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On pourrait dire d'Edessa qu'elle est une ville musée si elle n'était pas aussi active ; on pourrait aussi dire que c'est une ville d'eau, mais pas thermale.
Suivez-nous dans notre promenade qui nous a permis de remonter l'histoire.
En descendant du camping-car que nous avons laissé dans un parking ombragé (c'est une chance, il fait très chaud) l'odeur sucrée des fleurs de tilleul nous chatouille le nez alors que les oreilles sont envahies par le chant de l'eau. La rivière Edessaios rafraîchit délicieusement la température en se précipitant
vers le bord de la falaise d'où elle se jette dans la vallée.
Pas sans avoir été captée plusieurs fois : des canaux sillonnent la ville et apportent la force motrice à d'anciens ateliers
où les roues à aubes, 

les foulons, les trémies, les courroies et les poulies sont exposés comme autant de témoignages de l'activité industrielle locale du 20ème siècle.
Nous suivons notre visite un peu au hasard, arrivons au bord de la falaise où un ascenseur nous invite à descendre vers de grands ateliers un peu plus bas.
Des hommes y travaillent, ils semblent restaurer une usine. Des classeurs occupent encore les étagères de bureaux. Les portes d'un vaste atelier rempli de machines sont ouvertes.
Une odeur d'huile mécanique a envahi l'espace. Bien sûr ces machines ont dû tourner pendant des décennies
avant d'avoir été abandonnées ... pour d'autres peut-être à peine plus modernes dans des pays émergents ?
Tout au bout de ces ateliers, un espace a été sommairement cloisonné, les machines converties en déssertes et placards
nécessaires au restaurant à la mode qui y a été ouvert !
Les sièges sont une référence à ce qui a été fabriqué ici : on y tissait des matériaux semblables. Après quelques recherches je crois que c'était du chanvre.
A cette heure-ci, nous prenons notre café frappé (nous y sommes "accros" maintenant) dans la cour de l'usine, devant les ateliers, sous des tilleuls entêtants.
Retour dans la ville haute
pour visiter l'ancien quartier de Varosi où on peut retrouver les strates de l'Histoire : le premier peuplement pré-historique; l'acropole de la grande ville antique, la citadelle byzantine et ses églises du 14ème siècle, avec fresques et quelques châpiteaux récupérés de colonnes antiques,
puis la ville ottomane. Un grave incendie en détruisit une grande partie en 1944. La resaturation des maisons qui y ont échappé,
décidée par la municipalité en 1990 a été saluée par l'Union Européenne
qui participe à la poursuite de ce sauvetage.
A côté des fondations des premieres constructions humaines il reste encore quelques bâtiments qu'il faudrait se hâter de retaper ...
Bref passage par l'église dont les voutes s'emplissent des chants orthodoxes toujours aussi brillants,
avant d'aller nous installer dans la plaine auprès d'un monastère pour la nuit.
Ça nos a permis de commencer la nouvelle journée par la visite de la cité antique.
Les rues sont pavées de grandes dalles de marbres, des colonnes jalonnent la rue principale,
la ville moderne qui fut à l'époque l'acropole domine l'ensemble.
Le quadrige d'ânes qui tire un chariot rempli de récoltes accompagné de cochons ou de sangliers me fait sourire. D'habitude les quadriges ont une allure plus martiale ! Fierté d'un paysan ou clin d'oeil ?
Et du côté botanique la fleur sauvage que nous avons trouvée aujourd'hui n'est pas du genre tomate, mais plutôt aconit. Je m'avance beaucoup et dois me tromper !