Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 20:42

Trois Bornes 00Un grand classique pour mon retour au club de rando de Beauvallon : le Serre des Trois Bornes jusqu'à la chapelle Saint Christophe ! Terrain connu, avec mes compagnons qui m'ont reconnue malgré mes absences si nombreuses cette saison ...

L'itinéraire est le même que celui emprunté en octobre 2007 et en février 2011. Seuls change le temps et le vent. Ce matin il fait frais pour une fin d'été et le vent ne souffle pas encore assez fort pour dégager le ciel. Dans une fenêtre entre une clématite sauvage et un pin nous aimerions voir les Trois Becs mais ils sont emmitouflés dans des nuages. Euh, en regardant mieux ce n'est pas une liane à gauche, donc pas une clématite ...Trois Bornes 01

Je ne me rappelais plus que nous montions sans discontinuer pendant 1H45 pour arriver au carrefour des Trois Bornes. Parfois j'ai cru que nous arrivions à un plat, mais non, une courbe du sentier, un bouquet de chènes rabougris en masquaient  la pente qui continuait régulièrement vers le point culminant du jour : 660 mètres. Ce n'est pas un record, mais ça m'a paru un peu long.

De là il faut descendre légèrement pendant quelques kilomètres avant d'apercevoir la chapelle Saint Christophe sous le soleilTrois Bornes 02au bout de la piste. Le paysage est vaste, balayé par le mistral qui maintenant a réussi à dégager le ciel de ses nuages juste à temps pour notre pique-nique sur le flanc sud de la chapelle, bien à l'abri. L'odeur des pins et du thym chauffés par le soleil est portée par le vent. La chaleur est redevenue estivale. Nous sommes bien et pouvons souhaiter la bienvenue à Laurence et Claude, nouveaux Drômois et derniers adhérents au GREB Trois Bornes 04avec qui nous avons partagé les plaisirs du moment. Nous savourons le temps de repos en même temps que les canistrellis qu'Irène a préparés et que Jean François nous offre.Trois Bornes 05Le tour de la chapelle s'impose. Michel l'a fait en arrivant le premier et en sonnant de la cloche joliment baptisée "Maria Anna Christophora" qui a ainsi salué notre passage. Trois Bornes 03C'est avant de repartir que je préfère en faire le tour. Depuis notre précédente visite les génoises ont été refaites, des vitraux ont été posés aux deux petites fenêtres latérales. Le soleil joue avec les couleurs au sud.Trois Bornes 06Un tableau en conte l'histoire. Construite au début du 17ème siècle, elle a été un lieu de pélerinage pendant longtemps. Elle fut vendue sous la Révolution puis rachetée par la commune de Véronne en 1874. En 1971 les topoguides la mentionnaient comme étant "à demi ruinée". A l'initiative de Saillans des bénévoles ont réussi à sauvegarder le clocheton et la toiture. Le relais a été pris par Véronne et depuis que l'ONF a ouvert une large piste et qu'il n'est plus nécessaire de porter les matériaux à dos d'homme elle est entretenue régulièrement. La cloche a retrouvé sa place en 1983 pour le petit bonheur des randonneurs qui traversent les montagnes arides environnantes.

Il nous faut maintenant revenir sur nos pas jusqu'au Serre des Trois Bornes pour passer ensuite au col de Pourcheton afin de rejoindre la première ligne de collines surplombant la vallée de Drôme.

Robert nous a trouvé une variante : grimper tout droit un tertre très pentu pour améliorer les performances de la randonnée ! C'est le troisième mamelon qui reste dans toutes les mémoires : alors que nous avons déjà parcouru une quinzaine de kilomètres c'est le dernier coup de collier du jour, plus impressionnant en vrai qu'en photo.Trois Bornes 07Le chemin de crêtes que nous suivons ensuite nous récompense bien avec ses panoramas sur SaillansTrois Bornes 08ou sur les Trois Becs que je si heureuse de revoir après chacune de mes échappées hors de Drôme.Trois Bornes 09Particulièrement splendides aujourd'hui !

Encore quelques efforts dans des chemins caillouteux pour redescendre vers la maison aux volets bleus d'où nous sommes partis.

Nous avons parcouru 17.5 kilomètres avec un dénivelé cumulé de 795 mètres, deux fois la différence d'altitude entre le point de départ 260 mètres et les Trois Bornes 660 ! Heureusement que Robert a ajouté une colline pour arriver à cette performance !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 18:32

Jaubernie 00Quel plaisir de se retrouver dans la fraîcheur un peu grise de ce matin qui ressemble déjà à l'automne ! Nous nous sommes munis de sacs de toile, sait-on jamais il a plu récemment et il fait chaud dans la journée ...

Nous partons en Ardèche, vers le lieu dit "Les grottes" juste au dessus de la Jaubernie, à Coux. Le chemin traverse une grande dalle de gré où des bruyères ont fleuries à l'abri de taillis de genévriers. Jaubernie 01Nous prenons la direction du ravin des Baumes, et arrivons rapidement à la première grotte fortifiée dont il reste une grande partie du mur de clôture et de la porte d'accès. Car ces cavernes aménagées aux 15ème et 16ème siècles en abris fortifiés ont servi de refuge aux protestants pendant les guerres de religions.Jaubernie 02On voit très nettement dans la falaise des murs qui en opturent certaines, avec des portes de pierres bien appareillées et surmontées de machicoulis. Des galeries permettaient de passer d'un abri à l'autre.

Trop haut perchées pour que nous essayions de trouver le sentier d'accès, et nous sommes au tout début de notre randonnée, il ne faut pas nous laisser distraire trop longtemps !

Nous nous sommes cependant arrêtés à la dernière aux pierres joliment travaillées.Jaubernie 03Le tour des ouvertures et les appuis de fenêtres sont sculptés. Cet abri qui devait comprendre trois étages, avec cheminées et peut-être bien une source au fond de la grotte devait accueillir les dignitaires des communautés qui ont occupés ces lieux, régulièrment sous Louis XIV, puis plus épisodiquement. Josette nous fait remarqué un détail : le coeur à l'envers en haut d'une fenêtre aurait été un signe de reconnaissance entre protestants.Jaubernie 04A la sortie nous avons passé un mur qui devait constituer la première protection de l'ensemble, et sommes remontés jusque sur la dalle qui lui sert de toit. De là la vue sur Coux, Privas et le Coiron est superbe, surtout sous le bleu du ciel qui commence à poindre.Jaubernie 05Josette et Orchidia sont déjà venues en reconnaissance, mais avec l'aide de la fiche pour les renseignements historiques, et les repères que sont les flêches et les cartes posées à chaque carrefour nous poursuivons le route vers le Serre de Gruas, en passant par Jaubernie 06les Courtiolles, nous reviendrons par les Plaines.

Le chemin de pierres où les roues de bois cerclées de fer des charrettes des siècles précédents ont creusé des ornières est maintenant au soleil. Bordé de bruyères, de haies envahies de ronces et de chataîgniers il est très agréable, mais attention aux pierres qui roulent !Jaubernie 07Quelques instants d'arrêt ici ou là ; sous un chataîgnier pour voir que les bogues sont superbes et encore bien accrochées ; à côté d'un mirador de chasseurs où Michel se prend pour le Tout-Puissant ... ou simplement à un carrefour avec panorama.Jaubernie 08Comment pourrait-on ne pas voir les ruines de la ferme fortifiée de Saint Quintin ? Même de loin elles sont imposantes. Et comment peut-on laisser aller en ruines un tel ensemble dont certaines parties telles que la tour sont médiévales ? Trop chargées d'histoire tragique ?

Nous y reviendrons au retour et nous y arrêterons alors.

Le Serre de Gruas n'est plus qu'à 500 mètres, mais le vent qui souffle fort à la Croix de Gruas nous fait préférer chercher un endroit à l'abri plutôt qu'au sommet pour notre pique-nique.

Le temps de repos passe diversement : Michel (I) a posé genou à terre à côté de Josette, que peuvent-ils bien lire ainsi ? Laissons Claudie et Michel (II) à leur repos conjugal et tournons nous vers

Jaubernie 11

Jaubernie 10

 Jacqueline, Jeannette, Renée et Danielle qui partagent quelques recettes. Valeurs sûres des conversations et pas seulement entre dames !Jaubernie 12Nous sommes repartis, poussés par le vent, en grappillant des mûres le long de chemin. Nous avions pensé en juillet qu'il n'y en aurait peut-être pas, les fleurs étaient à peine formées. Et il semble qu'il n'y en ait jamais eu autant, mais elles sont souvent petites et un peu sèches.Jaubernie 13La photo de groupe devant les ruines de Saint Quintin s'impose, juste avant de prendre le sentier qui dévale la pente rapidement. Les marches sont hautes, des sillons ont été creusés par la pluie, et des pierres roulent : il faut regarder où nous posons les pieds.

Bientôt le chemin s'élargit, mais il est entièrement labouré. Combien de sangliers composaient la harde qui a fait un tel travail sur plus de cent mètres ? Ont-ils trouvé des vers, des graines germées ou des truffes ?

Les figues de la vieille ferme aux volets bleus des hauts des Plaines ne sont pas encore mûres. Nous croisons les personnes rencontrées ce matin : elles font la même randonnée que nous, mais en partant depuis Gruas. Nous allons d'un bon pas, le soleil est chaud, nous nous sommes dévêtus. Et nous arrivons sur la dalle de gré qui couvre les grottes. Des meules de moulin ont été prélevées sur cette immense pierre et ont laissé des creux en amphithéâtres. Irrésistiblement il faut faire une autre photo de groupe où Mado ne se cache que derrière ses bâtons !Jaubernie 14Un coup d'oeil sur le ravin et sur Privas Jaubernie 15avant de rejoindre les voitures où nous attend le gâteau préparé par Francine. Remarquons qu'il est de la même couleur que sa tenue ! Délicieux ce gâteau savoyard. Merci Francine.Jaubernie 16Avec le GREB de Beauvallon j'avais déjà randonné autour de la Jaubernie. Mais nous étions allés jusqu'au Serre de l'Eglise, et avions gardé les grottes pour la fin de la journée !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 17:01

Grand Echaillon 00Les pluies tombées dans la vallée du Rhône et en particulier chez nous ont rendu la température plus supportable, et ce n'est plus avant tout la fraîcheur que nous allons chercher sur le plateau du Grand Echaillon. Plutôt la confirmation que c'est vraiment l'endroit idéal pour les sorties estivales.

Dès le café du matin, accompagné de brioches et biscuits j'ai fait la découverte d'une orchidée. Gros plan sur l'épipactis à larges feuilles, (OK, Marie Claire, pas sur toi !)08 Août Epipactis helleborine - Le Grand Echaillonde la famille des épipactis helléborines, aux fleurs beaucoup plus nombreuses que chez l'épipactis du Rhône que j'avais trouvé sur les flancs extérieurs de la Forêt de Saoû l'an dernier.

Rapidement dans le sous-bois vers le Col du Lion un parterre d'impatientes nous attendait sur le bord du chemin. 08 Août Impatiente ne me touchez pas - Le Grand EchaillonJ'avais déjà remarqué cette "impatiente ne me touchez pas" il y a quelques années à peu près au même endroit. C'est la seule impatiente indigène de nos montagnes. Les grandes roses comme celles que nous avions vues en Norvège et depuis dans les Alpes sont invasives, originaires d'Asie et sorties de nos jardins.

Nous avons aussi trouvé beaucoup d'eau tout le long du chemin, en gouttelettes sur les feuilles, en flaques dans le chemin, peut-être en mare au fon des dolines, ces cuvettes plus ou moins profondes du plateau du Vercors.

Les clôtures de part et d'autres ne sont pas là pour nous empécher d'aller vérifier, Grand Echaillon 01mais pour en tenir les troupeaux éloignés. Des sonnailles tintent alors que nous arrivons à Gampaloux, la ferme de la famille de Maguy qui n'a pu venir aujourd'hui.Grand Echaillon 02Est-ce Régine ou Jacqueline qui s'est souvenue du récit qu'elle avait fait de la vie de sa famille ici ? Les hivers en autarcie ; l'anxiété avec laquelle ses grands-parents observaient la première sortie du troupeau à la fin de l'hiver : les bêtes allaient-elles pouvoir monter jusqu'à la cime de la colline ? Si oui, le troupeau était sauf ... Ça pince un peu le coeur de voir toutes ces ruines.Grand Echaillon 03A notre tour de grimper cette colline d'où arrivent quelques vaches guidées par des vachers en voiture ! Ils le dirigent vers la prairie et continuent leur chemin.Grand Echaillon 04

Les nuages que nous avons trouvés dès que nous avons passé le col des Limouches descendent aussi vers Bouvante, que la forêt nous a empêché de voir et qui est juste dans le creux au nord. Le soleil semble loin derrière cet écran aujourd'hui.

Nous retrouvons les vachers motorisés un peu plus loin ; ils ont récupéré quelques vaches et veaux. Ils laissent les clôtures qu'ils semblent vérifier pour nous dire que nous ferions mieux de ne pas passer par la Baraque de Carpe, le chemin n'est pas facile en ce moment.

Mais c'est par là que nous voulons aller. Et en effet, le chemin, large a été défoncé par les animaux, des bucherons ont abattu et ébranché une partie des arbres ; les petites branches ont été laissées là où elles sont tombées pour permettre à de nombreux insectes de la forêt d'en vivre. Et tout ça est très mouillé. Allez, on lève les pieds ou on contourne !

Le grand chemin illuminé par les sénéçons de Fuchs si nombreux sous les hêtres est plus confortable.Grand Echaillon 05

Nous y avons croisé beaucoup de marcheurs. Ça confirme que c'est un endroit idéal en été. Et Encore bien plus de  mouches qui fréquentent les pacages. Arrêt pour nous asperger les unes les autres de répulsif, le visage sans les lunettes, les cheveux, le cou, les bras. Elles nous ont suivi jusqu'à ce qu'enfin nous quittions la forêt.

L'horizon est plus large mais envahi par le brouillard. Inutile d'essayer d'aller voir au col de la Bataille, Bouvante au nord, Omblèze au sud seront perdus dans des fonds invisibles.

 Le brouillard passe autour de nous, poussé par le vent. On ne voit pas à plus de 60 mètres. Au bout de notre nez voiciGrand Echaillon 08Grand Echaillon 06 des aconits, ces grands épis bleus, avec des

sénéçons jaunes, avec des épilobes roses, des grandes berces, ombelles magnifiques et géantes.08 Août Grande berce - Le Grand EchaillonLes prairies de Sausse où nous faisions du ski de fond il y a bien longtemps sont entourées de clôtures électifiées pour les bêtes, cadenassées pour les randonneurs. Sans échalier pour les franchir ... Non merci, escalader les fils de fer barbelés, ce n'est pas pour nous, surtout pour aller aux crêtes d'où l'on ne voit rien aujourd'hui.

Alors nous sommes redescendues par le ravin de Pissenible, sommes repassées en forêt, avons longé une prairie d'où jaillissent d'énormes rochers qu'il aurait été possible de contourner ...Grand Echaillon 09Peut-être n'aurions nous pas vu alors les chevaux sous les bosquets ?Grand Echaillon 10Et nous avons trouvé une table parfaite pour les sept personnes que nous sommes aujourd'hui.Grand-Echaillon-11.jpgLa température est telle que Régine a mis des gants pour combattre l'onglée, que Renée frissonne sous son coupe-vent, que j'ai du mal à prendre des photos et à essuyer la goutte que j'ai au bout du nez. Nous n'avons bu que de l'eau et du café, mais le besoin de se rechauffer, de ne plus penser maladies, deuils, enterrements et tracasseries est tel que nous nous sommes lâchées et avons laissé libre cours aux fous rires encore une fois.

Pauses gourmandes à Léoncel avant de redescendre.

Voici encore une journée qui fait du bien !Josette, il te faut penser au souhait qu'a prononcé plusieurs fois Claudette "Quand sortirons-nous aussi le jeudi ?" Je me joins à elle.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 21:19

Malatra 00Le Vercors est inépuisable, il nous offre tant de nouveaux chemins et un peu de fraîcheur par ces chaudes journées que nous y sommes retournées !

Nous arrivons dans la clairière de Malatra où nous prenons le café de mise en forme de Marie Claire et Rachel accompagné du gâteau au yaourt et abricots de Claudette. A 8h30 nous sommes parties sous les grands pins et hêtres de la forêt, et avons longtemps suivi une route forestière large comme une avenue qui montait doucement tout en surveillant la végétation de part et d'autre.

Le bas-côté était ponctué de fraises des bois trop tentantes. La cueillette et la dégustation sont très consensuelles.Malatra 05Il aurait sûrement fallu lire la carte avec beaucoup d'attention si Josette n'était pas venue avec Orchidia repérer l'itinéraire il y a deux jours. Elle nous fait quitter le grand chemin pour une piste non balisée, oubliée sous une végétation abondamment fleurie. Tellement haute qu'il faudrait presque lever nos bâtons pour arriver à voir où nous sommes. J'exagère un peu ?Malatra 07Nous quittons le sentier, traversons la fôret et arrivons au niveau des alpages. A l'est nous avons les montagnes qui dominent Font d'Urle le Serre Montue et le pas de l'Infernet ; à l'ouest le Roc de Toulau, Pierre Chauve et le col de Tourniol.Malatra 08Des clochettes tintent. Ce sont sûrement celles des brebis que nous apercevons sur les flancs du Serre de Montue.Malatra 10

Des silhouettes de marcheurs, celle du berger se dessinent sur les crêtes. Et aussi celles de chevaux tenus par des cavaliers marcheurs qui arrivent vers nous.Malatra 09

En juillet et août on fait de nombreuses rencontres sur les sentiers, les vacanciers élargissent le public habituel des randonneurs de semaine.

Nous faisons un détour jusqu'aux crêtes, c'est si important d'aller voir ce qu'il y a de l'autre côté ! Là ce sont les falaises vertigineuses du pays de Quint.Malatra 11

Avec en face de nous le sentier qui monte de Saint Julien en Quint jusqu'à Font d'Urle que Josette nous propose pour l'automne. Il nous faudra sûrement un bon entraînement car c'est une randonnée très sérieuse ... (22 km et 1260 m de dénivelé). Peut-être es-il possible de démarrer  un peu plus haut que ce qui est relaté dans le lien que j'ai trouvé ? Rêvons ...

Au sommet du plateau vers le pas de l'Infernet des chevaux qui passent l'été en montagne sont juste au bord de la falaise, saisisant les courants d'air rafraîchissants, comme nous !Malatra 13 C'est d'ici que se seraient précipités de très nombreux chevaux lors d'un orage qui les aurait désorientés et paniqués, il y a quelques décennies.

La vue des falaises avec quelques fleurs, c'est la cerise sur la gâteau. Voici justement des joubarbes des toits en fleurs.Malatra 15Nous quittons ces crêtes survolées par des vautours qui tournoient sans un battement d'ailes, en utilisant eux aussi les courants d'air,Malatra 16et suivons le sentier de pierres vers le sud, et 'l'immense plateau d'Ambel. Où nous n'irons pas. Lorsque nous aurons rejoint la forêt nous tournerons vers le refuge du Tubanet.Malatra 14Mais avant nous prenons le temps d'examiner les fleurs de l'ail à tête ronde si nombreuses sur une prairie. 08 Août Ail à tête ronde 2 - Malatra ans

En quelques minutes le ciel se couvre, les nuages poussés par le vent arrivent du sud à toute vitesse. Les météorologues n'avaient pas prévu les quelques gouttes qui arrivent en même temps que nous sur la "Pierre de l'Ours"Malatra 17

où nous croisons l'Histoire. Au 13ème siècle le fils d'un dauphin de France fut sauvé ici d'une mort certaine grâce à l'intervention de deux bucherons, Bouillanne et Richaud. Leurs descendants veillent à entretenir leur mémoire.

 

Le refuge du Tubanet n'est qu'à quelques centaines de mètres, nous pouvons nous y réfugier. Le temps d'y arriver le ciel s'est éclairci et nous pouvons pique-niquer sous les arbres proches en veillant bien à nous protéger des insectes piquants et des tiques. Nous en serons quittes à vérifier que nous n'avons pas attrapé quelques uns de ces redoutables insectes au retour aux voitures, avant de partager le gâteau d'anniversaire d'Elisabeth, 79 ans ! Nous souhaitons toutes pouvoir marcher autant qu'elle à cet âge là.Malatra 19Moment de détente, de discussion, de confidences et de fous rires entre femmes : c'est vraiment très agréable pour terminer la journée !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 18:10

La Chapelle 00

Le plateau du Vercors, c'est une bonne idée pour une chaude journée de juillet. La Chapelle est à environ 900 mètres d'altitude et ce sera notre point de départ pour aller par le plateau jusqu'au belvédère de Révolat.

Voici donc le projet que nous n'avons pas réalisé.
Journée pleine d'anxiété et de déception. Un goût de pas achevé, mais aussi la perspective de revenir dans de meilleures conditions. Un jour où Michel n'aura pas d'intoxication médicamenteuse et ne sera pas obligé de rentrer précipitamment avec Serge.

Nous étions partis depuis l'église, chapelle au 12ème siècle sur un haut plateau du diocèse de Die autour de laquelle le village se regroupa à partir du 14ème siècle. Seul le clocher roman alpin est de cette époque. La Chapelle 01La nef a été reconstruite au 19ème à la suite d'un incendie et après les bombardements allemands de la deuxième guerre mondiale dont toute La Chapelle garde le douloureux souvenir.

Assez rapidement nous avons été rejoints par un grand gaillard belge avec lequel nous avons discuté dans la bonne humeur. Il nous a assuré qu'il "ne marchait pas pour perdre des kilos, mais plutôt pour pouvoir continuer à ripailler" ! 

Dans une clairière dix neuf adolescents bouchonnaient leurs chevaux sous l'oel de moniteurs. Sympa comme colonie de vacances une traversée équestre du Vercors.La Chapelle 02

De temps en temps le belvédère de Révolat apparaît au fond du paysage, plus ou moins couvert de brumes. Mais Il doit faire beau cet après-midi, nous pourrons voir la gorge et la vallée de la Vernaison.La Chapelle 03Pour le moment l'eau s'écoule dans les chemins en pente et fait des mares dans les bas-fonds. Il est tombé 80 millimètres de pluie ces derniers jours d'orage ... Je ne sens pas l'odeur de champignons qui commence à embaumer les sousbois, je me suis enrhumée à coucher dans des courants d'air depuis huit jours, mais Serge a même trouvé quelques girolles.

La Chapelle 06La Chapelle 05

Les nombreuses fermes du  plateau semblent presque neuves et pourtant elles  possèdent  le four à pain et les greniers éclairés par des oeils-de-boeuf tout ronds doivent faire partie du patrimoine local ;

La Chapelle 08La Chapelle 07

et des profusions de fleurs, rosiers grimpants capucines, tabacs ... et parfois un groupe de génisses avec des toupets de poils fous au dessus du front.

Nous marchons rarement dans des endroits aussi habités où il y a tant de routes. Mais aujourd'hui ça tombe bien car maintenant Michel ne peut plus avancer et Régine a requisitionné une voiture qui passait pour le ramener jusqu'à la Chapelle, accompagné de Serge qui le descendra chez lui.

Depuis cette halte les kilomètres sont plus longs, les mètres de dénivelés plus hauts, les chaussures plus lourdes et les coeurs gros en attendant des nouvelles que Claudie ne manquera pas de nous téléphoner.

Est-ce à cause de ça que je n'ai pas vu "le discret sentier" qui montait entre deux haies ? Que nous avons ensuite pris le chemin qui montait plutôt que celui qui descendait ? De temps en temps nous pouvions apercevoir entre les buis et les genèvriers les sommets au-dessus de Villard de Lans. Neige ou pas neige tout ce blanc sur les pentes et aux sommets ? Les paris sont pris.La Chapelle 09Lorsque nous sommes enfin arrivées au chemin de la Croix de Chatelard au belvédère une bonne partie de l'équipe frolait l'épuisement. Pique-nique et retour vers la Chapelle par la Croix. On renonce au belvédère en se promettant de revenir un jour où tout le monde sera en forme, nous passerons par le nord et les Baraques, ce hameau qui nous a semblé l'ombre de lui-même ce matin. La route traditionnelle des Grands Goulets est totalement fermée, l'hôtel-restaurant aussi. Il n'y a plus de voitures arrêtées et les visiteurs ne peuvent plus voir ce site emblématique de la Drôme. J'en suis toute dépitée pour les professionnels du tourisme de la région et pour les vacanciers.

Michel malade, les Grands Goulets fermés, le belvédère raté, il nous faut nous tourner vers des valeurs sûres : la flore et la faune. Mais il faudra rester très modestes et renoncer aux chamois et aux lagopèdes qui fréquentent cet endroit. A neuf nous faisons beaucoup trop de bruit, et ce ne doit plus être l'heure. La toile ce soir et oiseaux.net nous montreront cet oiseau et ses moeurs.

07 Juillet centaurée alpestre - La Chapelle en Vercors

Mes camarades m'appellent pour me montrer une centaurée alpestre assaillie par des insectes pollinisateurs ! Au moins cinq de deux espèces différentes. Je n'ose pas penser au nom qu'on pourrait donner à cette pollinisation-party !

Certaines fleurs doivent avoir tellement plus d'attraits que d'autres. Jugeons-en : sont-ce ses gros capitules et ses appendices de bractées longuement frangées qui attirent ?

Alors que "l'appendice décurrent des bractées de l'involucre aux longs cils de couleur noire" de la centaurée scabieuse dissuaderait les courtisans ?07 Juillet centaurée scabieuse - La Chapelle en Vercors

Finalement je ne suis pas sûre de ne pas m'être trompée dans l'identification de ces deux plantes. Je disais récemment que j'adorais le vocabulaire abscons des botanistes ... voilà bien un exemple, bien que j'aie pris mon dictionnaire pour voir la définition de chaque mot, je ne comprends rien et mélange tout.

A La Chapelle en Vercors Danielle a pris le volant de la voiture automatique de Michel. Bravo, ce n'était pas évident sur cette route de montagne.La Chapelle 11 Nous nous sommes un peu embrouillées entre les ordres de Josette et les volontés des unes et des autres.

Nous attendons toutes des nouvelles de Michel dans les jours prochains et Josette et moi partirons demain à la recherche de nos chaussures qui sont redescendues sans nous.

 

 

 

 

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 18:37

Toulau 00

7 heures du matin départ pour le tour du Roc de Toulau. En voiture jusqu'au "sentier des framboises" au bas de la pelouse de la Sausse (1330 mètres). Il fait un peu frais, mais dès que nous commençons à marcher cette impression s'efface.

Nous avons vu un lis martagon tout seul au milieu d'un massif de framboisiers (qui ne sont mêmes pas encore en fleurs) et orties. La photo que mes compagnes souhaitent donc prise de loin.Toulau 01

Le paysage est "normalement" intéressant jusqu'à la traversée du tunnel du col de la Bataille. Toulau 02

C'est après qu'il devient fabuleux ! Une étroite crète sépare à 1313 mètres d'altitude le vallon de Bouvante au nord, 900 mètres plus basToulau 03

et le Grand Ravin d'Omblèze au sud, dont la profondeur n'est que de 600 mètres. Toulau 14Et pour fermer le panorama en face de nous le Roc de Toulau qui a des allures de montagne énorme avec une pente très raide. Certains visiteurs qualifient cet endroit "d'un des plus beaux panoramas du Vercors". Toulau 20

Elle m'impressionne depuis 35 ans et je ne l'ai jamais grimpée. Je me suis toujours contentée de la contourner.  Eh bien aujourd'hui nous allons cheminer par le sentier qui grimpe à mi-hauteur ! Il est très important de bien choisir le sens de l'itinéraire, en commençant ainsi nous sommes à l'abri du soleil qui ne passera le sommet du Roc que beaucoup plus tard, puis au moment où il est à craindre la forêt nous en protègera.

Pas toujours simple l'ascension, mais nous sommes entre filles et nous nous entraidons, à chacun sa tâche.Toulau 05

La mienne étant de prendre les photos, je suis à la queue lorsque nous entendons un patou aboyer. Il est tout en haut sous les falaises.Toulau 11

Quant aux brebis que nous entendions depuis quelques minutes, elles viennent vers nous, à l'opposé. Pour les protéger le chien descend presque jusqu'à nous. La meilleure chose à faire est de nous arrêter, de le regarder et de lui parler sans agressivité, et d'attendre que le troupeau passe.Toulau 12

D'autant plus que sur ce terrain escarpé et plein de pierres les brebis les font rouler et elles dévalent dangereusemnt la pente. Marie Claire en a vu passer une bien près d'elle.

Moi, je veux bien continuer à photographier les chardons en boutons,Toulau 08

les asters et gypsophiles qui font de belles compositionsToulau 09mais regardez derrière moi pour vérifier que le patou ne m'approche pas de trop près !

Le panorama est superbe, la crête, le col et la route sont bien dans le soleil et Rachel ne manque pas de me dire que là, nous avons un fameux point de vue !Toulau 10Notre ascension se limite à mi-pente aujourd'hui, et Josette me suggère une rando-botanique spéciale pour la végétation endémique du plateau au sommet du Roc de Toulau. OK, pour le printemps prochain, juste après celle de la montagne de Toulaud en Ardèche !

Nous arrivons au col de Toulau où se découvre tout le plateau d'Ambel. Oui, Rachel c'est un beau panorama mais à contrejour. Pas possible de le prendre pour toile de fond de la photo du groupe.Toulau 13

C'est le moment de la barre de céréales, de la banane ou de tout autre casse-croute, avant de continuer jusqu'à la croix du pas du Gouillat. Encore une photo de groupe avec vue sur la pointe sud du Roc de Touland, avant de reprendre le sentier, presque une route vers le refuge d'Ambel.Toulau 15 Il faudra envisager une randonnée par là un jour d'automne, monter depuis Omblèze jusqu'à la prairie d'Ambel.

Papotages avec les randonneurs que nous croisons, et récolte de feuilles d'ail des ours que nous trouvons sous la hêtraie et dont nous ferons des pestos. Mais elles auraient été bien plus parfumées si nous les avions récoltées au printemps. Je me souviens d'avoir traversé ce bois avant la floraison, il embaumait l'ail !

Suite de la vie privée des limaces, mollusque hermaphrodite : deux sont en cercles, autour d'une gelée qui doit être leurs oeufs. Toulau 16

Nous passons par la fontaine d'Ambel où nous remplissons nos bouteilles et mouillons nos chapeaux qui vont ainsi nous garder la tête au frais pour toute la journée, par le refuge pour prendre quelques informations sur le brâme des cerfs, du 15 septembre au 15 octobre. A ce moment là certaines parties du plateau sont interdites à la randonnée, mais on peut venir passer une nuit en refuge pour les entendre.

Le chemin que nous prenons est bordé de grands hêtres qui semblent jaillir des rochers avec lesquels ils sont très enchevêtrés.Toulau 17Il est aussi plein de passages boueux, l'orage qui a tourné autour de Montmeyran hier a dû arroser abondamment cette partie du Vercors.Toulau 18Nous rejoignons la route à 700 mètres du col de la Bataille, après un passage par un belvédère au-dessus du vallon de Bouvante (OK Rachel, c'est une vue magnifique !) et rejoignons les voitures pour aller pique-niquer dans la prairie auprès de l'auberge du Grand Echaillon. Nous avons fait une étape gourmande à Léoncel. Merci encore Rachel !

Tout au long de la journée nous avons fait une moisson de fleurs abondantes ou rares dont quelques unes sont allées rejoindre l'album "Flore de la Drôme", classées à "07 juillet ..." : oeillets de Montpellier, oeillets des bois, poivre des murailles ou orpin âcre, campanules agglomérées qui ont réduit leur tige au minimum pour lutter contre le vent, aconit tue-loup qui doit son nom à sa toxicité, scabieuses, géranium noueux ...

 

Superbe petite randonnée rafraichissante.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 13:47

Nous avons évoqué les vents locaux lors d'une randonnée d'avril 2011 à Dieulefit, le Solaure de Saillans et le Pontias de Nyons.

Et ce mercredi un verre de vin baptisé Pontias produit par la Coopérative de Nyons, en mains et bientôt en bouche monsieur le Maire, Pierre Combes m'a raconté la belle légende du Pontias, ce doux vent qui ne souffle que le matin sur Nyons et contribue à en rendre le climat très agréable.

La voici telle que je l'ai retrouvée sur le site officiel de la mairie :

 

Cette légende locale répond à une quête historique qui cherche à donner une explication irrationnelle à un phénomène climatique local : « Le Pontias », vent du nord dont le souffle matinal purifie l’atmosphère et rafraîchit les chaudes matinées d’été. Le Pontias est l’un des facteurs climatiques qui a permis l’installation de la clinique Atrir, spécialisée dans le traitement des voies respiratoires et donne à la ville une qualité de vie qui attire touristes et nouveaux résidents.

Le Semeur de vent

« Pris de compassion devant la mine désolée des habitants de Nyons, dont les champs ressemblaient à un désert aride, dont les âmes, les chiens et les nouveau-nés mouraient comme des mouches, dont les ruisseaux et la rivière avaient cessé de chanter, dont les puits n’étaient plus que des gouffres sans fond, Césaire, que l’on qualifiait de saint homme depuis qu’il avait accompli quelques prodiges de bonté, décida de prendre les choses en main.
Il s’en fut d’abord constater sur place les dégâts et, pris lui-même de malaise dans la fournaise infernale qu’était devenue la vallée, il s’en fut par les routes et les sentiers à la recherche d’un souffle frais.
Il marcha longtemps, les vêtements trempés de sueur, les pieds gonflés de fatigue et couverts de la poussière des chemins. Ses pas le conduisirent enfin en un lieu tout planté de résineux. Etait-ce la présence des arbres ? Il s’y sentit bien comme par un matin d’avril. En s’asseyant sur une racine affleurant du sol, Césaire comprit que l’ombre n’était pas seule responsable du bien-être qui l’envahissait. Un vent léger serpentait entre les troncs, faisant vibrer les branches comme les cordes d’un instrument de musique…

Alors, le voyageur réalisa qu’il était parvenu au bout de son errance. Écoutant la mélodie qui tanguait et enflait autour de lui, il murmura :
- Comme la chanson de cette brise est douce ! On dirait celle d’une cithare…
Ses paroles s’envolèrent sur un tourbillon d’aiguilles de pin dans un fin rayon de soleil. Et il sembla lire en elles le nom de cet endroit magique : Citharista. Puis les lettres du mot dansèrent, montant au ciel à travers les brindilles et redescendant en piqué comme une escadrille d’abeilles. Elles valsèrent un moment, avant d’atterrir doucement sur un monticule de sable, où elles s’éparpillèrent, se mélangèrent et s’assemblèrent en un nouveau nom déformé : Ceyreste. Césaire eut à peine le temps de le prononcer, qu’elles s’effacèrent soudain, dans le souffle venu de la mer toute proche.
Afin de ne pas les laisser disparaître à tout jamais, le voyageur retira l’un de ses gants et tenta de les y récupérer. Le vent s’engouffra dans l’étui de peau, et Césaire, aussitôt, le referma et le lia avec un lacet de cuir.
Bien qu’il eût beaucoup de peine à repartir de cet endroit idyllique, il se remit en marche en direction de Nyons. La route était longue et il craignait que la sécheresse persistante n’eût décimé tous les habitants. Aussi, afin d’y retourner plus vite, tenta-t-il d’arrêter sur la route un charretier qui passait par là, transportant des bottes de foin :
- Brave homme, emmène-moi dans ta carriole avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Qu’y a-t-il dans ce gant ? demanda le charretier.
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi…Puisque c’est comme ça, je ne te prendrai ni sur le banc à côté de moi ni sur mes bottes de foin.
Et le bonhomme s’éloigna.
Un peu plus loin, Césaire croisa un cavalier et le pria de l’emmener :
- Brave homme, emportez-moi en croupe sur votre cheval avant que ne meurent les gens à qui je dois ramener ce gant.
- Et qu’y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.
- Du vent ? Tu te moques de moi…Ce gant doit contenir des pièces d’or et bien d’autres choses précieuses. Donne-le-moi, si tu veux que je t’emmène.
Et devant le refus de Césaire, le cavalier partit au grand galop.
Avant de reprendre sa route, le voyageur ôta son autre gant, le remplit de pierres et le mit dans sa poche. Un peu plus loin, il croisa un garçon, monté sur une mule. Et il lui demanda :
- Brave homme, peux-tu m’emmener sur ta mule avant que ne meurent les gens à qui je dois rapporter ce gant ?
- Et qu’y a-t-il dans ce gant ?
- De la graine de vent.
Le garçon éclata de rire en brandissant un couteau :
- Du vent. Je ne te crois pas. Ce gant est tout gonflé de ducats.
Donne-le-moi !
Aussitôt, Césaire sortit de sa poche le second de ses gants et le tendit au brigand en disant :
- Regarde : mon premier gant est peut être gonflé mais il est tout léger, léger…Prends plutôt celui-là, il est vraiment lourd de ducats, de bijoux et de pierres précieuses…
Méfiant, le garçon descendit de sa monture afin de s’emparer du gant de cailloux et de la soupeser. Césaire en profita pour sauter sur la mule et pour s’en aller, portant son gant empli de graine de vent.
Quand il arriva enfin à Nyons, la ville se trouvait dans un état de désolation indescriptible. Les rares habitants qui avaient survécu à la canicule vinrent à sa rencontre et lui demandèrent :
- Alors ? Tu nous as ramené du vent ?
- Le voici, répondit le voyageur en montrant son gant.
La bouche desséchée, les yeux exorbités, les gens eurent encore la force de se mettre en colère :
- Tu te moques de nous ? À supposer que tu aies réussi à y emprisonner le moindre souffle d’air, ce gant contient à peine de quoi donner une bouffée à un petit enfant. Tu nous a trahis, va-t’en !
- Très bien, répondit Césaire en jetant son gant contre un rocher brûlant sous le soleil torride.
Il n’eut pas plus tôt accompli son geste que la pierre se fendit en un craquement gigantesque. Des profondeurs du sol monta alors un souffle frais, fleurant bon la terre mouillée par des eaux obscures. Ce vent tout neuf s’élança en volutes dans la vallée, effleura la rivière sans la traverser, lui redonnant sa mélodie, longea les murs de la ville en rafraîchissant leurs pierres, s’engouffra dans ses ruelles, redonnant vie aux chiens et aux nourrissons ainsi qu’aux ânes dans les prés, faisant à nouveau chanter les ruisseaux et clapoter le fond des puits…
Avant de s’en aller, Césaire baptisa ce vent le pontias. Et c’est toujours ce vent qui ne cesse de souffler, dans cette vallée, sans se réchauffer, ni en hiver ni en été, ni tiède ni froid, mais toujours là, comme si la mer se trouvait juste à côté. »

Reprise de l’adaptation de Claude Clément avec son autorisation.
Contes de Provences – Claude Clément – Milan Jeunesse 2009"


 

 

Pierre Combes m'a ajouté que lors de travaux de sécurisation de la bouche par laquelle le Pontias sortirait de terre, la décision a été prise de ne la fermer que par une grille et surtout pas par une porte d'acier pleine de crainte que ça ne change quelque chose dans le climat de Nyons ou que ça n'irrite les Nyonsais qui tiennent à leur légende !

 

Le Pontias de la cave coopérative de Nyons est le résultat d'un assemblage de grenache et syrah produits sur les territoires de Mirabel et Piégon. Puissant, capiteux, haut en goûts et parfums, il fait de l'ombre au grenache goûté après et qui m'a semblé alors un peu terne ...

"Légende locale du Pontias Imprimer
Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 11:55

Chaud Clapier 00Le thermomètre indique 14° lorsque nous arrivons à Chaud Clapier. Ce sera une belle parenthèse dans ces très chauds jours d'été où la température nocture avoisine les 20° dans la vallée du Rhône.

La station de sports de montagne (1415 mètres) sur les hauts plateaux du Vercors semble avoir beaucoup changé depuis le temps où nous venions y faire du ski de fond, il y a 25, 30 ans ?Chaud Clapier 01

A l'ouest les prairies sont dominées par les 1707 mètres du Montué. Mais Josette nous a emmenés ici pour l'ombre des forêts derrière nous et la grotte de Brudour plutôt plus bas. Les habitués dont je ne suis pas, savent que c'est aussi pour la tarte aux myrtilles que l'on peut savourer ici, mais en fin de journée

Nous suivons la flèche "Pelouse des Serpents" pas rassurant, passons la pelouse de Chaud Clapier Chaud Clapier 02semée de scialets, sorte d'entonnoirs dus à l'effondrement des voûtes de grottes, et de lapiaz acérés abondamment fleurie de géraniums des bois et géraniums bruns,

07 Juillet Géranium brun - Chaud Clapier07 Juillet Géranium des bois - Chaud Clapier

de centaurées des montagnes, de renouées,

de campanules, de nigritelles, d'orchis globulaires (à voir dans les albums photos "Flore de la Drôme" et "Orchis de nos randonnées")

et je traine, je traine toujours à l'affut d'une fleur nouvelle ou d'un cliché meilleur !

Heureusement qu'arrive en face de nous une voiture de l'association des chasseurs qui vont suggérer aux marcheurs de tête quelques projets de randonnées pour de prochaines fois. Ca me permet de rattraper le groupe.

A l'aide des panneaux et de la carte Josette nous conduit sur l'itinéraire qu'elle a choisi et qu'elle découvre en même temps que nous. Chaud Clapier 03

Nous passons à Jujuffrey (oh le joli nom !) où une flèche accompagnée du sigle "panorama" nous suggère d'aller jusqu'au Serre. Le sentier fait une boucle qui rejoint le chemin que nous devons suivre un peu plus loin. L'itinéraire fixé par Josette faisait une dizaine de kilomètres, j'insiste pour choisir cette variante qui le portera tout juste à treize, distance plus respectable. Et nous nous sommes rendus compte qu'il y a "point de vue" et "point de vue". Du haut des 1439 mètres du Serre de Jujuffrey on ne voit rien, la végétation est trop dense et nous cache aussi bien les montagnes que les vides vertigineux du Vercors ! Je n'ai pas fini d'être taquinée pour "point de vue" ! Ce n'est qu'un peu plus loin qu'une trouée nous permet d'apercevoir au loin la croupe d'une montagne couverte de prairies au-dessus de forêts.Chaud Clapier 04

Dans les fraîches clairières encore pleines de rosée nombreux sont les papillons blancs qui butinent les fleurs, chardons décapités et salsifis d'Orient ou épervières (?) spectacle haut en couleurs et si tentants pour un cliché.Chaud clapier 05

Voici le moment de la découverte des moeurs secrètes de mollusques terrestres : les limaces feraient-elles connaissance comme les chiens en se reniflant le derrière ?Chaud clapier 06

Le chemin descend beaucoup, croise plusieurs fois la route, passe par un sentier appelé "les Dalles" formé de lapiaz remplis de terre, vraie avenue,Chaud Clapier 08avant d'arriver au bord du Brudour, ruisseau qui sort en chantant de la grotte éponyme.Chaud clapier 07

J'aurais dû me munir d'un vêtement et d'une lampe pour la visiter, mais j'ai préparé mon sac trop vite après une courte nuit ce matin, et je dois suivre bras nus quelqu'un mieux équipé !Chaud Clapier 09b

L'entrée est immense, peut-être pas aussi colorée que sur la photo, et au fond deux couloirs sont fermés par de grandes grilles. L'un semble très étroit et sec,Chaud Clapier 10 de l'autre sort le ruisseau capté juste derrière la grille. Notre "exploration" s'arrête là. Aller plus loin est l'affaire de spéléologues habilités.

Nous sommes remontés sur la falaise au-dessus de la grotte, avons trouvé une grande clairière où le soleil n'avait pas encore réussi à sécher toute la rosée, et nous sommes installés pour le pique-nique. D'après la montre-GPS de Jacqueline nous avons parcouru une longue partie de la boucle prévue, alors Josette nous accorde un bon temps de repos.Chaud Clapier 11Et voici l'image du groupe dispersé de randonneurs bien heureux savourant les douceurs de la journée.

Nous sommes remontés de façon assez exceptionnelle après le repas vers notre point de départ en passant par plusieurs départs de remonte-pente, en traversant de grandes prairies aménagées pour le public et sommes arrivés au bar de la station où chacun a choisi avec difficulté entre l'abstinence, la grosse gourmandise et leurs nuances ...

Chaud Clapier 12Chaud Clapier 13

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 19:29

                                                    T comme ...

 

Toits de tôle

Les toits de tôle ont souvent remplacé les toits de bardeaux de mélèze. Leurs couleurs évoluent, les peintures actuelles sont plus résistantes et entrent mieux dans le paysage.

Cependant j'ai trouvé qu'à Puy Chirouzan entre le bleu des myosotis et le bleu vert du Serre Chevalier la rouille a un charme certain. Non ? Seulement un certain charme ?Toits de tôle du Puy Chirouzan 1

 

 

Torrents

J'ai passé mes tendres années en Charente Maritime, pays très plat. Alors lorsque à 10 ans j'ai découvert les torrents durant mon premier voyage dans le Jura et dans les Vosges j'étais totalement hypnotisée, et ça n'a pas cessé.

En juin dans le Briançonnais, c'est un vrai régal.

J'ai cité le torrent du chalet au mot "eau" ; celui de la Salle à "gué"

et voici le torrent du RifTorrent du Rif

qui se jette dans la Guisane à Pont de l'Alpe, après avoir reçu les eaux du torrent du Plan Chevalier Torrent du Plan Chevalieralimenté par le Grand Lac.

Nous sommes restées sur la rive gauche de la Guisane et n'avons vu que de très loin le Bez et beaucoup d'autres !

 

Troupeaux

Nous n'avons vu que des troupeaux d'ovins. Le premier lorsque nous étions sur les hauteurs du Puy la Salle, des brebis traversaient le hameau des Thures en dessous de nous.Troupeau

Mais que sont devenues les vaches qui ont dû pâturer dans ces montagnes au 20ème siècle ? ont-elles dû laisser la plce aux skieurs et aux randonneurs ?

 

Trolle

Le trolle d'Europe est un énorme bouton d'or fermé. Ce qui rend sa pollinisation un peu difficile, et réservée à une seule espèce de petites mouches. Variété à protéger.06 Juin Trolles d'Europe Vall Combeau

 

 

                                                 U comme ...

 

Usages

A respecter surtout en montagne lorsqu'on est un nouvel arrivant ! Ecouter les anciens et savoir qu'ils ont la science du lieu.

 

Utile

Ne pas revenir au chalet les mains vides ... puisqu'il est un tantinet isolé, il faut profiter de chaque voyage pour apporter quelque chose dont nous aurons besoin : le bois mort pour allumer le feu, les baies pour un goûter etc ...

 

 

                                                V comme ...

Vallée

Voici la vue sur la vallée de la Guisane et du quartier du Bez, au delà de Villeneuve la Salle.Vallée

 

Vauban

a transformé la ville de Briançon, point stratégique du royaume de Louis XIV pour défendre le passage naturel avec nos voisins italiens. Il y a des fortifications tout autour de la ville.

 

Vertige

Le chalet est vraiment perché. L'impression d'instabilité que le vertige donne peut ne pas quitter la personne qui la ressent de tout son séjour. Quel dommage !

 

Velar prosté

Belle crucifère.Vélar prostré

 

Viola calcarata

pour finir notre chapitre botanique voici une jolie touffe de pensées sauvages en français vernaculaire !Viola calcarata (Pensées sauvages)

 

 

                                                   W comme ...

 

WC

Je ne devrais pas désigner ainsi l'endroit où l'on fait traditionnellement pipi dans un chalet de montagne. Ce n'est surtout pas fermé, et de l'eau il n'y a que celle qui tombe du ciel. Mais la vue que l'on avait ... de quoi laisser quelques minutes de rêve ou de philosophie avant de commender une sérieuse journée.
Mais maintenant, il y a tout le confort au chalet, et la queue derrière la porte !

 

 

                                                   Z comme ...

 

 

Grand saut entre W et Z pour arriver à

 

Zoom

C'est celui de mon appareil photo dont j'ai découvert les qualités (cf famille) pendant ce séjour au chalet du Bessey !

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 14:51

sommets--petits--copie-1.jpg

                                                   Q comme ...

 

Quatre

C'était le nombre de mots que j'avais souhaité mettre par lette, mais là je crois que je n'y arriverai pas.

 

 

Quotidien

Au chalet "quotidien" ce n'est pas la vie de tous les jours qui ne ressemble jamais à celle de la veille ni à celle du lendemain.

Ce sont les journaux que l'on pourrait aller chercher chez le marchand en bas au village. Mais ils ne sont indispensables que pour allumer le feu. On les choisit avec le maximum de pages pour que ça dure un peu. Les nouvelles ? On peut s'en passer pendant une semaine ; on n'ouvre même pas la radio qui pourtant passe très bien, comme le téléphone.

 

Quinte-feuille

Si seulement j'avais été un peu plus attentive aux potentilles, j'aurais peut-être vue une rampante à qui le livre de Lippert/Podlech donne le nom de quinte feuille aux feuilles pentamères (j'adore le vocabulare hermétique des zoologues et des botanistes !) et que le site FloreAlpes n'a pas entièrement identifiée et j'aurais ainsi atteint mon

 

Quota

de quatre mots par lettre. J'en ai mis parfois un peu plus. Mais là je peine.

 

 

                                                    R comme ...

 

Rafting

 

Rafting

De derrière le chalet on voit filer les rafteurs encore mieux que les kayakistes, leurs embarcations prennent plus de place. Aujourd'hui alors que nous sommes sur le pont de la Guisane à Villeneuve la Salle voici deux de ces grosses embarcations pneumatiques qui arrivent.
Pleines de jeunes adolescents qui doivent être en classe verte . Ils font une pause à la confluence avec le torrent du Bez là où le courant est moins rapide pour attendre deux autres embarcations. Et voici une partie de jeux d'eau : les plus costauds et les plus aguerris ont vite fait de bousculer les autres à l'eau. Cris, rires, remise à bord sous l'oeil des moniteurs et après quelques minutes ils repartent riches de quelques bons souvenirs supplémentaires. Quelle chance ils ont de pouvoir pratiquer de tels sports si jeunes !

 

Rare gagée des près

 

rare-gagee-des-pres.jpg

J'aurais dû classer cette fleur à "G" mais je n'avais plus de place pour elle. Et il lui faut une place puisqu'elle est rare. Dommage que je ne l'aie pas examinée avec toute l'attention qu'elle mérite cette jolie étoile jaune.

 

Randonnées

Il y une possibilité infinie de randonnées sur les montagnes autour du chalet. On choisit suivant le temps disponible, la météo, le nombre et l'âge des participants, leur expérience. Marianne a eu le temps depuis toute petite de presque toutes les parcourir.carte-region.jpg

Et nous rêvons et échafaudons des projets sur la carte en relief du fond de la grande salle.

Pour celle du Grand Lac  j'ai trouvé une description impeccable. En automne ça doit être super : le temps doit être encore beau et les sentiers sont beaucoup moins fréquentés.

 

Refuge

J'ai été surprise d'entendre que certain propriétaire pouvait laisser libre l'accès à une partie de sa cabane pour les randonneurs dans le besoin d'un abri ... Chapeau !

 

Roche Robert (la)

avec ses bergeries converties en restaurant d'étape, en refuge. Bel endroit au creux des alpages du Lauzet.

Roche Robert (la)

 

 

                                                    S comme ....

 

La Salle

Le chalet du Bessey est sur la commune de La Salle qui est incluse dans le domaine de Serre Chevalier, une station affectionnée par les Drômois.La Salle

Voici la rue principale du vieux village, parallèle à la Guisane. Y arrive sur sa rive gauche un torrent qui s'appelle aussi la Salle.

Le village se reveillait la semaine où nous y étions. La saison hivernale se termine début mai et le village s'assoupit pendant quelques semaines en attendant l'arrivée des touristes d'été.

 

Sentiers

La randonnée est parfaitement organisée et beaucoup de sentiers sont flêchés. sentiers.jpgsentier 2Mais les prairies d'alpage sont sillonnées par tant de marcheurs et d'animaux qu'il n'y a que l'embarras du choix pour les parcourir. Bien sûr pour des courses et les passages plus techniques il faut suivre les chemins balisés.

Il y a aussi les grandes routes muletières qui conduisent du col du Lautaret jusqu'à Briançon. C'est long, mais ça doit être superbe.

Soldanelle des Alpes

Cette belle petite primevère fleurit dès la fonte des neige. J'en ai vu d'abord très peu le long des ruisseaux qui frémissaient aux souffles du vent.Soldanelle Et un peu au-dessus, vers 2300 mètres, la pelouse en était couverte !

 

Soleil

Il  brille, fait scintiller et fondre ce qui reste de neige sur les petits sommets.

sommets (petits)

Mais il lui faudra encore beaucoup briller avant que la voie vers le Grand Lac par la cheminée soit accessible, tout au fond à droite. Et en attendant protection maximale de la peau exigée.

 

Sommets

Les grands sommets des Hautes Alpes sont de l'autre côté de la vallée. Ce sont la barre des Ecrins qui culmine à 4102 mètres, et le Pelvoux qui avec ses 3946 mètres avait longtemps été considéré comme le point culminant des Alpes françaises, avant l'annexion de la Savoie (1860). Question de perspective ...sommets (grands)

Sureau en grappes

Je crois avoir identifié l'arbre qui nous avait intrigué. Sureau à grappesEntièrement couvert de grappes de fleurs blanc-verdâtre il est aussi appelé sureau des montagnes. Ses fruits sont rouges.sureau-des-montagnes.jpg

Je l'ai trouvé à côté des Grangette.

Repost 0
Published by Camille et Pierrette Filippi - dans Randonnées
commenter cet article

Recherche

Liens