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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 13:46
Clet Abraham à Montmeyran

Je n'en ai pas cru mes yeux en voyant hier un panneau de sens interdit dans notre village transformé par Clet Abraham, cet artiste italien d'origine française, connu aussi pour ses détournements parfois polémiques des panneaux de circulation.

Je suis totalement séduite par ce que j'ai vu à Londres et à Paris ... 

Clet Abraham à Montmeyran

Montmeyran hissé au niveau des capitales et grandes villes européennes par cet artiste de "street art" ?

Surprenant !

Aussi suis-je allée voir de plus près, et j'ai vu que ce n'est pas un auto-collant qui a été apposé sur le sens interdit à côté de la poste, mais qu'il est peint. Il y a de grandes probabilités pour que ça reste longtemps : il n'y qu'à se promener dans le village pour voir que nous n'avons pas de service municipal de nettoyage.

J'aime beaucoup qu'un Montmeyranais apprécie le travail de Clet Abraham au point de le pasticher par ce détournement plutôt polémique : "l'homme du commun" de Montmeyran attaché au pilori ...

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 17:07

Je viens de mettre un peu d'ordre dans mes récits et ai attribué au voyage à Rovereto de Saoû chante Mozart les dates auxquelles nous y sommes allés : du 14 au 20 septembre.

A bientôt pour la relation de randonnées.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 05:25

Au cours de toutes les recherches qui ont été menées par les membres du "Collectif de Montmeyran 2015", Jean Pierre et Yvonne ont ramené une photographie de la salle des fêtes peu après sa construction.

Quant à moi, j'ai trouvé des informations historiques dans les opuscules écrits par trois habitants de Montmeyran.

Dans Montmeyran au cours de l'Histoire de France de monsieur Charles Ponson je n'ai relevé pour cette chronique que l'abandon progressif du village fortifié à partir du 17ème siècle. Les habitants se sont installés en bas du village déserté, dans les quartiers Ladevaux, des Cantons puis le long de la grande voie de communication menant de Crest à Valence. En 1733 la nouvelle église Saint Blaise fut construite, bizarrement orientée, chevet au sud.

En 1847 un terrain a été acheté à la famille Néry-Durozet pour construire une école, la mairie et faire une grande place. La mairie et la place sont celles que nous connaissons.

Dans Montmeyran monsieur l'abbé Vincent décrit ainsi le village au 19ème siècle : "maisons, façades et croisées ont le luxe du confortable et de la régularité ; mais l'art est banni des édifices publics."

Souvenirs montmeyranais : la salle des fêtes

C'est sûrement la raison pour laquelle monsieur Maurice Pollet, maire de Montmeyran de 1925 à 1943 a décidé la construction d'une salle des fêtes, très coquette et assez grande d'une architecture Art Déco, tout à fait innovante à l'époque. Placée au milieu du magnifique parc que possède Montmeyran (après la donation de madame Leydier née Néry-Durozet, dernière descendante de cette famille), avec bancs et éclairages publics de même style, le modernisme de l'ensemble marquait la volonté du conseil municipal d'aller de l'avant sans porter atteinte à l'ensemble du quartier. Monsieur Maurice Pollet est qualifié par monsieur André Milhan dans Notes historiques sur la commune de Montmeyran " d'où j'ai tiré ces renseignements, d'excellent premier magistrat municipal, maire d'une qualité exceptionnelle à qui la commune garde beaucoup de gratitude".

Les maires suivants qui y ont apporté des "améliorations" au cours de ses 80 années de vie lui ont fait perdre les beaux ornements de façade et en même temps beaucoup de son caractère. Mais elle a gardé ses formes typiques.

Souvenirs montmeyranais : la salle des fêtes

Les élus municipaux actuels, suivant les décisions prises par leurs prédécesseurs pendant les derniers mois de leurs mandats, s’apprêtent à modifier substantiellement l'ensemble : ils veulent construire un vaste multi-accueil dans la partie droite du parc, ne laissant qu'un étroit passage entre la salle de fête et la crèche. Suprême offense au parc, ce bâtiment serait doté d'un toit végétalisé semé de sédums qui ont une grande chance de devenir assez rapidement semblables au toit végétalisé qu'a remarqué une des nombreuses personnes qui soutiennent notre action.

Souvenirs montmeyranais : la salle des fêtes

Notre salle des fête plantée au milieu de son parc mérite mieux que ça, et c'est la raison pour laquelle nous poursuivons nos efforts avec détermination pour que ce beau projet de multi-accueil (trop grand ? trop coûteux ?) soit réalisé ailleurs.

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 18:47

Les sédums portent aussi le nom d'orpins. Il y en a une grande variété, et nous en avons rencontré deux mardi au pas des Blaches.

Je crois que la première est un sédum gazonnant. Il est encore vert parce que nous sommes juste au début du printemps, même s'il nous semble être en été. Il va devenir rouge assez rapidement, mais n'arrivera jamais à devenir un couvre-sol, ni donc un couvre-toit.

Clin d'oeil aux membres du Collectif de Montmeyran 2015

Le second pourrait être de la variété orpin rougeâtre ... et le voir explique bien son nom ...

Clin d'oeil aux membres du Collectif de Montmeyran 2015

Parmi les 41 variétés que comporte la famille des crassulaceae on trouve des feuillages jaunes, rouges, bruns, blanchâtres, et beaucoup plus rarement des verts. Ces plantes poussent dans les pierres, les graviers, les rocailles, les murs, les talus, la silice, la tourbe, les marécages, mais je ne vois pas de toits dans tous les milieux préférés.

Alors de là à penser que c'est pour ça que ça devient ce que l'on voit sur l'une des photos prises par un de nos amis, il n'y a pas loin.

Pauvres sédums sur le toit du bâtiment de droite, qui ressemblent beaucoup à de la paille cramée ... Et pauvres de nous si nous devons subir une "cinquième façade" de ce type là dans le parc, à côté de la salle des fêtes .... Où sera la verdure promise ?

Clin d'oeil aux membres du Collectif de Montmeyran 2015

Oubliez pendant quelques instants tous ces risques en admirant les espèces répertoriées sur le site Florealpes.

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 07:07

Je crois n'avoir encore jamais écrit de chronique sur notre village. Oh, quel oubli ! Nous qui allons jusqu'aux antipodes pour regarder la vie quotidienne des gens qui vivent ou la tête en bas, nous n'avons même pas regarder où vivent les Montmeyranais ?

Je dois donc commencer une visite du village. Par la salle des fêtes que nous oublions peut-être de regarder comme elle est vraiment. Un monument exceptionnel pour un village de la taille du nôtre : elle se dresse au milieu d'un grand parc riche d'arbres centenaires.

Bien sûr la façade Art-Déco a subi des transformations qui ont escamoté quelques parties du décor originel, mais elle garde bien les particularités de ce style.

Visiter Montmeyran - La salle des fêtes

La voir tous les jours au milieu de ce parc l'a peut-être rendue banale aux yeux de certains qui ne la regardent plus l'estimant insignifiante. Ce ne doit pas être le cas de cette famille, une maman et un papa, deux enfants et deux chiens qui s'amusent au soleil matinal, très froid de ce dimanche 8 février.

Rires et courses autour des jeux (pas très bien entretenus depuis qu'il y en a de nouveaux un peu plus haut) et sous les arbres et arbustes qui font des niches secrètes pour jouer à cache-cache.

Visiter Montmeyran - La salle des fêtes

Il nous faut veiller à garder un regard neuf pour mieux voir la valeur de de cet équipement unique dans l'Agglo, et peut-être participer plus nombreux aux visite organisées par "Villes et Pays d'art et d'histoire". Nous avons ainsi fait une visite du village du plus grand intérêt sous la houlette de madame Pertusa, guide de Valence Romans Sud Rhône-Alpes.

A bientôt pour continuer notre visite.

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 16:42

Bien sûr pour rien au monde le récit que voici ne concerne nos vacances, ou alors ce ne furent que de courts moments dits de repos !

Un peu long, mais superbe ce récit d'un observateur objectif !

La chronique du blédard : All inclusive

Le Quotidien d’Oran, jeudi 14 août 2014

Akram Belkaïd, Paris

Quelque part au sud de la Turquie. Au pied de montagnes chauves, dans un « resort », sorte d’enclave luxuriante pour touristes encagés où tout (ou presque) est compris, la bataille des transats fait rage. L’Allemand se lève très tôt et avant même de fondre sur le buffet du petit-déjeuner, il se dépêche d’étendre ses serviettes à la plage ou à la piscine. Sa satanée obsession de la profondeur stratégique le mène souvent à réserver plus de chaises longues que nécessaire. Au grand dam de l’Anglais, son grand rival, qui n’hésite donc pas, pensant que personne ne le regarde, à jeter les dites serviettes sur la pelouse et à récupérer quelques pliants au risque d’une grosse tchaqlala une ou deux heures plus tard. Voici d’ailleurs ce que dit le journaliste Christophe Bourdoiseau à propos de ce conflit qui peut gâcher les vacances des uns et agrémenter celles des autres : « Une véritable ‘guerre des serviettes de bain’ oppose depuis des années Britanniques et Teutons (…) La réservation est une véritable obsession chez l’Allemand. Il vous réclamera son siège numéroté dans un cinéma même si la salle est presque vide ! » (*).

Le Russe se lève tôt lui aussi ce qui n’est pas un moindre exploit quand on sait qu’il a levé le coude jusqu’à tard dans la nuit au son de Shakira ou de Tarkan. Visage bouffi, accompagné par madame, blonde, cela va de soi (même si elle est plus souvent fausse que vraie), et de leurs deux ados - tout ce beau monde faisant la mine - il accorde un bref regard de mépris à l’Allemand en train de délimiter son périmètre. Puis, la « semya » au complet chausse ses palmes et entre dans l’eau encore froide sans la moindre hésitation. En moins d’une minute, la voilà déjà au large, presqu’invisible. Son éloignement inquiète un peu l’Allemand qui se demande si les Russes ne vont pas saccager sa mise en place une fois sortis de l’eau. Il hésite à attendre leur retour mais l’appel des œufs brouillés et des crêpes à la confiture de rose est trop fort.

Le Français, lui, râle. Bien sûr, cela fait cliché que de l’écrire mais la réalité est ce qu’elle est. Pourquoi n’y-a-t-il pas de vraies saucisses de porc à la place de ces merguez de volaille au cumin est son premier grief de la journée. Quelques minutes plus tard, découvrant l’étendue des annexions germano-britanniques, il va se mettre en quête « d’un responsable » pour protester puisque le règlement – placardé sur la plage - interdit la réservation de transats : « Faut pas charrier ! Parce que, bon, je veux bien, mais quand même ! » Un garçon de plage finit par lui trouver un parasol de libre et, gros bouquin de Marc Levy ou de Jean-Christophe Grangé en main, voici notre râleur qui, enfin calmé, joue au tournesol. De temps à autre, la moitié de la plage (ou presque, n’exagérons pas) bénéficie de ses réflexions. Il juge ainsi que l’arak ressemble un peu trop à l’ouzo mais que, de toutes les façons, rien ne vaut le pastis et les vacances en Corse. Sa femme, elle, se demande si acheter un faux sac Vuitton au marché d’à-côté est vraiment dangereux. Un seul, pas dix, comme les Russes, précise-t-elle.

Tiens, voilà un Algérien accompagné de sa femme et de celle qui semble être sa belle-sœur (l’hypothèse d’une seconde épouse n’étant pas à écarter). Le premier jour, ces dames se sont baignées entièrement vêtues d’une ample robe noire. A la piscine, un maître-nageur leur a fermement demandé de quitter le bassin pour raisons hygiéniques et elles ont été obligées de se rabattre sur la plage où des dizaines de regards, curieux, réprobateurs ou carrément hostiles, ont pesé sur elles. Quelques jours plus tard, une certaine sensation de détente et de frivolité générale aidant, les robes de bain ont fini par disparaître remplacées par de sages maillots une-pièce achetés à la boutique hors de prix de l’hôtel… Comme le Français, avec lequel il a fini par sympathiser, l’Algérien parle haut, avec cet accent néo-algérois si difficile à blairer. Mais il ne râle pas. Il s’extasie devant tout ce que font les Turcs. « Qu’est-ce qu’ils travaillent ! On aurait pu tellement apprendre d’eux. On est loin, vraiment ! Pourtant, Béni Saf c’est bien plus beau qu’Antalya, non ? ».

Toutes nationalités confondues, les mâles de la plage ne cessent d’observer les quatre ou cinq Iraniennes qui, telles des stars, arrivent tard et repartent toujours les premières. Nez visiblement refaits, poitrines opulentes et tailles de guêpes, pagnes transparents, maillots, ou plutôt strings de marque, longues cigarettes à la main et ne dédaignant pas une pression servie dans l’une des multiples buvettes gratuites, ces jeunes femmes assurent le spectacle et montrent, s’il le fallait encore, que rien n’est simple concernant le pays des ayatollahs.

Au plus fort en début de journée à cause de la course au transat, la tension diminue progressivement au fil des heures et chacun vaque à ses occupations, la plus stupide (et la plus fréquente) étant celle qui consiste à se tasser autour de la piscine chlorée dans un vacarme digne d’un marché à bestiaux. Mais quand vient l’heure du dîner, c’est de nouveau l’heure des affrontements et du parcours du combattant : Trouver une table, convaincre un garçon exténué par des journées de travail de seize heures, de débarrasser, d’amener des couverts et une bouteille d’eau minérale (sans gaz) tout en espérant qu’il reste encore des kebabs arrosés d’ayran. Visage rouge et épaules en feu, l’Anglais n’hésite pas à dîner en tongs, marcel et bermuda là où les rares clients turcs présents s’affichent en costume de lin, chaussettes fines et chaussures blanches. Qu’en dirait Agatha Christie qui aimait tant décrire l’élégance de ses compatriotes voyageant en Orient ?

Autour des buffets, ça se toise, ça vérifie que l’autre n’a pas quelque chose dans son assiette qu’on aurait raté, ça slalome, ça n’attend pas son tour pour récupérer quelques calamars carbonisés, ça se fait des queues de poisson, ça se donne des coups d’épaule. Parfois, un plat se fracasse au sol. Son propriétaire ne perd pas une seconde et repart à l’assaut. Les assiettes se remplissent à ras-bord. Ça mastique, ça fait travailler les mandibules. Et, surtout, ça gaspille des kilogrammes de nourriture qui finira dans les composts du potager bio dont le « resort » est si fier. Le Russe fait d’énormes provisions, surtout au buffet des desserts. C’est par assiettes entières que les cargaisons de kabak et de gâteaux au miel vont monter dans sa chambre. Pour couper une faim nocturne ou peut-être la peur de manquer… Et comme chaque soir, la Française n’est pas contente. « Encore no caramelo ? », demande-t-elle à un serveur qui essaie de sourire alors qu’il tombe de sommeil. « Pourquoi hein ? Pourquoi toujours no caramelo ? Bon puisque c’est comme ça, Vanilla alors ! ».

Il est vingt et une heures. La sarabande s’apaise. Il est temps d’aller courir à l’amphithéâtre pour suivre le spectacle du soir, des danses cubaines ou des jongleurs anatoliens (l’Allemand peut prendre son temps, il a envoyé ses enfants pour réserver des sièges). Parmi les retardataires au restaurant, l’Algérien, lui, est tout content. Il vient d’apprendre par la bouche d’un serveur que dolma veut dire légume farci…

Voici le lien qui permet d'accéder au site auquel j'ai emprunté cette fine observation. Communiqué par Henry Fuoc qui ne lit pas que des journaux français! merci Henry.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 14:15

C'est dans "Où est la terre des promesses ?" d'Annemarie Schwarzenbach que je viens de trouver l'expression exacte d'une de nos raisons de voyager.

C'est tellement bien exprimé que je ne peux me contenter de garder ça pour Camille et moi, étendu à mes amies du groupe de lecture.

Voici ces mots si justes :

 

"... car les noms sont davantage que des désignations géographiques, ils sont musique et couleur, rêve et souvenir, ils sont le mystère, la magie - et loin d'être une expérience décevante, c'est au contraire une chose merveilleuse que de les retrouver un jour, chargés d'éclat, d'ombre et de feu, et de la froide cendre de la réalité.

Pamir, Hindou Kouch, Karakorum. Pour moi tout se passait comme autrefois à l'école, quand je refusais obstinément de croire que les noms que j'apprenais et lisais sur la carte de géographie puissent prendre forme avant que j'aie pu les voir de mes propres yeux, les toucher de mon haleine, les saisir pour ainsi dire avec mes mains. La simultanéité du proche et de l'éloigné me déroutait. J'avais le sentiment que passé, présent et avenir devaient peut-être confluer en un lieu pour lui insuffler tout le contenu de la vie ; mais que la vie puisse être à la fois ici et ailleurs, de ce côté-ci et de ce côté-là des mers et des montagnes, cela me semblait fortement sujet à caution. Et mes doutes, qui ne demandaient qu'à être levés, ont peut-être motivé mes premiers voyages. Je suis bien partie, non pas pour apprendre la peur, mais pour vérifier le contenu des noms et éprouver leur magie dans ma chair ... "

 

Pour nous les noms qui sont musique et couleur, rêves et souvenir sont aussi bien Samarkand et Ushuaïa, Salamanque et Côme que Brest et Nancy et encore cascade du Ray-Pic et forêt de Saoû ! Le mystère et la magie de tous ces noms exerce un attrait puissant toujours renouvelé, et même une convoitise qui ne s'éteint pas en les découvrant !

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 22:17

frise 06 11 03 Bilbao 210

Dimanche 6, encore une journée marathon !

Causerie de Philippe Andriot plus détendue que celle d'hier !

En raison de la présence de son épouse, la pianiste catalane Teresa Llacuna dont il nous dit que c'est "la dame qui intervient si souvent dans son intervention"  ? Nous la rencontrons régulièrement au festival, mais c'est la première fois qu'elle participe à un voyage. Henry a pensé qu'il pourrait lui prouver l'indispensable place de Philippe dans les voyages ! Ils ont rencontré hier soir Michel Corboz après la Grand Messe en ut mineur KV427. Il n'était qu'à moitié content car il avait fallu changer les rôles des sopranos (soprani ?) de façon imprévue et ça l'avait plongé dans l'angoisse. Ah, c'était donc ça la nervosité des solistes ? Le résultat a été prodigieux : elles ont formé un duo merveilleux !

Ou parce qu'Henry Fuoc nous avait distribué "des devoirs" en début du séjour : une feuille de présentation de "Thamos, roi d'Egypte" que nous allons entendre ce soir. C'est ainsi que nous avons eu une introduction à l'introduction du matin ! rd 11 03 Bilbao 178

Thamos, premier grand contact de Wolfgang Amadeus Mozart avec la franc-maçonnerie, (bien avant qu'il en fasse partie) est une oeuvre composée en 1773 (KV345) qui eut du mal à trouver son public. Aussi est-ce une nouvelle version qu'i fut présentée à Salzbourg en 1779. Mais en 1783 Wolfgang écrivit à son père "je suis vraiment désolé de ne pouvoir utiliser la musique de Thamos ! Comme elle n'a pas plu, cette pièce est ici mise au rancart des oeuvres qu'on ne reprendra pas. Il faudrait la représenter uniquement pour la musique et ce sera difficile ... Ce qui est bien dommage."

... Et ce n'est que dans le courant du 20ème siècle que cette oeuvre fut redécouverte et qu'on apprécia sa grande qualité !

 

Eh bien, nous verrons bien ce soir !

Pour le moment nous avons rendez-vous à l'entrée du musée Guffenheim, celle devant la ria du Nervion, où nous arrivons en passant aux pieds de l'Araignée.rd 11 03 Bilbao 183Les écailles de titane aux couleurs changeantes évoquent les poissons, alors que les formes complexes du bâtiment représentent un bateau : hommage au fleuve qui fut à l'origine de la ville, et à l'activité traditionnelle de Bilbao.C'est en passant entre les pattes de l'araignée de  Louise Bourgeois que nous retrouvons Luis Mariano. Et ne tardons pas à voir que déjà nous sommes entourés d'art contemporain.rd 11 03 Bilbao 184"Maman", l'araignée, réfèrence autobiographique de Louise Bourgeois : "parce que ma meilleure amie était ma mère et qu'elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu'une araignée. Elle pouvait se défendre elle-même" ... Ah ! il faut donc chercher bien au-delà de l'apparence, pas toujours facile !rd 11 03 Bilbao 189Léger mouvement de la tête, la perspective change,  voici qu'un nuage de brume s'étend sur le bassin. Autour de la sculpture de brume de Fujiko Nakaya, éphémère et changeante j'entends "art conceptuel", " landart". J'écoute, je note et je regarde ces oeuvres qui me surprennent.

rd 11 03 Bilbao 188Un peu plus à droite voici le "Grand arbre et l'Oeil" d'Anish Kapoor. Les boules de cette tour sont des sphères qui reflètent tout ce qui les entourent. Dommage que nous ne soyons pas allé voir de plus près ces droles de miroirs ! rd 11 03 Bilbao 190Encore dehors, mais sur une terrasse à laquelle on accède depuis l'intérieur, les "Tulipes" de Jeff Koons qui ne sont pas tout à fait des ballons gonflés ...rd 11 03 Bilbao 191Les fontaines de feu d' Yves Klein sont au repos, le soleil éclaire l'arche de Buren, l'étang et l'araignée.rd 11 03 Bilbao 192Et nous gagnons la galerie Arcelor rebaptisée la "grande nef" par Richard Serra, l'artiste californien qui allait installer ici ses oeuvres. Gigantesques ! la salle, les oeuvres, le concept et les moyens de concrétiser !

rd 11 03 Bilbao 205Ces oeuvres qui semblent presque frêles et graciles du balcon du deuxième étage sont d'énormes tôles d'acier autopatinable, simplement posées sur le sol de la salle, en parfait équilibre. Que les visiteurs semblent petits entre ces figures, ou autour ! On peut entrer entre les différentes feuilles du "serpent", au coeur du "Labyrinthe" ou dans les "chaudrons". Le travail de presse, de cintrage et de courbure a été réalisé en Allemagne, et je serais curieuse de voir l'atelier où ça s'est passé, après avoir bien connu un atelier où l'on se vantait d'avoir une rouleuse exceptionnelle !

Une fois l'entrée passée, il est interdit de faire des photos et les gardiens sont nombreux. Alors je n'ai plus d'oeuvres à

 

rd 11 03 Bilbao 209,rd 11 03 Bilbao 211

 

présenter, trop difficile de prendre des tableaux en catimini. je n'ai que quelques clichés de l'atrium. Ce batiment se suffit par lui-même et il est difficie pour certaines oeuvres d'exister ici. Pas étonnant que beaucoup trouvent que le bâtiment écrase les oeuvres ...

rd 11 03 Bilbao 212

Beaucoup de verre, de pierre calcaire ocre, d'acier, de béton ciré, de bois. Et tant de courbes, d'espace, de lumière !

La collection permanente occupe le premier niveau. Nous sommes passés très vite devant Andy Warhol et le Pop'Art, moins vite devant l'ensemble des "Neuf discours sur Commode" de Cy Twombly et "l'installation pour Bilbao" de Jenny Holzer qui ressemble beaucoup à ... non, je ne dis pas à quoi, ce serait une bêtise ! J'ai de plus en plus besoin de parler de tout ça avec mon amie Françoise qui m'expliquera et me donnera des clefs.

Au deuxième niveau une horrible expo de photos et de vidéos nous parle surtout d'enfance maltraitée. Est-ce de l'art ? Cette exposition a-t'elle sa place dans un musée ? Anne me dit que ça doit aider des gens à considérer qu'on peut parler du problème de l'enfance maltraitée et des traumatismes qui sont induits ... Et un peu plus tard Françoise me dira qu'on peut tout exprimer par l'art, du bonheur à la plus profonde horreur.

Et c'est ce qui est illustré au troisième niveau avec l'exposition "Chaos et classissisme : l'art en France, Italie, Allemagne et Espagne 1918-1936". "De l'idée mythique et poétique de l'avant-garde parisienne au concept politique et historique d'un Empire Romain renouvelé, tel que l'imagine Mussolini .... à l'effrayante esthétique de la naissante culture nazi."

Nous découvrons des oeuvres de Picasso, Fernand Léger, Balthus, Cocteau, Matisse, Maillol, Clarà, Gargallo et encore beaucoup de peintres espagnols ; des costumes de scène et divers objets de décoration.

Mais quelle ne fut pas ma surprise en revenant dans l'après-midi, à l'heure du déjeuner basque, de découvrir trois bustes bien différents de Mussolini et surtout le triptyque qui ornait la cheminée du salon du quartier général d'Hitler : les quatre éléments personnifiés par d'altières aryennes d'Adolf Ziegler ! Alors là, c'est un point dans l'estomac, pour plusieurs raisons bien diverses !

Donc je n'avais pas tout vu en fin de matinée, d'autant que j'avais perdu mon groupe, heureusement retrouvé le second, alors qu'il était temps d'aller déjeuner. Ca se bouscule encore le déjeuner à midi et le premier concert à 13h45.

rd 11 03 Bilbao 228

Le restaurant Larruz est au pied des tours jumelles où le soleil joue : reflets et éclats de soleil sur les façades de verre. Ca doit éclairer naturellement la façade dans l'ombre.

Nous avons encore délicieusement déjeuné. Voici une salade d'aspèrges vertes, champignons, petits poulpes et calamars, puis du riz aux poissons et du riz au canard confit et cèpes.

 

rd 11 03 Bilbao 233rd 11 03 Bilbao 230

Dommage que le temps passe si vite et qu'il est temps d'aller prendre place dans la queue, alors que le dessert n'est pas arrivé ! Nous partons quelques volontaires tout de suite. Le tram ne passera que dans 10 minutes. Il faut filer à pied, sans le temps de reprendre souffle, juste une photo sur la façade sud du musée Guggenheim et de la fleur de l'atrium ...rd 11 03 Bilbao 235... Et voici que le tram nous passe sous le nez avec tous nos compagnons dedans. Ils arriveront finalement avant nous pour prendre rang dans la queue. Et c'est nous qui devrons leur dire merci !

 

13h45, Salle Süssmayr, Jean Claude Pennetier et Christian Ivaldi au piano interpètent de Mozart la Sonate à quatre main en ré majeur KV381, l'Andante et 5 variations pour piano à quatre mains en sol majeur KV501, la Fantaisie pour orgue mécanique KV608 et la Sonate pour piano à quatre mains en do majeur KV521.

 

Après que nous soyons allés prendre un expresso au bar du musée Guggenheimrd 11 03 Bilbao 244

 

et que je me sois perdue au troisième niveau dans l'exposition "Chaos et classissisme" à 17h, salle da Ponte nous avons eu le plaisir d'entendre un ami de notre festival, Gérard Caussé, à l'alto, Jose Luis Estrelles à la clarinette, et Igor Tchetuev au piano dans la Fantaisie pour piano en do mineur KV475, la Sonate pour piano n° 14 en do mineur KV457 et le Trio pour piano, clarinette et alto "Kegelstatt" en mi bémol majeur KV498 " de Mozart.

 

Nous avons juste le temps de faire la queue pour entendre à 19h30, salle Salieri, Peter Schöne baryton basse, la Sociedad Coral de Bilbao, et Das Neue Orchester dirigé par Christoph Spering dans "Thamos, roi d'Egypte" pour choeur et orchestre en la majeur KV345. rd 11 03 Bilbao 248

Un vrai feu d'artifice ! C'était éblouissant. Camille et moi décidons de finir notre festival avec cette oeuvre et ces interprètes. Trop dur de revenir à des sonates après la force et la passion de Thamos !

Et après quelques minutes nous nous sommes retrouvés deux tables à avoir pensé que Thamos avait l'éclat d'un grand final ! Et dans une ambiance de détente et de liberté comme après un examen passé avec succès !

 

rd 11 03 Bilbao 252rd 11 03 Bilbao 251

 

Même Teresa et Philippe ont séché le dernier concert. Nous sommes tous un peu fous ce soir. Voici, l'effet Thamos !rd 11 03 Bilbao 254

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 15:32
Le 14 Janvier 2010
Malgré le temps très gris, maussade, et un petit crachin qui aidait la neige à fondre je suis allée à notre point de rendez-vous hebdomadaire ... où j'ai trouvé Robert et Nicole en train de prendre leur petit déjeuner !
Sortie annulée. Trop de boue, encore du verglas, des congères en cours de fonte, et Robert avec quelques côtes fêlées (ou cassées ?). Comme je comprend qu'il n'ait pas envie de sortir ainsi sur des sentiers incertains.
Alors ça nous fait une journée de liberté improvisée ! Un peu de temps pour revenir sur cet épisode neigeux qui nous a fait garder la maison pendant presque une semaine.
D'abord voici comment nous avons trouvé le jardin vendredi 9 en ouvrant nos volets ;
rd10 01 09 Neige à Montmeyran 001

nous avions mis une grande boite de graines, miettes et margarine pour les oiseaux au milieux de la grande poterie remplie de neige. Il va falloir trouver un autre moyen pour donner à manger aux rouge-gorges qui nous rendent visite tous les hivers.

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Sous la glycine et la treille muscate même la table est équipée d'un épais coussin, tout comme les chaises ! Attention, certains sont pointus.
Le vent a façonné la neige, la soulevant flocon par flocon sur son passage pour l'accumuler dans les coins et le long des obstacles où il bute. Nous avons des congères dans le jardin, au pied des asters, le long des murs, au dehors une qui arrive a mi-hauteur du portail, et sur le toit de l'appenti jusque sous le fenêtre de la petite chambre !

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Mais il va bien falloir sortir un peu de la maison ... Alors au travail ! Le chemin le plus direct sera le meilleur, il faudra aussi permettre l'ouverture du portail, puis l'accès à la route. Dégager les voitures n'est pas une urgence : il faudra que  les routes le soient d'abord !
rd10 01 09 Neige à Montmeyran 005

Dimanche matin la neige tombée durant la nuit avait recouvert le chemin creusé la veille, mais qui restait visible. Heureusement qu'elle était très légère, et que la température n'était pas aussi basse que ce que nous avions craint. En fait le vent n'était pas très fort ici, juste suffisant pour déplacer cette neige si fine et si légère.
La température la plus basse que nous ayons relevée pendant cette semaine sous notre abri a été de -4° et nous avons pu sortir en voiture jusqu'à Valence lundi 11 en milieu de journée. Seulement parce que nous avions un engagement difficile à annuler !

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 09:59
Je viens de lire "Chanson des mal-aimants" de Sylvie Germain. C'est un livre très impressionnant, mais notre blog n'est pas un forum littéraire. Je retiens les mots suivants, des toutes dernières pages que je ressens si fort.

"Comment raconter le vent, les remous de la lumière dans le ciel et ses flux poudroyants sur les versants de la montagne, ses chatoiements sur l'herbe et les feuillages, ses éclaboussures or, mauves, ambrées, rosées ou argentées sur les roches ? Comment raconter l'eau des torrents à la beauté aussi insaisissable et fugace que celle de la lumière, toujours en mouvement, en élan et en effervescence ? Comment raconter le souffle, le regard, l'odeur tiède et pénétrante des bêtes placides ruminant tout le jour des touffes d'herbe infusées de pluie, de vent, de soleil, de neige ? Je ne suis pas poète."

Et pourtant elle exprime si bien ces questionnements. J'en suis pantoise ...
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