grèce en 1881.

En 1943 Miliès a été envahi par les Allemands et tous les habitants de sexe masculin exécutés. En 1955 le village se relève peu à peu, mais est frappé par un terrible tremblement de terre qui met à bas une grande partie des constructions de toute la région. Le village reprend conscience de son patrimoine à la fin du 20ème siècle, et sa restauration est entreprise.

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Une restauration intelligente, qui respecte le plan de la cité des siècles passés, avec sa grand rue bien tortueuse et étroite, même si elle est goudronnée ! Le bus régulier doit manoeuvrer pour passer entre l'église et la belle maison en face de laquelle nous sommes garés.

Cette maison traditionnelle rassemble la bibliothèque riche des 3000 ouvrages de l'école de Miliès du 19ème siècle

 

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dont un extraordinaire traité d'ornithologie "Histoire de la nature des oyseaux, avec leurs descriptions et naïfs portraicts retirez du naturel" édité à Paris en 1555. Son auteur, Pierre Belon avait observé pendant un long voyage en Orient, de la péninsule grecque jusqu'en Egypte la faune et avait consigné ses remarques dans deux ouvrages dont un exemplaire est précieusement conservé ici.

Je ne résiste pas au plaisir de copier un petit paragraphe des commentaires sur cet oiseau qui ressemble beaucoup à un canard !

" ... Car il mange les poissons qui saultent en l'aer de frayeur pour eviter la fureur du Daulphin. Il fait la guerre au poisson nommé Exocetus. Quand ce poisson se met sur terre, il court si vite qu'on ne diroit pas qu'il fust oyseau de pied plat. Il fait un etrange cry, qu'on oit de bien loing, et quand il vole en l'aer, il se monstre autant ou plus estendu que ne fait une Aigle. Il est moult gourmand, et par conséquent moult difficile à saouler et est communement  maigre. C'est un oyseau de saveur mal plaisante dont la chair est dure à digerer ..."

(Nota : j'ai été très attentive et n'ai pas fait de faute d'orthographe ou frappe dans ce passage de vieux frnaçais !)

 

 

 

 

rd10 05 27 C 182Et voici l'un des trois fondateurs de l'Ecole de Miliès. Attention aux effets d'optique. La chemise à carreaux est celle de Camille !

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En suivant les flèches nous avons pu faire notre marché.Presque tous les magasins proposent des produits de la "coopérative municipale" de Kato Gatzea : de superbes conserves de fruits, des olives, des pots d'herbes, parfois un peu insolites, mais très couleur locale.

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La place de l'église ressemble à un magnifique jardin fleuri, mais est surtout un lieu de rencontre sous les grands platanes avec ses tables de bars traditionnels.

"Il est possible d'obtenir les clefs de l'église auprès du vieux monsieur du kiosque-bureau de tabac à côté de la porte" nous disent les gens du bar du fond de la place. Mais ce vieux monsieur à qui nous avons demandé les clefs en anglais, nous a regardé d'un air sévère de la tête aux pieds, des pieds à la tête en passant par nos shorts un peu longs, mais shorts quand même, et mes épaules que les bretelles de mon T-shirt ne couvrent bien sûr pas ! Après un regard terrible il ne nous répond pas et retourne à ses affaires ! Pour un ratage, c'est réussi ! On nous avait bien prévenus que la "tenue décente" est nécessaire !

 

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Nous sommes marris et essayons de nous contenter de ce qui nous est accessible : une galerie couverte qui s'étire sur toute la longueur droite de la nef, du côté de la toute petite porte d'entrée surmontée d'un Saint Georges terrassant le mal.

 

Il y a aussi une porte ouverte sur la place qui nous permet de découvrir un narthex fabuleux !Une merveille !

 

 

 

 

 

 

 

Bien sûr les photos sont interdites, il ne faut pas abîmer ces fresques qui ont dû être arrachées au noir de fumée de siècles de cierges en prenant beaucoup de risques ! Mais il faut bien témoigner aussi ! Je suis fascinée.

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Quelle richesse, Adam et Eve, des ribambelles de saints, et un extraordinaire  Jugement dernier !La résurrection des morts, Saint Pierre  ouvre les portes du Paradis aux Bienheureux qui l'attendaient depuis des siècles,

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des démons essaient d'attraper des âmes avant la pesée, ils se font chasser par des Saints tenant de longues lances,

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alors qu'un fleuve de feu emmène inexorablement les âmes perdues vers la bouche de l'Enfer.

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Une image des occupants des cieux avec les signes du zodiaque ! Fabuleux, nous regrettons un peu moins l'iconostase que nous ne pouvons pas voir.

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Nous allons à la poste acheter des timbres pour les cartes et la collection en empruntant de petites rues pavées  où des fontaines de marbre déversent de l'eau fraîche qui court en chantant dans les rigoles.

 

Et partons vers Vizitsa que le guide ne mentionne même pas ! Et pourtant c'est un magnifique village qui avait dû être abandonné en grande partie après le séisme de 1955. Prise de conscience du patrimoine aidée par les pouvoirs publics, les maisons traditionnelles sont restaurées et transformées en maisons d'hôtes tout à fait séduisantes.

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Après avoir mis des tenues qui nous permettrons de visiter l'église, nous nous promenons longuement dans les ruelles qui ressemblent presque à des sentiers. Les jardins sont fleuris, les roses et le jasmin cherchent à nous enivrer avec leur parfum entêtant qui se mêle à l'odeur des figuiers. Les cerises sont mures et sont bien tentantes. Nous arrivons sur une place que deux platanes énormes abritent des éléments.

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Les restaurants qui l'entourent ont dressé leurs tables sous ces feuillages accueillants. Nous ne pouvons que goûter enfin à ces "cafés frappés" que nous regardons avec autant d'envie que de répulsion : de quoi est faite toute cette mousse qui occupe la moitié du verre ?

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Pour Camille c'est l'option "sucre et lait" pour moi "noir".  Et c'est servi avec un biscuit maison arrosé d'un sirop léger. Tout ça pour le même prix qu'un simple café hellenico sur une plage quelconque (2.50€) ! Et cette mousse n'est pas une chantilly quelconque, ni rien dans ce genre, elle est très compacte et a goût de café. Le mystère de sa fabrication reste entier !

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Des hauteurs du village la vue est superbe sur le golfe Pagasétique.

Ca doit être encore mieux des fenêtres traditionnelles surmontées de petites ouvertures ouvragées, fermées de verre coloré. La nuit elles sont éclairées et veillent sur la paix de la maison.

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C'est tout à fait typique du Pélion.

 

Il reste quelques bâtiments à restaurer, et à vendre.

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Il faudrait se dépêcher avec celle-ci qui semble mal en point. Elle a dû être particulièrement élégante avec son encorbellement et les ferrures de ses balcons !

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Encore un coup d'oeil à une belle toiture en lauzes et au golfe derrière, avant de redescendre versl'église. Elle est fermée, et la personne qui tient la boutique de la conserverie coopérative communale nous dit qu'elle sera ouverte samedi. Alors nous n'avons plus qu'à revenir !

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Nous repartons vers une plage en traversant la montagne embaumée de genets sur des pentes abandonnées, ou couvertes d'oliveraies anciennes qui font la réputation de l'huile du Pélion.

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