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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 17:36

Pour souhaiter une heureuse année 2015 à mes compagnons de randonnée du "Montmeyran Groupe de Marche" je leur offre le récit de notre tour du 18 mars 2014 que j'avais escamoté.

Et franchement c'est inexcusable car ce dernier jour de l'hiver passé est un très beau souvenir.

Nous sommes partis du col de la Mure en Ardèche, sur le plateau pas très loin de Vernoux. C'est un endroit bien connu des anciens cyclistes qui font partie du groupe. Pour moi, c'est une première, et découvrir de nouveaux circuits me donne toujours des ailes, ou presque.

Nous avons laissé les voitures à côté des ruines d'une ancienne installation artisanale, et pris le chemin marqué "Serre de Font Limouse" vers le nord. Il est large, tout droit entre les grands arbres qui laissent passer le soleil abondant ce jour-là.

C'est un chemin idéal pour avancer tous ensemble d'un pas vif.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

A l'ouest, les sommets à l'horizon sont encore blanchis par les restes d'une chute de neige récente.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Nous passons le Serre de Font Limouse, et trouvons une clairière parfaite pour la pause banane. Josette assistée d'Elisabeth nous expliquent encore une fois comment faire ...

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

sous le regard dubitatif de Gérard et Serge, qui dans leur grande sagesse attendent le signal pour repartir.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Nous passons Lierne, traversons une route et prenons un grand chemin qui traverse une lande. Le paysage a totalement changé. Pierres rondes, bruyères et ajoncs en boutons le bordent.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres
MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Le jardinier que nous rencontrons à Herbasse ne semble pas voir vouloir répondre aux questions que leur posent les messieurs de notre équipe ... pas de temps à perdre avec des traine-godasses qui n'ont rien d'autre à faire par une journée si propice au jardinage ! Il garde pour lui l'eau de sa source et les secrets de ses plates-bandes.

Nous montons la montagne vers Parpaillon, suivons sa crête. Nous sommes au point culminant de la journée, là où l'on aperçoit Boffres au loin.

Nous redescendons vers une prairie orientée vers le sud-ouest, parfaite pour un pique-nique

Mado sort de son sac sa célèbre "trouspinette"

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

dont l'effet est souverain à l'heure de la sieste !

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Au moment de lire la carte pour savoir si c'est le sentier devant nous, celui qui dégringole tout de suite dans le vallon ou celui du fond à droite qu'il faut prendre, Josette et Gérard ont dû discuter un moment ... Derniers effets trouspinette ?

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Nous avons bien fait de prendre, au fond à droite, le chemin des pèlerins de Saint Jacques qu conduit doucement vers le Gratol.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Nous avons passé une belle ferme abandonnée avant d'arriver à l'Adreyt de Savinas.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

L'itinéraire se poursuit à gauche, à flanc de montagne, traverse de nombreux ruisseaux bondissant aux rives fleuries. Quel émerveillement les sous-bois ponctués de violettes blanches, d'anémones, de renoncules, de jonquilles et de pervenches !

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Photo de groupe au bord d'un ruisseau, sans éclaboussures et avec fleurs. Si, si, regardez bien, en face il y a une touffe d'anémones juste devant les pieds d'Elisabeth.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Au hameau de Grosjeanne nous sommes accueillis par un monsieur qui nous remplit nos gourdes, qui discute avec nous de tout et de rien, nous retient aussi longtemps que nous le laissons faire ... juste le contraire de celui de ce matin !

Peut-être n'a-t'il pas l'occasion de discuter souvent en mars ; ses voisins n'occupent leurs belles maisons de pierre que quelques mois dans l'année.

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres

Il reste une petite pente à monter le long des quelques kilomètres pour boucler notre sortie du jour de 12.8 kilomètres avec un dénivelé de 311 mètres. Belle et tranquille randonnée couronnée par le gâteau que Francine nous a préparé. On se régale déjà en la regardant le découper !

Merci Francine !

MGM - Col de la Mure, 12.8 kilomètres, dénivelé 311 mètres
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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 06:53

C'est grâce au ciel gris de la vallée du Rhône et à l'épaisse couche de nuages que Josette a choisi de nous emmener en ce jeudi de substitution (il a encore généreusement plu mardi) dans le pays de Quint.

C'est une étroite vallée du Diois septentrional que je connais à peine. Et je ne suis pas la seule dans ce tout petit groupe de cinq personnes que nous sommes. Nous sommes tous ravis de la connaître mieux.

Il faut passer l'étroite gorge de la Sure et la cluse pour arriver dans la vallée de Quint. Les Etudes drômoises viennent de me révéler que les échanges économiques se faisaient beaucoup plus avec le plateau du Vercors et Vassieux qu'avec Die autrefois ... La cluse était-elle un obstacle difficile à franchir ?

carte prise dans l'article "vallée de Quint" des Etudes Drômoises

carte prise dans l'article "vallée de Quint" des Etudes Drômoises

Au 21ème siècle les voies ont changé, et une route creusée à flanc de falaise permet le passage,

Die est tout près, les Quintoux moins nombreux, mais il ne faut pas croire à une désertification : nous avons rencontré en montant vers Saint Etienne en Quint une jeune maman avec un landau sur la route ensoleillée qui traversait des prairies couvertes de gelée blanche.

Au village les vieilles pierres sont illuminées par le soleil du matin. Nous prendrons le temps de le visiter au retour cet après-midi. Pour le moment c'est café d'Elisabeth et cakes de Michel avant de partir.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

La route que nous prenons à pied est "interdite aux camping-cars, aux fourgons, aux poids lourds et aux 4x4, sauf riverains et services". Prudence ou rejet des visiteurs motorisés ?

C'est vrai que c'est plutôt une route forestière, assez étroite et mal carrossée. Mais qu'elle est belle et que nous importe, nous allons au col d'Anès et faire le tour du sommet du Vacant à pied !

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Il faut se retourner de temps en temps pour voir le village que nous dominons, et les montagnes qui entourent la vallée. A l'ouest, au-dessus de la cheminée le Bec Pointu ; tous ceux qui y sont montés en gardent une forte impression de vertige. Son sommet serait si pointu, qu'on aurait du mal à y faire tenir un attelage de deux boeufs. Promis, Josette, nous n'emmènerons pas de bête de quelque espèce que ce soit lorsque nous y irons.

Et au nord, à gauche de la branche basse du sapin la Tête de la Dame et ses falaises ferment la vallée. On peut y monter maintenant par une route forestière dont on aperçoit les lacets.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

La lumière dorée du soleil bas d'automne magnifie toutes les couleurs, les ors, les roux des chênes, et les quelques taches rouges des sumacs. Ses rayons nous réchauffent. Je ne mets mes gants que lorsque un virage nous fait passer à l'ombre humide du versant.

Nous avons attendu de retrouver le soleil pour la pause noix offertes par Josette.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Nous entendons un ruisseau chanter au creux du ravin, sauter de grandes marches de temps en temps et en traversons trois gués avant d'arriver au col.

Nous évitons les flaques de la route, faisons le tour des chemins. L'un nous offre une vue sur l'Orient et le Glandasse enneigé. Superbe !

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Le tour du Vacant continue par le sentier en face, légèrement à l'est, dans la forêt. Et lorsque les arbres s'éclaircissent le paysage est merveilleux. Il est midi.

Nous avons trouvé un promontoire de rochers découverts bien exposé au soleil, l'exact endroit qu'il nous faut pour un pique-nique, avec un paysage fabuleux en face de nous : la falaise qui domine Ponet Saint Auban, la montagne de Desse que nous avons parcourue il y a un peu plus d'un an, guidés par Alféo.

J'essaie d'assembler trois photos pour faire un panoramique, depuis le col au-dessus de Marignac, de l'autre côté de cette montagne de Desse jusqu'à Die. Les raccords sont loin d'être parfaits, il me faudra me remettre à photoshop !

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Nous baignons dans le soleil et l'euphorie, alors que Michel n'a pas encore ouvert sa bouteille de Minervois ...

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Après c'esit le bonheur, et un moment de détente en regardant les randonneurs monter et s'installer au sommet en face, le But de la Richaude.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Encore une possibilité de rando, même si elle n'est pas marquée sur ta carte qui commence à vieillir, Josette. Avec le Bec Pointu en voilà des beaux projets.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Le temps passe ici trop vite. Avant de reprendre le chemin, un peu différent que celui de la carte, barré par un éboulement, nous prenons le temps de regarder du haut des 902 mètres de notre belvédère les sommets qui nous entourent : le plus à gauche, au sommet enneigé est le But de Saint Genix, ensuite celui de l'Aiglette assez impressionnant vu d'ici, le plateau de Beurre, le Faisan et le Glandasse.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Tout en bas le village de Ponet-Saint Aubain célèbre pour ses vignes, dans la vallée qui va jusqu'à Die, tout au fond.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Nous avons poursuivi sur le versant sud de la montagne. La végétation a changé : nous marchons entourés de buis, de petits chênes et les pieds dans le thym qui embaume à chaque pas. La lumière filtrée par les feuillages est toujours dorée.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

et ne nous quitte pas jusqu'à notre retour à Saint Etienne.

C'est un très joli village avec son lavoir du 18ème siècle (alors que la plupart ont été construits au 19ème), ses fours qui sont au centre d'un fête en juillet, ses maisons dont les pièces d'habitation sont à l'étage que l'on atteint par un escalier de pierre extérieur, ses pigeonniers ouverts dans les greniers et ses cimetières privés au milieu des prairies et des jardins, parfois même dans le village. C'est une terre protestante.

MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?
MGM - St Etienne en Quint, col d'Anès, dénivelé 500 mètres ?

Nous avons bavardé avec deux des trente habitants (soixante en été) ; nous sommes arrêtés au pont sur la Sure pour voir la profondeur de la gorge et y avons trouvé une plaque qui rappelle le sacrifice de Rudolf, un Allemand antifasciste qui avait rejoint le maquis Perrin, et de ses camarades le 27 juillet 1944, soit une semaine après l'échec de l'attentat contre Hitler et l'assaut du maquis du Vercors par l'armée allemande.

Autre évènement auquel cette vallée et ses montagnes servirent de cadre : une chasse à l'ours de mars 1446 au cours de laquelle Louis XI aurait échappé de justesse à sa proie grâce à l'intervention de bucherons du Quint. Mais même les descendants doutent de cette histoire ...

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 07:04

Avec une moyenne de 300 jours de soleil par an Briançon est l'une des villes les plus ensoleillées de France. Alors quoi de plus naturel que de s'en servir pour donner l'heure au Peuple ? C'est ainsi que le Briançonnais et le Queyras se sont constitués un patrimoine exceptionnel de cadrans solaires.

Dont voici quelques uns de ceux que nous avons vus lors de nos sorties. Pas très nombreux car nous étions plus souvent sur les sentiers de montagnes que dans les villes et villages.

Au départ de la randonnée au Grand Lac

une maison juste sur le bord du chemin au Pont de l'Alp peut nous renseigner sur l'heure à laquelle nous démarrons notre sortie.

Des cadrans solaires du Briançonnais ...

Enfin, pouvait car les lignes horaires de la table du cadran ont été effacées par le temps, mais le style, la tige métallique dont l'ombre indique l'heure, est toujours bien planté..

D'autres sont régulièrement entretenus et restaurés, comme celui de la place d'Armes à Briançon, sur la façade de la maison du Roy.

Des cadrans solaires du Briançonnais ...

Autre cadran à belle allure à Briançon qu'il faudra chercher, je n'ai pas noté où il est.

Des cadrans solaires du Briançonnais ...

La tradition se perpétue et au Casset, celui de la maison à côté du pont en pierre émaillée nous invite depuis 1957 à profiter du temps. Car une devise mentionnée sur la table complète le cadran.

Des cadrans solaires du Briançonnais ...

En installer un est tout un art !

La table est placée de préférence sur un mur au sud. Le style doit "viser l'étoile polaire afin d'être parallèle à l'axe de rotation de la terre et perpendiculaire à la ligne des équinoxes ou équatoriale". L'angle entre le style et le mur doit être aussi soigneusement calculé : "90° moins la latitude du lieu" ...

Des cadrans solaires du Briançonnais ...Des cadrans solaires du Briançonnais ...
Des cadrans solaires du Briançonnais ...

Voici ceux de la Salle-les-Alpes, dont j'ai attrapé le second de justesse !

Depuis 1991 le cadran de l'ancienne école de la Ville Basse de Névache est orné d'un beau cartable.

Des cadrans solaires du Briançonnais ...

alors que celui de l'église de Plampinet est de style Louis XV depuis 1823. Très chic, n'est-ce pas ?

Des cadrans solaires du Briançonnais ...
Des cadrans solaires du Briançonnais ...

A Névache ... (où l'angle du style est facile à calculer puisque la latitude est juste de 45° !) nous avons trouvé ce beau cadran monochrome sur lequel on peut encore lire "1805". Seules quatre initiales apparaissent au dessus de la ligne d'encadrement, S C L C, Des abréviations que tout le monde comprenait alors ?

Sachant que pour retrouver l'heure de 2014 il suffit de :

- ajouter à l'heure du cadran 1 heure en hiver, 2 heures en été,

- corriger le décalage en longitude en enlevant 26 minutes car il y a un angle de 6° 36' 19" entre le méridien local et le méridien de Greenwich,

- et enfin tenir compte de la variation due à l'oscillation de la terre sur son axe. Cette variation appelée "équation du temps" varie de +14 minutes mi-février à -16 minutes début novembre,

quelle heure était-il lorsque j'ai pris la photo du cadran sur le clocher de Névache ?

C'est simple, regardez bien l'ombre en ce 7 septembre : 16h 53 !

Des cadrans solaires du Briançonnais ...
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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 15:09

Journée très pluvieuse et grise. Excellente pour se rappeler les fleurs de toutes les couleurs du Briançonnais de la fin de l'été ...
J'ai déjà fait part tout au long de mes récits de quelques unes de nos trouvailles quotidiennes, mais je ne peux résister au plaisir de montrer une partie de l'"herbier" que j’ai ramené (photographique bien sûr !).

On feuillette par couleurs ? Et pour commencer les bleues ?

Des campanules trouvées en montant au col de Trancoulette, presque aussi intensément bleues que les ancolies à la corolle incroyablement grande que nos amies avaient trouvées en juin ...

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Bleues encore les gentianes, mais bien différents suivant les variétés. Quelques unes, sûrement des gentianes des neiges (le site évolue un peu tous les jours et les liens sont richement présentés maintenant ...)

qui ressemblent beaucoup à notre gentiane dauphinoise

et c'est pour ça que je ne me suis pas assez penchée sur elle, et ne l'ai pas photographiée pour comparer ...

Par contre J'ai invité mes compagnons à nous pencher ensemble sur la gentiane cillée pour bien remarquer ses particularités : des cils sur le bord des pétales qui sont fermés en vrille pour celles en bouton..

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Je laisse les gentianes champêtres dans les bleues, mais il est fortement teinté de rose ce bleu. Leurs tiges sont à 2500 mètres beaucoup plus courtes que celles que nous avions trouvées dans le Vercors à 1000 mètres. Question d'adaptation.

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Bleue encore la brunelle dite commune parce qu'on la trouve aussi bien dans les bois que sur les pelouses et les landes. Ses touffes sont superbes et même parfois somptueuses.

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Parmi tous ces bleus celui du lin des Alpes, azuréen est le plus discret, et sa fleur une des plus simples que l'on puisse trouver dans cet étage subalpin (entre 1500 et 2000 mètres).

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Si je ne change pas maintenant de couleur, mon article sera trop gros et ne pourra pas passer ! Alors je passe aux fleurs roses,

Voici ma préférée que j'ai crue longtemps rare et dont je m'aperçois qu'elle pousse partout !

C'est la joubarbe. En dessous de 2000 mètres et à l'abri elle est haute, dégingandée et échevelée (à gauche). Plus haut elle est naine, de couleur plus vive, et se blottit au creux des rochers dans de "petits jardins".

Mon herbier briançonnais de fin d'étéMon herbier briançonnais de fin d'été

L'achillée millefeuille aurait de nombreuses propriétés médicinales (cicatrisation et guérison de problèmes gastriques). Ses petites fleurs sont groupées en larges corymbes. Ses feuilles écrasées ont un parfum agréable.

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Voici l'oeillet des bois qui pousse en fait dans les prairies et les lieux rocheux. Joli rose indien, n'est-ca pas ?

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Puis le centranthe à feuilles étroites ou lilas d'Espagne.

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Et une des 37 variétés de vesces (à droite)... encore plus nombreuses que les centaurées qui ne sont qu'au nombre de 31 ! Ici celle des Alpes que butine un papillon .

Mon herbier briançonnais de fin d'étéMon herbier briançonnais de fin d'été

Il parait que la semaine que nous avons passée ici a été la plus belle de l'été. J'espère qu'il n'est pas déjà fini comme le laisseraient envisager les colchiques que nous avons trouvées sur le bord d'un chemin !

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Les fleurs jaunes composées sont si nombreuses que je n'ai gardé que deux des plus simples à identifier.

L'arnica, ici chiffonnée, à qui je dois beaucoup pour soigner mes contusions ... et un salsifis sauvage dans la splendeur de sa simplicité.

Mon herbier briançonnais de fin d'étéMon herbier briançonnais de fin d'été
Mon herbier briançonnais de fin d'été

Pour la digitale à grande fleur, aucun doute possible ! Attention pour les néophytes plutôt toxique que médicinale.

Parmi les fleurs blanches nous avons vu des achillées millefeuille, aux mêmes caractéristiques que les roses du début d'article, des linaigrettes semblables à de petites touffes de coton qui ondulent sous le vent dans chaque creux où une tourbière s'est formée ;

Mon herbier briançonnais de fin d'été
Mon herbier briançonnais de fin d'été

rarement des oxalis des bois

et ma grande découverte de l'année, la reine des fleurs de montagne, l'édelweiss.

Mon herbier briançonnais de fin d'été
Mon herbier briançonnais de fin d'été

Quelques unes ont des particularités plus intéressantes que leur couleur comme ces plantes arctico-alpines. Les campanules du début d'article en font partie, tout comme les aconits dont j'avais vu les toutes premières en Norvège, bien au-delà du cercle polaire. Attention, toxique !

Et l'épilobe que l'on rencontre autant dans les forêts et sur les bords de chemin arctiques que de nos pentes alpines. Voici cependant la variété "épilobe des moraines", plus touffu, moins haut et surtout moins fréquent que la variété "épilobe en épi"

Mon herbier briançonnais de fin d'été

J'ai gardé pour la fin la grande catégorie des chardons. Elle comprend beaucoup de variétés qui piquent toutes. En voici quelques unes.

La carlin acaule qui, comme son nom l'indique n'a pas de tige apparente. C'est aussi une des vedettes des prairies du Vercors. Protégée !

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Le chardon à feuille de carline a des capitules roses en haut de chaque tige. Se rencontre dans les "pelouses écorchées" : c'est sûrement lui qui a fait ça avec les aiguilles longues et rigides de son feuillage.

Mon herbier briançonnais de fin d'été

Parmi les 19 variétés de cirses, je n'en ai trouvé que deux ... Petit tableau de chasse !

Mais ils sont magnifiques !

A gauche le cirse très épineux, et l'on devine facilement pourquoi il porte ce nom,

à droite le cirse laineux couvert de duvet blanc.

Mon herbier briançonnais de fin d'étéMon herbier briançonnais de fin d'été

Nous n'avons pas trouvé de cirse féroce (eh oui, ça existe), probablement parce qu'il ne pousse pas au-delà de 1700 mètres d'altitude !

La flore que nous avons découverte était si riche que je savoure encore mon agréable surprise et mon plaisir !

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 18:08

Magnifique dimanche matin, comme il y en a eu bien peu cet été. Nous allons en profiter au maximum car demain matin nous refaisons nos valises, procédons au grand rangement et repartons pour Montmeyran.

C'est dans la vallée de la Clarée, que nous passerons cette dernière journée. Nombreux sont les randonneurs et les familles qui ont le même envie que nous : passer cette belle journée dans la mythique vallée de Névache. Le parking de Laval (2030 mètres d'altitude) est complet !

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Mais on peut regarder le paysage de deux façons et voici celle que nous choisissons de voir.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Nous partons vers le fond de la vallée et finalement il n'y a pas autant de monde que ce que nous avions pensé. Le domaine est tellement vaste qu'il y a de la place pour tous les visiteurs !

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Le sentier remonte un ruisselet au lit pavé de pierres noires. Nous traversons des tourbières où les linaigrettes ondulent sous le vent léger. C'est le courant qui fait cet effet aux herbes aquatiques des ruisseaux.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Une heure et demie après notre départ nous arrivons au Lac Long. Plein soleil, quelques nuages d'altitude tout au sud, juste de quoi donner du relief au ciel. Les rives sont très vertes. Une cane nage et semble chercher quelques poissons. Tout comme le pêcheur qui trouve que ça ne mord pas beaucoup aujourd'hui. Un peu de biscuit ou de pain fait l'affaire de la cane, mais nous n'avons rien pour le pêcheur.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Nous reprenons le sentier, en nous retournant de temps en temps. Vue d'ensemble du Lac Long avec les sommets du mont Thabor (j'espère que je ne me trompe pas) en toile de fond à l'ouest.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Il y a des cuvettes au creux de chaque tourbière, et elles ne sont pas des lacs. Elles ne semblent même pas mériter de nom, ou du moins de poteau et de petit panneau pour nous l'indiquer !

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Après avoir marché, gravi des pentes pendant une demi-heure, encore, nous voyons le Lac Rond un peu en dessous de nous. Au creux de la dépression qu'a creusée un glacier il y a quelques millénaires et qu'une moraine a fermée.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

C'est en face que nous serons bien pour notre pique-nique, le soleil dans les yeux et la tête sous nos chapeaux ou turbans ! Un grand rocher tout plat sera parfait pour quatre. Pousse toi un peu, c'est beaucoup trop grand pour toi toute seule qui y es arrivée la première ! Merci de partager.

Il règne autour de nous beaucoup plus de bonne humeur et de rires que vers l'endroit où sont encore des pêcheurs qui semblent bredouilles ...

Soleil, ciel bleu, vent léger, bon repas, repos : quel dimanche ! OK, c'est 400 mètres au-dessus du parking que nous avons trouvé tout ça. Mais que sont 400 mètres au bout d'une semaine où nous aurons grimpé en tout plus de 4000 mètres ? Une simple formalité ? Euh, presque !

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Nous repartons en suivant le torrent et sa grande cascade qui nous conduisent jusqu'au pont de Pierre juste en aval du refuge des Drayères.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond
Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Rejoindre le parking est alors plus facile que d'en sortir car finalement il y a des voitures dans tous les sens.

Nous avons encore le temps de visiter l'église romane de Névache le Haut. Mais je vous la raconterai une autre fois, c'est maintenant le moment gourmand, celui d'une délicieuse tarte aux myrtilles de la boulangerie en face de l'église.

A très bientôt.

Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond
Briançonnais : vallée de la Clarée, lacs long et rond

Oh, pardon, l'impatience me faisait oublier la carte de l'itinéraire !

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 16:15

La randonnée du col d’Arcine, aussi appelée le tour de Combeynot, réserve quelques temps forts qui en ont fait un des points d’orgue de notre semaine dans le Briançonnais.

Briançonnais : col d'Arcine

Il y a plusieurs façons de parcourir ce tour. Celle choisie pour nous fut le départ depuis le col du Lautaret à 2057 mètres d’altitude pour finir 450 mètres plus bas au parking du Casset où nous avions laissé une voiture en montant. Les dénivelés ainsi parcourus sont pour le positif de 450 mètres, et pour le négatif d’environ 900 mètres … C’est mieux que l’inverse !

Nous sommes partis par le sentier de découverte à la limite du parc national des Ecrins au pied du Combeynot. Plein de panneaux didactiques donnent beaucoup d’informations sur l’endroit qui nous entoure. Mais nous n’avons ni le temps de les lire, ni même celui de les photographier. La distance est assez longue aujourd’hui.

Briançonnais : col d'Arcine

Ce sentier conduit jusqu’à un belvédère qui fait face au glacier de la Meije qui diminue à vue d’œil, ou du moins d’année en année.

On aperçoit le refuge de l’Aigle qui domine l’ensemble du glacier. C’est impressionnant et réservé aux très bons alpinistes.

Briançonnais : col d'Arcine

Photos, temps de repos et de méditation et nous suivons le sentier des Crevasses. C’est surprenant une chaîne aide au passage d’une portion qui ressemble à une avenue ! C’est qu’elle fut posée bien avant que le sentier soit consolidé et élargi …

Nous traversons une ardoisière sur une pente à très forte déclivité. Avec les débris qui jonchent le sentier, les ruisselets qui y courent et rendent les cailloux glissants nous portons toute notre attention à nos pieds et à nos pas. Là encore pas de photos de ce paysage vertigineux.

Briançonnais : col d'Arcine

Deux heures après notre départ nous rejoignons le GR 54 qui monte de la vallée de la Romanche et nous ne sommes que 20 mètres plus haut qu’à notre point de départ ! Nous laissons le refuge de l’Alpe du Villar d’Arêne à notre droite et continuons à travers les alpages.

Tarines

Tarines

Limousines et AbondancesLimousines et Abondances

Limousines et Abondances

Briançonnais : col d'Arcine

Des marmottes, encore des marmottes, mais surtout des vaches, des tarines aux yeux soulignés de noir, des limousines dont le contour des yeux est beige clair, des abondances à la robe roux foncé et la tête blanche, et même une vosgienne à la colonne vertébrale noire et aux flancs tachetés de blanc.

Les alpages sont parcourus par des ruisselets où nous trouvons une petite grenouille. C’est la bestiole la plus « exotique » que nous ayons trouvée aujourd’hui.

Briançonnais : col d'Arcine

Pique-nique et repos derrière un gros rocher qui nous protège du vent. Au loin devant nous nous attendent le col et le lac d’Arcine. Le lac, 150 mètres au-dessus d’une butte uniformément grise n’est pas très tentant … et c’est avec plaisir que nous le classons « sur option » que je ne choisis pas.

Nos compagnons qui l’ont choisi nous diront lorsqu’ils nous rejoindront que le lac est aussi gris que les rives constituées de déchets de moraines dans lequel il est enchâssé. Donc nous n’avons pas de regret.

Briançonnais : col d'Arcine

Nous avons pris tout notre temps pour descendre le long du Petit Tabuc, le torrent fascinant qui y prend sa source et dont les couleurs changent tout au long de sa course. Il est chargé de « farine de pierre » qui lui donne des couleurs laiteuses.

Briançonnais : col d'Arcine

Elles s’éclaircissent au fur et à mesure qu’il dévale des pierriers ou traverse des bassins qui font l’effet de filtres. J’ai touché l’eau et le fond de l’un d’eux : c’est une poussière extrêmement fine qui en constitue le fond, cette farine de roche. De grisâtre à la sortie du lac l’eau est devenue vert émeraude puis bleu azurin. Un régal pour les yeux jusqu’à ce que nous atteignons le lac de la Douche .

Petit diaporama de 5 photos dont le lecteur peut rythmer le défilé.
Petit diaporama de 5 photos dont le lecteur peut rythmer le défilé.
Petit diaporama de 5 photos dont le lecteur peut rythmer le défilé.
Petit diaporama de 5 photos dont le lecteur peut rythmer le défilé.
Petit diaporama de 5 photos dont le lecteur peut rythmer le défilé.

Petit diaporama de 5 photos dont le lecteur peut rythmer le défilé.

Et attention aux pierres qui roulent sous les chaussures ! Il faut regarder où poser les pieds même quand le spectacle de la montagne est magique, entre mélèzes et glaciers des Agneaux au loin !

Au terme de notre randonnée nous trouvons encore un tableau didactique qui aborde de nombreux points dont celui des plantes des montagnes dont je remarque qu’elles sont les mêmes que celles qui poussent en Scandinavie, et en particulier au-delà du cercle polaire.

Elles en sont originaires. Elles ont traversé toute l’Europe grâce aux grands bouleversements climatiques survenus pendant des millénaires. Elles ont réussi à s’adapter sous nos latitudes, mais auprès des glaces, du froid et de l’humidité dont ont besoin des plantes artico-alpines …

Mais c’est déjà le sujet d’un autre article, celui où je présenterai les plus belles espèces que nous avons trouvées dans le Briançonnais en septembre !

Pour le moment nous sommes au parking du Casset, les yeux plein de couleurs, même celles de jardinières du village.

Briançonnais : col d'Arcine
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 19:33

Beaucoup trop de nuages cachent les sommets autour du col du Lautaret pour que nous envisagions d'aller par là. Aujourd'hui ce sera au sud, le lac des Cordes, dans la vallée suspendue des Fonts.

Il faut prendre la route du col de l'Izoard jusqu'à Cervières et là celle des Fonts. Assez aérienne, parfois piste, mais superbe, pour arriver au hameau de Bourgea, constitué d'ancien chalets de bois où vivent pendant la belle saison plusieurs familles.

Briançonnais : le lac des Cordes
Briançonnais : le lac des Cordes

Nous laissons là notre voiture, descendons vers le torrent autour duquel quelques poules grattent le sol, le traversons pour commencer presque tout de suite à monter sous les mélèzes par un sentier bordé de rhododendrons et de myrtilles qui ne me retiennent pas. Il n'y a plus de fleurs depuis longtemps, et les vacanciers ont fait main basse sur les fruits !

Et nous voici au pied d'un grand rocher assez lisse, bien incliné, équipé d'une main courante et de calles pour les premiers pas.

Briançonnais : le lac des Cordes

C'est d'en haut que nous regarderons le torrent qui coule à côté et franchit des marches encore bien plus hautes que nous !

Briançonnais : le lac des CordesBriançonnais : le lac des Cordes

Et lorsque nous sommes sur le replat nous nous conditionnons immédiatement en nous disant que vraiment, le lac ne peut être là, mais sûrement tout au fond, à l'étage supérieur, là où on devine le torrent franchissant un déversoir. Eh bien, nous avons bien fait car c'est ça !

Briançonnais : le lac des Cordes

Trois quarts d'heure plus tard nous franchissons les rochers du sommet. Au cours de notre approche quelques marcheurs qui n'avaient rien de retraités nous ont doublés. Et lorsque Francine qui est toujours tellement devant nous, leur a demandé s'ils avaient doublé quelques marcheurs ils lui ont dit "oui, quatre personnes âgées, un peu dans votre genre" sur un ton très condescendant et en allumant leurs cigarettes ... Et l'un(e) de nous a répondu "Ah, moi je croyais qu'ils montaient !" Montants ou descendants nous leur souhaitons à tous de faire dans quelques décennies ce que nous faisons maintenant.

Briançonnais : le lac des Cordes

Rions de tout ça et installons nous sur le banc si bien placé pour notre pique-nique. Il nous permet d'admirer le lac, ses reflets, ceux des rives et ceux des nuages et le cairn en face de nous. Quel cairn, nous n'avions jamais vu un tas de pierres si joliment dressées. Nous ferons le tour du lac pour aller le voir de très près.

Briançonnais : le lac des Cordes
Briançonnais : le lac des Cordes
Briançonnais : le lac des Cordes

Un tour complet de ce qui est beaucoup plus une oeuvre de land-art qu'un cairn (mais je n'ai pas trouvé d'information sur ce monument précisément) pour vérifier si quelques pierres ne pourraient pas cacher encore un message, mais non. Nous enfonçons un peu quelques unes de ces pierres si régulières, si judicieusement choisies et qui n'étaient pas bien alignées et fiers de notre contibution nous repartons vers le déversoir car des gouttes tombent !

Redescendre vers la vallée suspendue et ses chalets par le chemin le plus court ça veut dire passer par le point d'escalade ; ou plutôt maintenant de désescalade ... Encore une initiation. Le nez le long de la paroi, le dos au vide, on regarde entre ses jambes pour chercher les points d'appui, ceux des pieds, ceux des mains et on recule pied à pied ...

Super !

Et pour fêter tout ça on va prendre une boisson chaude au café de la Taque, l'un des beaux chalets du hameau.

Briançonnais : le lac des Cordes

Juste à côté de la cheminée où crépite un feu de bois allumé juste pour nous, nous avons bavardé pendant bien longtemps. L'amitié, le goût de l'effort commun, l'impression d'être presque à un bout du monde, nous n'avons pas vu le temps passé ni la pluie s'installer !

Quelques photos de ces chalets de bois croisé, dont certains sont classés et nous voici à la fromagerie.

Briançonnais : le lac des Cordes

Toute la famille passe la belle saison ici, avec tous les animaux de la ferme, troupeaux, cochons et les poules vues tout à l'heure. Tout ce monde repartira lorsqu'arriveront les froids, c'est à dire vers le octobre.

Briançonnais : le lac des Cordes
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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 15:06

Après deux jours d'entraînement et de test nous sommes admis à gravir une des montagnes cultes de Serre-Chevalier, le Grand Aréa qui domine toute la partie gauche de la vallée du haut de ses 3000 mètres (ou presque).

Départ depuis l'oratoire Saint Joseph (2170 m), en dessous du col du Granon. Ici les panneaux indiquent aussi le kilomètrage : 2.5 km à gravir en 2 heures. Les évaluations de temps sont pour les meilleurs marcheurs ...

Briançonnais - le Grand Aréa
Briançonnais - le Grand Aréa

A côté des tables pique-nique un bachat permet aux troupeaux et aux randonneurs de faire le plein d'une belle eau de source, rare ici. Nous n'en trouverons plus juqu'à notre retour.

Les plantes qui poussent entre les pierres ne sont, ces jours-ci, arrosées que par la transpiration des marcheurs !

Des marmottes se chauffent au soleil. Même celle qui guette ne siffle pas en vous voyant approcher. Sont-elles totalement apprivoisées en fin d'été ?

Briançonnais - le Grand AréaBriançonnais - le Grand Aréa

Vers le col nous avons un paysage d'alpages jaunissants où un troupeau d'ovins se confond presque avec les pierres.

Briançonnais - le Grand Aréa

Nous nous accordons un temps de repos au col du Petit Aréa, le temps de reprendre notre souffle, de nous déshaltérer, de nous redresser (Pierrette, plus verticale, ça te permettra de mieux respirer !) et de jouir du paysage. Tout en bas la vallée de la Guisane traverse la Villeneuve.

Briançonnais - le Grand Aréa

Ce n'est que 2H30 après notre départ que nous arrivons aux panneaux "Grand Aréa". Pas si mal ...

Briançonnais - le Grand Aréa

Mais nous, nous souhaitons aller jusqu'au vrai sommet, là où une croix est plantée. Avec un joli coffret qui comprend un cahier pour noter ses impressions; et un jeu international de découvertes d'emplacements par GPS dont je n'ai pas retenu le nom.

Briançonnais - le Grand Aréa

Grosse déception de notre hôtesse qui voulait nous montrer le Mont Blanc d'ici : des nuages cachent tous les sommets. Mais ceux qui ne l'ont encore jamais vu d'ici sont subjugués par le panorama.

Briançonnais - le Grand Aréa

Ce sommet n'est pas l'endroit idéal pour un pique-nique car très exposé à tous les vents. En descendant vers le col de Buffère nous avons trouvé un abri de rochers qui a été parfait.

Briançonnais - le Grand Aréa

Au soleil, protégés du vent, et en face des Ecrins ! Superbe, non ?

Briançonnais - le Grand Aréa

Cette face de la montagne est sûrement encore plus minérale que celle ( sud ?) par laquelle nous sommes montés. Le chemin se fraie un passage dans les pierriers bordés par d'immenses murs de roche.

Briançonnais - le Grand Aréa

Nous sommes ainsi arrivés au col de Buffère, lieu de passage entre vallées de la Guisane et de Névache. Un passage si important qu'il montre les traces des armées qui l'ont gardé. Les traces de casemates en cercle, des souterrains, et sur la montagne en face, de part et d'autre du pierrier, une étoile et une lune parfaitement tracés (mais peu visibles sur la photos) ont-ils été assemblés par des soldats en relâche ? Où sont-ils la création d'artistes de land-art ?

Briançonnais - le Grand Aréa

Il ne nous reste plus "que" 4.5 km de mauvaise route empierrée pour retourner à l'oratoir de Saint Joseph où les troupeaux sont rentrés à la bergerie.

Briançonnais - le Grand Aréa

Et pour finir voici la carte de cette randonnée mythique.

Briançonnais - le Grand Aréa
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 16:49

Les plus férus de notre groupe se sont penchés sur des cartes hier soir, ont estimé, supputé et décidé que nous irions aujourd'hui jusqu'au Grand Lac. Ici on ne compte pas en kilomètres parcourus, seulement en dénivelé net : la différence entre les points le plus bas et le plus haut. Les pentes annexes ne comptent pas : 730 mètres. On ne compte pas non plus le chemin de retour au chalet !

Pour aller au Grand Lac nous sommes partis du Pont de l'Alp sur la route du col du Lautaret, 1710 mètres. Heureusement le parking est grand car nombreux sont les candidats aux randonnées et à l'escalade.

On monte le long du torrent vers l'Alpe du Lauzet.

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

et au point de confluence du Rif et du torrent du Plan Chevalier nous avons pris à gauche pour aller jusqu'au fond du cirque en sautant de pierre en pierre les ruisseaux.

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Carte pour voir un peu mieux l'itinéraire que nous avons suivi ? La voici.

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Vous pouvez voir presque aussi bien que nous qu'arrivés au fond il faut parcourir les lacets du sentier qui s'arrêtent à la falaise dans laquelle nous trouvons une cheminée de 40 mètres qu'il ne reste plus qu'à escalader !

Avant, nous nous étions retournés de temps en temps pour admirer le Pelvoux et les Ecrins qui se dévoilent de plus en plus alors que nous montons.

C'est aussi pour voir tout ce que nous avons déjà monté que nous nous retournons. C'est plus positif que de regarder ce qui reste ...

Il y a des fleurs aux couleurs toujours éclatantes plantées sur la pente, mais là, je concentre mon énergie à monter et pas à photographier !

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Nous avons rangé nos bâtons dans nos sacs, formé une équipe avec un encadrant de part et d'autre, et les cloches au milieu. Est-il utile de dire que je fais partie des cloches ? Il faut regarder devant soi, choisir judicieusement les appuis des pieds, la main droite maintient fermement la main courante, la gauche s'agrippe aux pierres les plus solides, celles que des milliers de mains ont poli et fait briller (comme les saintes pierres que les croyants vénèrent) en s'y accrochant avant nous. Une grande respiration profonde et on y va !

Il faut lever bien haut les pieds, mobiliser des muscles des jambes insoupçonnés, tirer sur les bras, franchir quelques mètres et reprendre son souffle bien profondément avant de recommencer avec les encouragements de notre "guide". 40 mètres comme ça, finalement ce n'est pas si long. La concentration est telle que je n'ai pas la moindre idée du temps que j'ai mis pour arriver jusqu'en haut. Une seule certitude, c'est exaltant, intense et j'ai ressenti une belle fierté et un grand enthousiasme. C'est bien la première fois que j'escalade dans de telles conditions ! (2302 mètres)

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Il est temps de se remettre de toutes ces émotions et de se retourner vers le Grand Lac, objectif du jour. Ses couleurs sont superbes, bleu intense et turquoise : le ciel et les berges s'y reflètent et lui donnent des couleurs changeantes. En regardant plus attentivement on aperçoit aussi un peu de rose, du blanc et beaucoup de gris, toute la palette des rives.

Il y a même quelques plages où nous allons nous installer pour pique-niquer. Encore un endroit idéal.

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Nous nous demandons comment se vide ce lac, aucun déversoir n'est visible et je n'ai rien trouvé sur son système hydraulique. Infiltration ?

Nous sommes repartis par le sentier à la pente la plus douce, c'est à dire que nous avons suivi la rive est en traversant de nombreux ruisselets aux pierres noires ou rouillées, en apercevant au-dessus des tourbières où les fleurs cotonneuses des linaigrettes oscillent sous le vent.

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Tout au bout le panorama est superbe, de gauche à droite les Arêtes de la Bruyère, en arrière plan les Ecrins et le lac aux nombreuses couleurs enchâssé dans les montagnes et quelques nuages pour donner un peu plus de relief au ciel.

Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres
Briançonnais : le Grand Lac, dénivelé 730 mètres

Nous revenons sur nos pas, mais plus haut en direction du Clos de l'Âne (2440 mètres), bavardons un peu avec les personnes rencontrées, et dans un paysage de tourbières et de montagnes aux flancs très arides nous redescendons entre les ruisseaux et les pierres jusqu'au Clot des Vaches (2209 mètres).

Nous prenons le temps d'en regarder certaines, des pierres, ici une aux couleurs de salamandre, or et noir qui brillent sous l'eau éclaboussante.

Au Clot des Vaches il nous faut suivre les ravines du Rif jusqu'aux chalets de l'Alpe du Lauzet et revenir alors sur nos pas pour boucler cette très belle randonnée.

Exaltante ! Merci à ceux qui se penchent sur les cartes.

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 16:57

Depuis le nord de Briançon il faut prendre la direction du sud, passer le départ des télécabines et tourner à droite juste au feu tricolore suivant pour gagner Puy Saint Pierre, Puy Saint André et se garer aux Combes, 1853 mètres.

L'objectif à atteindre, c'est la croix en face de nous !

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Elle n'est pas visible ? Ne cherchez plus et croyez moi, elle est juste sur le point le plus élevé de la chaine de rochers loin au-dessus de nos têtes !

L'itinéraire suit le gros trait rouge, limite de la réserve naturelle des Partias, puis passe entre le P et le a de Partias jusqu'au col de Trancoulette (2293m) où nous suivrons la crête du Dos d'Âne de Passaga jusqu'à la Croix d'Aquila. Puis nous ferons demi-tour et reviendrons par les mêmes chemins.

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Au bout de la route forestière un beau bachas et des clôtures marquent l'entrée dans la réserve. Deux possibilités s'offrent aux randonneurs, la direction du lac de Partias dont nous apprendrons qu'il est une simple flaque en ces jours de sécheresse ou le col de Trancoulette.

Et rapidement la pente devient raide ... Nous marchons en sous-bois, des massifs de rhododendrons et de myrtilles bordent le chemin ; puis dans une clairière où les fleurs sont nombreuses, butinées par de nombreux papillons ... je ne me rappelais pas qu'il était possible d'en voir autant ! Ici une achillée millefeuilles blanche et un papillon orange. Les papillons sont très soucieux de leur intimité et ne se laissent pas bien photographier.

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Les sons de la montagne sont aussi clairs que le ciel est bleu : les élytres des coléoptères crépitent, des insectes traversent le sentier de fleur en fleur en bourdonnant, les clarines des troupeaux égrainent leurs tintement, les ruisselets chantent en sautillant de pierre en pierre, les marmottes sifflent et quelques oiseaux lancent leurs trilles. Et l'écho les répète de montagne en montagne.

Mais quel est ce ronflement de machine à vapeur qui devient de plus en plus distinct ? Erreur, ce n'est pas une machine, mais un jeune homme qui monte en courant. Parcourir les chemins de randonnée en courant est un nouveau sport. Extrème, je ne sais pas, mais bruyant c'est sûr. Je dois ajouter que l'effort évident ne nuit pas aux bonnes relations, ce monsieur nous a tous salué d'un gai "bonjour".

Nous sommes un peu admiratifs, mais préférons monter à notre rythme en regardant les fleurs sûrement moins nombreuses qu'en début d'été mais aux couleurs tout aussi intenses qui attirent tous mes regards, et sûrement de façon plus pratique tous les insectes.

Une touffe d'adénostyles à feuilles d'alliaires sur fond d' alpages lointains est une scène bucolique.

Une touffe d'adénostyles à feuilles d'alliaires sur fond d' alpages lointains est une scène bucolique.

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Au col de Trancoulette où nous arrivons après une rude montée en lacets ponctués de cairns le vent souffle et c'est un petit peu plus bas, à l'abri que nous nous allongeons dans la prairie pour souffler un moment en regardant vers Vallouise au sud.

Nous choisissons d'aller pique-niquer derrière les premiers rochers du Dos d'Âne qui nous protègeront.

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètresBriançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres
Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

C'est l'endroit idéal pour observer les animaux de la montagne. Des marmottes pas sauvages du tout nous observent ... Un troupeau composite, charolaises et abondance, rumine au loin sous l'oeil placide d'un taureau qui se tient lérègement à l'écart.

Dans chaque creux de rocher, de pierre, un "petit jardin" de succulentes nous présente ses fleurs, minuscules joubarbes rose vif, sédums blancs ou jaune ...

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Nous repartons vers la Croix, à 170 mètres plus haut, en suivant la crête fleurie. La flore, je vous en parlerai dans un article spécial. Pour le moment je perds assez de temps à les photographier et ne peux aussi les raconter !

Je dois rejoindre mes camarades qui sont déjà arrivés !

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres
Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Chaos de roches, pont de pierres, végétation dans les interstices, tout est matière à me retenir ... mais je finis par arriver !

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

J'avance sur ce sommet presque en rampant car la vue est impressionnante sur la vallée de Briançon et le vent se fait sentir.

Le guide de randonnées précise que la vue sur la ville de Briançon et les vallées est superbe et justifie les efforts déployés. C'est vrai, mais que c'est loin, tout en bas !

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Nous reprenons encore notre souffle, échangeons quelques impressions avant de redescendre vers la prairie juste au pied de la Croix d'Aquila (2466 mètres). Heureusement que quelque chose m'a retenue là ; et m'a permis de voir ces drôles de petites fleurs blanches dispersées sur la pelouse ... Voyons de plus près ... Je ne rêve pas ! Ce sont des edelweiss. Mes premiers edelweiss, ces fleurs mythiques associées aux légendes et contes de fées !

Briançonnais : Col de Trancoulette et Croix d'Aquila Dénivelé 613 mètres

Que demander de plus pour couronner cette randonnée ? Absolument rien. C'est vraiment la cerise sur le gâteau, l'édelweiss sur la randonnée. Et la joie est collective, même si certains d'entre nous en avaient déjà vus.

Nous rentrons face aux névés qui brillent aux sommets du Pelvoux et des Ecrin.

Première randonnée de rêve. A demain !

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